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Publié par Edouard Boulogne

Gaston Monnerville et la départementalisation, en 1946.

 

( Au moment ou de soi-disant historiens, et vrais faussaires, tentent de faire croire que les Antilles n'ont jamais souhaité la départementalisation, et après la réédition récente par les soins du Scrutateur du discours d'Aimé Césaire à l'Assemblée nationale en 1946, nous publions un autre document, le discours de Gaston Monnerville, alors député de la Guyanne, avant de dévenir président du sénat, et deuxième personnage de la république française. Diffusez ce document. Soyez militants, chers lecteurs. EB).

 

 

monnerville.jpg

 

 

extrait de discours : Gaston MONNERVILLE
(Assemblée Nationale Constituante, 14 mars 1946)

Mesdames, Messieurs
Je n’entends pas prononcer un grand discours, mais vous expliquer brièvement pourquoi l’Assemblée nationale constituante doit faire un geste digne de la démocratie française.
Les propositions déposées par mes collègues et par moi constituent un acte de foi de la part des populations que nous représentons en vous représentants de la nation française
Tandis que, vous le savez, des bruits courent à propos de certains territoires d’outre-mer que l’évolution naturelle des hommes et des peuples portent à envisager des solutions extrêmes, nous venons librement, volontairement, vous demander de faire de nos territoires des départements français.
Nous avons fait notre choix. Telle est la décision de populations qui, depuis des années, vous ne l’ignorez pas, ont réclamé l’assimilation et je vous dirai quelle assimilation. Vous l’avez compris lorsque vous avez fait l’honneur de lire nos propositions de loi – que Mr Valentino m’en excuse, mais j’ai l’impression qu’il ne les a pas lues -, lorsque vous avez lu non seulement les exposés des motifs mais toutes nos déclarations écrites et lorsque –je m’adresse aux membres de la commissions de la France d’outre-mer- vous avez entendu nos explications.
Nous l’avons dit et répété à maintes reprises devant la commission de la France d’outre-mer, nous avons été unanimes à le dire : au moment où la France connaît des difficultés et des inquiétudes, après quatre années au cours desquelles les populations d’outre-mer ont témoigné je ne dirai pas de leur fidélité, c’est un mot que je n’aime pas, mais de leur attachement, de leur affection pour un pays auquel elles veulent rester unies, après quatre années durant lesquelles nous avons joué le rôle que vous connaissez – rôle qui a déjà été évoqué devant l’assemblée et dont nous aurons l’occasion de parler de nouveau lors du prochain débat colonial- après ces quatre années de souffrances et de luttes communes nous venons librement nous asseoir au foyer de la France
Est-ce simplement par gloriole irréfléchie ?
Nous avons, certes, à formuler des réserves sérieuses sur certaines méthodes d’administration appliquées aux colonies par les représentants de la France, méthodes telles qu’on ne peut pas toujours dire qu’elles soient l’expression exacte du sentiment de la masse française.
Nous venons nous asseoir au foyer de la France pour poursuivre l’œuvre que, depuis trois siècles, ceux qui nous ont précédé ont commencé avec elle, car ne l’oubliez pas, il s’agit de colonies qui sont françaises depuis le début du XVII ème siècle. M. Césaire, dans un rapport magnifique, complet et plein d’enthousiasme, vous l’a rappelé il y a quelques jours.
Ce sont : la Guyane française – je commence par la plus ancienne chronologiquement¬¬¬¬ qui est française depuis 1604, la Martinique et la Guadeloupe qui sont française depuis 1625, et la Réunion qui est française depuis la même époque.
Ces quatre vieilles colonies qui, obéissant à des aspirations différentes, auraient pu opter pour telle ou telle autre solution politique viennent vous dire : » Assemblée constituante, représentant le peuple français, représentant la souveraineté française, nous venons vous demander de faire un geste qui se relie à ceux que la première Constituante et la seconde ont fait dans le passé. Nous vous demandons de consacrer, une fois pour toutes, l’égalité de ces populations devant la loi. Car c’est cela tout le problème !
Voulez-vous me permettre un rappel historique, me promettant de ne pas abuser de vos instants, d’abord parce que tout a été dit ou presque par M. Césaire, ensuite parce qu’un débat très important doit avoir lieu tout à l’heure, et ajouterai-je aussi , parce que j’ai l’impression que l’Assemblée constituante ne désire pas un débat en cette matière et est d’accord avec nous pour faire le geste que nous demandons, geste normal en ce qui concerne la colonie que je représente, la Guyane française.
Je vous rappellerai simplement que, depuis l’époque où les blanches caravelles sont venues mouillées dans nos havres indolentes, la Guyane a été mêlée constamment à la vie française, à sa vie historique, à sa vie politique, à sa vie sociale, mais pas encore assez. L’assimilation permettra, je l’espère- c’est le but de notre demande- une vie plus intime avec la métropole sur le plan social.
Pour connaître le passé de mon pays, il n’est pas besoin de remonter loin dans la nuit. C’est le passé d’un pays qui a été si j’ose dire, moulé, formé dans le creuset de la culture française, depuis trois siècles.
N’oubliez pas que, sur tout le continent américain, Nord ou Sud, il est un point et un seul où flotte note drapeau et où se trouvent des citoyens français, c’est la Guyane française, pays d’Amérique latine. Avec ses sœurs, la Martinique et la Guadeloupe, elle constitue dans ce que l’on a appelé la « Méditerranée américaine », l’un des trois foyers de culture française en Amérique.
Je ne rappellerai pas ce qui s’est passé au dix-septième siècle et au dix-huitième siècle, sur le plan des guerres maritimes auxquelles la France a été mêlée dans ces parages. J’indiquerai simplement, comme je l’ai fait dans ma proposition de loi, que c’est devant Cayenne, qui est autre chose, croyez moi que la capitale d’une colonie de bagne, que la France a triomphé des puissances maritimes qui convoitaient ce pays et voulaient en faire un pays étranger. Non seulement les soldats, mais toute la population a pris part, au dix-septième siècle, à la lutte aux côtés de la métropole, afin de maintenir la Guyane dans le giron de la France.
Je ne rappellerai pas 1870, 1914, 1939 et 1940 : vous connaissez tout cela. Je dirai simplement qu’il y a trois jours, j’ai eu la joie de recevoir le Bulletin officiel de la Guyane française, qui m’apprend que, comme l’ont fait la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion, la Guyane, qui avait adopté le village de Bazay pendant l’autre guerre, vient d’adopter la commune de Loon-Plage, située près de Dunkerque, l’une des communes les plus éprouvées au Nord de la France.
La Guyane qui est dans une situation financière difficile et dont le budget est si modeste que je suis dans l’obligation de demander à M. le ministre des finances, et à M. le ministre des colonies de l’aide à le redresser, a su, cependant, par des collectes et la contribution émouvante de tous, réunir la somme de 1.600.000 francs qu’elle destine à sa filleule, la commune de Loon-Plage. Nous ne voulons en tirer aucune gloire. C’est simplement une preuve de plus de notre esprit de solidarité avec la métropole.
Nous demandons qu’on donne enfin à cette colonie, dont le statut ne répond pas à sa situation normale, le statut politique qui lui est dû.
En effet, la Guyane française, dont tous les originaires sont des citoyens français est encore sous le régime du décret simple et du sénatus-consulte impériale de 1854.
Vous serez d’accord avec moi pour estimer qu’un pays dont le passé est si mêlé à celui de la France, qui est représenté dans ses assemblées depuis la Convention doit être placé sous le régime de la loi. C’est le but essentiel de ma proposition de loi.
Nous venons vous demander –et toute la population de cette colonie est d’accord avec nous– que soit déclaré périmé le régime désuet du sénatus-consulte de 1854.
Je suis député de la Guyane depuis 1932. D’autres m’avaient précédé ici, puisque mon pays est déjà représenté à la Convention, puis à l’Assemblée de 1848 puisque depuis la troisième République, la Guyane a un député élu selon les mêmes lois électorales que la métropole.
Représentant de la Guyane à l’Assemblée nationale, je vote les lois proposées pour la métropole ou pour l’Afrique du Nord. Je contribue avec vous tous à l’administration de la communauté française, bien des lois que je vote ici ne sont pas appliquées dans mon pays qui reste soumis au régime des décrets.
C’est une inconséquence qu’il faut dénoncer et que trop de gens ne connaissent pas. Disons-le ! C’est une absurdité qui ne peut pas durer, n’est-il pas vrai ? Et qu’en tout cas un régime vraiment démocratique ne peut laisser subsister.
Je viens vous demander de faire de cette vieille colonie – qui depuis longtemps n’est plus une colonie, mais un département de fait – un département réel, en lui appliquant le régime de la loi.
La démocratie le commande La survivance impériale que je viens de dénoncer doit disparaître immédiatement. L’assimilation est l’aboutissement normal de notre évolution. Je ne dis pas que l’assimilation soit la solution idéale pour tous les territoires d’outre-mer. Personne ne soutien cette absurdité. Je ne dis pas que l’assimilation soit la solution dont nous voulons forcer la réalisation : elle est l’aboutissement normal de l’évolution, des quatre vieux pays qui la demandent ; je ne comprendrais pas qu’on s’y oppose.
Si nous demandions l’assimilation pur et simple, sans discrimination – je dis sans réflexion- M. Valentino aurait raison. Mais jamais nous n’avons demandé cela. Il y a dans le projet, un article 2 et un article 3 qui permettent justement ces aménagements. Nous nous rendons parfaitement compte- mais qui ne s’en rendrait pas compte ? –que s’agissant de départements qui ne sont pas limitrophes de la frontière métropolitaine, …, il y a des aménagements à prévoir. Nous savons parfaitement que ceux qui nous ont précédé ont lutté pour que les assemblées représentatives locales puissent bénéficier d’une décentralisation permettant le développement de l’économie de ces pays et cette harmonisation que nous recherchons et que nous voulons voir enfin réaliser par l’assimilation vraie.
Dans la proposition de loi de M. Césaire comme dans la mienne, comme dans celles de mes collègues Vergès et Le Pervanche, ces réserves sont faites. Mais il est entendu –M. le ministre de la France d’outre-mer et M. le ministre de l’économie nationale le savent– que des aménagements devront avoir lieu. Il est entendu également qu’un débat aura lieu bientôt pour qu’une décentralisation plus grande donne aux assemblées représentatives locales des territoires d’outre-mer des prérogatives plus étendues et que l’autonomie dont jouissent déjà leurs conseillers généraux soit non seulement maintenue, mais étendue aux autres territoires des vieilles colonies non encore pourvues de conseils généraux.
Nous avons débattus plusieurs fois cette question à la commission de la France d’outre-mer. M le président de la commission m’en est témoin ainsi que M. le ministre de la France d’outre-mer, qui a été notre président et qui, depuis qu’il est ministre, nous a fait l’honneur et le plaisir de venir deux ou trois fois collaborer avec nous.
Nous ne pouvons donc pas laisser dire que nous demandons une assimilation inconsidérée avec quelque département français que ce soit, en renonçant à ce qui est l’héritage de ceux qui nous ont précédé et qui ont lutté pour qu’une décentralisation de plus en plus grande nous soit accordée.
C’est pour cela que la commission de la France d’outre-mer a rejeté les quatre amendements de M. Valentino qui, dès lors, étaient devenus sans objet. Celui-ci les a repris devant vous et nous vous demandons de les rejeter parce que les articles 2 et 3 des trois propositions en discussion, strictement semblables, prévoient les aménagements que demande M. Valentino.
Je vous demande, mesdames et messieurs, de voter nos propositions de loi et de rejoindre, par ce geste, les deux précédentes Assemblées constituantes de 1789 et de 1848.
La première Constituante, dont on a beaucoup parlé ces jours-ci, à l’occasion des débats sur la Déclaration des droits de l’homme, a fait de nous, hommes d’outre-mer, des hommes, en étendant la liberté partout et, en déclarant dans un grand geste de fraternité, que nulle terre française ne devrait porter d’esclaves.
La deuxième constituante a fait mieux en un geste historique qu’évoquait l’autre jour M. Césaire. Après que la première nous eut donné les droits de l’homme, la seconde nous a donné les droits du citoyen, en faisant de nous des citoyens français et en instaurant immédiatement le suffrage universel dans ces quatre vieilles colonies.
Après la fraternité et la liberté, nous venons vous demander l’égalité devant la loi, l’égalité des droits. Nous vous demandons de compléter l’œuvre commencée avant vous et avant nous et de nous donner l’égalité dans la famille française. Ainsi sera réalisée une œuvre démocratique indispensable.
Et maintenant, vais-je m’arrêter aux objections qui ont été présentées à la commission de la France d’outre-mer, de la part de M. le ministre des finances ? Je ne sais pas si M. le ministre les maintient, mais je vais en dire rapidement quelques mots.
En effet, votre proposition entraînera des dépenses nouvelles par l’application des lois sociales. Là, je rejoins mon collègue M. Valentino. Ces lois sociales, nous les avons précisément étudiées chez nous au sein des conseils généraux dont j’ai parlé tout à l’heure. Or, ces dépenses que l’on croyait devoir être considérables, ne le seraient pas tellement parce que, en ce qui concerne les assurances sociales notamment, l’on peut compter sur des participations prévues par la loi, provenant de patrons et des employés. Ce n’est donc pas la métropole qui payera toutes les dépenses.
Si nous nous montrons si exigeants quant à l’application rapide des lois sociales, c’est parce que dans ces vieux pays français, celui au nom duquel je parle notamment, on connaît à peine la loi sur les retraites ouvrières et paysannes, et on y applique pas encore les lois sur les accidents du travail, ni sur les assurances sociales, ni, dans leur intégralité, les lois sociales de 1936. Vraiment est-ce que cela est digne d’une démocratie comme la nôtre, qui a précisément pour objet de promouvoir l’évolution politique de l’homme qu’elle prétend faire passer avant toutes choses ? Voilà la question que nous vous posons.
Les dépenses seraient d’ailleurs compensées par des ressources dont M. Césaire a parlé et sur lesquelles je ne reviens pas.
On nous a opposé également notre démographie trop grande. Je voudrais que ce fût vrai pour la Guyane française, qui, pour une superficie de près de 100.000 kilomètres carrés, ne compte que 40.000 habitants. L’argument tombe en ce qui la concerne. S’il tient pour les trois autres colonies dont la population est plus dense, et j’en suis heureux pour elles, je répondrai, sans acrimonie mais avec une certaine fermeté dans le ton, que ce n’est pas un argument à invoquer. Vous reprochez à ces colonies d’avoir trop d’enfants, alors que la France est un pays dont on dit qu’elle n’a pas assez d’enfants et où l’on fait un effort en vue d’accroître la natalité ? Mais alors vous faites une distinction entre la métropole et nous, au moment même ou nous venons vous demander d’entrer dans la famille française ? En vérité, c’est incompréhensible, et vous me permettrez de ne pas insister.
J’ajouterai très simplement –je n'ai pas l’habitude des éclats de voix– qu’on ne nous a fait ce reproche ni de 1914 à 1918, ni de 1940 à 1945, lorsque nos compatriotes sont venus volontairement se mettre au service d’une cause qu’ils considéraient comme la leur puisque c’était une cause française : celle de la défense de la liberté.
Nos enfants n’ont pas été trop nombreux pour payer l’impôt du sang. Aussi bien, n’avaient-ils pas eux-mêmes demandé, en 1912, que la loi sur le service militaire obligatoire leur fût appliquée ? Souvenez –vous, de même, que les représentants des quatre colonies sont montés à cette même tribune pour demander, au nom des populations qu’il représentaient, l’application à leurs mandants de la loi de trois ans, à la veille d’un conflit que tout le monde savait inévitable et vous renoncerez certainement à un argument qui n’est pas défendable.

Au demeurant, là n’est pas la question. C’est la suivante. Acte de foi en vous ? Oui. Acte de foi en nous-mêmes aussi, car nous savons que nous entrons dans une famille qui a besoin de l’effort de tous ses enfants ; et nous choisissons ce moment difficile où la France ayant subi pendant quatre années les effets terribles d’une guerre puis d’une occupation, est exsangue et sans richesse, à un franc qui ne vaut plus grand chose et surtout a besoin de l’aide de tous les siens.
Il serait inélégant de notre part d’essayer de quitter le navire en criant qu’il fait eau. Ce n’est ni dans nos habitudes, ni dans nos sentiments. Telle n’est pas notre conception ! Nous vous disons simplement : nous venons à vous parce que nous avons le sentiment qu’une œuvre commune sollicite nos énergies ; nous voulons vous aider à remettre sur pied un pays, qui doit rester un grand pays, un pays dont on a dit pendant trop longtemps qu’il n’était plus à la tête des nations, un pays qui, pour nous, est toujours apparu comme le défenseur de la liberté des hommes lorsqu’elle était en danger.
C’est pourquoi, à aucun moment de notre histoire, les hommes de couleur n’ont abandonné la France. M. Césaire a évoqué la haute figure de Victor Schoelcher. Il est pour nous un symbole français. C’est en son nom que, chez nous, le peuple descend dans la rue pour défendre sa liberté ; c’est en pensant à lui que nous avons toujours défendu l’idéal français dans ces régions où des influences étrangères ont essayé maintes fois d’exercer sur nous les « appels des sirènes ».
Victor Schoelcher est, pour nous, un symbole, parce qu’en 1848, il a apporté à nos pères l’ivresse de la liberté.
Aujourd’hui, mesdames, messieurs, nous nous demandons de comprendre le geste que nous venons de faire et d’accueillir sans réserve la libre démarche de ces populations qui montrent ainsi qu’elles du moins ne désespèrent pas des destinées de la France !

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chantal Etzol 08/06/2010 19:11



Un cri du cœur, émouvant écho à la prière de l’esclave, auquel avait répondu St Paul,


dans sa lettre à Philémon.


Prière de l’esclave:
(début, de mémoire)


Depuis longtemps attaché à la terre,              Ma tache est lourde et cause ma
détresse,


Je n’ai connu de la vie que misère.                  Mais chaque jour je
la fais sans faiblesse.


Grand Dieu Sauveur, apaisez donc ma peine,  
 Ayez pitié de moi, Grand Dieu sauveur,


Séchez mes pleurs et calmez ma douleur.        Envoyez-moi de la joie dans le cœur.


      


Epître de Paul à Philémon,
(à propos d’un esclave enfui) :


 « Peut-être Onésime n’a-t-il été séparé de toi pour un temps, qu’afin de t’être rendu pour
l’éternité.


   Non plus comme un esclave, mais comme bien mieux qu’un
esclave : un frère bien-aimé.


   Si tu me tiens pour ton
frère dans la Foi au Christ, reçois-le comme si c’était moi. … C’est en me fiant à ton obéissance que je t’écris : je sais que tu feras plus encore que je ne
dis. »