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Publié par Edouard boulogne

Avez-vous la scarlatine ?


Il ne faut pas négliger les pouvoir de l’hypnose ? Et la plus courante (non la moins dangereuse !) n’est pas celle des cirques, ou des music-halls, où les victimes rejetés en arrière, yeux révulsés sont la proie passive du mage.
L’hypnose est bien plus commune et banale que l’on croit, présente à tous les moments et niveaux de la vie sociale. Les politiques, dans leurs numéros de séduction, connaissent (quand ils ont du talent) les moyens d’action subreptice sur notre fragilité, tout comme les maîtres du commerce, par la publicité, de plus en plus confiée à des professionnels de l’influence subliminale, savent nous vendre ce dont nous n’avons nul besoin.

Nous avons tous expérimenté les pouvoirs de la suggestion.

Nous allions par exemple, gaillardement, jusqu’à la rencontre de cette vieille peste de Philipine (féminin de Philippe, un peu tombé en désuétude, hélas !), Carabosse de malheur, experte en détection des maux imaginaires.
-« Oh ! mon cher ami, que vous arrive-t-il ? Vous avez l’air tout enchoufriné ! Vous êtes pâle. Ne seriez vous pas fiévreux ? Prenez garde, on vient de détecter le premier cas en Guadeloupe de la Tchoucoungounia. Allez voir le docteur ».
N’êtes vous pas déjà moins gaillard ? Et gare si vous rencontrez, dans la foulée, Arsinoé, autre teigne, vieille rivale de l’autre en prophéties malencontreuses. Vous voici bon pour la cure, au Matouba, (non remboursée par la sécu si vous n’êtes fonctionnaire !).

On trouve dans le « Barbier de Séville », de Beaumarchais, et dans le délicieux opéra qu’en a tiré Rossini, une scène croustillante, qui va dans le sens de mon propos.
On sait que ce vieux barbon de Bartholo veut épouser, contre son gré, sa pupille Rosine ; que Bartholo est assisté de Bazile, autre barbon ; que le jeune comte Almaviva, voudrait bien sauver Rosine, à son profit, des griffes de Bartholo, et qu’il reçoit à cet égard l’aide précieuse du Barbier de Séville : Figaro.
Il se trouve, qu’au terme d’une époustouflante intrigue, (que me garderai bien de reproduire ici pour t’imposer le plaisir, lecteur, de relire toute la pièce) tout ce beau monde se retrouve en situation fort équivoque, et par le génie de Figaro, aidé sans doute du malicieux Eros, coalisé pour écarter Bazile qui vient faire une arrivée intempestive au coeur d’un ingénieux petit complot.

Il faut qu’il s’en aille. Et voici comment s’y prennent les conjurés qui ont eu la malice de se rallier fort innocemment Bartholo lui-même.
Le chœur se déchaine, pépie, jacasse, avec ardeur, esprit, malice :

-« Mon cher Bazile, qu’avez-vous ? Vous êtes pâle comme un mort !
-Je suis pâle, ? Suis-je pâle ?
-Oui ! Comme un mort !
-C’est la fièvre scarlatine !
C’est la fièvre scarlatine ! ! Vite allez vous mettre au lit »

Et la suite, qui était prévisible : Bazile qui se portait comme un charme ne se sent plus très bien.
De sa voix de basse il s’écrit : « Je suis pâââle comme un mort ! J’ai la fièvre scarlatine ! ! Vite ! ! Allons nous mettre au lit » ! (Citation de mémoire, l’esprit y est)

Prenons garde, amis, au fausses fièvres, scarlatine ou non.

Je me souviens d’une lecture ancienne. Je ne vais pas au texte aujourd’hui, mais je garantis le sens et l’authenticité. C’était une page de Franz Fanon.
Le célèbre psychiatre évoquait des scènes du métro parisien, ces femmes blanches au bras d’un noir, dévisagées par leur vis à vis au profil un peu « gaulois ». Il scrutait la pensée, si l’on peut dire, de ce « beauf » : « ils viennent nous prendre nos femmes, maintenant ».

Pensée raciste, et donc vilaine ! Car le racisme c’est mal, et personne, (enfin presque ! Et dans le principe !), n’en disconvient. Mais pensée suggérée, lecteur ami, et souvent suggérée, non avérée. Ah !ces pouvoirs de l’imagination tant évoqués par Descartes, Pascal, et ces grands classiques que l’on ne fait plus lire à nos jeunes gens, pour leur plus grand dommage ! L’imagination, cette puissance trompeuse, et si souvent cruelle, torturante ! Et si notre « gaulois » indiscret (« on ne dévisage pas les gens », me disait ma mère, dès l’âge le plus tendre), pensait au contraire, à sa façon, dans son style (et tous les « gaulois » ne sont pas incultes et beaufs) : « quel beau jeune couple, il est beau ce nègre, il lui donnera de beaux enfants » ? ? ! ! Mais pourquoi pas, ami lecteur ? Pourquoi pas ? Pourquoi les hypothèses iraient-elles toujours au pire ? Quel chancre de l’âme nous pousse à toujours choisir, les pensées les plus malheureuses, les plus lépreuses, les plus politiquement correctes ?
La suggestion, l’hypnose n’y seraient-elles pas, parfois pour quelque chose ?

Je pensais à ces choses en lisant l’autre jour, dans « France Antilles Hebdo », l’entretien d’Ele ASU, cette belle jeune Franco-Nigériane, qui présente les infos le matin sur Canal +. (entretien accordé à notre confrère François-Xavier Guilherm).
Entre autres propos équilibrés, épanouis, mademoiselle ASU à la question « Avez vous eu à souffrir du racisme en France ? » répond : « Je suis un cas atypique. J’ai été élevée dans un milieu mixte avec une mère nigériane et un père Français. Je n’ai pas été élevée, ni focalisée sur la couleur de la peau des gens.  (C’est le Scrutateur qui souligne). J’ai eu comme tout le monde des problèmes personnels mais je n’ai pas souffert du racisme, pas que je sache ».
Un peu plus loin, Ele ASU déclare : « Je considère que j’ai eu accès à l’arme fatale, la culture ».
Et cela aussi me paraît capital. Je n’aurai évidemment pas la sottise de nier l’existence d’un racisme en France. Et son inexistence, en ces temps d’immigrations en tous genres et à hautes doses, ferait de nos compatriotes des « dieux », quand nous le savons bien : nous ne sommes que des hommes.

Mais ces propos d’une jeune femme, sur l’importance de l’éducation, et de la culture, comme antidote aux marchands de malheurs, et autres hypnotiseurs de basses extractions, sont réconfortants.
Rappelons qu’elle a eu des parents qui ne l’ont pas « focalisée » sur la question du racisme, qu’elle est belle, et cultivée !

Dès lors, le ressentiment, diable à l’âme tourmentée, s’en écarte à tire d’ailes. Il n’aime pas le bonheur ! Il n’aime que le malheur, et le malheur le lui rend bien. On dit qu’ils sont mariés ensemble. Fatale étreinte !

Gageons toutefois que ce scrofuleux ne désarme pas. Que dans sa déconfiture, il rumine sa vengeance. Ecoutons la radio, la TV. Nous l’entendrons, lecteurs ! La friture, ce sera lui.

Edouard BOULOGNE.
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