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Publié par Edouard Boulogne

 

Paix et fos pou nou tout!




( Récemment, à Sainte-Anne, en Guadeloupe, s'est tenu le festival annuel de Gwo-ka organisé chaque année sous les auspices de Me Félix Cotellon. Parmi les invités d'honneur de cette manifestation il y avait notre ami Christian Viviès.

M. C.Viviès est un ancien président du Medef de la Guadeloupe, et l'un des principaux chefs d'entreprise de notre département. Il est connu aussi pour son esprit d'ouverture, dont l'humour créole n'est jamais absent, cotoyant un langage où se mélangent la franchise drue et l'aménité. Le Scrutateur remercie Christian Viviès de lui avoir confié pour ses lecteurs ce texte, et quelques autres à paraître sous peu. EB).



« Messie et Dam Bonjou. En ka voyé la Paix pou zot.

Moun a l'action kiltirel, misiciens, politiciens, Moun a syndicats , travayès, patrons, fonctionnès,

En ka di zot Bonsoi et en ka voyé la Paix pou zot toute.

Cotellon Félis ou ce boug en moin. Ka ou fè ? bitin aw ka mâché ? Festval ka roulé ? En bien content pouw. Bravo !

Félis ou cé on grand nomme, déjà ou ni on bel taille,

mais l'esprit aw pli fô encô. Travail la ou ka fait la, ce on bel travail. Bravo !

Félis en ka voyé on fos pouw. Pou ou voyé bitin la monté pli haut encô.


Mesdames, Messieurs je poursuis mon intervention en Français par courtoisie pour nos auditeurs non créolophones.

Pendant de nombreuses années, mon activité professionnelle et ma curiosité naturelle m'ont amené à visiter de nombreux pays sur tous les continents.

J'ai découvert des endroits merveilleux et pour certains d'entre eux, j'ai ressenti de véritables coups de foudre :

Le YEMEN, la CHINE, l'INDE, l'EGYPTE et la MONGOLIE par exemple.



Les paysages sont magnifiques, les civilisations sont immenses et les peuples sont remarquables de courage et de spiritualité.

A peine débarqué, j'étais sous le charme de ces pays,

mais chaque fois, je réalisais qu'au bout de quinze jours au plus, j'avais envie de rentrer CHEZ MOI.

Brusquement, j'avais besoin des odeurs, des musiques, des lumières, des rivières.

J'avais besoin de GUADELOUPE, j'avais besoin de MON PAYS.

Mon Pays n'est pas à Moi, il est à ceux qui l'aiment,

qui le développent, qui le respectent.

Il à vous, il est à moi, il est à NOUS.

La GUADELOUPE est notre pays, même si la France est notre Patrie.

La PATRIE :

- C'est le Père qui nous protège

- C'est l'armée qui nous défend

- C'est la justice qui nous sécurise

- C'est la monnaie qui nous stabilise.

Mais la patrie c'est aussi la Mère qui vient nous secourir :

- Quand nous subissons les 7 fléaux de l'Apocalypse,

  • Quand nous sommes ravagés par les cyclones, les tremblements de terre, les épidémies etc... etc...


Nous aussi, nous devons aller à son secours quand elle est en danger, et c'est bien ce que nos aînés ont fait, avec un immense courage pendant la dernière guerre, et c'est ce que la France a reconnu solennellement, par la voix de son Président de la République, lors de sa visite récente aux Antilles. Voilà pour la Patrie.


Mais revenons à notre PAYS et à notre chanson,

puisque Félix m'a demandé d'intervenir sur mon ressenti du slogan désormais célèbre :

« La Guadeloupe c'est tan nou, la Guadeloupe c'est pas ta yo. »

Le slogan affirme une identité guadeloupéenne  C'est "tan nou » et dénonce le fait qu'il existe sur le territoire de la Guadeloupe des hommes et des femmes qui ne peuvent se prévaloir de cette identité et qui pourtant auraient la prétention de diriger le pays :  C'est "pas ta yo ».

Comme dans le même temps le discours était largement diffusé dans les média et propagé dans la population, que la « profitation » était une maladie génétique des Békés, la PENSEE UNIQUE s'est répandue, que les Békés étaient les principaux Responsables des problèmes de la Guadeloupe.

« Qu'ils n'oublient pas qu'ils ne représentent que 1% de la population et que par conséquent, on a les moyens de les contraindre à quitter la Guadeloupe, s'ils n'obéissent pas et s'ils ne signent pas le document qu'on leur présente ».

Pour anticiper et paralyser d'avance toute réaction de la justice française à ce projet d'exclusion, on avait pris soin de rappeler abondamment que les Békés étaient quasiment tous des descendants d'esclavagistes.

Ils étaient donc, en quelque sorte, par transmission sanguine à travers une dizaine de générations, COUPABLES de crimes contre l'humanité et donc INDEFENDABLES. Et la République est tombée dans ce piège. Et j'ai entendu de Hauts Responsables de la République déclarer que les Békés doivent signer, comme si en France, on avait créé spécialement pour Nous, un nouvel article du Code du Travail qui dirait qu'en matière de négociations sociales, les parties avaient la liberté de négocier, SAUF les Patrons Békés qui devaient EUX signer tout ce qu'on leur présentait.

Voilà, Félix, ce que J'AI RESSENTI. Et je n'ai pas voulu édulcorer mon discours, par respect pour toi et pour notre auditoire.

Et Maintenant, qu'est-ce qu'on fait de notre Pays ?

Mesdames et Messieurs, face aux événements dramatiques de l'Histoire, Et Dieu seul sait si l'Esclavage en a été un, considérable et totalement condamnable, Deux options sont possibles : Celle de la Revanche :

- C'est celle d'Israël contre la Palestine ou De la Palestine contre Israël

- C'est celle de l'Amérique contre Al Qaïda ou

- D'Al Qaïda contre l'Amérique

C'est un déchaînement de violences qui se transmet de générations en générations sans issue et sans espoir.

L'autre option c'est celle de la Réconciliation :

- C'est celle de Martin Luther King en Amérique

- C'est celle de De Gaulle avec l'Allemagne

  • C'est celle de Nelson Mandela en Afrique du Sud


Et c'est celle qui permet aujourd'hui,

60 ans après la fin de la Ségrégation

à un Métis de Père Noir et de Mère blanche,

d'être élu Président de la plus grande Démocratie du Monde,

par plus de 100 millions d'électeurs

de toutes couleurs et de toutes races.

Naturellement, c'est cette voie de la Réconciliation que j'ai choisie comme, j'en suis convaincu, la très grande majorité des Guadeloupéens.

C'est celle qui nous permettra d'avancer, de progresser, de partager un Nouveau Rêve,

Et de construire ENSEMBLE un projet fédérateur pour notre pays, que nous serons fiers de transmettre à nos enfants.



Christian Viviès.

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FORBIN 19/05/2010 18:34



bravo...



J.E.L. 03/09/2009 01:02

Le président de la République, et la France, ne reconnaissent rien du tout, sinon tout cela serait dans les manuels scolaires depuis longtempsLe début et la suite ici http://kkaruki.spaces.live.com/blog/cns!244036F55452765!807.entry

FATH Chantal née PORRY 12/08/2009 14:50

Je viens de lire le texte de Christian VIVIES et je veux le féliciter pour tout ce qu'il dit.Comme vous, j'aime la Martinique, mon pays, et j'aime la France, ma patrie. Je  partage vos idées d'un immense espoir d'aller vers un avenir passant par une entente de tous ceux qui aiment les Antilles et une acceptation de nos différences qui font la richesse de notre patrie,  sans ruminer un passé, bien lointain,  dont nous ne pouvons pas être responsables.Construisons cet avenir ensemble et arrêtons de détruire ce qui a été fait jusqu'à maintenant. Donnons-nous la main pour avancer dans la confiance.Bravo à ceux qui nous donnent cette confiance ; bravo à vous pour ce texte, espérant que d'autres suivront dans votre sens.

Chantal Etzol 09/08/2009 04:09

En écho à Christian Viviès et Crisyan Ogisten, peut-être serait-il bon de rappeler que le berceau de notre humanité est l'Afrique; et qu'une démarche réciproque des uns vers les autres suppose à la fois l'humilité pour accepter et le courage pour oser.Dans le prolongement de ce festival, j'aimerais rendre hommage à M. Georges Troupé, récemment décédé. Il aimait le gwo-ka dès l'enfance, mais s'était initié au "saxo" alors qu'il travaillait en métropole. A la retraite, il n'a pas craint d'ouvrir une école de musique, où l'on apprend toujours à jouer de nombreux instruments de musique; et de lancer le groupe "Kimbol" qui donne régulièrement des concerts à Sainte-Anne. Sa volonté de transmettre le goût de la musique, a certainement sauvé quantité de jeunes du désoeuvrement et de la délinquance. Son enterrement à l'église de Sainte-Anne,fut l'expression musicale de son amouret m'a rappelé un CD intitulé "Tanbou classic" dans lequel M. Ronald Rubinel interprétait des oeuvres de Mozart, Bach, Albinoni, Verdi, Fauré, et bien d'autres.Alors acceptons ... et osons!                                                            Chantal Etzol 

Claude HOUEL 08/08/2009 20:56

Bravo à Christian Viviés pour avoir osé souligner,certes avec la mesure qui le caractérise,l'infamie d'un gouvernement qui a pensé,naïvement ou avec machiavelisme, qu'il suffisait de jeter en pâture le "clan békè" à un LKP revanchard pour acheter la paix sociale et s'absoudre de ses responsabilités.La Guadeloupe vaut beaucoup mieux  et la majorité de ses enfants, toutesorigines confondues,ne sera pas tombé dans ce piège.L'avenir sera construit, ensemble, en dehors de ces alliances contre nature qu'il faudra combattre.

Christian-Bernard Vidal 08/08/2009 18:16

Je voulais rester neutre sur le sujet, Christian Vivies résume très bien la situation, je voudrais revenir sur le commentaire de Krisyan Ogisten, comme dans toutes sociétés il y a des brebis galleuses ce n’est pas une raison pour accuser l’ensemble de la société qui dans le fond n’aspire qu’à vivre dans la paix et le respect d’autrui, ce n’est pas en ressassant éternellement le passé et les fautes des ancêtres que l’on avance dans le progrès, ce n’est pas en promettant la Lune à défaut de paradis, alors que l’on n’est même pas sur de donner ce que nous promettons que l’on fait le bonheur des peuples, avant de critiquer le Président Obama il convient de voir et d’attendre les effets de sa politique, la récession mondiale n’est pas de son fait, pas plus qu’elle n’est le fait des dirigeants des autres pays, la faute en revient à l’appétit financier des responsables de la gestion bancaire qui ont fais des placements hasardeux et abusés de la faiblesse de petites gens qui n’avaient pas les garanties dans le temps pour réaliser leurs rêves (devenir propriétaire de leurs maisons) ce n’est pas interdit. Mais du rêve, vers la réalité, ce qui en soit est parfaitement légitime, le chemin est très long. Les plus grands fautifs étant les médias qui on focalisés les gens avec le résultat que nous connaissons, autre point créer des problèmes et ou envenimer les choses n’est pas la meilleure des solutions en claironnant à qui veut l’entendre, nous allons faire votre bonheur! faite nous confiance ! alors que la confiance en vous-même reste un grand point d’interrogation. (Le déjà vu, comme ailleurs, les gens n’en veulent surtout pas)            

Krisyan Ogisten 07/08/2009 16:14

Byen bonjouJe suis LKPiste et pourtant je ne suis pas aveuglé par la haine et le racisme. Si en France on parle de discrimination positive (une expression que je ne comprends pas dans sa définition), si aux USA, même avec l'élection d'Obama, les choses ne changent guère pour une certaine catégorie de la population c'est qu'il existe des problèmes. C'est vrai qu'il faut prôner la réconciliation mais il serait souhaitable aussi que tous ceux qui résident sur ce territoire s'intéressent à tout ce qui s'y déroule, qu'on retrouve ce peuple dans toute sa diversité en sport (foot, cyclisme ...), en culture (écrivain, carnaval ...), mariage et bien d'autres sujets qui peuvent fâcher.

blannoirjaunekako 07/08/2009 13:45

Woulo pou vivies ! mi sa ki nonm gwadloup ! nonm a gran et bel l'espri ! 

olindi 07/08/2009 01:52

Emouvant, évident, limpide, on sent que c'est sincère. J'espère que ce n'est qu'un début.

manoucha 06/08/2009 13:43

Bravo à M. Viviès pour ce beau discours plein de sincérité!

renaud dourges 06/08/2009 12:08

un très beau texte humaniste qui, hélas, ne sera pas entendu des lkpistes de tous poils aveuglés par la haine et le racisme anti blanc