Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

La grande désinformation.

( Cette étude, méthodique, fouillée, rigoureuse, mérite d'être lue, méditée, et largement diffusée. Le Scrutateur s'excuse auprès de l'auteur et des lecteurs, de la présentation malhabile de ce texte dont la transcription, techniquement, a été difficile. Mais l'essentiel, le texte, y est. E.Boulogne).

Baudoin LAFOSSE-MARIN

1 er juin 2009


Origine du mouvement en
Guadeloupe et Martinique

Janvier - Février 2009


􀃖

 

Ce n’était pas une grève

􀃖

 

Un mouvement révolutionnaire

􀃖

 

La stratégie du LKP et de l’UGTG:


« Nous devons détruire le système en alliant luttes légales et luttes illégales, luttes pacifiques et luttes violentes, luttes intérieures et luttes extérieures.

Nous devons faire en sorte que nos méthodes de travail servent au point de

déstabiliser la base des organisations. Il s'agit pour l'UGTG d'impulser le

mouvement de déstabilisation économique. »

 

Ce n’était pas une grève


Il faut tout d'abord dire qu'il ne s'agissait pas d'une grève. Il ne s’agissait pas d'un mouvement de

revendications au sein des entreprises ou de groupes d'entreprises, opposant les entreprises privées et leurs salariés. Il n'y avait aucune revendication justifiant un tel mouvement, aussi bien en Guadeloupe  qu’en Martinique. Les conventions collectives métropolitaines s'appliquent depuis 1996. Les salariés bénéficient de plus d'avantages locaux leur donnant des rémunérations plus élevées qu'en métropole.

Enfin de nombreuses formations, dans le cadre de la formation continue, leur ont donné des niveaux de qualification au moins égaux à ceux de métropole.


􀃖

Un mouvement révolutionnaire
.

C'était un blocage de l'économie mené par une organisation révolutionnaire qui, sous couvert d'intérêt général et d'éléments avérés : « les prix élevés des denrées de première nécessité », avait pour objectif de prendre le pouvoir. Pour cela, il fallait jeter en pâture les chefs d'entreprise, plus  précisément les békés, puis déconsidérer les élus par tous les moyens.


Le mouvement a été lancé par des fonctionnaires d'abord en Guadeloupe puis en Martinique

 

 


􀃖

La stratégie du LKP et de l’UGTG


Le mouvement a eu pour
origine la gestion calamiteuse du problème de l'essence tant en

Guyane qu’en Guadeloupe. Les populations étaient choquées de voir baisser le prix du baril et de ne

pas voir descendre le prix à la pompe. La gestion de cette affaire a donné l'impression d'un Etat d'une

grande faiblesse laissant croire que la rue pouvait, sans coup férir, obtenir ce que la négociation ne

permettait pas.


L’U.G.T.G., organisation révolutionnaire

 

 

« Nous devons détruire le système en alliant luttes légales et luttes

illégales, luttes pacifiques et luttes violentes, luttes intérieures et luttes

extérieures.

Nous devons faire en sorte que nos méthodes de travail servent au point

de déstabiliser la base des organisations. Il s'agit pour l'UGTG d'impulser le mouvement de déstabilisation économique. »


􀃖

Les conséquences en Martinique ayant entraîné la  destruction de magasins, puisque cela est suggéré voire justifié par les statuts d'une organisation révolutionnaire dont le fondement même est la violence. Les salariés des entreprises détruites sont aussi tombés sur l'autel du Collectif. Cela explique les propos racistes tenus tout au long de ce mouvement.

Car il faut le dire aussi avec force, les Martiniquais et les Guadeloupéens ne sont pas racistes.

Mais le racisme reste le fond de commerce d'une organisation qui cherche par tous les moyens, y compris illégaux, à se lancer à la conquête du pouvoir. Pour y parvenir, tous les moyens sont bons et  ont été utilisés : mensonges, calomnies, propos racistes, diffamation, manipulation de l'information. Or dans ce mouvement, la démocratie a été bafouée. Qu’un maire décidant d'ouvrir sa mairie en soit empêché par quelques personnes extérieures en est la preuve. Que des élus soient jetés en pâture à la vindicte par un membre du collectif en est une autre. C'est un profond mépris des élus. C’est un risque pour la démocratie.


􀃖


 


Tout est maintenant très clair. Voici les objectifs des organisations ayant lancé ce mouvement.

 

Cela explique l'assassinat de M. Jacques BINOT. Il est donc tombé sur l'autel du L. K. P. Car la violence verbale et physique sont les moteurs de son action clairement définie dans les statuts de cette organisation. Il est d'ailleurs surprenant qu’à ce jour cela n'ait pas été relevé par les observateurs. Plus grave, certains, à des niveaux élevés, ont été des accompagnateurs voire des facilitateurs de ce mouvement de destruction de l'économie. Ils ont fait des interventions, peut-être maladroites, mais certainement sans nuance, mensongères et méprisantes pour les élus et pour l'Outre-mer en général.

Le mouvement en Martinique

. Il faut aussi dire, sans risque de se tromper, qu'il n'aurait pas

démarré, pas plus qu’à la Réunion, s'il n'y avait pas eu le mouvement de la Guadeloupe.

 

 

 


Il n'a débuté que le 5 février

 

 

Que cela ait échappé à la sagacité de l'Etat, est à bien des égards surprenants. Que peu de

journalistes aussi bien nationaux que locaux n'aient relevé cet élément a de quoi surprendre ! Qu'ils aient cru devoir reprendre tous les éléments non fondés, non démontrés du L. K. P., et de tous ceux dont le racisme est le fond de commerce, a quelque chose d'effrayant. Pourquoi aucun d’entre eux ne s’est rapproché préalablement des données de l'INSEE, de l'IEDOM ou des CCI avant de jeter en pâture les entrepreneurs et plus précisément les békés ? Pourquoi les représentants de l'État ont-ils eu ce même comportement ?

Cela rappelle les méthodes d'une autre époque et d'autres pays où, pour régler des problèmes

économiques, certaines communautés ont été stigmatisées, vilipendées et exterminées. N'est-ce pas ce qu'Hitler a fait !

 


􀃖

Pourquoi l’Etat n’a-t-il pas dit la vérité ?


􀀹

 

Etait-il si difficile d’interroger le directeur de l'INSEE pour qu'il fasse connaître la réalité des

entreprises ? !

􀀹

 

Était-il si difficile d’interroger le Directeur du Travail ? ! Il aurait confirmé l'application des

conventions collectives nationales en Martinique et mieux encore.

􀀹

 

Était-il si difficile d’interroger le Directeur de la Concurrence et de la Consommation

concernant les « monopoles » ? ! Il aurait confirmé que ceux-ci n'existent pas dans la distribution.

􀀹

 

Était-il si difficile d’interroger le Directeur des Services Fiscaux concernant la situation des

entreprises ? ! Il aurait confirmé qu'elle n'est pas meilleure qu’en métropole.

􀀹

 

Était-il nécessaire de vilipender des responsables économiques, des chefs d'entreprise, dont un

des mérites est de faire que

 

l'Indicateur de Développement Humain place la Martinique, déjà

en 2000,

 

en 15e position mondiale, c'est-à-dire au niveau de développement humain du Danemark

ou de l'Autriche ? !

Il n'est pas interdit de rechercher et de dire la vérité !

 


Le mouvement lancé en Martinique

le 5 février 2009.

􀃖

Une surprenante légèreté

, le président du MEDEF recevait d’une
intersyndicale une lettre signée d'un

président

 

 

En tout état de cause, ce courrier adressé le 3 février et demandant une réponse pour le 5 février, jour du début du mouvement, révèle une attitude surprenante de légèreté. D'autant plus que cela ne donnait pas le temps aux responsables économiques de se réunir pour analyser la demande. Si, inversement, le patronat s’était comporté de cette façon vis-à-vis des responsables syndicaux, on peut se demander s’il n'aurait pas été stigmatisée, aussi bien par ces derniers que par l’Etat et si son attitude n’aurait pas été qualifiée d'arrogante, de méprisante ou « d'attitude d'une autre époque ».

Après le succès de la journée du 5 février, où quelques 15 à 20 000 personnes étaient descendues dans la rue, une conduite responsable du collectif aurait été de demander sans tarder aux autorités, élus et responsables économiques, des réunions d'urgence sur une plate-forme élaborée avec intelligence et méthode, et non pas bloquer l'économie pendant quatre semaines, voire 45 jours, durée pendant laquelle les fonctionnaires sont rétribués.

Fort d’une plate-forme bien établie et déposée à la préfecture entre les mains des élus et des

responsables économiques, avec une date raisonnable de réponse, le collectif aurait dû permettre, pour la survie des entreprises, la reprise des activités économiques. En effet, face à un mouvement d'une telle ampleur, tous les responsables, à quelque titre qu’ils soient, se seraient penchés sur un dossier porté par tant de monde.

C'est ce qui aurait été fait par les organisations syndicales en Métropole. Et cela n'aurait pas mis à genoux une économie et des entreprises déjà fragilisées par la crise économique mondiale. Beaucoup ne s’en relèveront pas.

qui, jusqu'à cette date, n'était pas connu du monde des entreprises. Ce courrier faisait état de points dont certains ne dépendent pas de l'entreprise (minima sociaux, transformation d’emplois précaires en emplois stables, durables et statutaires...).

 

 

 


La réalité est que la plate-forme n'existait pas, à part le courrier du 3 février, et qu'elle s'élaborait au fil des jours. Elle s'alimentait des demandes du L. K. P. en Guadeloupe. Freinée peu ou prou, au gré de ce qui se passait dans l'île soeur, elle était échafaudée au jour le jour. Grisé par un mouvement de grande ampleur, le collectif en rajoutait, refusant la mise en place de commissions, malgré la demande réitérée du préfet et des élus pour étudier des points précis. Il obligeait des responsables à écouter de longues interventions sans jamais savoir quand le sujet les concernant viendrait à l'ordre du jour.


􀃖

Un mouvement lancé par des fonctionnaires


En réalité,

 

les trois premiers rangs du collectif étaient des fonctionnaires (enseignants,

fonctionnaires à la retraite, responsables municipaux, d’organismes sociaux, de l’ANPE).

De longues interventions se déroulaient, dont beaucoup relevaient d'affirmations quelquefois

désobligeantes, sans que la fin puisse être connue. Quand des éléments de réponse étaient donnés et qu’ils ne semblaient pas plaire au collectif, l’intervenant se faisait rappeler à l'ordre de façon cinglante, au point que le préfet, président de séance, devait rappeler au collectif qu'il était tenu d'écouter la réponse, même si elle ne correspondait pas à ses attentes. Très souvent, les griefs concernaient l'État, j ugé responsable, au dire du collectif, des difficultés et quelquefois

« d'attitude d'une autre époque ».

 

Au début du mouvement (les quatre ou cinq premiers jours), devant le manque de coordination, si on se rapprochait des syndicalistes d'entreprise (au 4° ou 5° rang) pour leur demander le nom du véritable président, on s'entendait dire « il n'y en a pas ». C’était ubuesque. Si on leur demandait de plus : « que faites-vous là ? », la réponse obtenue était : « on observe ». Cela donnait le vertige.


􀃖

 

L'État ne pouvait pas ignorer ces faits. Fin observateurs, le préfet, entouré de tous les hauts

fonctionnaires et des élus, tous bons connaisseurs de la réalité économique et sociale, ont certainement informé les hautes autorités et leur ont indiqué que la réalité économique et sociale n'était pas conforme aux déclarations, que les relations des différentes composantes de la communauté antillaise n'étaient pas, dans leur grande majorité, celles décrites par la presse aussi bien nationale que locale.

Tout cela relevait d'une immense désinformation.

Que l'État se soit prêté à ce triste jeu est indigne d'une véritable démocratie. Ne devait-on pas

demander à des observateurs neutres, une commission parlementaire, d’interroger toutes les parties plutôt que de lancer à la vindicte populaire, au niveau national, une composante de cette population dont tous reconnaîtront à terme qu'elle a permis à l'Outre-Mer et à la France plus particulièrement d'être fière de son action.


􀃖

 

 

 

Alors pourquoi l'État s'est-il laissé manipuler au point de devenir un allié objectif d'une

organisation révolutionnaire dont les principaux responsables sont des fonctionnaires et pas des moindres. Tout cela sera démontré dans la suite de ce dossier, simplement à l'aide des études réalisées par l'INSEE, l'IEDOM, la CCI. Si ces documents sont contestés par l'État, alors qu'il prenne les dispositions qui s'imposent.


􀃖

 

Pourquoi l’Etat dans sa grande sagacité ne s'est-il pas demandé les raisons pour lesquelles le

mouvement ne venait pas des salariés des entreprises privées ? Au contraire, ceux-ci, mis à part la journée du 5 février à laquelle un certain nombre ont participé pour poser le réel problème, « celui du coût des denrées de première nécessité », ont tous pour la grande majorité souhaité reprendre le travail.


􀃖

 

 

Il faut le dire avec force, le mouvement n'émanait pas des entreprises ou de « relations

 

venant d'habitudes ancestrales » .Nul ne peut nier que ces derniers mois il y eu une flambée des prix des produits de première nécessité

 

 

. Mais était-il nécessaire d’insulter, de salir, de jeter  l'anathème, plutôt que d'analyser sereinement les raisons de ce dérapage ? N'était-il pas de la responsabilité de l'État de le faire ?

Sur ce sujet également,

 

 

l'État n'a pas été d'une grande sagesse. Bien des Tous les indicateurs économiques et sociaux le rappellent. Il suffit pour cela de se rapprocher  des rapports de l'INSEE, de l'IEDOM, du CES. Au moins faut-il en prendre connaissance, sereinement, sans parti pris, sans esprit de clan ou esprit de politique politicienne, sans affirmation  gratuite et désobligeante de la part d'un responsable censé défendre l'Outre-Mer, sans mépris pour les élus, pour les fonctionnaires de l'État (préfet, TPG, directeur du travail, DDE, directeur des affaires sociales, de l'INSEE), chacun ayant fidèlement, pendant des années, oeuvré à l'intérêt général, sans  jeter le discrédit sur des responsables économiques qui ont oeuvré dans le même sens.

 

 

 

 

débordements ont pour cause l’attitude d’une de ses autorités qui, à bien des égards, a eu un comportement méprisant vis-à-vis des élus, du monde économique et des fonctionnaires en place.

En outre-mer, et plus encore en Martinique, tout est en nuance, comme la couleur

de la peau de ses enfants.

􀂾

 

Concernant les prix, il y eut d’abord, le problème du prix de l'essence à la pompe qui n'a pas suivi au début la baisse du prix du baril et qui a amené la Guyane et la Guadeloupe à se mobiliser et la gestion calamiteuse de ce dossier par les responsables politiques.

􀀹

 

Puis, l'augmentation rapide, au niveau mondial, des matières premières

alimentaires (farine, riz, etc.) et de l'énergie.

Il en a résulté une augmentation des coûts des transports, terrestres et maritimes,

et de ceux des produits et services attachés, telles que les denrées de première

nécessité. Le professeur Jean Crusol l’a bien indiqué dans un article paru dans le

France-Antilles.

􀂾

 

N'appartenait-il pas à l'État de rappeler à tous la crise mondiale dans laquelle

nous nous trouvions, plutôt que d'amener les composantes ethniques des DOM à se fracasser les unes contre les autres ? Cette attitude est-elle responsable ? Non.

N'appartenait-il pas à l'État d’indiquer la structure des prix

 

 


2. Les mensonges sur les monopoles


􀂾

 

Venons-en d'abord à la CDEC, organisme de régulation composé de représentants

de l'État, d’élus, d’associations de consommateurs, de chambres consulaires, qui sur dossier et après présentation par le promoteur, décide d'accepter ou de refuser une réalisation dans la distribution. Tous les éléments sont pris en compte, en tout

premier lieu les problèmes de concurrence ou de non-concurrence. Tous ceux qui sont censés défendre l'intérêt général sont autour de la table. Mettre en cause leur

honnêteté, c'est les insulter, les mépriser et en tout état de cause ne pas les respecter.

􀂾

 

C’est insupportable ! Aussi quand on parle de « monopole » et « d'habitudes

ancestrales »

, on devient dédaigneux on devient dédaigneux, on devient dédaigneux. S'il existe des monopoles, il faut dire lesquels et porter plainte !

C'est un dédain vis-à-vis des préfets successifs, des directeurs de la concurrence

de la consommation, des associations de consommateurs et de tous ceux qui sont

chargés de faire appliquer la loi. Compte tenu de ce qui a été dit, il faut s'attendre à

des sanctions sévères à l'encontre de ceux qui, prétend-on, ont entravé la

concurrence et, sinon, il faut en tirer les conséquences à l'encontre de ceux qui ont

fait courir ces bruits infondés et injustifiés et surtout dévastateurs pour l'économie

des îles.

 


􀂾

 

La grande distribution alimentaire en Martinique est la suivante :

􀀹

 

Cora-Match 17 % groupe métropolitain

􀀹

 

groupe Parfait 14,30 % groupe Martiniquais métis

􀀹

 

groupe Hayot 13,30 % groupe Martiniquais béké

􀀹

 

groupe Ho Hio Hen 12,70 % groupe Martiniquais chinois

􀀹

 

Leader Price 11,60 % groupe Martiniquais béké

􀀹

 

groupe Lancry 11,40 % groupe Martiniquais noir

􀀹

 

groupe Safo 10,80 % groupe Martiniquais béké

􀀹

 

divers 8,90 %.


Parmi tous ces groupes, au moins

 

 

deux sont actuellement en très grande

 

difficulté

 

 

. Nous ne connaissons pas d'entreprises avec des marges « excessives » qui

soient en difficulté, ou qui soient amenées à fermer certains établissements !

 

 


􀂾

 

Il est faux de dire qu'il y a des monopoles et qu'il n'y a pas de concurrence. Il

suffit de constater la concurrence que ces groupes se livrent sur place, à coups de

baisses de prix, de promotions diverses, d'anniversaires répétés, d’envois de publicité via les boîtes aux lettres, ou dans la presse, pour se rendre compte de la concurrence considérable du secteur de la distribution alimentaire.


􀂾

 

Tous ces groupes ont moins de 30 ans d’existence. Alors pourquoi parler des

« ancêtres » ?

L'État oublie-t-il, qu'ici comme partout en France, il peut vérifier l'origine des

fonds. Il constatera qu'ils ne viennent d'aucun héritage mais du travail de fourmi, du goût du risque des entrepreneurs. L'État, par ces déclarations, refuserait-il à certains, à cause du passé de ces îles, le pouvoir de créer et de prendre des risques ? Ce n'est pas sérieux, c'est indigne !

􀂾

 

Ce qui a été dit sur la grande distribution alimentaire est également vrai dans

plusieurs autres secteurs de l'économie (automobile, matériaux de construction,

bricolage...)

􀂾

 

L’État oublie-t-il, qu'ici comme partout en France, il existe des droits de

succession qui ramène l'héritier incompétent à sa juste valeur ! Les successions en Outre-Mer sont bien faibles, comparées aux fortunes familiales du reste de la France (il suffit de se promener à travers la France pour voir châteaux et maisons de taille impressionnante...) souvent divisées en une grande fratrie. Ainsi aux Antilles, dans une même famille on trouve des hommes ou des femmes ayant réussi et d'autres en situation très difficile.


3. Les prix élevés des produits de première nécessité :

 


􀂾

 

A ce stade de la réflexion, il faut se référer à la structure même des prix des

produits importés Outre-mer.

La structure des prix dans les DOM est fixée depuis 1976 par l’arrêté ministériel

76-48 P paru au bulletin officiel des prix.

Cet arrêté, faisant autorité, indique sans ambiguïté tout ce qui fait le prix de

revient d'un article, depuis son achat en métropole, en Europe, ou dans le monde,

plus généralement chez le fournisseur, jusqu'au magasin du distributeur dans le

DOM. Tout y est : le transport terrestre en métropole, l'embarquement à bord du

navire, le transport maritime, les assurances, le débarquement à Fort-de-France ou à Pointe-à-Pitre, le salaire des dockers (celui-ci est loin d'être neutre, compte tenu du tarif des dockers à Fort-de-France) le débarquement et le transport en Martinique, la TVA, l'octroi de mer.

􀂾

 

Il est clair que le prix de l'énergie, de l'essence, a augmenté tous ces prix qui un exemple pour illustrer le rôle de la TVA et de l'octroi de mer dans le prix d'un produit : se sont répercutés sur le prix de revient des produits en magasin. La TVA et l'octroi de mer sont, de toute évidence, impactés par cette augmentation.

 

Prenons des exemples :

 

Si le produit est acheté à 100 € chez le fournisseur, avec la TVA à 8,5 % et

l'octroi de mer de 10 %, supposons, pour la clarté de l'exercice, que le produit revienne à 200 € au magasin en Martinique ou en Guadeloupe ; la TVA, toujours de 8,5 %, sera en Martinique payée 17 € (2 x 8,5) par le consommateur final et l'octroi de mer, toujours de 10 %, sera en Martinique payée 20 € (2 x10) par le consommateur final.

Le consommateur martiniquais aura ainsi payé en taxe 17 + 20 = 37 € (dont 17

à l'État et 20 aux collectivités locales). Ces deux entités bénéficient directement de

l'augmentation du prix des produits du fait de ce qui est appelé « frais d'approche ».

En métropole, le client final, sur un produit ayant une TVA moyenne de 19,5 %, ne

paiera que 19,5 € sur un produit de 100 € acheté chez le fournisseur, augmenté du

frais de transport en métropole, mais diminué des économies d'échelle et des prix dont bénéficient les grandes enseignes du fait des quantités.

 


􀂾

 

 

 

applique une marge qui, avant la liberté des prix en 1984, était fixée par l'État et plus précisément par la commission locale des prix qui était présidée par le Préfet, en présence d'Elus, de représentants des associations de consommateurs, des chambres consulaires, de responsables de l'administration. Depuis l’instauration de la liberté des prix en 1984, la plupart des commerçants de la grande distribution se sont tenus aux règles établies qui fixaient un cadre. C'est autour de ce cadre qu'ils ont été amenés à diminuer leur marge, la concurrence aidant, et à se lancer dans une bataille de prix, via toutes sortes de mailing.

Pour augmenter leur part de marché, ils interviennent auprès de leurs

fournisseurs, font pression sur les intermédiaires, pour être en position plus favorable que leurs concurrents et offrir de meilleurs prix à leurs clients qui sont souvent les mêmes.

Pourquoi, les martiniquais délaissent-ils un jour un hyper-marché pour aller voir

un autre au gré des promotions ? Si ce n'est pour obtenir un meilleur prix.


􀂾

 

A moins d'être ignorant de ces mécanismes, ce que nous ne croyons pas, c’est

cela que l'État aurait dû expliquer au collectif et à la population

 

. Au lieu de sortir  de ce conflit par le haut, d'amener le plus grand nombre à une meilleure connaissance des mécanismes économiques, certains ont préféré gratter les « plaies » du passé, ranimer les souffrances. Il est triste d'en arriver là. Nous pourrions dire :« la  souffrance des uns est la souffrance des hommes, la vraie gloire est de la respecter ».

Fort de cette analyse technocratique, il fallait examiner attentivement toutes les

solutions possibles pour baisser les prix, en agissant à tous les stades sur la structure des prix, et ainsi aider les plus faibles à sortir dignement de leurs difficultés.

Cela aurait pu se faire sans insulte, sans agressivité, sans stigmatiser de tous les

maux ce département ou des groupes, comme l'ont fait certains médias, certains élus ou certains responsables de l'État. On est sorti de ces événements en blessant les individus et en laissant sur le tapis de très nombreux salariés qui iront rejoindre le lot de ceux qui connaissaient déjà des difficultés. L'Outre-mer n'a pas été respecté, car l'image qui a été donnée de lui n'a pas été conforme à la vérité. Celle-ci a été bafouée et l'Outre-mer calomnié.


􀂾

 

En réduisant les prix uniquement dans la grande distribution, on fragilise tout

un tissu de petits commerces

 

 

ensuite augmenter ses salaires.

La grande distribution et beaucoup d'autres entreprises de taille moyenne (plus de

30 salariés) ne seront pas affectées par la hausse des rémunérations, ayant dans leur grande majorité des salaires supérieurs à 1,4 SMIC. Cela contredit d'ores et déjà les déclarations laissant croire que les rémunérations Outre-mer sont inférieures aux salaires de la Métropole. L'essentiel des augmentations, au niveau de la grande distribution, sera plutôt dans la tranche des 1,4 SMIC et 1,6 SMIC et au-dessus de 1,6 SMIC. Cela aurait été obtenu tout naturellement pas une Négociation Annuelle Obligatoire.

qui ne pourra pas suivre cette baisse et qui verra

 


􀂾

 

Si cela avait été fait par le Collectif avec hauteur ou sagesse et avec un État moins

partisan, on aurait pu prouver ces faits et obtenir des résultats sans détruire. Mais il

faut rappeler ici que

 

 

le moteur de l’action du LKP est de : « détruire le système en

 

alliant une lutte légale et lutte illégale...

 

 

 

 


4. Les mensonges sur les salaires.


􀂾

 

Il faut rappeler à nouveau qu’il ne s'agissait pas d'un conflit du travail. Il n'y

avait pas de revendications de salaire à l'origine de ce mouvement.

C'était un blocage de l'économie impulsée par des fonctionnaires de l'État, des

collectivités territoriales et les collectivités décentralisées, touchant tous 40 % de plus que leurs homologues métropolitains. Nous reviendrons sur ce dernier point.

􀂾

 

Il est faux de dire que les salaires en Martinique sont plus faibles qu'en

métropole

 

 

, car :

 

􀀹

 

le SMIC est strictement le même ;

􀀹

 

le 22 juillet 1996, il y a 13 ans, a été signé un accord-cadre pour l'ensemble de

conventions nationales ;

􀀹

 

le 20 mai 1998, il y à 11 ans, un accord collectif régional donne, en plus, des

avantages locaux n'existant pas dans les conventions nationales.

􀂾

 

Par ailleurs un article spécial a été réservé à la formation professionnelle. Cela a

entraîné un développement considérable de la formation des salariés.

􀂾

 

Il était désobligeant et méprisant de dire que les relations dans le travail « sont

d'une autre époque »

 

. Le directeur du travail, dont c'est la mission, aurait pu faire  connaître le nombre de NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) qui se sont tenus ou devant se tenir. Cela aurait évité un tel gâchis ainsi que des déclarations qui ont montré, de la part des responsables qui ont tenu ces propos désobligeants, une méconnaissance totale de la Martinique.

 

􀂾

 

Ceci étant, comme il a été dit plus haut, les petites entreprises seront frappées

de plein fouet par les augmentations de salaire

 

 

importantes (plus de 30 salariés) seront moins touchées pour les raisons évoquées ci dessus.

, tandis que les entreprises

 


5. Les 40 % des fonctionnaires : facteur de « vie chère ».


􀂾

 

Appelée à l’origine « indemnité d'éloignement, de recrutement », elle est en fait

une « indemnité coloniale ». Elle a été

 

 

instaurée à la suite d'un rapport de 1951

 

intitulé :

 

 

« difficulté de recrutement des personnels métropolitains nécessaires à

 

l'encadrement et à la bonne marche des services publics de la Martinique ».

 

 

 

 

Le rapport émane et est signé de 18 directeurs et chefs de service.

Elle a été accordée à tous les fonctionnaires métropolitains venant en outre-mer

qui étaient chargés :

 

 

 

 

􀀹

 

«d'organiser et diriger les nouveaux services établis dans ce département

􀀹

 

d'assurer l'encadrement des agents de l'ancienne administration coloniale».

􀂾

 

Cette indemnité coloniale a été étendue à tous les fonctionnaires de l'État, mais

aussi aux fonctionnaires des collectivités territoriales, et des collectivités

décentralisées, des municipalités et des intercommunalités. Ceux-ci sont à la charge des contribuables du département

Cette « indemnité d'éloignement, de recrutement » a été habilement rebaptisée

« indemnité de vie chère ». Mais, en réalité, c’est le contraire.

􀂾

 

Touchée par tous les fonctionnaires elle est un facteur important de vie chère.

Elle entraîne à la hausse le budget des communes, du conseil général, du conseil

régional et des intercommunalités

 

 

La différence des niveaux de ces taxes avec la Métropole

 

 

􀂾

 

Les salaires des fonctionnaires municipaux, territoriaux (Région, Conseil

Régional) augmentent aussi les prix, par l’intermédiaire de l’octroi de Mer.

Prélevé principalement sur les produits importés, l’octroi de Mer est en effet facteur de« vie chère ». Mais, il ne peut pas être diminué et certainement pas supprimé, car il abonde le budget des communes pour payer les rémunérations des fonctionnaires, plus élevées de 40 % que celles de leurs homologues métropolitains. N'a-t-on pas entendu les maires, lors du mouvement du 5 février, par la voix de leur président, s'opposer fermement à la baisse de l'octroi de mer sur les produits importés ? La raison en est simple : ils ont besoin de l'octroi de mer pour payer leur personnel ; lesimpôts locaux, quoique très élevés, n'y suffiraient pas. Rien n'est neutre !

􀂾

 

Pourquoi le collectif et le LKP ont-ils oublié de signaler ces faits ? Parce qu'ils

sont fonctionnaires bien sûrs ! Ils alimentent la vie chère. Ils sont, eux aussi, facteur non négligeable de « profitation ».

est très loin d’être  négligeable. N'est-ce pas un scandale ? Une « profitation » ? Pourquoi n'en a-t-on pas. Plus une mairie a d'agents municipaux  titulaires, plus elle est obligée de collecter l'impôt. Ainsi les taxes finançant les communes (impôt foncier TFPB, taxe d'habitation, taxe professionnelle, ordure ménagère) seront d'autant plus importantes que le budget de ces collectivités est élevé.

Qui n'a pas remarqué que la TFPB atteint 2 à 3 mois de loyer en Martinique contre 0,8 ou 1 mois en métropole, voire moins. Il en est de même pour la taxe d'habitation.

Dans le secteur social, ces taxes peuvent atteindre 5 à 6 mois des loyers,

particulièrement bas.

Selon l’INSEE, 56 % des ménages sont propriétaires de leur logement dans les

DOM. N'auraient-ils pas apprécié, pour une villa F4 ou d’un appartement F4, d'avoir

une taxe de propriété bâtie de 700 €, quelquefois 400 € (à Paris), au lieu d'une taxe de

1.400 à 1.600 €, de même pour la taxe d'habitation ! Tous les locataires

n'apprécieraient-ils pas des taxes d'habitation plus faibles ? Ne sont-elles pas facteur de « vie chère » ?

parlé lors des réunions de février ? Était-ce un tabou, ou simplement parce que les

principaux meneurs du mouvement étaient des fonctionnaires profitant d'une

situation datant de la période coloniale qu'ils dénoncent, dont ils sont les derniers

vestiges et qui est loin d'être neutre sur la vie des DOMiens.

».Et le mode d'attribution, par la « Commission Départementale d'Equipement Commercial» (la CDEC), des autorisations en matière de construction des prix dans la grande distribution ?

 

 

 

Origine du mouvement en

Guadeloupe et Martinique

Janvier – Février 2009


Baudoin LAFOSSE- MARIN


􀃖

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

chantal etzol 05/06/2009 13:48

Dossier concis et argumenté,à conserver pour répondre aux manipulateurs et manipulés de tous bords. Toutes ces objections, de bon sens, commencent d'être évoquées de plus en plus dans des conversations entre guadeloupéens,privées mais aussi publiques (réunions, rencontres dans divers corps de métier). Plus d'un exprimant son écoeurement ou son ras-le-bol.Mais pendant ces quarante jours de "tentation"...dans le désert, à la subversion voulue et relayée par nombre de médias, s'est ajouté un TERRORISME révolutionnaire effréné, organisé de longue main,pour stupéfier les consciences et annihiler toute tentative de réaction, visant à rétablir la réalité de nos départements.Ce type d'agissements se poursuit encore en Guadeloupe,même s'il est plus localisé. Ainsi cette commune dans laquelle une minorité du personnel municipal exige l'application de "promesses" antérieures, jamais consignées à aucune délibération par celui qui les avait tenues. Dans ce but, des monticules de poubelles et détritus de toutes sortes sont régulièrement déversés dans les rues et sur les principaux axes routiers d'une commune pourtant touristique. Des cantines ne fonctionnent pas ; des parents sont obligés de nettoyer eux-même des écoles primaires pour que leurs enfants continuent d'être scolarisés dans les conditions d'hygiène requises. Lorsque le nettoyage est terminé, les nervis des "grévistes" envahissent les locaux pour les salir à nouveau.Dans de telles circonstances,la population ne peut pas, seule , faire face à de tels excès. C'est là encore, l'un des rôles premiers d'un état, d'apporter son soutien face aux intimidations de toutes natures et de maintenir les droits de la majorité des citoyens, dans le cadre d'une démocratie. D'autant plus quand cette population a exprimé, par un vote MAJORITAIRE assez récent, son attachement au cadre institutionnel dans lequel elle souhaitait continuer à vivre. La valeur d'un tel vote et la volonté très claire qui s'est ainsi manifestée, seront-ils remis en cause chaque fois que sera élu un nouveau Président de la République, ou qu'un nouveau gouvernement sera mis en place?                                                                                                                                                                             chantal etzol

renaud 05/06/2009 10:41

une rumeur persistante évoque le départ de Cora de guadeloupe  si c'est exact, des emplois seront encore supprimés grâce au lkp