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Publié par Edouard Boulogne

 

 

Une figure contestable le Capitaine Ignace(II) suite.

 

par le Docteur André Nègre


Voyons maintenant la suite des énements eux-mêmes, ces événements qui donnèrent à Ignace une dimension historique.

Les exactions de Lacrosse, les arrestations et les déportations que cet Amiral avait opérées, les menaces qu'il ne cessait de proférer à l'adresse des gens de couleur. avaient amené un certain nombre d'officiers noirs à ébaucher une sorte de complot qui visait à l'expulsion du Gouverneur de la Guadeloupe.

Le 10 octobre 1801 (28 vendémiaire X), Augier vint dénoncer ce complot aux autorités légales ; parmi les conjurés signalés il y avait Ignace, qui fit là son entrée dans l'Histoire.

On décida de l'arrêter, avec d'autres ; mais l'homme était avisé ; il sut prendre le large avant qu'on y parvint, et se rendit même dans les casernements pour y exorter officiers et soldats à la révolte.

Ces incitations d'une part, mais aussi et surtout l'attitude de Lacrosse amenèrent les troupes noires, le 21 octobre, à arrêter tous les Blancs, même les officiers, qu'ils rencontraient dans les rues et à les jeter en prison.

Les chefs des révoltés, dont était évidemment Ignace, voulaient même selon Lacour faire arrêter Souliers ; ils en avaient chargé une compagnie de chasseurs noirs et de couleur ; ce mouvement insurrectionnel visait, on l'a écrit, «au massacre général des Blancs» (Lacour) ; et ceux-ci étaient à 1 contre 10 ; Pelage arrêta fort heureusement ce mouvement, on le sait ; mais ces tentatives avortées montraient bien jusqu'à quel point, déjà, Ignace et les autres chefs des révoltés pouvaient être, à la fois, extrémistes et sanguinaires.

Ignace qui avait été le premier vrai rebelle, se précisait comme une menace : mais on l'y avait bien poussé !

Disons que tous ces hommes de couleur, qui se révoltaient, avaient de très légitimes raisons pour s'insurger ainsi ; mais il y a la manière et le degré.

Plus tard Ignace fut de ceux qui empéchèrent Pelage d'aller au rendez-vous de la Gabarre, fixé avec Lacrosse ; de ceux qui s'opposèrent à ce que le même Pelage allât à la rencontre sur le radeau, en mer, au large de Pointe-à-Pitre ; de ceux encore qui voulaient aller attaquer La Crosse à Petit-Bourg ! Lacour nous dit même que. pour cette dernière opération, il était parmi les plus exaltés ; il était, dit encore Lacour. «le fougueux Ignace»...

Fougueux, certes oui ; mais non dépourvu de ruse, et même de machiavélisme : car Ignace et ses amis n'avaient poussé à l'entrevue sur un radeau qu'avec l'intention bien délibérée d'empêcher Pelage d'y aller, et avec celle non moins arrêtée d'y capturer Lacrosse, s'il venait ainsi se jeter dans leurs filets.

Car depuis quelque temps, ceux-là étaient bien décidés à se débarrasser du Capitaine-Général, par tous les moyens, et on a lu dans l'étude que j'ai faite ailleurs de ce dernier (2), que les hommes de couleur étaient en droit de tout craindre, de sa part ; leur décision de supprimer cet obstacle n'était que de la légitime défense.

Mais, ce faisant, en étaient-ils arrivés à formuler dans leurs esprits, ou bien dans leurs discussions, l'ébauche d'un système voisin de la sécession ou de l'indépendance ? On ne sait, mais il est infiniment probable que, plongés dans l'action, les lendemains économiques et militaires leur échappaient totalement ; tout le monde n'a pas l'étoffe d'un Toussaint-Louverture... Mais ils ne pouvaient pas ne pas envisager l'indépendance, et c'est sûrement au cours de cette «période de Petit-Bourg» que cette idée dut prendre forme ; et c 'est Ignace qui dut dès lors cristalliser autour de lui tous ceux qui se sentaient assez d'âme pour tenter cette grande aventure !

Pelage eut alors à compter avec Ignace.

Lorsque le 23 octobre les troupes insurgées proclamèrent Pelage «Général en Chef de l'Armée de la Guadeloupe», Ignace n'était pas étranger à cela ; Pelage aurait voulu refuser : il était trop militaire pour ne pas se rendre compte que cette nomination était sans valeur ; en outre, s'il l'acceptait, cette nomination le faisait tout de même passer aux yeux de Paris pour l'incontestable chef d'une conjuration qu'il désapprouvait, lui Pelage, dans toute la mesure où elle se dressait contre la France.

Mais s'il la refusait, Pelage craignait qu'Ignace n'en profitât pour se faire nommer à sa place, ce qui eût exposé le pays aux violences d'un homme sincère, certes, et courageux, mais fruste, emporté, capable des pires excès ; d'un homme qui professait hautement son racisme en protestant, le 24 octobre, parce que Pelage n'avait pas exclu tous les Blancs de son Conseil...

C'est pourquoi Pelage eut recours à un biais : il accepta le commandement en chef, mais refusa le titre de Général.

Revenons à l'entrevue-en mer, sur un radeau, en partie ourdie par Ignace ; les députés qui s'y joignirent se doutaient bien de ce que préparait le «fougueux Ignace», puisque Lacour nous dit qu'ils essayèrent de fléchir La Crosse... «ils pensaient qu'un pardon (de la part de Lacrosse) désarmerait Ignace...»

En fait, rien n'eût pu le désarmer ; et tandis que son Colonel, Pelage, avait promis la sécurité au Capitaine-Général, à Pointe-à-Pitre, c'est lui Ignace qui vint l'y arrêter, qui l'amena au fort et qui le poussa en prison, tout en refusant à Delgrès le droit d'y suivre son chef !

C'est là que l'on voit le véritable Ignace : ce n'était pas seulement un violent, un «caractériel comme disent les psychiatres : en s'opposant au mouvement spontané de Delgrès, le rusé Ignace ébauchait son projet d'utiliser Delgrès à ses propres fins, lesquelles à ce moment précis étaient diamétralement opposées à celles de Delgrès. Ignace pensait déjà à décider celui-ci à se joindre aux rebelles à ces rebelles dont il estimait, lui Delgrès, «qu'ils méritaient la mort»....

Dans les pages qui suivent le récit de cette arrestation du Capitaine-Général, Lacour nous dit que, n'eussent été les efforts de Pelage pour protéger La Crosse, «Ignace l'eût égorgé de sa propre main» ; et que, sans cette intervention, la Colonie aurait connu un «effroyable massacre» auquel exposait l'action d'Ignace.

Tandis que Pelage voulait aussi tenter d'éviter la mise en jugement, et l'assassinat, du Capitaine-Général, tandis qu'il cherchait plutôt l'expulsion, «Ignace ne voulait pas lâcher sa proie» (Lacour) ; d'après le même auteur, les plus exaltés des révoltés, et Ignace en était bien sûr, «n'ayant pu tuer La Crosse le 24 octobre, avaient la prétention de le faire juger» ; pour eux, «un ennemi mort était moins à craindre». Et l'on voit bien où eût immanquablement mené un simulacre de Haute Cour !

Pelage ne pouvait pas s'opposer directement à ce projet d'Ignace, car celui-ci l'eût incarcéré à son tour.. Et il savait que si ce dernier, devenait le seul maître de la Colonie, c'était la boucherie de tous les Blancs et de tous les hommes de couleur quels qu'ils fussent, qui l'avaient soutenu, lui Pelage, ou bien qui voulaient que la Guadeloupe restât française. Pelage décida donc de ruser, et il parvint en effet à convaincre Ignace de l'avantage qu'il aurait à se débarrasser de La Crosse par la déportation, plutôt que par la mort.

Plus tard, Ignace fut de ceux qui, avec Massoteau, voulaient aller attaquer la Dominique et les Anglais, pour y châtier La Crosse ! Cette démesure situait l'homme.

On sait que le Conseil présidé par Pelage manda deux députations à Lescallier et à Coster, et l'on en connaît l'insuccès ; ces échecs entraînèrent une grosse déception, et aussi une grande colère contre les Blancs ; mais on va voir que dans cette irritation d'ordre racial, Ignace se montra pour une fois plus réservé que Noël Piron, on va le voir dans un instant. Disons en attendant que, d'après Lacour, cet insuccès de la députation fit perdre du terrain à Pelage au profit d'Ignace et de Massoteau.

Mais ceux ci ne se sentaient pas tellement forts, et ils cherchaient à entraîner avec eux Delgrès ; Delgrès qui voulait (à ce moment là) conclure un traité avec la Métropole. Ignace et Massoteau ne se sentaient pas tellement forts parce que, suivant une loi historique qui ne souffre pas d'exception, ils étaient à leur tour «débordés sur leur gauche»... Un homme d'extrême gauche, pour si forcené soit-il, sera toujours bousculé par plus forcené que lui ; c'est une fatalité à laquelle n'échappa pas Ignace ; avec Massoteau, ils «rêvaient d'indépendance» (Lacour) mais se seraient à la rigueur contentés de l'expulsion des Blancs ; tandis que Noël Piron et Fafa, eux et leurs semblables car ils n'étaient évidemment pas seuls, après l'échec de la députation, voulaient qu'on les exterminât tous, et traitaient presque Ignace de «mou».

Pendant que se tramaient ces intrigues, Pelage essayait de calmer les uns et les autres avec ces fameuses «carottes» qui font «marcher les ânes»... Bien qu'il eût refusé le grade de Général, il distribua des galons... C'est ainsi qu'il nomma Ignace Chef de Bataillon (Commandant) et Delgrès Chef de Brigade (Colonel) ; titres sans aucune valeur, bien sûr, et qui ne furent d'ailleurs jamais homologuées ; mais qui eurent le don de flatter, un moment, les amours propres.

Les jours passaient donc, tandis que certains ourdissaient des complots divers.. Mais Richepance arriva, et ce fut le drame du débarquement.

Le Général en Chef Richepance était fortement prévenu contre les rebelles de la Guadeloupe ; par Paris, d'abord ; ensuite par Lacrosse qui lui avait envoyé des émissaires en mer, pour le catéchiser. Le représentant du Premier Consul et ses lieutenants ne pouvaient, cinq minutes après avoir foulé le sol de cette île, faire la différence entre de vrais révoltés, et ceux qui étaient restés plus ou moins fidèles ; de toute façon, les événements des dernières semaines les incitaient à redoubler de méfiance ; mais il ne fut peut-être pas très habile que des chefs comme Pélage et Ignace, pour ne citer qu'eux, et qui étaient présents à l'arrivée de Richepance, en tête de leurs troupes, aient été accablés de vexations ; c'est ainsi qu'Ignace commandait une garde d'honneur de 40 hommes, mais le Général Gobert, méfiant, leur donna l'ordre de rentrer dans les casernements.

Pelage, militaire jusqu' à la mort, «avala toutes les couleuvres» ; mais Ignace n'en conçut qu'une haine accrue ; avec Massoteau et quelques autres chefs de couleur, ils avaient déjà évoqué le projet, dès avant le débarquement, «de repousser les troupes européennes» (Lacour) ; mais l'entreprise leur avait tout de même parue énorme ; et d'autre part, peut-être Ignace avait-il cru à demi aux illusions de Pelage ? Peut-être en venant accueillir Richepance était-il prêt à renouer les liens ? Devant les humiliations qui lui furent infligées, et n'ayant pas le même sentiment que Pelage quant à la «servitude» militaire, il se replia sur sa haine, accumulée et renouvelée.

Il est intéressant de lire ce qu'écrivit Pelage, sur ce point, dans sa lettre du 21 fructidor X (21.8.1802) au Premier Consul : Pelage et Ignace se retrouvent au Fort La Victoire après le débarquement de Richepance ; voici la scène, racontée par Pelage : «Ignace vint à moi et me demanda d'un air triste et sombre : «Commandant, où en sommes-nous ?» — «Où nous en sommes ? Tout se passe à notre satisfaction... nous sommes militaires et Français ; nous ne devons connaître que l'obéissance. Soyez certain qu'on nous rendra justice.» — «Oui, mais la troupe est mécontente, on n'a pas daigné regarder ses officiers ; on la chasse d'une manière honteuse ; les compagnies disent qu'elles n'évacueront pas...» — «Qu'osez vous dire '' Je vous crois de l'honneur, songez que vous êtes père de famille, songez à vos serments...»

Dialogue qui nous montre bien le caractère inébranlable du sentiment de l'obéissance totale chez Pelage, et le durcissement d'Ignace.

Peu après, un détachement européen venait au Fort La Victoire, où commandait Ignace ; il y était reçu par des manifestations très hostiles ; Richepance ne badinant pas avec la discipline, il ordonnait aussitôt l'arrestation d'Ignace, et de sa troupe.

Mais Ignace n'était pas de ceux que l'on arrête comme ça... II prit la fuite avec une partie des siens, avant que l'on n'arrivât jusqu'à lui.

Dans la nuit du 6 au 7, il embarqua à Petit-Canal avec d'autres officiers, et 150 soldats, en direction de Basse-Terre.

Mais il débarqua le 7 au Lamentin et se dirigea vers Basse-Terre par la route en recrutant, sur son chemin, une masse de Noirs et de Noires très excités et «qui vinrent fondre sur la capitale comme un ouragan». Lignes de Lacour qui ajoute : «Les Blancs crurent que leur dernière heure était arrivée.». Il est certain qu'Ignace se montra très avisé en effectuant ce trajet Lamentin-Basse-Terre par voie de terre, car il ramassa ainsi une véritable armée de volontaires.

On sait qu'Ignace se joignit là à Delgrès, décidé à ne pas laisser à ce dernier toute sa liberté de jugement, comme on va le voir.

D'abord, on sait aussi que Delgrès avait laissé les Blancs, qui servaient sous ses ordres, libres de se retirer là où ils le voudraient, en déposant leurs armes ; c'était là un sentiment élevé, digne d'un Delgrès qui n'était ni haineux, ni violent, ni raciste, quelles que fussent ses raisons de se battre : raisons qui étaient les mêmes que celles d Ignace... Mais ce dernier n'avait justement aucune des qualités de Delgrès, et il le prouva en faisant jeter en prison, contre les ordres de son chef, tous ceux de ces Blancs qui ne s'étaient pas enfuis aussitôt après leur libération par Delgrès.

Plus tard, quand les officiers parlementaires de Richepance furent devant Delgrès. Ignace démentit systématiquement tout ce que ces plénipotentiaires avançaient ; il lui fallait circonvenir Delgrès et peu lui importait pour cela les contrevérités (n'hésitant pas à soutenir que La Crosse avait débarqué, et était de nouveau Gouverneur) ; il lui fallait empêcher Delgrès de basculer.

Delgrès ne bascula pas. et l'on en connaît la suite sanglante ; il y avait une chance pour que Delgrès se range sans combat, sans le carnage que l'on sait, sous la bannière de Richepance ; Ignace porte toute la responsabilité du sang versé, par ses mensonges qui induisirent Delgrès en erreur.

Lorsque Ignace quitta Delgrès, sur les ordres de ce dernier, pour faire une diversion vers Pointe-à-Pitre, on sait qu'il alla d'abord à Dolé où. après avoir brûlé et massacré, il s'apprêtait à faire sauter 80 femmes et enfants dont le seul crime était d'être blancs, et qu'il avait rassemblés là à cet effet ; ils furent sauvés par Gobert qui enleva le poste à la baïonnette (Boyer-Peyreleau et Poyen-Bellisle).

80 femmes et enfants rassemblés pour être massacrés ? Les SS allemands d'Oradour sur Glane, en 1944, enfermant les enfants du village dans l'Eglise pour les faire griller là n'ont pas fait autre chose... Les Palestiniens de Maalot qui, en 1974, ont enfermé 90 enfants dans une école pour les assassiner lâchement... n'avaient rien inventé : le sanguinaire Ignace leur avait servi de modèle, 172 ans plus tôt.

On sait aussi que sur la route de Pointe-à-Pitre, il réduisit en cendres les bourgs de Trois-Rivières, St Sauveur et Capesterre (Poyen) ; il marquait sa marche «par le massacre et l'incendie».

Lacour reste dans cette sinistre note quand il décrit à -on tour cette ruée vers Pointe-à-Pitre... «avec son armée de pillards, d'incendiaires, d'assassins...» on pouvait par l'incendie suivre la marche des brigands sur le littoral...

Ignace transformait le chemin de Basse-Terre à Pointe-à-Pitre en charnier ; il massacrait femmes et enfants sans aucune nécessité ; le meurtre pour la joie de faire couler le sang, pour le meurtre ; le côté caractériel de l'homme perçait : le plaisir de tuer ?

Mais, arrivé à Pointe-à-Pitre, il commit une faute tactique ; il se laissa impressionner par l'arrivée possible de renforts importants, Gobert peut-être, (ce qui était une erreur) et il n'osa y entrer alors que la ville était à la merci de ses tueurs.

Il alla s'enfermer, le 24 dans le fort de Baimbridge, ce qui était une 2è faute car cette colline, entourée d'autres collines, pouvait être facilement bombardée par l'artillerie et encerclée ; c'était la mort assurée, dans un réduit. Ignace s'était jeté dans une nasse.

Pelage, fin manœuvrier, profita de la situation et l'emporta aisément. Près d'être fait prisonnier, Ignace cria : «Vous n'aurez pas l'honneur de me prendre en vie...» et il se brûla la cervelle.

II avait tenu son serment prononcé à la demande de Delgrès : faire triompher la cause, sinon mourir. Comme Delgrès.

675 hommes périrent avec lui, les armes à la main ; par la suite, Gobert et Pelage fusillèrent 250 prisonniers pour les crimes dont ils avaient, sans raison, jalonné la route de Basse-Terre à Pointe-â-Pitre.

Arrivés au terme d'une vie incontestablement héroique et sincère, baignée dans le meurtre et le sang, il faut faire un bilan.

Ignace était un rebelle, un traître au sens militaire du mot ; il n'en a pas moins été, et reste, une sorte-de héros, un emblème, presque un mythe ; c'est hors de doute.

Mais si l'on fait lire son histoire à qui que ce soit d'impartial, celui-là ne manquera pas, certes pas, d'admirer le courage avec lequel ce héros noir a défendu sa liberté et celle de ses frères de race. Mais il remarquera, dans cette histoire, la regrettable répétition des expressions :

«Homme féroce et sanguinaire... cruel... provoquant à l'assassinat... féroce mulâtre... cruauté d'Ignace... traçant sa route par le massacre et l'incendie... réduisant en cendres plusieurs villages....rassemblant femmes et enfants pour les faire sauter... poussant au massacre général des Blancs... Pelage craignait qu il ne fit une boucherie des Blancs et des hommes de couleur... Il fit manquer Delgrès à sa parole en jetant en prison des hommes libérés par celui-ci... son armée de pillards, d'incendiaires et d'assassins.... massacres sans nécessité...»

Pour un seul homme, il est difficile de rassembler autant de jugements de ce type, en aussi peu de temps... et le lecteur concluera qu'il est dommage que ce héros noir ait ainsi terni sa mémoire ; il est toujours possible de défendre une grande idée sans assassiner pour Ie plaisir de tuer. Toutes les révoltes de conscience ne se manifestent pas par des trouble caractériels qui entraînent des meurtres d'innocents par centaines et sans nécessité. Il y a de la grandeur à être rebelle, pour une grande cause ; jamais à être un vulgaire émeutier.

Il ne reste à Ignace que cette «sombre gloire des crimes commis au nom d'une haute revendication», évoquée par le général de Gaulle habitué à méditer sur l'Histoire. Un tel patronage n'est pas négligeable dans la situation d'Ignace face à l'humanité...


Dr André Nègre.


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