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Publié par Edouard Boulogne

 

Et maintenant la gueule de bois.

(Après le carnaval LKP, orchestré pour les naïfs par les groupes Kiltirels Akiyo, et Voukoum, voici venu le temps de la déception et de la gueule de bois. Le Scrutateur).

TOUT ÇA POUR ÇA

 

LE PROTOCOLE DE FIN DE CONFLIT :

 

Le mouvement du LKP qui a bloqué la Guadeloupe du 20 janvier au 4 mars 2009 a produit

l’accord Bino et le protocole de fin de conflit du 4 Mars : C’est sur ces deux éléments qu’il faut

se baser pour mieux comprendre et définir ce mouvement sur lequel beaucoup de choses ont été

dites.

L’accord Bino, à part son préambule sur lequel il faudra revenir, définit que les entreprises

verseront 50 euros, l’Etat 100 euros (provisoirement), les collectivités 50 euros

(provisoirement).

L’accord du 4 Mars comporte 165 points alors que la plateforme déposée le 20/01 en

comportait 119 donc 46 point supplémentaires, pourquoi ?

Voici les rubriques traitées :

• Prestations sociales, minimas sociaux et salaires

• Baisse des prix produits de première nécessite

• Baisse des prix des carburants

• Baisse du prix de l’eau

• Logement

• Transport

• Education

• Formation professionnelle et emploi des jeunes

• Droits syndicaux

• Services publics

• Production : volet agricole et volet pêche

• Aménagement du territoire et infrastructure

• Culture

• Dispositions finales et diverses.

On aurait aimé imaginer qu’il s’agisse du projet de société que la Guadeloupe aurait fait pour

elle même ....

Pas du tout, ce sont les domaines dans lesquels la Guadeloupe exige qu’on fasse pour elle.

« fé sa ban mwen ! »

L’Etat (et ses administrations) est concerné 104 fois

Les collectivités locales et divers organismes locaux sont concernés 78 fois.

....88 fois, l’un ou l’autre est sollicité financièrement d’une manière ou d’une autre.

Chaque fois qu’elles sont citées, les entreprises ou les employeurs que sont les administrations,

le sont financièrement d’une manière ou d’une autre.

« ban mwen l’agent »

La situation que traduit ces documents illustre effectivement que ceux qui les ont promus sont

toujours dans le schéma de l’économie de plantation (préambule de l’accord Bino) où il y a un

« patron » plein de privilèges et de sous, et une masse de travailleurs opprimés.

Il est évident que les choses ont sensiblement changées au cours du XXè siècle, mais surtout,

les craquements qui annoncent, non pas des évolutions, mais des ruptures imminentes ne sont

absolument pas prises en compte.

Mais pourquoi faire compliqué quand on peu faire simple, même si c’est faux, c’est un

excellent levier.

Ainsi, sur 182 points (104+78), l’Etat, la Région, le Département sont d’accord pour modifier

immédiatement leur budgets, leur organisation, leurs projets, leurs tâches, leur politique.

Si tel est le cas, ce n’est pas un protocole de fin de conflit qu’ils auraient dû signer, mais leur

démission.

Ou bien notre organisation démocratique est incapable de correspondre aux attentes du peuple,

Ou bien on fait exprimer au peuple des attentes qui ne sont pas démocratiques.

Mais dans les deux cas il y a un problème fondamental.

A l’exception des 50 euros payés par les entreprises, les énormes budgets mobilisés pour

l’exécution de l’accord, sont des fonds publics, par définition budgétés, ce qui veut dire qu’ils

sont limités et déjà affectés.

Les sommes réaffectées hâtivement pour calmer le LKP vont entraîner des coupes sombres

dans les projets mûrement choisis et programmés en fonction de l’intérêt supérieur de la

communauté, ou augmenter les prélèvements.

On parle là de 25 millions pour le Conseil Général, environ 50 pour le conseil Régional, soit en

coût direct 75 millions sur les finances locales : une paille !

Si c’est la pression de la rue qui dicte la politique et les budgets, la pwofitacyon ce sont les élus

payés et qui ne servent à rien.

Résultant de l’accord Bino, on voit (pour la première fois à ma connaissance) l’argent public

faire irruption dans les salaires : Grève ou pas, les élus ont-ils le droit d’utiliser l’argent public

pour accorder (même sous forme de prime), ce qui est demandé par le LKP : une augmentation

de salaire ?

Outre ce financement anormal, voire illégal, il est évident que cet accord entraîne :

 Un effet inflationniste immédiat

 Un renforcement de la dépendance de l’économie à l’argent du contribuable

 Un pallier de plus franchi dans l’économie virtuelle.

 Une accentuation du clivage entre nos territoires et leurs voisins tant pour le niveau de

vie que pour l’assistanat.

 Une attractivité des produits de métropole renforcée (coûts de production moins élevés)

On voit bien que cette mesure n’a donc qu’un seul effet : la démagogie.

... car les effets cités plus haut sont justement les axes contre lesquels le LKP dit se battre.

Sans oublier les milliers d’emplois et les banqueroutes que le blocage va laisser derrière lui.


UNE GRÈVE ?


Ainsi nommée par l’ensemble des acteurs, à commencer par le LKP, suivi par l’ensemble des

interlocuteurs.... pourquoi ?

Une grève c’est :

Un mouvement collectif pris à l'initiative de tout ou partie du personnel d'une entreprise, destiné en

général à contraindre l'employeur à la négociation des conditions de travail et de rémunération.

J’ai vu plutôt :

La sédition :

Trouble contre l'ordre public, contre l'autorité légale, qui est concerté, par des meneurs et qui n'est

pas l'action d'un rassemblement fortuit.

La subversion :

Action visant à saper les valeurs et l’ordre établi.

Un mouvement populiste :

Mouvement politique mené par un homme fort, fondé sur le recours au peuple, orienté vers la

dénonciation de ce qui menace le peuple en question, et appelant à un changement, à une

régénération.

Si, dès le début, ils avaient mis les bons mots sur les évènements, MM Lurel, Gillot, Desforges

et Jégo ne seraient pas tombés dans le piège du LKP et auraient évité de passer pour des

incapables.

Si on soigne une migraine alors qu’il s’agit d’une méningite, on se fait moins de soucis, mais

on décède.


Le populisme, c’est quoi ?


Un mouvement populiste voit généralement le jour quand on perçoit mal le projet commun,

quand les valeurs et les institutions en place s’essoufflent, et quand les égoïsmes sont exacerbés

dans une population qui se paupérise.

Dans ce contexte, un leader charismatique rencontre une attente sécuritaire (providentielle ?)

face à des menaces qu’il n’est pas difficile de cibler.

Le Leader charismatique est le pivot du système.

Tout repose sur son discours caractérisé par une grande violence symbolique, un nationalisme

radical, une opposition systématique entre le peuple, (la masse des travailleurs, est toujours

désigné comme un tout homogène, une communauté, paré de toutes les vertus et qui incarne les

vraies valeurs nationales) opposé aux ennemis chargés de tous les maux.

C'est une action sociale et politique abrupte et rapide, dont l’objectif est de

changer de régime politique, sans plan stratégique net ni idéologie structurée, mais parfaitement

rôdée à la manipulation des foules, à la controverse politique et idéologique, aux rapports de

forces.

Avec un langage simple, avec peu de termes techniques, facilement compréhensible par tous, il

développe une réthorique pleine de bon sens populaire, promet ce qui rassemble une frange

déstabilisée de la population, exacerbe une bi-polarisation de la Société (les bons contre les

mauvais) et fait l’éloge du peuple à travers sa culture, son histoire, ses blessures, son folklore,

ses martyres pour donner tout son poids à l’identité nationale à laquelle il promet de redonner

toute la place qu’elle n’a pas.

Après cette brève définition faut-il envoyer les sous-titres pour vous aider à faire le

rapprochement avec des personnes ou des faits ?....

En Amérique du Sud et en Afrique, les mouvements populistes qui sont arrivés au pouvoir n’ont

jamais engendré de démocratie, mais on a vu de solides dictatures durer. Durer très longtemps.

Seule la nationalisation des ressources vives du pays a permis de mettre en oeuvre les politiques

annoncées.

Sauf à nationaliser les dettes, comment peut-on se payer une telle aventure en

Guadeloupe ?

Cette brève analyse permet de comprendre que le blocage de Février n’est qu’une première

étape et que la suite est clairement balisée si l’on n’arrive pas à infléchir le cours des

évènements.

Dans le même temps, les évènements ont administré la preuve que la mouvance LKP avait sous

son contrôle :

 Les administrations

 La distribution des produits pétroliers

 Le trafic portuaire

 Le trafic aéro portuaire

 L’électricité

 Les transports terrestres personnes et marchandises.

 La distribution des biens de consommation.

 Les principaux médias

 La santé

 Les hordes de voyous

 Des commandos de makoutes

... Désolé si le tableau est inquiétant, mais il vaut mieux avoir une vue objective du champ de

bataille et des forces en présence : il s’agit bien d’un rapport de forces !

*****

Au delà de l’évènement créé par le LKP, la seule question importante et urgentissime, c’est

l’indépendance de la Guadeloupe :

400 000 habitants

40% de fonctionnaires (25% en France 20% dans le reste de l’Europe)

30% de chômeurs., RMI et autres

Quand on importe 100 €, on n’exporte que 7€

95% de ce que l’on consomme est importé.

La France est encore plus en faillite aujourd’hui que quand Mr Fillon l’annonçait l’an dernier....

et la dette publique voisine avec le crime contre l’humanité à l’encontre des générations

futures.

Comment imaginer sereinement de continuer de dépendre à 70% du contribuable d’un Etat

malade et à 95% de compagnies de transport incontrôlables ?

Dans un tel contexte, le moindre faux pas entraînera famine et guerre civile.

Une révolution serait suicidaire.

Aussi, plutôt que de dresser les uns contre les autres, il faut courageusement réunir autour

d’une table toutes les compétences et dessiner le plan de la Guadeloupe de demain capable de

s’assumer autant qu’elle le peut.

Ça va changer : au lieu de demander des sous, il va falloir bosser ! (Oui, je sais : c'est dur à entendre!).... et en plus faire preuve d’imagination car la marge de manoeuvre est bien mince :

Quelles sont les ressources de la Guadeloupe ?

La canne échappe totalement à notre contrôle : le sucre est sous contrôle de Bruxelles, et son

prix doit baisser de 36% sur 8 ans. Nos unités sont gravement déficitaires alors que le prix n’a

pas fini de baisser.

La banane n’a aucune visibilité dans le cadre de l’OCM.

Le tourisme est sabré chaque fois qu’il semble rebondir. La crise internationale va-t-elle

préserver ce secteur ? Rien n’est moins sûr.

Toute activité de production se heurte à l’étroitesse du marché :

Face à une offre mondialisée, comment imaginer produire un quelconque bien de

consommation localement sans s’appuyer sur une protection douanière ou normative, et sans

bénéficier d’exonérations ou subventions quelconques ?

Les « nouvelles technologies » sont apparues comme une solution possible à un certain moment

mais on a vite vu que le « nomadisme » profitait à l’ensemble du monde et le marché est

actuellement dominé par des pays émergeants : sommes nous au niveau ?

C’est pourtant avec ce contexte compliqué qu’il faut trouver un moyen de conserver, autant que

faire se peut, le niveau de vie que nous connaissons, ce qui semble être l’option minimum.

Qui peut relever le défi ? le LKP ou les « pwofitasyoneurs » puisque le décors bi-pôlaire est

planté ?

Ni l’un ni l’autre.

Surtout pas l’un contre l’autre.

Peut-être l’un avec l’autre....

... Ce qui supposerait que l’une et l’autre des deux parties soient disposées à s’asseoir autour

d’une table pour construire.

Peut-on attendre d’un mouvement, subversif, séditieux, populiste, qu’il devienne un partenaire

valable pour construire quelque chose, avec qui que ce soit, qui ne lui est pas complètement

inféodé, surtout quand il se sent fort ?

On a bien vu tout au long des « négociations » le LKP esquiver ostentatoirement toutes les

mains tendues et brandir la menace jusqu’à l’absurde.

En refusant de participer aux Etats Généraux, (ça peut changer disent certains ?) le LKP

confirme son positionnement :

Pas besoin de se gratter la tête pour savoir quel avenir pour le pays : le schéma est tracé : c’est

une dictature populiste (choisir le modèle dans la liste...)

Pas besoin de savoir comment financer un quelconque développement puisqu’ils feront main

basse sur toutes les richesses disponibles au profit de « l’appareil», quel que soit le sort du

peuple qu’il dit défendre ou d’une économie qui sera confisquée.

Surtout ne pas s’impliquer dans un quelconque plan avec les institutions en place ou le camp

désigné comme responsable de tous les maux : ce serait se priver du pouvoir de briser à volonté

les tentatives de redressement qui déjà sont sur la route.

Face à cette posture simpliste mais terriblement efficace en terme de nocivité, la tâche de ceux

qui doivent reconstruire n’est pas facile.

De plus, pour reconstruire, il faut des bases solides : des fondations.

Au cours des évènements nous avons vu :

 Entrave à la liberté de circulation

 Entrave à la liberté de travailler,

 Pressions sur les personnes

 Intimidations physiques et morales

 Exactions diverses et multiples

 Pillages

 Emeutes

 Partialité des médias

Les discours incantatoires du Préfet n’ont eu aucun effet : le LKP a fait ce qu’il voulait quand il

voulait et l’a fait savoir. (Avec la complicité des opportunistes de toutes les périodes de crise, des lâches, et même de certains milieux ecclésiastiques pourris auxquels les chrétiens doivent faire entendre raison, par les seuls moyens que peuvent comprendre les « pè aristide », et qui sont d'un ordre très « matériel »).

La seule consolation est qu’il n’y a pas eu de morts ( à l'exception du syndicaliste Bino, pris au piège de ses propres principes) grace aux forces de l’ordre : c’est une attitude on ne peut plus minimaliste.

Comment aujourd’hui rétablir un fonctionnement conforme à l’Etat de droit que la constitution

garantit et que le Préfet est là pour faire respecter ?

Comment, dans ce contexte, élaborer un plan de relance et de développement réaliste ?

Avant d’écoper, il faut commencer par colmater les voies d’eau, non ?

Autrement dit, il revient à l’Etat d’apporter les garanties qu’il saura faire respecter : le respect de l’Etat de droit dans l’Ile et qu’il est en mesure de contenir les mouvement séditieux et subversifs, faute

de quoi, tout projet est voué à l’échec.

A moins qu’il ne se résigne :

A faire le jeu de ceux qui descendent dans la rue

A jouer le Père Noël indéfiniment aux frais du contribuable

A quitter la scène de la Guadeloupe parce que c’est plus facile et moins coûteux.

Les réactions enregistrées au cours du mois de Mars semblent montrer que tous les acteurs

contournent soigneusement le sujet central : Courage fuyons !

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castets 11/04/2009 10:11


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Monsieur Boulogne, merci pour ce survol.Politique réalité...Aute solution, Chiche !
 
Oui, malgré difficultés et imperfections, nous sommes vraiment trop heureux dans un monde compliqué et on engage effectivement l'avenir des générations futures d'anciens profiteurs !
Même si certains se réfèrent à leur histoire et leur passé douloureux, trop nombreux sont les patients au cerveau fragile qui se laissent berner et entraîner par de belles paroles.
Tout le monde à la mémoire très courte et ne prend en compte aucune des leçons dont l'histoire regorge, et dont les situations finales, catastrophiques, sont en fait parties de rien ou de presque rien, mais très certainement toujours du rêve mégalomaniaque de quelques leaders charismatiques, à la couleur de peau sans importance mais avec une âme très noire sous des abords maternels.
Alors je dis chiche... il est grand temps de laisser la bride sur le cou à ces minorités débordantes de pouvoir, de formules idylliques et d'orgueil.
Nous avons les moyens de mesurer l'expérience, en les installant, avec ce qu'ils réclament et un minimum vital, accompagnés de leurs brebis égarées dans un lieu où ils pourront faire la démonstration de théories fumeuses.
Il serait même possible, sans trop m'engager, de leur adjoindre quelques conseillers techniques de métropole, tant pis, ils sont blanc de peau mais la couleur des âmes est identique, ils se reconnaitrons.
Il doit bien se trouver un caillou accueillant (j'en vois un, Eiao, déjà testé, mais expérience avortée) qui leur permettrait de développer le prosélytisme de quémandeur de l'impossible, la théorie sans fondement de batisseur du bonheur dont ils nous abreuvent, agrémenté des utopies sans devenir ni avenir des minorités politiques.
Laissons les donc nous faire la démonstration de leurs savoirs et de leurs rêves... Nous avons tous les scientifiques requis pour filmer sur place et analyser les résultats, quitte à nous morfondre en repentance et statues à leur effigie s'ils avaient par hasard raison !
Regardez donc les H'mongs, ou Meos n'ont-ils pas réussi leur implantation en Guyane, à la seule sueur de leur front et la volonté collective de faire survivre le groupe... Bel exemple à suivre ?
Je pense que la générosité de la République peut aller jusqu'à  cette extrémité et donner une chance à ces redresseurs d'histoire, belle expérience à voir prochainement sur nos écrans !
CASTETS jean-jacques

Joseph 09/04/2009 16:45

Objectivement et réalistement, il ne s'agit pas de fuir mais de partir avant qu'il ne soit trop tard, avant que nous soyons victimes d' "émeutes raciales" comme l'avaient évoqué les renseignements généraux, envers tous ceux qui ne sont pas descendants ni d'africains ni d'indiens (d'après les critères de l'UGTG), ou de chasse aux patrons pour tous ceux qui sont chefs d'entreprises et qui ne voudront pas payer d'impôt révolutionnaire, ou encore de chasse aux ennemis de l'Etat LKP (UGTG/CGTG/CTU) pour tous ceux qui diront qu'ils ne sont pas d'accord.Beaucoup vont rester car leurs attaches sont ici, ou des contraintes matérielles ou affectives les empêchent d'imaginer partir, ou ils veulent crier leur désaccord (tel Edouard Boulogne) et espérer changer les choses.Mais oui, comme cela a été souligné dans un précédent article, il règne ici la peur et on le voit avec le LKP mais pour cela le diocèse de Guadeloupe a montré l'exemple.Depuis la nomination de Mgr Cabo en 1984, la peur s'est installée dans l'Eglise en Guadeloupe et les prêtres et responsables de mouvements ont eu clairement peur de cet évêque et de tous ceux qui l'entourent. Certains prêtres sont alors partis, ou on les a fait partir, ou on les a mis à l'écart, ou ils en sont morts (de peur). Beaucoup d’initiatives spirituelles qui n’allaient pas dans le sens de l’idéologie officielle et « made in Gwada » ont été empêchées, avortés, ignorées. Le diocèse a été une préfiguration de ce que le LKP a fait. Racisme, lutte des classes, violence sournoise, fermeture à tout ce qui vient d'ailleurs et tout ce qui ne vient pas des TKL. Le LKP a formé des petits groupes de soutien dans toute la Guadeloupe comme le diocèse a institué (par volonté épiscopal et non divine car sinon il en aurait normalement résulté de bons fruits) les TKL pour quadriller le territoire et formater les esprits.
Contrairement à ce qu’a pu penser Edouard Boulogne en réponse à mon commentaire suite à son article sur la « grève du denier de l’Eglise », je ne suis pas ecclésiastique, mais marié et père de 5 enfants. Alors, pour nous, la meilleure solution, c’est de partir car il n’y a en Guadeloupe, pour les prochaines années, aucun avenir ni pour la société ni pour l’Eglise. Pour la vie même de nos enfants et de nous parents (cf. Rwanda mais tant d’autres pays où des frères ont massacrés leurs frères, alors qu’ils vivaient ensemble normalement jusque là ; et on s’étonnera par la suite que des guadeloupéens aient pu faire cela), pour notre survie spirituelle (l’Eglise ici est stérile mais aussi stérilisante, aussi bien pour les chrétiens que pour les couples, les familles, les enfants, les jeunes), pour notre survie matérielle, pour notre survie psychologique.
 
Edouard Boulogne et quelques autres ont décidé de résister et le font déjà par des blogs (comme celui-ci qui est le bienvenu). Nous-mêmes dénonçons ce qui se passe à notre entourage. Mais les réactions des élus, de l’Etat, des intellectuels et du LKP en mars montrent qu’aucun sursaut ne se manifeste (bien au contraire).
Partir ne se fait pas par gaieté de cœur et par facilité matérielle (au contraire). Oui, cela peut même être plus difficile de partir plutôt que de rester en espérant que cela ira mieux. Il ne s’agit pas de parler de courage quoiqu’on décide. Mais une analyse honnête et réaliste de la situation en tenant compte de sa responsabilité d’une famille peut amener à cette décision de quitter cette terre où Dieu nous avait implantés.
Malgré la volonté de Dieu de donner de bonnes choses à son peuple en Guadeloupe, Il peut toujours renoncer à son plan de paix et de prospérité car son peuple se laisse entrainer par de mauvais pasteurs (élus, autoproclamés ou prêtres) qui ont choisi le mal ce que semble acquiescer le peuple en toute conscience ou par aveuglement. C’est bien mystérieux mais même la volonté divine peut être contrecarrée.