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Publié par Edouard Boulogne

( Cette lettre a été publiée hier sur Le blog de Cathy)


Jeudi 29 janvier 2009 - 06h45

Lettre à Elie DOMOTA, président de l'UGTG

(syndicat majoritaire en Guadeloupe, si l'on en croit les dernières élections prudhommales : sur 23% de votants, ils ont eu 52% des votes. 52% de 23% !!! quelle victoire !!!
source info)

Je pense que tu devrais commencer à faire "profil bas" pour les raisons suivantes :

- la grève de décembre 2008 organisée par le collectif des entrepreneurs concernant la baisse du carburant a dû te saper le moral, vu leur réussite, sans avoir besoin systématiquement d'un syndicat pour faire avancer les choses,

- Toutes les nuits, depuis 10 jours, des bandes de voyous font monter la pression. Bien sûr, ils n'ont rien à voir à la grève, n'est-ce pas ??? mais des coups de feu ont été tiré... des armes !! il a été annoncé qu'il n'y avait pas eu de blessés... en es-tu sûr ??? et s'il y en avait eu.... et qu'ils ne veulent pas parler pour ne pas rajouter de poudre sur le feu... en es-tu réellement sûr ???

- hier soir, après le départ de Nicolas DESFORGES, préfet de Guadeloupe, je cite : "Pour «liyannaj kont pwofitasyopn», «ça va se régler dans la rue».
Selon les mots d'Elie Domota, secrétaire général de l'UGTG et porte-parole du collectif, la répression découlera de cet échec.
" info maxi-mini" 

- dans tes 123 revendications (qui sont, à priori passées à 146 !!), tu parles bien de "Poursuite contre les Responsables des massacres de mai 67 à Pointe à Pitre et réparation des préjudices aux victimes et ayant-droits".

Pour remettre les choses dans leur contexte :
extrait de l'écrivain Ernest PEPIN :
"La Guadeloupe de 1967, n’était pas la Guadeloupe d’aujourd’hui. Elle n’avait pas encore pris le virage de la «modernité» comme vous dites. Tu ne peux pas imaginer comment les choses ont changer en si peu de temps! Le pays sauçait dans la misère."

"Les usines s’éteignaient les unes après les autres. En 1963, Roujol à Petit-Bourg! En 1964, Pirogue à Marie-Galante! En 1966 Courcelles à Sainte-Rose! En 1966, Marquisat à Capesterre! 4ans! 4 usines!"

"Le vendredi 26 mai 1967 la direction syndicale de la C.G.T.G du bâtiment doit rencontrer le patronat dont le représentant est M; BRIZZARD, à la Chambre de Commerce de Pointe-à-Pitre. A cette réunion participe également l’Inspecteur du travail.

Depuis 6 heures de temps, les paroles se parlaient à la Chambre de Commerce. Comme la sœur Anne du conte, nous ne voyions rien venir.

Aux alentours de 13 heures, nous apprenons que les négociations sont suspendues. Monsieur Brizzard ne veut rien entendre! Ni 2% d’augmentation, ni parité en matière d’avantages sociaux. Rien ! En plus, une parole circule. Il aurait dit:«Lorsque les nègres auront faim, ils reprendront le travail »


"Nous lançons même les grenades lacrymogènes qui n’ont pas explosées. Pot de terre contre pot de fer…C’est alors que face au monument aux morts, des fusils se mettent à parler français. Jacques Nestor est touché grièvement. Il meurt à l’hôpital. Un autre à côté de lui était tombé raide mort."

"Tu sais, la violence accompagne certaine situation. Luther King, Malcom X aux U.S.A, Lumumba en Afrique…Ils s’imaginaient que c’était une affaire de G.O.N.G, d’indépendance, de déstabilisation, de C.I.A, de petite guerre d’Algérie, d’atteinte à la sûreté de l’Etat… Quelques travailleurs qui demandent quelques sous… Un ras le bol… Monsieur Michel ne veut pas bailler deux sous… Maman la grève m’a barré… Maman la grève m’a barré… Maman les zombis m’ont barré… Le vent s’est levé et il appelle les répondeurs… Aïe! Bourreau derrière moi! Chien varé mwen! Mandé Bondié kitan sa ké changé! Baimbridge chaud!"


Monsieur DOMOTA, c'est ça que tu veux ???? c'est vraiment ça que tu veux ?????

Tu veux un février 09 ??? à ton nom ??? et si tu meurs, tu veux devenir le nouveau martyr ????

Et tes enfants ?? NOS enfants ??? tu seras content quand tu les pleureras ???

L'homme n'a pas de mémoire, oublie facilement SA mémoire, LA MEMOIRE de NOS ancêtres.

Ce n'est pas ma petite voix qui fera changer le cours des choses, malheureusement, mais... une de plus... pourrait peut-être changer le cours des choses... tu ne crois pas ??



08h45 - il paraîtrait que la Martinique fasse grève à partir du 5 février...

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C
PITOYABLE et  LAMENTABLE ! HONTE à vous   l'auteur et  l'éditeur de  ce  texte .
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E

Ce que l'on comprend c'est que la polémique n'est acceptable que lorsqu'elle s'adresse à ceux qui pensent comme vous. Sous Hitler les gens comme vous tuaient ceux qui manquaient de
"respect" à leur Führer.
Allon! mon ami, cultivez un peu la vertu d'humour. Cela vous fera du bien vous savez!
Tout à fait pacifiquement,
E.Boulogne


V
catie je suis d'accord avec toi mais personne ne t'etend,,,
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C
Répondre
E

Le texte de votre message n'apparait pas, et je n'ai pas d'autre moyen de vous le signaler.
E.Boulogne.


P
bravo cathyquel courage dans ces temps difficiles ou beaucoup ont peur de s'exprimer , la remémoration des faits de 1967 m'a donné la chair de poule , en 2009 le sang doit il couler pour l' idéologie d'une poignée d'irresponsables qui pensent récolter quoi à la fin .encore bravo et fo nou kimbé .
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E



Il faut faire cesser la prise en otage de la Guadeloupe, par des extrémistes irresponsables.
MAIS, il faut tout faire pour éviter que le sang coule. Pour plusieurs raisons.
*Parce que c'est ce que souhaitent les agitateurs, pour créer une crise grave, où la Guadeloupe apparaîtrait comme opprimée par le "pouvoir Kolonial" 'sic).


Parce que la Guadeloupe se trouverait déchirée, et que ceux qui l'aiment ne peuvent souhaiter cela. Personne ne souhaite la mort de personne d'Elie Domota où de n'importe quel autre.
Mais que ces p'tits mecs cessent de jouer les matamores et les exploités.


C'est pourquoi ce que nous espérons des élus locaux, c'est qu'ils cessent de faire de la démagogie et des tentatives de récupération en utilisant les mots de l'adversaire qui
n'attendent que cela. Ce sont de remarquables techniciens de l'agitation.


Nous attentons aussi du pouvoir central qu'il agisse en tenant compte des difficultés de la Guadeloupe, qu'il assume ses responsabilités  avec fermeté , et souplesse, dans
l'écoute, mais en refusant de se laisser intimider par la propagande d'une petite minorité, mais habile et jouant de la crédulité des foules chauffés au rouge avec la complicité de trop de
medias.


Edoaurd Boulogne




T
je vous livre l'integralité du post que j'ai adressé a mediapart en reponse a l'article de M DAHOMAY sur le conflit social en guadeloupe.. bonne lecture...je suis ravi qu'un intellectuel guadeloupéen ose ici apporter sa contribution "a chaud"sur la crise que connait actuellement l'Archipel guadeloupéen.je partage certains aspects de son analyse; par exemple ,le fossé entre les élus et la population.Les resultats du referendum sur l'évolution statutaire qui a vu le non triompher a plus de 75% face aux partisans du oui soutenus par 90% de la classe politique locale,a ete un marqueur fortA travers ce vote ,j'ai cru en un desir de la part des électeurs de s'affranchir des griffes de l'hydre du fatalisme qui se love dansnotre imaginaire a travers l'expression "c'est comme çà".Mais c'etait sans compter avec les "forces obscures" telles qu'on peut les voir a l'oeuvre dans l'ouvrage" chabine miroir" d'un ancien cadre au conseil regional..Aussi,.tout recemment les elections numicipales de 2008 ont renforcer ma conviction sur le caractere bonsaique(neologisme) du citoyen guadeloupeen et plus encore saintois (territoire d'appartenance)C'est a dire que l'electeur a toutes les caracteristiques d'un vrai citoyen en version reduite a l'ombre des "mancelliniers"politiques que sont les maires-prevots§§j'ai la rage au coeur...j'arrete là
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C
Bonjour,Je comprends les inquiétudes de Cathy.Je vois aussi les tentatives de récupération par des extrémistes très douteux. Mais j'étais hier à PàP et j'ai vu une foule multiethnique défiler dans la sérénité.Il y a incontestablement une solidarité populaire avec ce mouvement et le nier serait une folie supplémentaire.Les seuls réticents semblent être les ultra nantis.Pourtant tout le monde est impacté et pénalisé, et j'ajoute qu'il est effectivemment à souhaiter que ce désordre trouve une issue rapide.Les glissades verbales de Mr DOMOTA sur la question de race sont regrettables mais c'est sa culture politique de base et l'on pouvait s'y attendre.Il a oublié de dire clairement que Mr GADDARKHAN (http://www.societe.com/societe/holding-group-gaddarkhan-sa-428231500.html) a une position sociale aisément assimilable à celui des dits "Békés" et qu'il a pourtant participé activement (activistement) au blocage de la Guadeloupe en décembre dernier.Je vous rappelle à tout hasard que le premier obstacle pour la population est le manque d'essence provoqué par des  ... PATRONS de stations-service.Je suis moi aussi un scrutateur à mon humble niveau et il est clair que le rôle de régulateur de l'Etat est quasi nul en Guadeloupe.Par exemple : L'Etat a envoyé de véritables tiques harceler un par un les citoyens pour la redevance télévisuelle mais les services responsables du contrôle des prix ont leurs mains dans leurs poches depuis le début du 21e siècle et l'avènement de l'€.PS : "08h45 - il paraîtrait que la Martinique fasse grève à partir du 5 février..."Elargissez un peu votre point de vue car il suffit de regarder vers la métropole pour comprendre qu'il ne s'agit pas d'une simple poussée de fièvre tropicale.Sincères salutations.CK.
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