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Publié par Edouard Boulogne

Un nouveau témoignage sur Lénis Blanche.

Par Louis Pauvert.


img505.jpg (Photographie de monsieur Lénis Blanche en 1979).



Cher Edouard,


J'ai lu avec plaisir et t'en sais gré, les deux articles de ton blog sur Lenis BLANCHE. Faisant partie de la lignée des bacheliers en philosophie de l'année 1940, j'ai eu pour examinateur dans cette matière le « grand » Lenis BLANCHE. J'exprime par ce mot « grand » l'avis émis sur la qualité de ses cours par beaucoup de ses élèves du lycée Carnot de Pointe à Pitre, car, ayant fait mes classes au lycée Gerville-Réache de Basse-terre , il n'a pas été mon professeur. Je dois avouer qu'étant très jeune j'ai été vraiment impressionné lorsque je me suis trouvé, au baccalauréat,  en présence de ce géant ( car il était fort et de grande taille ) auréolé d'une pareille réputation. Il a su tout de suite me mettre à l'aise et j'ai gardé un bon souvenir de ce « premier contact » .
J'ai dit premier contact, car, n'habitant pas loin de la résidence gouvernementale à Saint-Claude, je l'ai rencontré plusieurs fois, alors qu'il venait voir le gouverneur SORIN qui avait fait de lui son conseiller. Il m'avait reconnu et s'entretenait avec moi m'interrogeant très simplement.
Je puis assurer que ses conseils au gouverneur ont été judicieux et efficaces , dans cette période difficile de l'après-guerre où les Antilles étaient soumises au blocus Américain. En contrepartie de certains avantages, le Gouvernement avait obtenu des gros propriétaires terriens et des agriculteurs qu'ils plantent des racines et autres denrées nécessaires à l'alimentation. Par ailleurs, de nombreuses initiatives ont été encouragées dans des fabrications issues de produits locaux, en particulier savon à partir du coco, cigarettes, farines de dictame, de fruits à pain, de manioc ces deux dernières utilisées pour la confection de galettes, etc., enfin, pour palier la faiblesse de notre approvisionnement en essence, l'idée de la mélanger avec de l'alcool provenant du rhum que les distilleries et usines ne pouvaient pas exporter. Les moteurs ont très bien fonctionné. ( Il a fallu 65 ans pour que cette idée soit reprise ).
Grâce à toutes ces mesures, la population de la Guadeloupe a beaucoup moins souffert que celle de la Martinique que nous avons même pu secourir, en lui envoyant à plusieurs reprises par bateaux racines, légumes et bananes ). J'ai pu constater cette différence entre nos deux îles au cours de plusieurs périodes de dix jours que j'ai passées à Fort-de-France lors des examens de Droit ( mes amis Guadeloupéens et moi n'avions presque rien à manger dans les hôtels et restaurants ).
Après l'arrivée des nouvelles autorités et le départ du gouverneur SORIN, je n'ai plus eu de nouvelles de Monsieur BLANCHE. C'est par tes articles que j'ai appris combien fut calomnié cet homme qui avait si bien su servir sa Guadeloupe natale. Même rentré en Métropole, il lui resta profondément attaché puisqu'il continua à lui faire honneur dans les milieux où il évoluait.
J'espère qu'un jour hommage sera rendu à cette belle figure de notre île.
Affectueuse pensée de ton cousin.

Louis Pauvert.
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