Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

« Historiens » jocrisses à l’Académie de Guadeloupe.

Le hasard d’une recherche, sur internet, concernant les résultats du baccalauréat en cours me conduit, par le site www.ac-guadeloupe.fr, jusqu’au CRIA (Centre Relais Informatique Académique). Je tâtonne un peu à la recherche de mon butin, et je tombe, par hasard (mais le hasard existe-t-il ?) sur            
. Pas de résultats du Bac, mais une sorte de nomenclature  historique. Avant de quitter, coup d’œil rhommes-et-destins.jpgapide, sur les noms de Schoelcher, de Perrinon, de Constant Sorin, et là, je crois rêver ; je lis dans ce glossaire édité sous les auspices de l’éducation nationale, et du Rectorat de la Guadeloupe, ce qui suit :

« Sorin : Constant Sorin a été gouverneur de la Guadeloupe du 30 avril 1940 au 15 juillet 1943. Officier allemand envoyé par Hitler pour commander la Guadeloupe. Pour certains l’expression « En tan Sorin »(au temps où Sorin gouvernait) est synonyme pour certains de misère, de privation, d’inquiétude du lendemain, et pour d’autres de travail ».(Sic).

Qu’un scribouillard inculte, ou quelque militant (ou militante ! !) troskyste écrive ce tissu d’insanités, admettons, c’est dans l’ordre ! Ce qui est grave, c’est que le délit soit commis sur un site officiel de l’éducation nationale et avec la caution, même s’il en ignore l’existence, du recteur de l’académie de Guadeloupe.

On voit quelle conception ont de l’histoire, les gens qui prétendent l’écrire, et quel danger ils représentent pour les esprits des jeunes Guadeloupéens, livrés à l’imbécillité et à la malhonnêteté de ces curieux éducateurs.


Je voudrais apporter ici quelques correctifs à cette logorrhée.

1. Il se trouve qu’en 1967, j’ai rencontré, à sa demande, sur recommandation d’un vieil ami de la Guadeloupe, rue Arsène Houssaye, près de l’Etoile, l’ancien gouverneur Sorin. Je ne pus l’accompagner, comme il l'aurait voulu, dans le cycle de conférences qu’il s’apprêtait à donner à des étudiants antillais dans diverses villes de métropole. Nous étions en effet à la fin de septembre, et quelques jours plus tard je m’apprêtais à regagner ma Guadeloupe pour y prendre mon premier poste d’enseignant.
Mais je gardai de cette heure d’entretien qu’il voulut bien m’accorder une impression très forte, et le souvenir très vif de l’explication, forcément sommaire en un moment si bref, mais lumineuse, de la politique qu’il fut amenée à conduire en Guadeloupe de 1940 à 1943. L’impression aussi d’une personnalité de grande envergure, posée, équilibrée, ayant gardé avec la Guadeloupe, à cette époque là encore, tant la Guadelou
pe économique, que politique, des liens réels quoique discrets(il m’en donna plusieurs exemples). Je me souviens aussi de son propos, et de son sourire teinté d’ironie, tandis qu’il me raccompagnait à l’ascenseur : « Bref ! j’ai prouvé que la Guadeloupe pouvait vivre autonome, et quasi autarcique. Mais je doute fort que les Guadeloupéens veuillent de cette autonomie là pour leur avenir ».

2. Le deuxième correctif m’est apporté par l’historien et universitaire antillais Lucien-René Abenon dans sa Petite histoire de la Guadeloupe (l’Harmattan).
Gpe-Abenon.jpg
A la page 179 de son ouvrage monsieur Abenon écrit : « …. Le 20 juin 1940 Georges Mandel, siégeant toujours au Ministère des Colonies, nomma Constant Sorin aux fonctions de gouverneur de la Guadeloupe. C’était un ancien officier passé au service de l’inspection des Colonies. Personnage discuté, sa personnalité reste encore mal définie. Il eut ses thuriféraires comme ses détracteurs acharnés. Chargé de maintenir l’ordre au cours d’une période difficile, il l’a fait sans états d’âme excessifs. Il s’appuyait sur la présence de la Jeanne d’Arc, aux ordres de l’amiral Robert(…).
Le gouverneur de la Guadeloupe fut peut-être plus le jouet des évènements que le maître d’une situation que nul ne pouvait dominer. On a dit qu’il s’inquiétait du sort de ses beaux parents israélites demeurés en France et que c’était la raison pour laquelle il demeura d’obédience vichyste alors qu’il aurait eu la velléité de se rallier à la France libre(….) ».
On le voit : si monsieur Abenon (politiquement correct oblige !) demeure prudent, « personnalité controversée » (quel homme politique d’ailleurs ne l’est pas), etc, on cherche en vain dans son livre les perles de stupidité du genre « officier allemand envoyé par Hitler ». Non seulement il n’en est rien, mais C.Sorin avait épousé une juive, il avait sérieusement pensé à rallier de Gaulle, et en fut dissuadé par l’amiral Robert, qui lui montra où était son vrai devoir, : mettre ses capacités au service d’une Guadeloupe au bord du gouffre. De plus il était connu comme un protégé de Mandel qui fut un adversaire résolu des régimes fascistes, opposé à la politique de Munich et qui fut, en 1944, assassiné par la Milice dans la forêt de Fontainebleau.

3. Mon troisième correctif consiste en la publication ci-dessous d’un article paru peu après la mort de l’ancien gouverneur, dans le tome huit de Hommes et Destins (Gouverneurs, Administrateurs, Magistrats) , publié par l’Académie des sciences d’outre-mer. En voici le texte intégral :


« Constant SORIN (1901-1970).

Le gouverneur Constant Louis Sylvain Sorin naquit le 27 juillet 1901 dans la petite ville de Landerneau en Bretagne. Sa famille appartenait à la petite bourgeoisie locale, mais son père était Vendéen.
Il se fit remarquer tout enfant par sa vive intelligence et ses nombreuses aptitudes. Ses parents décidèrent alors de l'envoyer au lycée de Morlaix qui avait à cette époque une excellente réputation.
Après de brillantes études d'où il sortit bachelier ès-sciences et philo-sophie (1re et 2e partie) à 16 ans, il fit une licence en droit. Puis il prépara l'École navale; mais à la suite d'une grave fièvre cérébrale qui l'obligea à suspendre ses études pendant un an, il fut obligé de renoncer à Navale et prépara Saint-Cyr où il est reçu en 1921 à vingt ans. Il en sortit avec le classement 2e/315 et choisit l'infanterie de marine. De 1923 à 1924, il est instructeur à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr.
En 1925, il sert comme lieutenant aux Formations méharistes saha-riennes et jusqu'en 1928 commande le peloton méhariste n° 2 dépendant de la région de Tombouctou (Soudan français).
Il rentre en France et, de 1929 à 1931, il est lieutenant puis capitaine instructeur à Saint-Cyr. Entre-temps il s'était marié et une fille lui était née.
De 1932 à 1934 il est élève à l'École supérieure de guerre d'où il sort breveté d'État-major avec la mention très bien.
L'année suivante il est affecté à l'État-major de l'Armée au 3e bureau et toujours attiré par l'outre-mer, prépare en même temps l'inspection des Colonies. En novembre 1936 il subit le concours de l'inspection des Colonies où il est reçu. Après avoir mûrement réfléchi, il démissionna de l'armée alors qu'un avenir brillant l'attendait.
Et commencèrent alors ses missions de contrôle financier et adminis-tratif, qui le conduisirent en Afrique occidentale et Afrique équatoriale françaises durant les années 1937-1938.
A la même époque il fut promu chevalier de la  Légion d'honneur.
A la mobilisation, en septembre 1939, il est affecté à la direction des Affaires économiques du ministère des Colonies, comme directeur-adjoint. En janvier 1940, M. G. Mandel alors ministre des Colonies lui proposa le poste de gouverneur de la Guadeloupe, pour y remettre de l'ordre et rétablir l'économie de l'île en pleine débâcle. Mais il lui fallait donner sa démission de l'inspection des Colonies, ce qu'il fit après quelques jours de réflexion.
En février 1940 il fut nommé par décret, délégué dans les fonctions de gouverneur de la Guadeloupe, fonctions qu'il assuma jusqu'au 15 juillet 1943.
Débarqué fin avril 1940, il trouve une île se débattant dans une très grave crise économique et financière.
La période qui suivit fut très difficile, à cause du blocus maritime anglo-américain, blocus qui dura plus d'un an. Dès l'arrivée du gouverneur Sorin celui-ci comprit qu'il fallait maintenir à tout prix la production sucrière pour assurer l'avenir et nourrir la population qui en vivait, et développer au maximum les cultures vivrières, et la pratique de la pêche en mer, quasiment ignorée des Guadeloupéens. C'est grâce à l'impulsion donnée dans ce sens, à son travail acharné et à sa ténacité que les effets du blocus furent minimisés et que la Guadeloupe put même exporter des légumes et des bananes vers la Martinique.
Il est vraisemblable que le sort des Guadeloupéens eut été bien pire sous le gouvernement d'un homme moins dynamique, moins réaliste et moins énergique.
Le 15 juillet 1943, les gaullistes ayant pris possession des Antilles, les autorités restées fidèles au maréchal Pétain, sont prises en charge par la Marine de guerre des U.S.A. et sont rapatriées en France via Miami, le Portugal et l'Espagne. Le gouvernement de Washington traita ses hôtes avec les plus grands égards et assura lui-même le paiement des soldes des Français complètement démunis d'argent à leur départ des Antilles.
Arrivé en France en novembre 1943, le gouverneur Sorin demande au gouvernement de le mettre en position de congé. Quand vient la libération de la France, et après de multiples démarches et bien des avanies, il réussit à partir pour les Armées avec son grade de capitaine mais comme officier de réserve. Il fait la campagne d'Alsace et d'Allemagne sous les ordres du général Valluy (1re Armée) et reçoit la croix de guerre 1939-1945 avec une citation à l'ordre de là Division.
En juillet 1945, il est affecté à l'état-major du général Leclerc, comman-dant le Corps expéditionnaire d'Indochine et il est promu chef de bataillon en septembre de la même année.
Il débarque en Indochine en novembre 1945 et y restera jusqu'en avril 1948. Il gagnera une seconde citation à l'ordre du Corps d'armée.
Démobilisé il rentre pour quelques mois au Comité interprofessionnel du Rhum, puis le quitte et part pour Madagascar comme délégué du Groupement d'achat des produits oléagineux. Il se remaria en 1950 et revint en France en 1952 et devint conseiller technique au Bureau d'Études pour le développement de la production agricole dans les T.O.M. Il fut envoyé deux fois en mission pour le compte du ministre de la France d'outre-mer à Madagascar, et une troisième fois en Nouvelle-Calédonie. C'est au retour de Nouméa qu'il s'arrête en Guadeloupe en août 1956 et reprit contact avec ses anciens administrés. Deux ans plus tard il fut appelé à la présidence du Syndicat général des producteurs de sucre des Antilles françaises. Pendant dix années il défendit avec énergie, compétence et talent les intérêts vitaux des Antilles non seulement en France mais encore à là C.E.E. à Bruxelles.. C'est ainsi qu'elles jouissent des mêmes avantages que la métropole dans le Marché commun.
Le gouverneur Sorin était attaché à la Guadeloupe et il y revint plusieurs fois. Il y reçut toujours un accueil chaleureux de ses anciens administrés... surtout des plus humbles.
Il fut un grand serviteur de la France qu'il aimait avec passion, et le grand défenseur des petites gens dont le sort le hantait. Il était très ouvert, parfois rude quand il le fallait et pas le moins du monde démagogue. Il savait discerner l'intérêt général et le servait avec passion.
Mais il portait une profonde blessure due à sa révocation arbitraire de 1943, révocation qui n'empêcha pas qu'il remplit de nombreuses missions pour le gouvernement et qu'il était très bien accueilli dans les sphères officielles.
Pendant des années depuis 1954, il tenta par la voie officielle et enfin par le Conseil d'État de faire abroger le décret prononçant sa révocation de gouverneur des Colonies. Enfin une sentence du Conseil d'État en date du 26 novembre 1969 lui rendit ses droits et l'administration fut contrainte de reconstituer sa carrière de gouverneur vingt-six ans après qu'elle eût été brisée. La justice avait beaucoup tardé, mais elle était venue in extremis réparer dans la mesure du possible le dommage qu'il avait subi.
Le gouverneur Sorin s'est éteint à l'hôpital de Neuilly le 20 janvier 1970.
Il était officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre du Mérite.

ANNEXE
Copie des citations militaires du gouverneur Sorin
Citation, 30 mai 1945 (Campagne d'Allemagne). « Capitaine de réserve, mobilisé sur sa demande. Depuis son affectation 6° régiment d'infanterie coloniale, n'a cessé de faire preuve du plus large esprit d'initiative et d'ardeur jamais ralentie. A commandé avec beaucoup d'habileté l'opération entreprise le 22 avril 1945 pour reconnaître les villages de la région Sud de Fribourg. A rempli parfaitement sa mission et capturé de nombreux prisonniers après avoir réduit les dernières résistances ennemies. Officier de réserve d'une  valeur exceptionnelle qui, par ses qualités professionnelles, son esprit et son attitude, est  un modèle pour tous ses camarades. La présente citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec étoile en argent; cette citation est à l'ordre de la division ».

2e citation, 18 juillet 1947 à l'ordre du Corps d'armée (Indochine}.

« Après avoir participé à la Campagne d'Allemagne, a été chargé dès le mois de juillet 1945, de jeter les bases du Service social des TEF-TEFEO et d’apporter aux premières unités partant pour l'Extrême-Orient une aide morale et matérielle.
Arrivé en Indochine en décembre 1945 a su mettre en place un organisme qui, sous son impulsion, a pu aborder et résoudre rapidement les différentes questions sociales. A conçu et mis sur pied un programme de vaste envergure dont les réalisations dans l'ordre médico-social, économico-social et culturel ont apporté une aide précieuse au commandement ainsi qu'à chaque homme du Corps expéditionnaire. Comme officier du Moral, s'est attaché à renseigner le commandement en lui proposant en même temps des solutions opportunes.  
Pour visiter les hommes et mieux comprendre les problèmes s'est fréquemment déplacé par la route ou en avion dans les régions les plus exposées.
Officier supérieur de réserve pratiquant et portant à leur plus haut point les vertus d’abnégation, de labeur et de patriotisme. Cette citation comporte l’attribution de la croix de guerre 1939-1945, avec étoile de vermeil ».

Quoique l’on pense de la politique de monsieur Constant Sorin, il n’est permis à aucun homme de procéder de façon hitlérienne, ou pire, stalinienne, à un travestissement total de sa vie et de son œuvre.
Cela est encore moins admissible quand l’entreprise falsificatrice émane de soi-disant éducateurs, et prétendus historiens opérant sous le couvert de l’éducation nationale.
C’est la raison pour laquelle j’adresse cette lettre à monsieur le Recteur de l’académie de Guadeloupe, pour qu’il mette bon ordre dans ce foutoir.

Edouard Boulogne.
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Eddy Becquet 22/10/2013 17:03


 MERCI MONSIEUR BOULOGNE!

GALITA 11/04/2008 06:04

une partie de l'article du glossaire est tiré du livre d'E. Sempaire LA GUADELOUPE EN TAN SORIN 1940 à 1943, page 16. 1ère édition 1984. Il va de " pour certains...jusqu'à travail." Mais à aucun moment elle ne parle d'officier allemand. Souvent on lit ce que l'on veut lire. A bon entendeur salut!

Edouard Boulogne 11/04/2008 12:36


Ce n'est pas à madame Sempaire que je me suis référé, mais à un artricle du site de rectorat de la Guadeloupe.
Que voulez-vous donc dire, madame, avec votre "bon entendeur"?
Allons! COOL!!

Le Scrutateur.

PS : Pour retrouver l'article du site de l'Académie de Guadeloupe que j'incrimine, allez visiter ledit Site.
Pour cela tapez http://www.ac-guadeloupe.fr
Le site apparait.
Puis cliquez à gauche sur Actualités internes.
Dans les menus contextuels, et dans le rectancgle consacré à la recherche SPINOO tapez Constant Sorin.
Sur le fond qui apparait cliquez sur Glossaire, puis faites défiler jusquà Sorin.
Bonne lecture!
Et "A bas l'obscurantisme!!!


Bobby Laplainte 04/04/2008 12:02

Je crains hélas que le problème soit plus culturel (socio-culturel, pas kilti la) ou méthodologique que politique. Ce que l'article que vous citez met en exergue, c'est l'absence de fondement d'une grande partie des contenus disponibles sur internet où souvent des informations sont simplement assénées, mais non vérifiées ni illustrées.Même si l'internet et le blogging facilitent l'autoédition et une diffusion large des écrits et des idées, je suis convaincu d'une baisse globale de la qualité de l'expression. Je connais ainsi des avocats qui ont des difficultés avec l'écriture ; je connais aussi des étudiants en master, incapables de prendre des notes ou de rédiger un mémoire. Donc, selon moi, l'importance véritable (l'exemplarité) de l'article qaue vous avez débusqué ne tient pas dans les connotations idéologiques de l'auteur, un vil trotskyste diffamant et réécrivant l'histoire de la Guadeloupe et de la France, mais dans ce qu'il dénote : des sites internet officiels avec un contenu bâclé, sans méthodologie ni charte éditoriale et surout sans vérification des sources ; certains journalistes de France ou de Guadeloupe font la même chose chaque jour.Jocrisse masculin :(moquerie) Benêt qui se laisse mener par le premier venuD'ailleurs vous tombez vous-même dans le piège du préjugé idéologique dans votre billet et colportez des idées toutes faites sans réflexion apparente et qui telles quelles ne favorisent guère le sens critique du lecteur. Que vous qualifiiez le webmaster du site de l'académie de trotskyste, peut être acceptable dans le contexte ; en revanche que vous établissiez une hierarchie entre le stalinisme (qui est une période historique, dont le nom est issu d'un dirigeant politique) et le nazisme (qui est une idéologie fondée sur la supériorité de certaines races) est déplacé et du même acabit que de présenter Sorin comme "Officier allemand envoyé par Hitler pour commander la Guadeloupe".Je tiens à rassurer Edourad Boulogne : je ne suis ni nazi, ni stalinien, mais son article m'a donné l'occasion d'exprimer ce que je constate sur nombre de contenus internet (et de plus en plus aussi dans les medias traditionnels écrits par des "professionnels").

Edouard Boulogne 04/04/2008 18:20


Merci pour ce commentaire très argumenté.
Vous avez raison en me reprochant d'avoir utilisé le terme de stalinisme, et à peu près pour les raisons que vous dites?
C'est le marxisme léninisme qu'il fallait dénoncer  doctrine  fondée sur une conception de l'histoire, "progressiste", et qui justifie le balaiement de tous ceux qui feraient
obstacle  à ce progrès. D'où les cent millions de  morts engendrés par cette doctrine,; le stalinisme n'en étant qu'un des (nombreux) avatars.
E.Boulogne.


Pascal 05/07/2007 22:22

A propos de Sorin et de la fameuse expression "en temps Sorin":J'ai toujours été étonné de l'usage fait par les nationalistes guadeloupéens du "temps Sorin", seul argument historique à leur disposition pour prouver que nous pourrions être indépendants.C'est un comble que de prendre pour exemple ce gouverneur de Vichy. Surtout pour des extrémistes de la soi-disant "gauche".Certes, l'homme ne ménageait personne. Ni les dits "békés", ni les petits blancs, et encore moins la population colorée. Il s'agissait de survivre au blocus germanique.Mais comment, honnêtement, prendre pour exemple un homme étant plus qu'à droite pour dire que nous pouvons vivre en autarcie?Et comment prétendre apporter la "liberté" (concept merdique parmi d'autres) en prenant pour exemple un homme comme Sorin?Il n'y a que des ultra racistes complexés, formés dans les universités françaises et payés par l'état français, pour utiliser ainsi des références qui ne sont pas celles de leurs maîtres marxistes afin de pourrir encore plus, s'il était possible, un peuple laissé dans l'ignorance par leurs soins.Sincèrement, j'en veux beaucoup à la france décadente d'avoir distribué des diplômes à ces vermines, qui règnent toujours sur notre petit pays et son droit à l'expression.J'ai des amis parmi des militants indépendantistes de base. Ils sont vrais et je les aime.Mais je n'ai aucune estime pour les fonctionnaires bourgeois "intellos" qui les ont envoyés au casse-pipe.Pascal

M. Begin 05/07/2007 15:22

Bonjour,Je trouve le mot "kiltir" particulièrement laid. "Nos" historiens et kiltiristes gagnent à ne pas être connus et Mr BOULOGNE a toujours eu le courage de leur faire face.Si l'Alsace était alors effectivement Allemande, alors ...J'ajoute (hors sujet) qu'actuellement la Martinique est à la Guadeloupe ce que la Syrie est au Liban.MB

Megistias 01/07/2007 16:40

(Ce commentaire m’a été envoyé par courriel, de la Martinique. Je le transfère donc ici. Mais les lecteurs peuvent tout simplement m’adresser leurs réactions, directement sur le blog en suivant la démarche adéquate. C’est plus simple et plus rapide. EB). « A propos de la biographie de Constant Sorin et des contrevérités manifestes que véhicule le site de l'Académie de Guadeloupe, je pense qu'il faut excuser l'Académie en question, qui, voulant être le fer de lance de la kiltir, a voulu bien faire. Evidemment, le problème est de savoir s'"ils" ont fait exprès ou non (quoique cette interrogation soit secondaire : notre civilisation prend un tournant tel, que, en règle générale, les principaux preneurs de parole ne comprennent pas davantage ce qu'ils disent que ce qu'on leur dit).En tout état de cause, pour ce qui est de la notice biographique du gouverneur Sorin, il y a une explication, et celle-ci disculpe l’Académie de toute intention malveillante : nous sommes tout simplement face au bon sauvage de Rousseau, dans toute l'infaillibilité de son innocence. En effet, le rédacteur de la notice biographique mise en avant par LE SCRUTATEUR, a tout à fait légitimement cru à une parenté entre le gouverneur Sorin et le chef William Saurin (dont la choucroute est bien connue des Guadeloupéens). A partir de là, il a prêté au gouverneur une ascendance alsacienne (d'où proviendrait naturellement la recette de la fameuse choucroute William Saurin). Sachant que le gouverneur Sorin est née en 1901, que l'Alsace était alors Allemande (on se réclame de la  kiltir ou on ne s'en réclame pas), et sachant que le gouverneur Sorin était officier, le lien devenait évident pour tout historien rigoureux : Constant Sorin était un officier allemand envoyé par Hitler (le rédacteur, n'en ayant pas la certitude, n'a pas cru devoir ajouter pour rétablir l'esclavage à la Guadeloupe, et l'on ne peut que saluer une telle retenue dans laquelle on reconnaît une démarche historique exigeante).En dehors de ce d'aucuns ont pris pour une omission, cette démarche ne s'inscrit-elle pas dans la logique la plus académique (bien au-delà de la seule Académie de la Guadeloupe, bien entendu) de nos dispensateurs de savoirs? ».Le rôle de l'Education nationale n'est-il pas de surprendre les ignorants qui n'appartiennent pas au cénacle de ladite administration?En conclusion, étonnez, étonnez, il en restera toujours quelque chose : jamais Champollion n'aurait percé le mystère des hiéroglyphes, s'il n'avait fait preuve de cette créativité maïeutique qui est une chance pour la kiltir, laquelle est une chance pour le genre humain de s’élever au-dessus de la sotte condition de civilisé.Ainsi je pense qu'au lieu de fustiger je ne sais quelle bêtise ou autre volonté de diffamation voire de destruction de la vérité, Monsieur Boulogne devrait se féliciter du dynamisme de nos historiens et kiltiristes dont malheureusement les exploits sont trop souvent ignorés du reste du monde. 

Maurice SANNER 30/06/2007 16:54

-Arrière petit fils de Maurice MARTIN qui fut maire de Basse-Terre avant et au début de la 2e guerre mondiale et révoqué par Vichy, donc par Saurin, pour cause de gaullisme,-Petit fils de Maurice MARTIN,(fils du précédent) qui pris la tête -drapeau français en main- d' une manifestation de protestation contre la politique répressive de Saurin, -Gaulliste moi même et élevé dans cette tradition, je n'ai jamais eu de sympathie particulière pour Saurin, loin de là!!     Mais présenter ce personnage comme envoyé des allemands nazis est d'une rare stupidité( en fait peut être pas si rare que cela) et témoigne d'une ignorance "crasse" de la complexité de l'époque sinon d'une volonté délibérée de désinformation.     Pour illustrer la complexité de l'époque, on se souviendra que Saurin était classé à gauche avant la guerre, comme beaucoup d'hommes de Vichy ou de la collaboration la plus extrême.Localement, on notera qu'à la révocation de Maurice MARTIN de sa fonction de maire élu de Basse-Terre, c'est son premier adjoint, homme de couleur, dont je tairai le nom par charité chrétienne, qui accepta de prendre la fonction de maire "nommé"( et non élu) par Vichy. Rien n'est simple !!!Maurice SANNER