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Publié par Edouard Boulogne

Voir en fin d'articles la dénomination des photos.
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J'apprends la mort du père Pierre Fertin décédé hier soir ( 27 janvier 2017 ) dans la maison de retraite des prêtres d'Orléans.

Pierre Fertin est né en 1927, à Tourcoing, dans le nord de la France, près de Lille, dans une famille humble et très chrétienne, dont il était très fier, et dont il parlait souvent à ses amis au nombre desquels il m'avait fait l'honneur de me compter.

Il choisit de s'accomplir comme homme en servant son prochain dans la voie tracée par son seul maître : Jésus-Christ.

Il devint prêtre, formé, et ordonné par la Congrégation des pères du Saint-Esprit.

 

Pierre Fertin était un homme charitable. La charité n'est pas incompatible avec le caractère.

Ses talents, le portaient à servir, notamment, par la plume et le papier.

Il avait aussi fait quelques études de journalisme, et subi l'influence d'un de ses ainés, prêtre et universitaire, journaliste et théologien Emile Gabel ( voir la galerie des illustrations de cet article ).

Détaché dans le cadre de son sacerdoce au Cameroun, fraîchement indépendant, au début des années 70, il se dépensa pour promouvoir une information correcte et libre, et surtout pour instruire les jeunes Camerounais à l'esprit d'une information correcte, honnête et libre.

Un de ses articles qui mettait en question, quoiqu'en termes mesurées, certaines malversations couvertes par les nouvelles autorités politiques lui valurent une rapide et définitive expulsion du Cameroun.

 

Adieu donc Yaoundé, et bonjour à Port-au-Prince. Car c'est en Haïti que fut détaché Pierre, son enthousiasme rigoureux, sa machine à écrire, et ses projets.

C'était l'époque de François Duvalier ( papa Doc ).

Circulaient dans l'ex perle des Antilles, en ces années là d'étranges documents, notamment « religieux ».

J'utilise les guillemets et l'on comprendra pourquoi quand on saura que l'un d'entre eux était une image dont l'avers montrait Jésus-Christ et Papa doc se congratulant sur une barque au milieu d'une rivière, et l'envers la prière du Notre Père dont les paroles portaient à croire que Notre Père habitait, en chair et en os, un certain palais, tout blanc, celui-là même qui a été salement amoché au tremblement de terre de 2010.

P.Fertin et trois de ses confrères dénoncèrent le sacrilège en pleine messe dans leurs paroisses respectives
Ils eurent 48 heures pour décamper.

Adieu Port-au-Prince, et bonjour à Pointe-à-Pitre pour deux d'entre eux.

 

C'est à cette époque que j'ai connu le père Fertin.

Un malentendu entre deux caractères affirmés faillit faire de nous des antagonistes. Il n'en fut rien heureusement, et nos relations furent ensuite amicales et fécondes.

 

Le père Fertin était prêtre en paroisse, mais l'essentiel de son travail consistait, comme naguère au Cameroun à tenter de développer l'esprit et le goût d'une information plurielle et libre, honnête et rigoureuse.

Il fonda un hebdomadaire, avec des moyens très modestes, de douze à vingt pages, couvrant, avec l'aide d'une équipe de correspondants bien choisis, et bénévoles, l'actualité dans les quatre départements d'outre mer, et quand cela était possible, des nouvelles des antillais de l'hexagone.

Ce fut I.CAR ( Information Caraibe ), dont le tirage d'un millier d'exemplaires était attendu et lu, de tout ce qui lisait dans nos îles, tout bords politiques confondus.

J'admirais le travail de Pierre pour son sérieux, sa ponctualité, et le don, le sacrifice de soi, qu'il supposait.

A une certaine époque, mes activités dominicales, ludique en l'occurrence, me faisaient passer assez régulièrement en automobile, dans cette rue qui longe les bâtiments HLM du quartier Mortenol à P-à-P.

Pierre Fertin y occupait pour ICAR un petit local au rez de chaussée, ouvert sur la rue.

A quinze heures il mettait la dernière main à la mise en sacs postaux des lettres d'abonnés, à la mise au point des documents à faire viser à la poste toute proche, où tout à l'heure il se rendrait au service de garde, pour que dès lundi les abonnés de Guadeloupe reçoivent leur hebdo, et, ayant fini la tache de la semaine, commencer aussitôt celle de la semaine à venir.

Ces dimanches donc, vers 15 heures, j'observais notre homme accomplissant sa tache de bénédictin, - à une heure où les hommes de son âge faisait la sieste - , bien qu'il fut venu des spiritains.

Et je l'admirais, pensant qu'heureux sont ceux qui ont eu des parents, des maîtres, aussi attachés aux exigences du devoir, du service, du don de soi.

Et je pensai plus d'une foi au propos de Saint-Exupéry : «  on est libre dans l'acceptation d'un devoir ».

Ces choses sont souvent oubliées aujourd'hui, peut-être parce qu'on ne les enseigne plus.

 

Pierre Fertin à maintenant terminé son parcours terrestre. Mais peut-être pas son oeuvre, puisqu'elle vit en ses amis, en moi, en beaucoup d'autres.

Je suis heureux de rendre ce modeste hommage à sa mémoire

 

Ce 28 janvier, à 22h07.

 

Edouard Boulogne.

 

Dossier Images :

 

1 ) Le père Fertin procédant à une interview.

 

2 ) Court séjour de vacances en Guadeloupe en 2010, je crois. J'ai conduit notre ami, vieilli, sur le nord Grande terre, en promenade. Ici sur la plage de l'Anse Laborde.

 

3 et 4 ) Quelques pages d'ICAR ( choisies au hasard ).

 

5 ) Une carte manuscrite de voeux à l'occasion d'un Noël.

 

6 et 7 ) Couverture et quatrième de couverture d'un ouvrage d'Emile Gabel.

Le père Pierre Fertin est mort.
Le père Pierre Fertin est mort.
Le père Pierre Fertin est mort.

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Marie 31/01/2017 01:04

Bonsoir, il y a une erreur de date de décès du père Fertin. Vous avez écrit 27 février 2017. Cordialement

Edouard Boulogne 31/01/2017 11:21

En effet. J'ai corrigé. Merci de m'avoir signalé cette erreur.