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Publié par Edouard Boulogne

La technique, et ses progrès fascinants, au service de l'homme? Tel fut le rêve du XIX ème siècle, symbolisé par l'oeuvre littéraire de Jules Verne, et théorisé par maints philosophes. Ceux qui émettaient quelques doutes, même légers, étaient stigmatisés et qualifiés de réactionnaires.

Vers 1950, des romanciers extra lucides, et philosophes, facebook n'existait pas ( ! ), comme Virgil Georghiu ( cf La 25 ème heure ) commencèrent à être écoutés d'un petit nombre de non conformistes ( réactionnaires ? ).

En 1970, Raymond Aron publia son remarquable Les désillusions du progrès, essai sur la dialectique de la modernité. ( Calmann-Lévy. Un auteur, et un éditeur...juifs, diraient les dieudonistes et les disciples d'Alain Soral ).

Mais, si nous sommes redevables aux progrès de la technique, de nombreux avantages, notamment sur le plan médical, il n'en est pas ainsi sur tous les plans. ( Un lecteur me disait hier, que facebook désormais remplaçait avantageusement toute la culture inscrite sur papier. Facebook remplaçant l'Encyclopédia Universalis ! Il n'y a plus qu'à tirer le rideau. Jules Verne n'avait pas prévu la promotion de la bêtise par l'avancée du progrès technique ). L'hypothèse d'un espionnage de tous, à tout instant, et en tous lieux, qui servit de base à Orwell pour l'écriture de son livre providentiel 1984, n'est plus une hypothèse d'école, comme le montre l'article suivant de Michel Esterenko, paru sur le site Atlantico.

 

Le Scrutateur.

 

 

Il n'y a pas que les webcams contrôlées à distance : toutes ces autres caméras qui peuvent nous espionner chez nous

Selon le quotidien The Guardian plusieurs millions d'utilisateurs de Yahoo! auraient été espionnés par les services de renseignements britanniques via leur webcam. Parmi les images stockées, de nombreuses communications étaient explicitement sexuelles.


http://www.atlantico.fr/decryptage/webcams-toutes-ces-autres-cameras-qui-espionnent-nsa-snowden-gchq-optic-nerve-yahoo-michel-nesterenko-996982.html#xFAvJhueDZBlf7XA.99

 

L'agence de surveillance britannique GCHQ aurait intercepté les images des webcams de millions d’utilisateurs de Yahoo !

 

Atlantico : Le quotidien britannique The Guardian révélait vendredi 28 février, documents fournis par Edward Snowden à l’appui, qu’entre 2008 et 2012, l’agence de surveillance britannique GCHQ aurait intercepté les images des webcams de millions d’utilisateurs de Yahoo !. Outre les webcams, quelles sont les autres dispositifs susceptibles de nous espionner ?

Michel Nesterenko : La première question est qui espionne qui ? S'agit il d'entreprises commerciales dans un but de profit ? S'agit il de la police nationale ou locale ? S'agit il des agences de renseignement nationales ou étrangères ? S'agit il des mafias et autres criminels ? Pour chaque type d'espion la problématique est différente et la moisson peut être légale ou illégale. En fin de compte c'est le citoyen qui paye de sa personne ou de son porte-feuille.
 
Ce qui est sûr c'est que nous entrons à toute vitesse dans l'ère du Big Brother. La Stasi et le KGB avaient montré la voie. Aujourd'hui ce sont les gouvernements américain et britannique qui les ont remplacés dans l'espionnite aiguë. Même le gouvernement français, socialiste, donc pour la protection des droits du citoyen, veut suivre l'exemple du Big Brother anglo-saxon, en témoigne la nouvelle loi de programmation militaire. 
 
Toutes les activités du citoyen peuvent être enregistrées. Grâce à la reconnaissance faciale des caméras urbaines et la lecture automatique de plaques automobiles croisées avec les information de localisations GPS obtenues des voitures et des téléphones portables chaque citoyen, pris individuellement, peut être traqué à chaque instant de la journée et jusque dans son lit littéralement. En effet les limiers britanniques ont collecté les vidéos de millions d'utilisateurs de Yahoo y compris les scènes de sexe explicites. Il y a quelques temps déjà, certains agents de sa majesté ont fait fureur en reconnaissant qu'ils utilisaient les caméras urbaines pour se rincer l'oeil avec les activités déshabillées de jolies anglaises dans l'intimité de leur foyer. Bref, rien ne change. La traque de toutes les voitures, en automatique, est d'actualité pour la police américaine. Cette même police discute de l'utilisation de "drones" avions sans pilotes capables de suivre une cible sans discontinuer, pendant plusieurs jours, avec un degré d'acuité visuelle extraordinaire, et d'enregistrer toutes les émissions de téléphones portables. Ces systèmes mis au point pour l'armée américaine en Iraq et en Afghanistan sont maintenant retournés contre le citoyen américain. Il ne s'agit pas de science-fiction ni de film hollywoodien, mais de la réalité journalière.
 

De quels recours légaux disposent les utilisateurs ?

La réponse à la question des recours disponible dépends de qui espionne et dans quel but ? Pour les entreprises il s'agit de faire des profits. Dans ce contexte l'arsenal des lois peut être développé aisément. Quand il s'agit de la police, il est aussi concevable de faire de nouvelles lois pour interdire toute utilisation d'information qui n'a pas reçu l'aval judiciaire. Dans le cas des agences de renseignement nationales et étrangères tout recours est illusoire car, par définition c'est secret. Cependant, le gouvernement a tout loisir d'utiliser les informations pour maîtriser l'opposition politique à son profit. Il faudra s'attendre à des scandales à répétition. Toutes ces informations collectées à grand coût, et stockées dans des ordinateurs, finiront dans les mains de Mafias qui sont très adeptes au piratage informatique. Contre ce fléau il n'y a aucun recours.
 

Le système baptisé Optic Nerve collectait des images de façon aléatoire en faisant une capture d’écran toutes les cinq minutes ce qui permettait d’être en accord avec la législation sur les droits de l’homme. Quelles révisions de la législation actuelle doivent être entreprises pour protéger davantage les utilisateurs ?

Il n'y a pas de véritable parade. Car les informations sont essentielles pour assurer notre sécurité et celle des entreprises. Pour les entreprises certains services ne sont pas à leur coût véritable car subventionnés par la publicité. On ne peut pas tout avoir : des services quasiment gratuits et la sphère privée totalement protégée. D'ailleurs les adolescents et moins jeunes, n'ont pas fait preuve d'un désir ardent de protéger leur informations privées si la contrepartie est moins de communication. Les lois s'appliquant aux entreprises devront subir une évolution constante pour prendre en compte l'évolution de la technologie. Avant tout les entreprises qui sauvegardent des données personnelles devront faire preuve d'une sécurisation adéquate des banques de données pour éviter le pillage par les Mafias, ce qui est le cas aujourd'hui aux USA. 

 

Comment se prémunir de ce genre d’espionnage ? Est-ce seulement possible ?

Il est utopique dans le contexte d'une activité journalière en pleine accélération, ou la connectivité et la communication ont pris une place centrale, tant dans l'entreprise que dans la vie privée, tant pour les jeunes que les seniors, de penser que nous pourrons éviter un espionnage qui de plus est essentiel pour maitriser la criminalité qui est partout.
 

Quels efforts d’encodages peuvent être fournis par les géants du web ?

La protection des données par le codage et la cryptographie, consomme beaucoup d'énergie, donc des batteries qu'il faut recharger constamment, consomme beaucoup de mémoire et consomme beaucoup de bande passante donc des appareils plus lents.  Tout cela est très coûteux. Dans un contexte de crise économique et de démocratisation des outils informatiques il est peu probable de trouver un consensus pour imposer, aux géants du Web, un degré véritablement efficace de sécurisation du système.

 
Michel Estérenco.


 

 

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