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    <title><![CDATA[Le Scrutateur. (Littérature.)]]></title>
    <link>http://www.lescrutateur.com/categorie-1172700.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Littérature.&quot; du blog &quot;Le Scrutateur.&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Wed, 22 Feb 2012 02:11:05 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Wed, 22 Feb 2012 02:11:05 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.lescrutateur.com</copyright>            <category>Littérature.</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Littérature : Pérégrinations françaises, Le dépaysement, de Jean-Christophe Bailly, par Raymond Joyeux.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-litterature-peregrinations-fran-aises-le-depaysement-de-jean-christophe-bailly-par-raymond-joye-98277587.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <img alt="JeanChristopheBailly-.jpg" height="213" width="300" class="noAlign" src="http://idata.over-blog.com/0/58/79/61/JeanChristopheBailly-.jpg">&nbsp;<span style=
    "color: #008000;"><strong><span style="font-size: 10pt;">( Jean-Christophe Bailly ).&nbsp;</span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003300;"><span style="font-size: 18pt;"><strong>L</strong></span><span style="font-size: 14pt;">es Éditions du Seuil ont publié en avril 2011 un livre de Jean-Christophe
    Bailly intitulé</span> <span style="font-size: 14pt;"><em><strong>Le Dépaysement,</strong></em></span><span style="font-size: 14pt;">avec en sous-titre&nbsp;:</span> <span style=
    "font-size: 14pt;"><em>Voyages en France</em></span><span style="font-size: 14pt;">. C’est ce livre que je me propose de vous présenter aujourd’hui.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #003300;">Mais d’abord un mot sur l’auteur. Jean-Christophe Bailly est né à Paris en 1949. Géographe de formation et docteur en philosophie, il est professeur
    au Centre National de la Nature et du Paysage (CNNP) de Blois. Auteur prolifique d’une œuvre polymorphe importante et reconnue, mais ne revendiquant aucune étiquette, même pas celle de pédagogue,
    il a publié pas moins de 60 ouvrages, toutes catégories littéraires confondues, du théâtre à la poésie en passant par des essais, des récits et des écrits sur l’art.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #003300;">Il raconte dans l’introduction de ce livre, écrit en trois ans, du printemps 2008 à l’automne 2010, comment lui en est venue l’idée, dix ans
    auparavant, alors qu’il séjournait à New-York. <em>«&nbsp;C’est en regardant à la télévision</em> La Règle du jeu <em>de Jean Renoir en version originale qu’il m’arriva,</em> écrit-il<em>, ceci
    d’inattendu que ce film se mue en révélation. Non parce que je l’aurais découvert, (...)&nbsp; mais parce qu’à travers lui, j’eus la révélation, à ma grande surprise, d’une appartenance et d’une
    familiarité...&nbsp;»</em> Corrigeant par la suite cette dernière formule, l’auteur dira préférer finalement la notion de <em><strong>provenance</strong></em> à celle d’<em>appartenance</em>,
    termes qui selon lui, et à juste titre, ne sont pas du tout synonymes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #003300;">Cela dit, en dépit de son sous-titre, <em>Voyages en France</em>, au pluriel, ne vous attendez pas à trouver dans cet ouvrage de plus de 400 pages,
    une succession de simples descriptions des paysages, des régions ou des villes et villages traversés ou visités, comme le ferait un guide touristique même très savant. Ce n’est pas là du tout le
    propos de l’auteur qui ne s’attache pas non plus à aller chercher pour les exalter les racines d’une quelconque identité, notion qu’il définit non comme un résultat fermé, replié sur lui-même,
    mais comme étant un processus en marche, forcément ouvert, indépendant de toute nationalité.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #003300;">Utilisant à dessein le bus ou le train à petite vitesse, afin de mieux capter le paysage défilant, de s’en imprégner visuellement et de prendre au
    passage de rapides et succinctes notes, son projet, de <em><strong>Dépaysement</strong></em> donc, est d’aller voir sur place ce qui constitue les différentes couches de sédimentations
    historiques et <em>«&nbsp;nationales&nbsp;»</em> d’un certain nombre de lieux caractéristiques, et de s’attacher justement à les <em>«&nbsp;dénationaliser&nbsp;».</em> Dans cette optique, le
    terme polysémique de <em>dépaysement</em> est à prendre dans un double sens&nbsp;: celui d’abord, premier et habituel, d’être ailleurs, de ne plus savoir où l’on est, mais aussi et surtout celui
    strictement étymologique d’une opération consistant à débarrasser le <em>«&nbsp;pays&nbsp;»</em> de cette <em>tourbe</em> qu’est la <em>glu identitaire</em>, afin de n’en dégager que l’essence
    pure, l’état brut en quelque sorte, et actuel du lieu, celui d’aujourd’hui mais le plus souvent façonné par des siècles, voire des millénaires d’histoire.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #003300;">Des 34 chapitres qui composent cet étonnant ouvrage, et qui commencent par Bordeaux et Toulouse, pour finir par le concept de quartier (en
    l’occurrence un de Paris, un autre de Marseille), que l’auteur nomme le <em>«&nbsp;bariol&nbsp;»,</em> mot qu’il&nbsp; écrit volontairement sans guillemets ni italique, en passant par Toul,
    Lorient, et inévitablement Beaugency et Vendôme... vous en trouverez nécessairement un qui évoquera un lieu connu de vous, que vous avez un jour visité ou peut-être même habité en France
    hexagonale. Ce qui vous ravira à coup sûr&nbsp;!</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #003300;">Pour ma part, je suis «&nbsp;entré&nbsp;» dans ce livre tout bêtement par le début où il est question d’une boutique bordelaise de nasses, de foënes
    et de filets de pêche, ce qui pour un Saintois ne pouvait pas mieux tomber. J’ai dévoré bien entendu tout l’ouvrage avec un plaisir fou, (sans pour autant éprouver le syndrome de Stendhal, mais
    pas loin !), en prenant le temps de savourer une écriture poétique, originale et inattendue, et sans suivre nécessairement l’ordre des chapitres, qu’un fil ténu, souvent une rivière ou un fleuve,
    relie néanmoins. J’ai retrouvé des lieux connus, entre autres, la banlieue de Saint-Étienne et, non loin de Paray-le-Monial, Saint-Christophe en Brionnais où je me suis rendu à plusieurs reprises
    par le passé pour assister à la vente des fameux bovins charolais, à la robe blanche caractéristique qu’évoque non sans humour Jean-Christophe Bailly dans un chapitre intitulé&nbsp;: <em>Du côté
    des bêtes</em>...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #003300;">Friand depuis toujours de ce type de littérature, j’associe ce livre, bien que d’une démarche radicalement différente, à <em>Voyages en Italie</em>
    de Stendhal (Rome Naples et Florence), à <em>L’été grec</em>, <em>Chemin faisant et Flâner en France</em> de Jacques Lacarrière, auteur que je vous recommande en passant, aux savoureuses
    <em>Pérégrinations portugaises</em> de José Saramago, mais aussi au splendide ouvrage illustré de notre compatriote géographe Max Etna, <em><strong>Le voyage en Guadeloupe,</strong></em> paru en
    2004 aux Éditions du Félin et dont la couverture représente une sublime vue aérienne de la plage de Pompierre à Terre-de-Haut.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #003300;">Puisse mon enthousiasme vous inciter à la satisfaction de découvrir à travers son <em><strong>Dépaysement</strong></em> notre auteur d’aujourd’hui,
    Jean-Christophe Bailly, mais aussi, si vous ne les avez pas encore lus, ceux que je viens de citer. C’est tout le&nbsp; plaisir littéraire et <em>dépaysant</em>, au sens premier du terme, que je
    vous souhaite en ce début d’année.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 14pt; color: #003300;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
    Raymond Joyeux</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 14pt; color: #003300;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
    29.01.2012</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 30 Jan 2012 18:15:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3d3000de88f32a2deded5d89202fa60a</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-litterature-peregrinations-fran-aises-le-depaysement-de-jean-christophe-bailly-par-raymond-joye-98277587-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le Goût du lait sauvage, de Michel Rodigneau, par Edouard Boulogne.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-le-gout-du-lait-sauvage-de-michel-rodigneau-par-edouard-boulogne-96969560.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/58/79/61/Gout-du-lait-sauvage.gif" class="noAlign" width="189" height="300" alt="Gout-du-lait-sauvage.gif">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 14pt;">Les lecteurs du Scrutateur connaissent déjà Michel Rodigneau. Nous l'avions présenté en 2006, ainsi que son premier
    livre,</span><span style="font-size: 14pt;"><strong>La guerre de course en Guadeloupe, 18ème-19ème siècles</strong></span><span style="font-size: 14pt;">( l'Harmattan ) : <a href=
    "http://www.lescrutateur.com/article-20856465.html">http://www.lescrutateur.com/article-20856465.html</a></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Notre auteur tout en préparant un nouvel ouvrage historique sur Victor Hugues, vient de publier, chez le même éditeur, son premier roman, <strong>Le
    goût du lait sauvage</strong>, dont nous avions, en décembre dernier, signalé la parution.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">L'action commence et se déroule au cours du XX ème siècle, de la mort du père du personnage principal, pendant la guerre de 14-18, jusqu'à la fin
    des années 1970.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Armand est son nom. C'est un métis, dont la famille est liée à des blancs créoles, par les doubles liens de la consanguinité, et de la vie partagée,
    sur les plantations du sud basse Terre, du côté de Saint-Charles, entre Trois-Rivières, et le chef lieu de la colonie.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Armand est un garçon original et fin, assez marginal, non au sens actuel, et dépréciatif, de ce mot, mais en tant qu'il manifeste des dons et des
    préférences qui le tiennent un peu à l'écart du troupeau, non par une quelconque misanthropie, ou le rejet par les autres, mais par des goûts et aptitudes qui, très jeune, semblent le destiner à
    une vie non ordinaire.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">L'adolescence le voit accomplir l'initiation, habituelle à cet âge, sur le plan sentimental ( mais, ici même, les choses se passent dans l'élégance,
    et la discrétion ), sur le plan social, où le jeune homme intègre, mais sans en être imprégné, les codes propres à notre société multiethnique, sur le plan artistique où il révèle des aptitudes
    spéciales, principalement pour la musique, avec une prédilection pour l'instrument de la clarinette.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">En 1931, Armand quitte la Guadeloupe pour Paris, à l'occasion de la Grande exposition coloniale. Il compte s'y faire connaître, et faire carrière
    comme musicien, instrumentiste autant que compositeur.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Cette reconnaissance sera plus longue que celle qu'il avait espérée, et se déroulera autrement qu'envisagée.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Après l'initiation guadeloupéenne, c'est l'initiation à la vie métropolitaine, qu'il effectue et qui sera longue.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Longue, mais tout aussi hors normes, que celle vécue là-bas, comme nous disons de la France d'Europe, et comme il pense désormais, sinon exprime, de
    cette Guadeloupe de ses songes, qu'il ne reverra jamais, mais qui ne cesse de l'habiter.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Hors normes, disions-nous.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Armand aime les femmes, mais les étreintes vulgaires ne sont pas son genre.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">A la blanche créole, madame Vissault, qui avait contribué à épanouir les virtualités adolescentes, là-bas, à St-Charles, succède Tsabelle Dambrey,
    baronne de Fullaëns, une authentique aristocrate, rencontrée au cours d'une croisière en Méditerranée, alors qu'Armand est membre de l'orchestre du bord.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Isabelle est mariée, aime son mari, et n'est cependant pas heureuse.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Je n'entreprendrai pas ici un résumé de cette longue et complexe histoire, contée avec une grande délicatesse, un tact, et un sens psychologique
    aigu par Michel Rodigneau.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Il ne s'agit pas de déflorer ce beau roman, par des analyses scolaires, et qui pourraient pousser le lecteur à se passer, bien à tort, de sa
    lecture.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Mais, au fur de la lecture l'intérêt pour cette histoire s'accroit, ainsi que la sympathie, une sorte d'intuition participante à laquelle l'auteur
    nous convie, et qu'il parvient à nous faire connaître.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Tant Isabelle ( dont les extraits du journal intime, pp 163 à 178, sont profonds et beaux ) qu'Armand sont devenus des personnages concrets, presque
    des amis, dont le destin nous importe.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Rodigneau, aussi, sans avoir l'air d'y toucher, réfléchit sur l'âme humaine, particulièrement l'âme antillaise, non pas déchirée comme aiment
    d'autres à la présenter, mais inquiète et en recherche, comme toute âme humaine, avec seulement les particularités qui tiennent à son enracinement particulier.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Rien, ici, d'agressif, ou qui pèse... et qui pose. Un roman, mais qui nous instruit bien plus sur nous mêmes que maints pesants ouvrages à
    prétention sociologique.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Nous avons fini le roman, Isabelle est morte, et Armand nous a quitté. Il repose aujourd'hui dans le petit cimetière de Eze-Village.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Nous a-t-il vraiment quitté? Je n'en suis pas certain, si j'en crois mon sentiment.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Ce n'est pas le plus mince exploit de notre romancier que d'avoir réussi ce sortilège.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #ff00ff;"><strong>Edouard Boulogne.&nbsp;</strong></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 12 Jan 2012 17:05:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e3c66e86f6d8a6bbc4bd58b596f6ce40</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-le-gout-du-lait-sauvage-de-michel-rodigneau-par-edouard-boulogne-96969560-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[A la vitesse de la lumière, de Javier Cercas, par Raymond Joyeux.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-a-la-vitesse-de-la-lumiere-de-javier-cercas-par-raymond-joyeux-96308150.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img alt="vitesselumiere.gif" height="298" width="158" class="noAlign" src="http://img.over-blog.com/158x298/0/58/79/61/vitesselumiere.gif">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 20pt; color: #800000;"><span style="font-family: Times;">À la vitesse de la lumière</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><span style="font-family: Times;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 13pt;">J’ai terminé aujourd’hui la lecture de l’avant dernier
    livre de l’écrivain espagnol Javier Cercas, né à Caseres en 1962,&nbsp; <strong><em>À la vitesse de la lumière</em></strong></span><span style="font-size: 13pt;">, roman publié en France chez
    Actes Sud, en 2006. C’est un livre relativement ancien mais qui fut très remarqué à sa sortie et que j’ai acquis par pur hasard pour 50 centimes d’euro en fouinant cet été dans les rayons d’une
    librairie d’Emmaüs au Creusot, en Saône et Loire où je passais une partie de mes vacances.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><span style="font-family: Times;"><span style="font-size: 17px;">En parlant de hasard, ce livre de Javier Cercas montre justement comment les rencontres que l’on
    fait peuvent faire basculer une vie, l’orienter dans un sens ou dans un autre et que ce basculement s’avère parfois tragique pour soi et pour les autres surtout s’ils vous sont proches. Que
    finalement, selon l’auteur, le hasard de ces rencontres est le moteur premier de l’existence. Que l’on n’est, au bout du compte, nullement maître de sa propre destinée et que les choix en
    apparence libres que l’on opère la conditionnent en grande partie sinon totalement. Rappelez-vous la célèbre métaphore de la girouette de Spinoza qui croit tourner de sa propre volonté alors que
    c’est le vent qui la meut.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><span style="font-family: Times;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 17px;">Mais ce livre n’est pas seulement un constat implacable
    des conséquences de ces rencontres fortuites sur le cheminement existentiel. C’est aussi une réflexion sur la guerre et les séquelles irréversibles qu’elle laisse dans l’esprit et le corps de
    celui qui en a réchappé. (En l'occurrence un vétéran de la guerre du Viêt-Nam).</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><span style="font-family: Times;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 17px;">C’est également une réflexion sur l’écriture. Le poids
    de l’imaginaire et de l’écrit face à la légèreté supposée de la réalité. Son côté dérisoire en même temps que sa nécessité quasiment vitale. Sur le rôle de l’écrivain dans la cité. Sur ce qu’il
    doit ou ne doit pas raconter. Sur les risques encourus en cas de trop grande célébrité. L’auteur fait un parallèle convaincant entre le mal occasionné par la guerre et celui qui découle du succès
    enivrant, littéraire ou artistique. Mal qui finit le plus souvent par détruire celui qui le vit ou l’expérimente.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><span style="font-family: Times;"><span style="font-size: 17px;">C’est enfin un livre sur l’amitié, extrêmement fort, dans un style sans concession qui va toujours à
    l’essentiel, sans fioriture ni sentimentalisme.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><span style="font-family: Times;"><span style="font-size: 13pt;">En conclusion, le narrateur, donc sans doute l’auteur (car il s’agit vraisemblablement d’une
    <em>autofiction</em></span> <span style="font-size: 13pt;">comme on dit maintenant), n’a aucune certitude sur ce qu’il dit, fait ou pense. Il ponctue prudemment en permanence ses allégations et
    ses réflexions de «&nbsp;<em>je ne sais pas&nbsp;</em></span><span style="font-size: 13pt;">», de «&nbsp;<em>peut-être&nbsp;</em></span><span style="font-size: 13pt;">». Ce qu’il raconte de sa
    vie, de son amitié, de son état d’apprenti-écrivain d’abord, d’auteur à succès ensuite, laisse voir qu’on est tous&nbsp; pris à des degrés divers dans un tourbillon que l’on peut difficilement
    maîtriser et que les événements se succèdent et s’enchaînent, malgré nous, <em>à la vitesse de la lumière</em></span><span style="font-size: 13pt;">, nous laissant souvent désemparés, sinon
    complètement détruits. Un seul espoir cependant&nbsp;:&nbsp; écrire. Écrire pour tenter d’échapper à l’enfer, ce qu’en réalité peu de gens peuvent ou savent faire. Mais c’est un point de vue
    d’écrivain que l'on n'est pas forcé de partager.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><span style="font-family: Times;"><span style="font-size: 17px;">Je ne saurais trop vous conseiller néanmoins la lecture de ce livre. Il vous apportera beaucoup sur
    le plan émotionnel et alimentera votre réflexion sur la folie des hommes, l’amitié salvatrice, le sens de la vie... contrairement aux romans de certains auteurs à la mode, vite oubliés, qui sont
    plutôt, selon moi, de l’ordre du passe-temps peut-être efficace et agréable en tant que tel, mais souvent superficiel et finalement sans portée affective ou métaphysique
    véritable.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 13pt; color: #800000;"><span style="font-family: Times;">Raymond Joyeux</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 06 Jan 2012 23:07:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">31ff3d000ad585620806d1fffa26e63b</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-a-la-vitesse-de-la-lumiere-de-javier-cercas-par-raymond-joyeux-96308150-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[( 31/12/2011 ) St-Sylvestrons avec le père Hugo, par Edouard Boulogne.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-31-12-2011-st-sylvestrons-avec-le-pere-hugo-par-edouard-boulogne-95857066.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img width="300" height="232" src="http://img.over-blog.com/300x232/0/58/79/61/St-Sylvestre.jpg" class="noAlign" alt="St-Sylvestre.jpg">&nbsp;<span style=
    "font-size: 12pt; color: #3366ff;"><strong>( Une image de notre "St-Sylvestre", assez vulgaire, bien caractéristique de l'époque que nous vivons ).&nbsp;</strong></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">( 31/12/2011 ) St-Sylvestrons avec le père Hugo, par Edouard Boulogne.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="color: #000080;"><img width="349" height="500" src="http://img.over-blog.com/349x500/0/58/79/61/bust_victor_hugo_1802_85_aged_hi.jpg" class="noAlign" alt=
    "bust_victor_hugo_1802_85_aged_hi.jpg"><span style="font-size: 12pt;"><strong>&nbsp;( Un buste de Victor Hugo dans sa maturité ).&nbsp;</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Il y a plus d'une façon de «&nbsp;St-Sylvestrer&nbsp;» ( que l'on veuille bien me pardonner cet aventureux néologisme ! ). L'image ci-dessus en
    évoque deux. Mais parmi d'autres, je vous en propose une troisième, qui est mon choix, et ce n'est pas la première fois en cette nuit où, conventionnement, l'humanité bascule d'une année à une
    autre dans l'infini sablier du temps.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">A priori, ce soir n'est en rien différent de celui d'hier ou de demain. Pourtant, nombre d'individus vont, comme d'ailleurs à l'occasion d'autres
    nuitées pareilles, s'enivrer d'une façon ou d'une autre «&nbsp; dans la fête servile&nbsp;» comme dit Baudelaire, où, solitaire, ressasser quelque vieux sujet de douleur, dans l'interminable
    ennui de la nuit.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">J'ai souvenir d'une soirée de Noël ( Noël, qui ne me fut jamais morose ) , en Alsace, il y a près de cinquante ans, ou un homme qui avait l'âge de
    mon père m'avoua son infinie solitude, au coeur de groupe joyeux où nous étions. <span style="color: #3366ff;">«&nbsp; Tout ce monde qui festoie, me disait-il, ça me plonge dans un cafard
    fou&nbsp;»</span>. Il devait se suicider deux mois plus tard. Hors cette confidence, il fit face pourtant, tout le réveillon, si j'ose dire, "joyeusement".</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">A la St-Sylvestre, en ce qui me concerne, je sors rarement, et je veille toujours bien plus tard que d'habitude, sans pour autant m'abandonner au
    spleen.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">J'écoute de la musique, seul, ou avec quelque (s) amis privilégié (s). Et je lis, à haute voix, ou silencieusement quelque auteur qui sera le
    compagnon privilégié de ce soir là.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Victor ( Hugo ) a souvent été cet auteur. Je voudrais dire pourquoi.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 18pt; color: #000080;"><strong><span>(I) Hugo le petit ?</span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 18pt; color: #000080;"><strong><span><br></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Cet homme est un océan, un monde, un Univers où se côtoient&nbsp; le meilleur et le pire.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">André Gide, dans la préface à son <strong>Anthologie de la poésie française</strong> raconte qu'au cours d'une conversation en Angleterre, entre
    poètes et écrivains de haut niveau, à une question sur qui serait, à son avis, le plus grand poète français, répondit : <em>«&nbsp; C'est Victor Hugo, hélas!&nbsp;»</em>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">C'était assez bien vu.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="color: #000080;"><img width="500" height="375" src="http://img.over-blog.com/500x375/0/58/79/61/V.HUGO-002.JPG" class="noAlign" alt="V.HUGO-002.JPG">&nbsp;<span style=
    "font-size: 12pt;"><strong>( Victor Hugo, dans la petite édition Nelson, à couverture bleue, élégante et peu coûteuse, par laquelle j'ai connu le poète. Les couvertures ont été bien abimée, en
    1989, par le cyclone.....Hugo ! ).&nbsp;</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Entre 1955 et 1960, j'ai été moi, Edouard, amoureux fou du plus mauvais Hugo, selon les critères gidiens, je le reconnais aujourd'hui. Mes yeux se
    sont ouverts sur les insuffisances de mes amours littéraires de l'époque, et cependant, je dois l'avouer simplement, sans parvenir à m'en repentir.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">En 1955, j'avais 13 ans. J'étais féru de poésie, et prenais tout le temps que j'aurais dû consacrer à mes devoirs de mathématiques, pour rimailler
    sans trêve ni remord. J'avais aussi l'âme humanitaire, et, sans y apercevoir de contradiction, j'étais un fanatique de l'empereur (Napoléon 1er...évidemment ).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">C'est ainsi que naquit mon culte hugolien.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="color: #000080;"><img width="500" height="375" src="http://img.over-blog.com/500x375/0/58/79/61/V.HUGO-001.JPG" class="noAlign" alt="V.HUGO-001.JPG">&nbsp;<span style=
    "font-size: 12pt;"><strong>( Autre édition, ancienne, de 1883, Hugo vivait encore ).&nbsp;</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Dans une vieille histoire de la littérature qui avait accompagné mon père durant l'année scolaire 1933-34, je trouvais au chapitre sur Hugo ces vers
    ( du «&nbsp;petit&nbsp;»Hugo ) :</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>«&nbsp;Dieu! Pourquoi l'orphelin dans ses langes funèbres</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Dit-il: «&nbsp;j'ai faim&nbsp;»? L'enfant n'est-ce pas un oiseau?</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Pourquoi le nid a-t-il ce qui manque au berceau&nbsp;»?</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="color: #000080;"><img width="380" height="500" src="http://img.over-blog.com/380x500/0/58/79/61/H-de-la-Litterature-.jpg" class="noAlign" alt=
    "H-de-la-Litterature-.jpg">&nbsp;<strong><span style="font-size: 12pt;">( Cette Histoire illustrée de la littérature française a appartenu à mon père, Albert Boulogne, et lui a servi durant
    l'année scolaire 1933-1934, au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre ).&nbsp;</span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="color: #000080;"><strong><span style="font-size: 12pt;"><br></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Je n'ai pas attendu la lecture de Gide pour juger de la vacuité poétique de ces vers de mirlitons, à peine meilleurs que ceux que je commettais, en
    ces temps «&nbsp;préhistoriques&nbsp;» de mon existence qui va, encore !</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Mais, cela dit, peut-être cet humanitarisme, qui, a postériori, peut paraître inutile, est-il ce qui manque le plus, à l'enseignement
    aujourd'hui.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">L'âme juvénile est, au sortir de l'enfance, à l'affut de sentiments, d'émotions. Elle s'en imprègne. On discerne l'enjeu.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Je n'étais pas le seul à m'émouvoir sur des poèmes du même modèle du cher vieux Victor, tel, <strong>La Mort du chien</strong> ( et le relisant,
    dans mon livre de lecture de la classe de 7ème, j'ai ressenti, aujourd'hui encore, quelque chose du mouvement d'âme de jadis )</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong><span><span style="font-family: Arial;">«&nbsp;Un groupe tout à l’heure était là sur la grève,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Regardant quelque chose à terre. - Un chien qui crève&nbsp;!&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">M’ont crié des enfants&nbsp;; voilà tout ce que c’est. -&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Et j’ai vu sous leurs pieds un vieux chien qui gisait.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">L’océan lui jetait l’écume de ses lames.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">- Voilà trois jours qu’il est ainsi, disaient des femmes,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">On a beau lui parler, il n’ouvre pas les yeux.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">- Son maître est un marin absent, disait un vieux.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Un pilote, passant la tête à sa fenêtre,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">A repris&nbsp;: - Ce chien meurt de ne plus voir son maître.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Justement le bateau vient d’entrer dans le port&nbsp;;&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Le maître va venir, mais le chien sera mort. -&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Je me suis arrêté près de la triste bête,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Qui, sourde, ne bougeant ni le corps ni la tête,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Les yeux fermés, semblait morte sur le pavé.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Comme le soir tombait, le maître est arrivé,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Vieux lui-même&nbsp;; et, hâtant son pas que l’âge casse,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">A murmuré le nom de son chien à voix basse.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Alors, rouvrant ses yeux pleins d’ombre, exténué,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Le chien a regardé son maître, a remué&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Une dernière fois sa pauvre vieille queue,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Puis est mort. C’était l’heure où, sous la voûte bleue,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Comme un flambeau qui sort d’un gouffre, Vénus luit&nbsp;;&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Arial;">Et j’ai dit&nbsp;: D’où vient l’astre&nbsp;? où va le chien&nbsp;? ô nuit&nbsp;!</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Evidemment faible, sur le plan poétique ( toutes choses égales, bien entendu, Hugo est toujours un impeccable maître en prosodie ) et philosophique
    ( ô ce vers : «&nbsp;d'où vient l'astre? Où va le chien? Ô nuit&nbsp;»., comme Gide, ici , a raison) le texte n'en est pas moins adapté à merveille à la psychologie juvénile. Et aujourd'hui
    encore. Les pédagogues de la troisième république l'avaient bien compris.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Je le sais, recevant assez souvent la visite de tout jeunes voisins, petits guadeloupéens d'une dizaine d'années qui ont repéré le vieux prof à la
    retraite ( ça peut toujours servir à aider, pour les devoirs !). Ces enfants, ont l'esprit vif, quoique limité par l'enseignement qu'ils reçoivent. Je les teste, et Hugo, (d'autres aussi), lu
    comme il faut, expliqué comme il faut, suscite beaucoup d'intérêt de leur part, &nbsp;à l'ère des play-stations.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">J'évoquerai encore, dans la même veine, avec les mêmes remarques, éloges et critiques mêlées, cet autre poème <strong>Le mendiant</strong>, dont
    voici un extrait :</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong><span><span style="font-family: 'Times New Roman';">«&nbsp;Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Je cognai sur ma vitre ; il s'arrêta devant</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Ma porte, que j'ouvris d'une façon civile.</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Les ânes revenaient du marché de la ville,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">C'était le vieux qui vit dans une niche au bas&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">De la montée, et rêve, attendant, solitaire,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme.&nbsp;»</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Et je lui fis donner une jatte de lait.</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Devant la cheminée. » Il s'approcha du feu.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Étalé largement sur la chaude fournaise,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Piqué de mille trous par la lueur de braise,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé.&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Je songeais que cet homme était plein de prières,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Et je regardais, sourd à ce que nous disions,&nbsp;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: 'Times New Roman';">Sa bure où je voyais des constellations&nbsp;».</span></span></strong></span>
  </p>
  <p>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">En ces lointaines années du milieu du siècle dernier que j'évoque, je connaissais par coeur les chapitres de mon livre d'histoire sur les guerres
    napoléoniennes, et en particulier sur la «&nbsp;campagne de France&nbsp;», en 1814, &nbsp;quand «&nbsp;le petit caporal&nbsp;», se battait, ( seul contre tous !!! ) Anglais, Prussiens,
    Autrichiens, Russes, avec une énergie, un génie, un courage, intacts.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Hugo chantait tout cela magnifiquement, et je le déclamais à tout propos et hors de propos, saoulant mon entourage, l'exaspérant, malgré sa
    patience.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Dans une de mes «&nbsp;crises humanitaristes&nbsp;», je me laissai aller, nous sommes loin, ici, de Napoléon, à ce curieux éclat furieusement
    romantique, qu'Hugo développera de façon plus belle dans le Roman Notre Dame de Paris ( et dans tant d'autres oeuvres</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">:</span><strong><span style="color: #000080; font-size: 14pt;">«&nbsp;J'aime l&nbsp;'araignée et j'aime l'ortie</span></strong>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <strong><span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Parce qu'on les hait&nbsp;».</span></strong>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">C'était dans un salon à Sainte Marthe, ( est de la Guadeloupe). Maurice, mon grand père maternel, était là. Il me dit <strong>«&nbsp; Toi, tu
    finiras socialiste&nbsp;»!</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Qu'est-ce qu'un socialiste, dis-je?</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>C'est un communiste qui a mis des gants&nbsp;».</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Cette fois, j'avais compris, et j'étais vexé ( car je savais ce que c'était qu'un socialiste ! ) mais je ne pipai mot. Maurice était une crème
    d'homme. Mais il lui plaisait, souvent, d'endosser le rôle de Jupiter tonnant.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">S'il n'était pas mort, il verrait aujourd'hui qu'il pouvait se tromper quelquefois, et Jupiter lui-même. En l'occurrence sur mon devenir.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 18pt; color: #000080;"><strong>( II ) Hugo? Un GEANT.</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #000080;"><img width="323" height="500" src="http://img.over-blog.com/323x500/0/58/79/61/victor_hugo_en_mage.jpg" class="noAlign" alt=
    "victor_hugo_en_mage.jpg">&nbsp;<span style="font-size: 12pt;"><strong>( Hugo fut un géant. Etait-il ce mage, que représente ici, cette caricature d'époque, à la fin de sa vie? Sans doute pas.
    Vieillissants, bien des auteurs se laissent prendre à ce petit jeux du prophète inspiré? Tel Edouard Glissant de nos jours ).&nbsp;</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Victor Hugo fut aussi...&nbsp;«&nbsp; le meilleur&nbsp;» ( Gide dixit ).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Les dimensions d'un simple article ne me permettent pas de m'étendre autant qu'il faudrait sur ce point.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">La référence majeure, ( mais il y en a d'autres ) me semble être le poème extrait de la <strong>Légende des siècles</strong>, le plus grand, sans
    doute, des recueils hugoliens.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Comme il ne me semble pas convenable de le découper, de l'annihiler ce faisant, je vous le livre en son entier, me contentant de souligner les vers
    qui me touchent au coeur, et cette fois à la tête, comme traits vivifiants :</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="color: #000080;"><a id="oeuvre_page_content" name="oeuvre_page_content"></a></span>
  </p>
  <div id="Section1">
    <div id="Section2">
      <p style="margin-top: 0.26cm; margin-bottom: 0.26cm; border-image: initial; line-height: 0.5cm; padding: 0cm; border: initial none initial;">
        <span style="color: #000080;"><a id="oeuvre_texte" name="oeuvre_texte"></a> <span style="font-size: 14pt;"><strong>«&nbsp;Booz s'était couché de fatigue accablé&nbsp;;<br>
        Il avait tout le jour travaillé dans son aire,<br>
        Puis avait fait son lit à sa place ordinaire&nbsp;;<br>
        Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.<br>
        <br>
        Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge&nbsp;;<br>
        Il était, quoique riche, à la justice enclin&nbsp;;<br>
        Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin,<br>
        Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge.<br>
        <br>
        <em><span style="text-decoration: underline;">Sa barbe était d'argent comme un ruisseau d'avril.</span></em><br>
        Sa gerbe n'était point avare ni haineuse&nbsp;;<br>
        Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse&nbsp;:<br>
        -Laissez tomber exprès des épis, disait-il.<br>
        <br>
        <em><span style="text-decoration: underline;">Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques,<br>
        Vêtu de probité candide et de lin blanc&nbsp;;</span></em><br>
        Et, toujours du côté des pauvres ruisselant,<br>
        Ses sacs de grains semblaient des fontaines publiques.<br>
        <br>
        Booz était bon maître et fidèle parent&nbsp;;<br>
        Il était généreux, quoiqu'il fût économe&nbsp;;<br>
        Les femmes regardaient Booz plus qu'un jeune homme.<br>
        Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.<br>
        <br>
        Le vieillard, qui revient vers la source première,<br>
        Entre aux jours éternels et sort des jours changeants&nbsp;;<br>
        <span style="text-decoration: underline;">Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,<br>
        Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière.</span></strong></span></span>
      </p>
    </div>
  </div>
  <div id="oeuvre_page_footer">
    <ul>
      <li>
        <p style="margin-bottom: 0cm; border-image: initial; padding: 0cm; border: initial none initial;">
          <span style="color: #000080;"><a id="previous_page" name="previous_page"></a><a id="options_page_footer" name="options_page_footer"></a></span>
        </p>
      </li>
    </ul>
  </div>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les
    siens&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Près des meules, qu'on eût prises pour des décombres,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Et ceci se passait dans des temps très anciens.</span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Les tribus d'Israël avaient pour chef un juge&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">La terre, où l'homme errait sous la tente, inquiet</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Des empreintes de pieds de géant qu'il voyait,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Était encor mouillée et molle du déluge.</span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Or, la porte du ciel s'étant entre-bâillée</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.</span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Une race y montait comme une longue chaîne&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu.</span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Et Booz murmurait avec la voix de l'âme</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">'Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt&nbsp;?</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Le chiffre de mes ans a passé quatre vingt,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.</span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">'Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">O Seigneur&nbsp;! a quitté ma couche pour la vôtre&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Elle à demi vivante et moi mort à demi.</span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">'Une race naîtrait de moi&nbsp;! Comment le
    croire&nbsp;?</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Comment se pourrait-il que j'eusse des enfants&nbsp;?</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">Quand on est jeune, on a des matins
    triomphants,</span></span></span><span style="text-decoration: underline;"><br></span><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style=
    "text-decoration: underline;">Le jour sort de la nuit comme d'une victoire&nbsp;;</span></span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">'Mais, vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le
    bouleau&nbsp;;</span></span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Et je courbe, ô mon Dieu&nbsp;! mon âme vers la tombe,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau.'</span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Le cèdre ne sent pas une rose à sa base,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.</span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Espérant on ne sait quel rayon inconnu,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Quand viendrait du réveil la lumière subite.</span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Booz ne savait point qu'une femme était là,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">Un frais parfum sortait des touffes
    d'asphodèle&nbsp;;</span></span></span><span style="text-decoration: underline;"><br></span><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style=
    "text-decoration: underline;">Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.</span></span></span><span style="text-decoration: underline;"><br>
    <br></span> <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">L'ombre était nuptiale, auguste et
    solennelle&nbsp;;</span></span></span><span style="text-decoration: underline;"><br></span><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style=
    "text-decoration: underline;">Les anges y volaient sans doute obscurément,</span></span></span><span style="text-decoration: underline;"><br></span><span><span style=
    "font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">Car on voyait passer dans la nuit, par moment,</span></span></span><span style=
    "text-decoration: underline;"><br></span><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">Quelque chose de bleu qui paraissait
    une aile.</span></span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">La respiration de Booz qui dormait,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.</span></span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">On était dans le mois où la nature est douce,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Les collines ayant des lis sur leur sommet.</span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Ruth songeait et Booz dormait&nbsp;; l'herbe était noire&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">Une immense bonté tombait du firmament&nbsp;;</span></span></span><span style=
    "text-decoration: underline;"><br></span><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">C'était l'heure tranquille où les
    lions vont boire.</span></span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Les astres émaillaient le ciel profond et sombre&nbsp;;</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Brillait à l'occident,</span></span> <span><span style=
    "font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">et Ruth se demandait,</span></span></span><br>
    <br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;">Immobile, ouvrant l'oeil à moitié sous ses voiles,</span></span><br>
    <span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été</span></span></span><span style=
    "text-decoration: underline;"><br></span><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style="text-decoration: underline;">Avait, en s'en allant, négligemment
    jeté</span></span></span><span style="text-decoration: underline;"><br></span><span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif;"><span style=
    "text-decoration: underline;">Cette faucille d'or dans le champ des étoiles&nbsp;».</span></span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Tout en composant ce chef d'oeuvre prodigieux, Hugo n'en restait pas moins un auteur, un faiseur, un artisan du verbe. Et un ancien collégien, plein
    de malice, et de petites ruses, que son génie transposait.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">C'est Charles Péguy, je crois, qui, tout aussi admirateur que nous, s'est posé la question de Jérimadeth. Cette localité, découvrit-il, n'existait
    pas en Israêl, ni aujourd'hui, ni hier. Aucun atlas ne faisait mention de ce lieu béni.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Il ne pouvait s'agir que d'un artifice de poète.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Hugo était coincé. Quoi faire rimer avec «&nbsp;se demandait&nbsp;»? Mais «&nbsp; j'ai rime à dais&nbsp;», bien sûr. Ainsi naquit Jérimadeth, pour
    le bonheur de l'artiste, et le nôtre, et la glorification de l'esprit collégien.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Mais revenons à notre méditation «&nbsp;st-sylvestrienne. Et à la <strong>Légende des siècles,</strong> que j'ai lue, pour la première fois, en
    1958, dans cette magnifique petite collection Nelson, reliée en rexine bleue, que j'achetai, grâce à la générosité de mon père, dès qu'il s'agissait de lecture ( et pas seulement en cela ), dans
    une petite librairie de la rue Schoelcher, «&nbsp;Intellect&nbsp;», sise à l'endroit où quatre ans auparavant se dressait l'Hôtel des Antilles qui brûla au cours d'un incendie tragique et
    meurtrier.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Dès ses premiers vers le grand Oeuvre de Victor Hugo me blessa par sa beauté.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Il s'agit d'une histoire, poétique du monde&nbsp;». L'auteur nous dit qu'il en eut la vision.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Cela commence ainsi :</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>«&nbsp; J'eus un rêve : le mur des siècles m'apparut.</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>C'était de la chair vive avec du granit brut,</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Une immobilité faite d'inquiétude,</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Un édifice ayant un bruit de multitude,</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Des trous noirs étoilés par de farouches yeux,</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Des évolutions de groupes monstrueux</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>(…....)</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Tous les siècles, le front ceint de tours ou d'épis,</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Etaient là, mornes sphinx sur l'énigme accroupis;</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>(…..)</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Ce bloc flottait ainsi qu'un nuage qui roule;</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>C'était une muraille et c'était une foule;</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>(…..).</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Et ce mur, composé de tout ce qui croula,</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Se dressait, escarpé, triste, informe. Où cela?</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong>Je ne sais. Dans un lieu quelconque des ténèbres.&nbsp;».</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Et ce ne sont que quelques vers du début du prologue, d'un ouvrage qu'on ne peut lire, bien évidemment comme un roman de gare, mais à petits coups,
    à petites lampées, en léchant, sur les flancs ardus du chef d'oeuvre, les visions hallucinées de notre Histoire, - entr'apercue par un homme de génie - , et leur «&nbsp;lumière noire&nbsp;» comme
    aurait aimé qu'on dise, Victor Hugo lui-même.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Pour une nuit comme celle que nous vivons, voici peut-être une lecture éclairante, parmi tant d'autres, que je devrai réserver pour une autre
    année.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="color: #000080;"><img width="300" height="225" src="http://idata.over-blog.com/0/58/79/61/Le_Sphinx_et_la_pyramide_de_Kheops-73c8e.jpg" class="noAlign" alt=
    "Le_Sphinx_et_la_pyramide_de_Kheops-73c8e.jpg">&nbsp;<span style="font-size: 12pt;"><strong>( La pyramide de Khéops, en Egypte, et au premier plan, le sphinx de Giseh
    ).&nbsp;</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Je ne peux toutefois passer ce soir sur cet autre poème du même ouvrage au titre évocateur <strong>Les sept merveilles du monde</strong>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Ces merveilles dans l'antiquité étaient au nombre de sept, comme chacun sait :</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Le temple d'Ephèse</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Les jardins suspendus de Babylone.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Le mausolée.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Le Jupiter Olympien.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Le phare d'Alexandrie.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Le colosse de Rhodes.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Les Pyramides.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Chacun de ces monuments du génie humain, ( dont seules subsistent aujourd'hui les Pyramides d'Egypte, et encore sont-elles mutilées ) est pourvu de
    la parole par Hugo.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Chacun vante sa supériorité, sa grandeur, son éternité assurée.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Sur la fin de cette trentaine de pages splendides, où la vanité humaine, plus que sa grandeur coule à gros bouillon, surgit la conclusion provisoire
    :</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-FR">
    <strong style="font-size: 14pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: #000080; background-color: #ffffff;">«&nbsp; Et, comme dans un chœur les strophes s'accélèrent, '</strong>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Toutes ces voix dans l'ombre obscure se
    mêlèrent.</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Les jardins de Bélus répétèrent : — Les
    jours</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Nous versent les rayons, les parfums, les
    amours;</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Le printemps immortel, c'est nous, nous seuls; nous
    sommes</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>La joie épanouie en rosés sur les hommes. —</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Le mausolée altier dit : — Je suis la
    douleur;</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Je suis le marbre, auguste en sa sainte
    pâleur;</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Cieux! je suis le grand trône et le grand
    mausolée;</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Contemplez-moi. Je pleure une larme
    étoilée.</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;">— <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>La sagesse, c'est moi, dit le phare
    marin;</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;">— <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Je suis la force, dit le colosse
    d'airain;</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Et l'olympien dit : Moi, je suis la puissance.
    —</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Et le temple d'Éphèse, autel que l'âme
    encense,</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Fronton qu'adoré l'art, dit : — Je suis la
    beauté.</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;">— <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Et moi, cria Chéops, je suis l'éternité.</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Et je vis, à travers le crépuscule humide,</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;"
  lang="fr-FR">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Apparaître la haute et sombre pyramide.</strong></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; background: #ffffff;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong><span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span lang="fr-FR">Superposant au fond des espaces
    béants&nbsp;</span></span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; background: #ffffff;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong><span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span lang="fr-FR"><span style="text-decoration: none;">Les mille angles confus
    des degrés géants»</span></span></span></span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; background: #ffffff;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; background: #ffffff;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><strong><span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span lang="fr-FR"><span style=
    "text-decoration: none;">(….)</span></span></span></span></strong></span>
  </p>
  <p style=
  "margin-bottom: 0cm; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;">
  <span style="font-size: 14pt; color: #000080;"><span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span lang="fr-FR"><span style="text-decoration: none;"><strong>«&nbsp;Alors,</strong> nous
  dit le poète, <strong>le ver du sépulcre chanta&nbsp;».</strong></span></span></span></span></span><span style="color: #000080;"><img width="300" height="212" src=
  "http://idata.over-blog.com/0/58/79/61/RTEmagicC_vers_de_terre_drilosphere-over-blogcom_txdam22064.jpg" class="noAlign" alt="RTEmagicC_vers_de_terre_drilosphere-over-blogcom_txdam22064.jpg"></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp; <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><strong>( Le ver. " Je suis le ver. Je suis fange et cendre. O ténèbres,/ Je règne. Monuments, entassements célèbres, /
    Panthéons, Ramséïons, / Façades de l'orgueil humai</strong></span></span><span style="color: #000080;">&nbsp;</span><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><strong>n, si
    fières / Que l'homme devant vous doute s'il voit des pierres / Ou s'il voit des rayons, (.......) Victor Hugo ).&nbsp;</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Et <strong>«&nbsp;L'épopée du ver&nbsp;»,</strong> qui suit, est une magistrale leçon d'humilité pour le genre humain, qui, si l'on en juge par la
    suite des évènements, depuis ces proclamations millénaires, est peu accessible aux leçons de l'histoire. Mais nous parlerons peut-être de l'épopée du vers à la St-Sylvestre 2013, si «&nbsp; Dié
    vlé&nbsp;» comme on dit chez nous. De même que <strong>l'Hugo politique</strong>, dont j'avais prévu de parler sera évoqué une autre fois.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">J'ai conscience d'avoir assez abusé de votre patience.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">Bonne nuit, donc,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 24pt; color: #000080;"><strong><span style="font-size: 14pt;">Bonne année 2012,</span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #000080;">et à bientôt.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 18pt; color: #000080;"><strong>Edouard Boulogne.</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-top: 0.26cm; margin-bottom: 0.26cm; border-image: initial; line-height: 0.5cm; padding: 0cm; border: initial none initial;">
    <br>
    <br>
  </p>
  <p style="margin-top: 0.26cm; margin-bottom: 0.26cm; border-image: initial; line-height: 0.5cm; padding: 0cm; border: initial none initial;">
    <br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 31 Dec 2011 19:13:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">74e18a754b0a3b40f937e9d6d217363d</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-31-12-2011-st-sylvestrons-avec-le-pere-hugo-par-edouard-boulogne-95857066-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Littérature : Au paradis de Candide de Paul Melki, par Raymond Joyeux.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-litterature-au-paradis-de-candide-de-paul-melki-par-raymond-joyeux-91810252.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img alt="Au-paradis-de-Candide-gif" height="300" width="198" class="noAlign" src="http://idata.over-blog.com/0/58/79/61/Au-paradis-de-Candide-gif">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">J’ai lu d’une traite Au paradis de Candide de Paul Melki, ce jeune écrivain&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">polyhandicapé, paru aux Éditions Calmann-Lévy, et dont je vous recommande le&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">site Internet en tapant
    tout simplement Paul Melki.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000; font-size: 19px;">Vous y découvrirez la vie,&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">l’oeuvre, les conditions d’écriture de l’auteur et une
    introduction au livre, ce qui&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">m’évitera de le faire et me permettra de gagner du temps.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">D’abord l’apparence : je trouve la présentation du livre sobre et élégante, sans&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">outrageuse prétention. L’illustrateur, Jean-Claude Lavaud, artiste connu en&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">Bourgogne, semble avoir
    bien saisi et traduit la fausse naïveté du personnage. Sa&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">petite tête ébouriffée et ses yeux espiègles mais perçants derrière ses
    boucles&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">fantasques traduisent parfaitement l’étonnement et la vivacité qui constituent&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">entre autres l’éclairage, la légèreté - en même temps que la densité - du récit et&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">la quintessence du
    personnage. J’aime les couleurs douces et le style&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">d’illustration choisis. L’ouvrage est agréable à voir et à manipuler. Il n'est pas
    à&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">remiser sur un vulgaire rayon poussiéreux, mais à laisser en évidence sur une&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">table de lecture ou à offrir...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Ensuite le contenu : à mon sens, l’avant-propos est inutile. Le récit et son incipit&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">sont
    tellement évidents qu’aucune présentation, à la limite, ne se justifiait. Mais&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">peut-être était-il (l’avant-propos) nécessaire pour
    honorer la contribution de&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">Voltaire et permettre aux non initiés de faire le lien avec le personnage littéraire&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">extravagant et son génial créateur. J’aurais pour ma part préféré le saut direct&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">dans le récit et
    l’histoire. (C’est un simple point de vue qui n’engage que moi).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">La construction du récit procède d’une remarquable trouvaille : se servir du&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">personnage
    fictif de Candide et des 36 stratagèmes militaires chinois comme fil&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">conducteur et lien pour unifier le tout : épatant. Excellente
    subtilité (stratagème)&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">qui permet de porter regard et jugement sur notre société actuelle en général,&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">française en particulier. Etonnement et pessimisme face à certaines constatations</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">; conviction, générosité
    et optimisme dans les solutions proposées, (comme une&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">prise en charge intime – mais aussi distante - par l’auteur du trait
    caractéristique&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">du personnage de Voltaire : l'optimisme à tout prix). Eloge pertinent du&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">métissage social, culturel et religieux, de la fraternité et de la tolérance, point de&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">vue (ou
    message) volontairement humaniste qui risque de déplaire aux puristes&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">ou fondamentalistes de tout bord. Aucune condamnation sinon
    humoristique et&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">en filigrane (pratiques policières et médicales aberrantes), ou tout à fait&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">véhémente et implacable de certaines perversités : (attrait maladif des richesses,&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">d’où assassinat
    justifié du personnage du docteur dans la lignée des précédents&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">meurtres tout aussi justifiés de Candide).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Le chapitre L, qui résume pour le lecteur les événements antérieurs et fait le lien&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">avec
    l’actualité du récit, est très utile pour ceux qui auraient laissé leur lecture en&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">plan à la page 87. Bonne idée qui permet de souffler
    et de faire le point. Procédé&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">didactique intéressant. Maîtrise parfaite et restitution, sans outrance ni
    trahison,&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">du style persifleur de Voltaire, du regard, des réflexions et commentaires du&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">personnage. Aucun coup de gueule vengeur. Ni moralisme ni apitoiement.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Autant de particularités, d’ingrédients incontournables qui s’intègrent&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">parfaitement à
    l’ensemble, évitant subtilement le piège du hiatus littéraire et&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">philosophique qui aurait déconcerté le lecteur et abouti à une
    dichotomie&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">détruisant l’unité de l’expression et de l’oeuvre.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">J’ai moins aimé (bien que je comprenne le pourquoi de la chose) le parler verlan&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">de la «
    racaille ». Mais c’est un parti pris. Comme je n’aime pas les créolismes à&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">tout va et les tournures « couleur locale » systématiques de
    nos auteurs antillais&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">d’aujourd’hui. Ça m’agace. Le résumé des chapitres de Candide de Voltaire en&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">fin d’ouvrage ne s’imposait pas particulièrement. C’est au lecteur, s’il est&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">conséquent et curieux,
    d’aller réveiller le grand auteur et son oeuvre.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">L’énumération des 36 stratagèmes chinois en revanche était nécessaire et incite&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">à la
    découverte ou relecture de L'art de la guerre de Sun Tzu. Le dernier&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">chapitre qui renvoie subtilement au premier clôt l’ensemble. La
    boucle est&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">bouclée, sans pour autant que soit fermée la porte de l’imagination et de la&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">réflexion.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">En bref, je n’ai pas (encore) lu toutes les « critiques littéraires journalistiques et&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">professionnelles » concernant l’ouvrage. Et ne suis guère apte moi-même à&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">porter un jugement objectif
    définitif de haut niveau académique. Je peux&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">simplement, et subjectivement, dire que le livre m’a séduit et que je ne l’ai
    pas&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">lâché une seconde. Densité et légèreté. Je suis époustouflé par la facilité&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">stylistique naturelle de l’auteur, par son intelligence des descriptions et&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">situations, sa dérision à
    propos de sa propre situation de détraqué moteur – ( 1 ),&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">sa grande culture "historico-socio-psychologico-médico-littéraire", par
    la&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">pertinence, encore une fois, la finesse de l’humour, la tournure et la profondeur&nbsp;</span><span style=
    "color: #800000; font-size: 19px;">des analyses, de certains points de vue et réflexions. Par sa connaissance de&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">Paris, des problèmes et
    moeurs des banlieues (lieux bannis) et autres... Mille fois&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">merci, Paul Melki, pour ce « petit » chef d’oeuvre, selon moi, d'un « grand
    »&nbsp;</span><span style="color: #800000; font-size: 19px;">écrivain.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">1 – Voir Journal d’un détraqué moteur du même auteur chez Calmann-Lévy</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong><span style="color: #800000; font-size: 18pt;">Raymond Joyeux</span></strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 08 Dec 2011 22:04:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b5632b74d7c13db2b9604714cb7dcf79</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-litterature-au-paradis-de-candide-de-paul-melki-par-raymond-joyeux-91810252-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Littérature : Le goût du lait sauvage, de Michel Rodigneaux.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-litterature-le-gout-du-lait-sauvage-de-michel-rodigneaux-91614932.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #008000;">Signalons, dès sa parution, et avant mêmùe de l'avoir lu la sortie du premier roman de notre ami Michel Rodigneaux. Cela ne nous empêchera pas d'y
    revenir.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img alt="9782296556263r.jpg.png" height="500" width="313" class="noAlign" src="http://img.over-blog.com/313x500/0/58/79/61/9782296556263r.jpg.png">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <table id="main" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="650">
    <tbody>
      <tr>
        <td colspan="3" width="650" height="120">
          <a href="http://www.editions-harmattan.fr/" target="_blank"><img border="0" src="http://www.harmattan.fr/interne/harmattan/bandeau.png"></a>
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="300">
          <p class="coordonnees">
            Editions-Diffusion<br>
            5-7, rue de L’Ecole Polytechnique 75005 Paris<br>
            Comptoir et renseignements librairie : 01 40 46 79 20<br>
            Manuscrit et fabrication : 01 40 46 79 14<br>
            Service de presse : 01 40 46 79 22/23<br>
            Direction commerciale : 01 40 46 79 21<br>
            Manuscrits, fabrication : 01 43 29 86 20 (fax)<br>
            Commercial : 01 43 25 82 03 (fax)<br>
            <br>
          </p>
          <p>
            &gt; &nbsp;
          </p>
        </td>
        <td width="290" align="center">
          <h1>
            Vient de paraître
          </h1>
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td id="couverture" style="margin-left: 27px;">
          <img border="1" src="http://www.harmattan.fr/catalogue/couv/9782296556263r.jpg">
        </td>
        <td id="contenu" valign="top">
          <h2>
            <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;isbn=978-2-296-55626-3" target="_blank"><span style="color: #800000;">LE GOÛT DU LAIT
            SAUVAGE</span></a>
          </h2>
          <h3>
            Michel Rodigneaux
          </h3>
          <p>
            &gt; <span style="color: #800080;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: georgia,palatino;">Naître en 1905 aux Antilles et aller vivre sa vie en France n'augure pas
            un destin facile... celui d'Armand Cardoso sera aussi peu ordinaire que l'homme. Envoûté par la musique et les femmes, ce clarinettiste de talent rencontre Isabelle, jeune parisienne
            pétillante, curieuse de tout, et ce sera le début d'une passion dévorante... Ce livre montre sous un angle inhabituel les difficultés rencontrées par les originaires d'outre-mer pour
            s'intégrer en France, tout comme celles des métropolitains qui, durant l'entre-deux-guerres, les accueillaient et reconnaissaient leurs qualités humaines. En même temps que l'épopée des
            musiciens antillais venus d'Europe, l'auteur raconte l'histoire d'un formidable instrument d'intégration et de métissage: le "Bal nègre" de la rue Blomet.</span></span></span>
          </p>
          <p>
            &gt;<br>
            ISBN&nbsp;:&nbsp;978-2-296-55626-3 • 196&nbsp;pages<br>
            <strong><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #ff8a06;"><span class="sousrubR">Prix éditeur : <span class="prix">19,5&nbsp;€</span></span><br></span></span></strong> <a href=
            "http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;isbn=978-2-296-55626-3" target="_blank">Voir la fiche de ce livre</a>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td id="auteur" colspan="2">
          <p style="text-align: justify;">
            <br>
            <br>
            <strong><span style="font-size: small;"><span style="font-family: georgia,palatino;"><span style="color: #008080;">Michel Rodigneaux</span></span></span></strong> <span style=
            "font-size: small;"><span style="font-family: georgia,palatino;"><span style="color: #008080;">est né à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Ancien élève du Centre de perfectionnement aux
            affaires (CPA), il a étudié le droit, l'histoire et les relations internationales, en France et aux États-Unis. Au cours de sa carrière, après avoir occupé plusieurs postes de direction
            en Guadeloupe, il a représenté l'Agence française de développement dans les pays de la Caraïbe, de l'océan Indien et du Pacifique. Descendant d'un capitaine de corsaire, ses recherches
            généalogiques l'ont amené à étudier l'histoire du phénomène corsaire en général. "La Guerre de course en Guadeloupe" est son premier essai. Il est chevalier de la Légion d'Honneur et
            officier de l'Ordre National du Mérite.<br>
            <br></span></span></span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td id="extraits" colspan="2">
          <p>
            &gt; &nbsp;
          </p>
          <h3>
            Extrait
          </h3>
          <p>
            &gt; &nbsp;
          </p>
          <p style="text-justify: inter-ideograph; text-align: justify;">
            <span style="color: #800000;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: georgia,palatino;"><em>«&nbsp;Souvent, je me vois près d’un ruisseau bordé de plantes et d’arbres
            en carton coloriés, maladroitement découpés. Je suis vêtue de ma robe de mariée. Je marche pieds nus, lentement, comme si je flottais dans l’air, avec un enfant noir dans les bras, un
            enfant au sexe indéfinissable, un enfant que je caresse en couvrant de baisers sa peau de soie. Puis, l’ayant serré contre moi, je le plonge dans l’eau de ce ruisseau, comme si je
            voulais, en le lavant, éclaircir son teint. Alors l’eau se change progressivement en lait, puis en une crème onctueuse, épaisse, encore plus épaisse… Et cette crème freine le mouvement de
            mes bras alourdis, jusqu’à ce qu’ils soient immobilisés complètement. La sensation de ne plus pouvoir retenir cet enfant, devenu mien, mon incapacité à l’extraire de cette pâte qui nous
            colle de toutes parts me terrorise. À ce stade du cauchemar, je me réveille brusquement en hurlant. D’autres fois, ce n’est pas du lait, mais un liquide brunâtre qui remplace l’eau du
            bain d’un bébé blanc, comme si, en l’y plongeant, je voulais brunir son teint trop pâle à mon goût. Et puis, par le surnaturel que seuls procurent les rêves, je n’ai ni la vision ni la
            sensation de porter cet enfant… En me penchant pour le sortir du ruisseau, j’aperçois, superposé au sien, mon visage bleuté sur une moitié et rougi sur l’autre. C’est un visage-masque que
            l’enfant s’amuse à décolorer en l’aspergeant avec des gouttes d’eau vite devenues des cristaux et dont le tintement</em></span></span></span><span style="color: #800000;"><span style=
            "font-size: small;"><span style="font-family: georgia,palatino;"><em>coupe mon sommeil.</em></span></span></span>
          </p>
          <p style="text-justify: inter-ideograph; text-align: justify;">
            <span style="color: #800000;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: georgia,palatino;"><em>Je me réveille alors en sueur, comme si j’avais été réellement aspergée. «
            C’est la crainte d’accoucher qui te met dans cet état. Tout se passera bien, tu verras… » me dit chaque fois Paul-Henri en me câlinant. S’il savait…&nbsp;»</em></span></span></span>
          </p>
          <p>
            &gt; &nbsp;
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <table id="main2" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="650">
    <tbody>
      <tr>
        <td colspan="2">
          <p>
            &gt; &nbsp;
          </p>
          <p>
            &gt; Vous pouvez commander ces ouvrages directement à votre libraire habituel,<br>
            sur notre site internet : <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;isbn=978-2-296-55626-3" target=
            "_blank">http://www.editions-harmattan.fr</a>,<br>
            ou en renvoyant par courrier postal le bon de commande suivant :
          </p>
          <h3>
            Bon de commande
          </h3>
          <p id="retour">
            À retourner aux <strong>Éditions L'Harmattan, 5- 7 rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris.</strong>
          </p><br>
          &nbsp;
        </td>
        <td rowspan="5" width="470" bgcolor="#46840B">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td colspan="2">
          <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" width="582">
            <tbody>
              <tr>
                <td width="273" height="30">
                  &nbsp;
                </td>
                <td width="100" align="center">
                  Prix Unitaire TTC
                </td>
                <td width="127" align="center">
                  Nombre d'exemplaire
                </td>
                <td width="70" align="center">
                  Total TTC
                </td>
              </tr>
              <tr>
                <td align="center">
                  <strong><span style="color: #0000ff;">LE GOÛT DU LAIT SAUVAGE<br>
                  Michel Rodigneaux,</span></strong>
                </td>
                <td align="center">
                  <strong><span style="color: #0000ff;">19,5&nbsp;€</span></strong>
                </td>
                <td>
                  &nbsp;
                </td>
                <td>
                  &nbsp;
                </td>
              </tr>
              <tr>
                <td id="frais" colspan="2" align="right">
                  Frais de port de 3 € pour le premier ouvrage<br>
                  + 0,80 € par ouvrage suivant
                </td>
                <td align="center">
                  Frais de port
                </td>
                <td>
                  &nbsp;
                </td>
              </tr>
              <tr>
                <td id="frais2" colspan="2">
                  &nbsp;
                </td>
                <td height="25" align="center">
                  Total
                </td>
                <td>
                  &nbsp;
                </td>
              </tr>
            </tbody>
          </table><br>
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td width="380">
          <table border="0" cellspacing="5" cellpadding="0">
            <tbody>
              <tr>
                <td width="60">
                  NOM
                </td>
                <td>
                  .................................................................
                </td>
              </tr>
              <tr>
                <td valign="top">
                  ADRESSE
                </td>
                <td>
                  .................................................................<br>
                  .................................................................<br>
                  .................................................................<br>
                  <br>
                  &nbsp;
                </td>
              </tr>
              <tr>
                <td colspan="2">
                  <p>
                    &gt; Ci-joint un chèque de ........................... Euros<br>
                    <br>
                    &nbsp;
                  </p>
                  <p class="texte">
                    Pour l’étranger, vos règlements sont à effectuer :<br>
                    <br>
                    - en euros sur chèques domiciliés sur banque française<br>
                    <br>
                    - par virement en euros sur notre CCP Paris :<br>
                    &nbsp;&nbsp;IBAN : FR04 2004 1000 0123 6254 4N02 011<br>
                    &nbsp;&nbsp;BIC : PSSTFRPPPAR<br>
                    &nbsp;&nbsp;Domiciliation :<br>
                    &nbsp;&nbsp;LA BANQUE POSTALE - CENTRE FINANCIER DE PARIS<br>
                    <br>
                    - par carte bancaire (VISA, MasterCard)<br>
                    &nbsp;&nbsp;N°..............................<br>
                    &nbsp;&nbsp;date d’expiration ...../...../.....<br>
                    - numéro CVx2* : .............<br>
                    (*les 3 derniers chiffres se trouvant au dos de votre carte, à gauche de votre signature) :<br>
                    <br>
                    &nbsp;
                  </p>
                </td>
              </tr>
            </tbody>
          </table>
        </td>
        <td style="padding-right: 10px; padding-top: 10px;">
          <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
            <tbody>
              <tr>
                <td>
                  <table class="libr" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="240" bgcolor="#FFFFFF">
                    <tbody>
                      <tr>
                        <td align="center">
                          <br>
                          COMMANDES<br>
                          <br>
                          &nbsp;
                        </td>
                      </tr>
                      <tr>
                        <td>
                          &nbsp; - Comptoir Harmattan<br>
                          <br>
                          &nbsp;
                        </td>
                      </tr>
                      <tr>
                        <td align="center">
                          7, rue de l’École-polytechnique<br>
                          75005 Paris<br>
                          Tél. : 01 40 46 79 20<br>
                          Fax : 01 43 25 82 03<br>
                          <br>
                          &nbsp;
                        </td>
                      </tr>
                      <tr>
                        <td>
                          &nbsp; - Site web<br>
                          <br>
                          &nbsp;
                        </td>
                      </tr>
                      <tr>
                        <td align="center">
                          <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;isbn=978-2-296-55626-3" target="_blank">http://www.editions-harmattan.fr</a><br>
                          <br>
                          &nbsp;
                        </td>
                      </tr>
                      <tr>
                        <td>
                          &nbsp; - Ou chez votre libraire<br>
                          <br>
                          &nbsp;
                        </td>
                      </tr>
                    </tbody>
                  </table>
                </td>
              </tr>
            </tbody>
          </table><br>
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td colspan="2" height="10">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td colspan="3" height="10" bgcolor="#9BBB59">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p>
    <br>
  </p>
  <p>
    &gt;&nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 07 Dec 2011 11:23:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">69c2e35fd1d6762ffc917a2c75007bf7</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-litterature-le-gout-du-lait-sauvage-de-michel-rodigneaux-91614932-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Loin de Chandigarh, de Tarun-J Teijpal, par Raymond Joyeux.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-loin-de-chandigarh-de-tarun-j-teijpal-par-raymond-joyeux-88881989.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 24pt;">L’alchimie du désir&nbsp;:&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 24pt;">une histoire d’amour moderne et passionné</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 24pt;">d’un talentueux écrivain indien.</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;">&nbsp; <img border="0" height="490" width="333" align="bottom" name="images1" src=
    "file:///C:%5CUsers%5CBologne%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C03%5Cclip_image002.jpg" id="images1"></span>
  </p>
  <p>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 14pt;">Je termine aujourd’hui la lecture d’un livre à mes yeux exceptionnel&nbsp;<em>: Loin de Chandigarh</em> de l’écrivain indien Tarun J
    Tejpal. Il y aurait tellement de choses à dire sur ce beau roman que je ne sais par quel bout commencer.</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 14pt;">C’est l’histoire très mouvementée d’un jeune couple d’intellectuels passionnés d’amour et de sexe dans l’Inde des années 1990.
    <em>«&nbsp;L’amour n’est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C’est le sexe&nbsp;».</em> Telle est la première phrase du roman qui donne le ton à cette épopée sentimentale et charnelle
    qui ne se termine pas aussi tristement&nbsp;que pourrait le faire supposer l’adage bien connu des latinistes&nbsp;: <em>Animal triste post coïtum</em>. &nbsp;Et si le titre français fait
    exotique, le titre anglais original, plus réaliste&nbsp;: <em>The alchemy of desire,</em> traduit davantage le contenu du livre.</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 14pt;">Tous les ingrédients, en effet, de cette alchimie qui fait que deux êtres se complètent de façon si fusionnelle pour finir par
    s’éloigner progressivement l’un de l’autre sont exposés et analysés avec une finesse et un brio époustouflants. Sur fond d’histoire, de religion et de culture hindoues – dont il n’approuve pas,
    loin de là, toutes les facettes - , l’auteur nous transporte du New Delhi d’hier et d’aujourdhui au Chicago du début du siècle en passant par Londres et le Paris des années 20.</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 14pt;">Tout en nous dévoilant la montée en puissance et le déclin de sa propre passion sentimentale et sensuelle, le narrateur reconstitue et
    met en scène la vie d’autres couples par le truchement des carnets intimes d’une américaine très libérée, venue s’installer en Inde en 1924, s’étant éprise d’un prince Hindou, pétri de
    philosophie occidentale et banni par sa famille…</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 14pt;">C’est d’ailleurs la découverte de ces carnets dans une vieille maison à retaper achetée par le narrateur et sa jeune épouse qui marque
    un tournant dans leurs relations et finit momentanément par les perdre. Mais, à la longue, la solitude et le manque d’amour se faisant sentir, on comprend que la séparation n’est que provisoire
    et que peut-être le couple finira par se reconstituer. La dernière phrase du livre, prenant l’exact contre-pied de la première, nous laisse entrevoir en tout cas la possibilité de retrouvailles
    imminentes&nbsp;: <em>«&nbsp;Le sexe n’est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C’est l’amour&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 14pt;">L’auteur, né en 1963, est un journaliste d’investigation très engagé dans son pays contre la corruption des politiciens locaux et les
    scandales à répétition de la classe dirigeante. (La France, comme on le voit ne détient pas, quoi qu’on pense, le monopole de ce genre d’affaires&nbsp;! ) Il est actuellement menacé de mort. Son
    amour de la nature et sa connaissance de la végétation tropicale, des arbres en particulier, n’ont d’égal que l’humour et l’ironie avec lesquels il fustige certains travers de la société
    indienne. Le portrait du vieux <em>nawab</em> et ses aphorismes qui servent de principes d’éducation au peuple valent leur pesant de roupis. J’ai beaucoup apprécié et pris de nombreuses
    notes.</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 14pt;">LdP N°30760. Traduit de l’anglais par Annick le Goyat.</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style=
    "color: #800000;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
    <span style="font-size: 14pt;">Raymond Joyeux</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 16 Nov 2011 22:25:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ac8d1eb08b4cb52007732e26bcd5ad80</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-loin-de-chandigarh-de-tarun-j-teijpal-par-raymond-joyeux-88881989-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Coup de gueule : Maryse Condé, grand croix de l'ordre national du mérite, par Edouard Boulogne.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-coup-de-gueule-maryse-conde-grand-croix-de-l-ordre-national-du-merite-par-edouard-boulogne-87775716.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/58/79/61/premier-coup-de-gueule-1518438-M.jpg" class="noAlign" alt="premier-coup-de-gueule-1518438-M.jpg" width="298" height="309"> <strong><span style=
    "color: #ff0000;">( Scrutateur en rogne ).</span></strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Depuis plusieurs semaines, après l'avoir lu, et trouvé de bonne facture, le dernier en date des romans de madame Maryse Condé : <em>En attendant la
    montée des eaux</em> ( Chez JC Lattès ), je m'apprêtais à lui consacrer un article laudateur et mérité. J'ai déjà célébré les mérites de cet écrivain ( point «&nbsp;vaine&nbsp;», malgré la
    syntaxe décadente de notre basse époque ), à plusieurs reprises, comme en témoignent les archives du journal Guadeloupe 2000, ou du Scrutateur, ceci malgré nos sensibilités bien différentes sur
    divers plans.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Et puis les jours passaient, le livre demeurant sur ma table, accentuant de plus en plus ma mauvais conscience.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Certains de ceux qui me connaissent ne manqueront pas d'attribuer cette sécheresse de plume à ces périodiques accès de paresse invincible qui
    s'emparent de moi en accentuant le vertige de la page blanche comme chez tant de gens de plume.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><img src="http://idata.over-blog.com/0/58/79/61/Maryse-Conde1--fxg-.jpg" class="noAlign" alt="Maryse-Conde1--fxg-.jpg" width="499" height="476"> <strong><span style=
    "color: #ff0000;">( Madame Maryse Condé )</span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;"><br></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Il n'en était rien pourtant. J'étais plutôt retenu par un secret instinct.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">L'instinct ne trompe pas toujours. De fait madame Condé, la semaine dernière, sous les ors des palais monarchiques, réquisitionnés par la
    République, a été décorée de la Croix de Grand Officier du mérite National.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Madame Condé n'aura pas d'article du scrutateur. Non que je lui dénie des mérites ;littéraires avérés, et certains autres, peut-être, dont je ne
    parlerai pas, car je ne la connais pas en personne.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Mais lors de la fête louangeuse donnée pour l'occasion, entourée de ses amis, Maryse Condé a cru bon de déclarer : «&nbsp; Je suis née
    indépendantiste, je mourrai indépendantiste. Mais j'aime bien la France...&nbsp;» etc. Merci pour la France !!!</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Et moi qui croyait que la croix du mérite national, était une croix du mérite national français.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">En un sens, remarquez bien, d'un point de vue mercantile et mondain, elle n'a pas tout à fait tort. Car, dans le domaine littéraire et artistique,
    dans ce que les esprits légers appellent «&nbsp; le culturel&nbsp;», pour être primé (e), loué (e), chouchouté (e), il convient de cracher dans la soupe.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Madame Condé le sait, n'est pas la seule à le savoir.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Comme disait Fénelon déjà, à la fin du XVII ème siècle, pour être récompensé (e) que faut-il? <strong>«&nbsp; des services, des talents? Bah! Soyez
    d'une coterie&nbsp;»</strong>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Tout est dit, depuis qu'il y a des hommes... et des Français.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Maryse Condé ne me le pardonnera peut-être pas ( quoique très probablement elle s'en...fiche, des hauteurs de l'Olympe où elle plane), je ne suis
    pas doloriste, et je dis, je lui dis «&nbsp;Basta!&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><img src="http://img.over-blog.com/450x718/0/58/79/61/Maryse-Conde-.jpg" class="noAlign" alt="Maryse-Conde-.jpg" width="450" height="718"> <strong><span style=
    "color: #ff0000;">( Le dernier en date des romans de Maryse Condé. Une ouvre intéressante, malgré...lisez-le.....si vous voulez ).</span></strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;"><br></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Et peut-être ne suis-je pas le seul, si j'en juge par sa plainte de n'être pas appréciée par ses compatriotes guadeloupéens.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">C'est peut-être, aussi, la cause du fait que, bien que lisant beaucoup d'ouvrages d'écrivains antillais, j'en écris, et parle finalement assez peu.
    Et je ne suis certainement pas le seul dans ce cas.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Quand nos compatriotes écrivains accepteront-ils de dissocier leur art (parfois subtil ) de leurs prises de partie politiciennes ( quelles que
    soient celle-ci? ).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Quand, songeront-ils à plaire à leurs compatriotes des îles, avant que de complaire, non pas aux parisiens, mais aux petites coteries parisiennes
    d'un quartier de la rive gauche, entre la Seine et le boulevard Saint-Germain?</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Telle est la raison de ma lenteur à parler ( et finalement de pas parler ) d<em>e la montée des eaux</em>, raison littéraire et morale ( si j'ose me
    servir de ce mot déplacé ), non raison d'ostracisme personnel.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Faut-il désespérer de voir nos écrivains s'élever à une authentique considération de la nature et de la finalité de l'art?</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Il ne faut jamais désespérer. Une nouvelle génération s'annonce. Peut-être sera-t-elle plus libre et plus authentique? Peut-être saura-t-elle se
    préserver de la capture de ceux de la génération qui passe, dont je dis qu'elle est atteinte du <strong>complexe d' Hérode</strong>, ce souverain juif du 1er siècle de notre ère, qui voulut
    égorger Celui dont on disait, dans le peuple, qu'il lui ravirait son trône.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 18pt; color: #ff00ff;"><strong>Edouard Boulogne.</strong></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 01 Nov 2011 22:37:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">28d01db383c725c7f25d2949f7935f08</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-coup-de-gueule-maryse-conde-grand-croix-de-l-ordre-national-du-merite-par-edouard-boulogne-87775716-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Il a raté le Nobel : son dernier roman : un chef d’œuvre pour les uns de la bouillie pour les autres, par Raymond Joyeux.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-il-a-rate-le-nobel-son-dernier-roman-un-chef-d-oeuvre-pour-les-uns-de-la-bouillie-pour-les-autres-87335280.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #993300;"><strong><span style="font-size: 20pt;">Il a raté le Nobel&nbsp;:</span></strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #993300;"><strong><span style="font-size: 20pt;">son dernier roman&nbsp;: un chef d’œuvre pour les uns</span></strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #993300;"><strong><span style="font-size: 20pt;">de la bouillie pour les autres.</span></strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #993300;"><strong><span style="font-size: 20pt;">&nbsp;</span></strong></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 18pt; color: #993300;"><img src="http://idata.over-blog.com/0/58/79/61/1q84.jpg" class="noAlign" alt="1q84.jpg" width="267" height="400"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">Seuls les deux premiers tomes, sur les trois publiés au Japon en 2009, du long roman de l’écrivain Haruki Murakami – dont nous avons parlé dans une
    précédente chronique -&nbsp; ont été édités chez Belfond, et parus en France à la fin du mois d’août de cette année. Le troisième tome est prévu pour 2012.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">Il n’y a pas que le titre - <strong>1Q84</strong>&nbsp; - de ce roman à tiroirs qui interpelle le lecteur. Sa composition elle-même est surprenante
    quoique pas nouvelle en littérature. Pour ne prendre qu’un seul exemple, Jonathan Coe&nbsp; procède de la même manière dans <em>La maison du sommeil,</em> (Folio 3389<em>)</em>.&nbsp; Comme dans
    ce livre du romancier britannique, deux histoires parallèles se déroulent en effet dans le roman de Murakami et, chapitre après chapitre, nous voyons évoluer alternativement les deux principaux
    personnages, avec l’intuition qu’ils se sont connus autrefois et se retrouveront à un moment ou à un autre du récit. Sinon dans le premier tome du moins dans l’un les deux suivants. Les subtils
    indices habilement semés par l’auteur et de plus en plus évidents au fil du récit ne laissent aucun doute à ce sujet.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">S’il arrive que le lecteur impatient soit tenté de sauter tel ou tel chapitre pour suivre le personnage de son choix, il n’en reste pas moins que
    l’histoire&nbsp; respective des deux protagonistes, et finalement des autres personnages, semble parfaitement imbriquée, même si les pièces du puzzle ne se mettent en place que très
    progressivement.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">De quoi s’agit-il&nbsp;en fin de compte&nbsp;? Clin d’œil Orwellien, pas seulement littéraire&nbsp;: nous sommes en 1984. Le récit débute par
    l’entrée en scène du personnage principal féminin, au nom improbable d’Aomamé. Bloquée dans un embouteillage elle écoute à l’arrière d’un taxi la <em>Sinfonietta</em> de Janàcek, compositeur
    tchèque dont elle s’étonne de connaître instinctivement le nom. Cette jeune femme, qui n’est pas sans rappeler la Lisbeth Salander de <em>Millenium</em> du Suédois Stieg Larsson, a un
    «&nbsp;travail&nbsp;» urgent et important à faire, comme elle l’explique au chauffeur de taxi. Ce «&nbsp;travail &nbsp;» ne pouvant attendre, elle débarque du taxi, au milieu de l’autoroute et
    des voitures arrêtées et, sur les conseils du taximan, rejoint à pied par un étroit escalier métallique la gare située en contrebas, ce qui lui permettra de ne pas rater son train pour la ville
    où elle doit remplir sa mystérieuse mission.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">La description particulièrement expressive que fait l’auteur du visage anamorphique d’Aomamé nous indique d’emblée que ce personnage a <em>quelque
    chose</em> de troublant, voire d’inquiétant,&nbsp; qui se précisera au cours de l’histoire et que résume l’épigraphe en exergue à ce premier chapitre&nbsp;: «&nbsp;<em>Il ne faut pas se laisser
    abuser par les apparences...&nbsp;»</em> Nous apprendrons évidemment par la suite&nbsp; quel est ce «&nbsp;travail&nbsp;» auquel se livre Aomamé, pour quelles raisons elle le fait et qui la
    soutient et la dirige dans cette entreprise.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">Le second chapitre nous présente Tengo, personnage principal masculin du roman. Comme Aomamé, Tengo a 29 ans. Il est professeur de mathématiques
    dans une école préparatoire et écrivain débutant à ses heures perdues. Encouragé par un éditeur influent et redouté qui apprécie son talent, il est pressenti par ce dernier pour réécrire le
    manuscrit d’un premier roman que s’apprête à publier une toute jeune fille de 17 ans jusqu’alors inconnue. Après moult hésitations et interrogations sur les conséquences pour sa propre carrière
    de ce projet hasardeux, Tengo accepte finalement de rencontrer la jeune romancière. Le manuscrit de <em>La chrysalide de l’air</em> sera réécrit et le livre obtiendra le prix du premier roman, ce
    que souhaitait l’éditeur... Nous reconnaissons ici le procédé du roman dans le roman.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">Par-delà l’histoire en parallèle des personnages, se dégage au fil d’une écriture limpide et comme toujours parfaitement maîtrisée, une philosophie,
    une interrogation sur le sens de l’existence humaine individuelle et collective que le lecteur découvrira aisément. Enfermés, enfants, dans un système clos et abusif, tant familial que social ou
    religieux, les principaux protagonistes de 1Q84 réussiront à s’en échapper, à se reconstruire librement, tout en étant fortement marqués par leur difficile et éprouvant passé. <em>«&nbsp;Devenir
    libre, qu’est-ce que cela veut dire finalement&nbsp;?</em> s’interroge Aomamé... <em>Est-ce que cela signifie réussir à s’échapper d’une cage pour s’enfermer dans une autre beaucoup plus
    grande&nbsp;?&nbsp;»</em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">Bien entendu, l’intrigue - les intrigues successives et enchevêtrées - ne s’interrompent pas à la fin du premier volume. Deux autres tomes nous
    apporteront sans doute la clé définitive au dénouement de ce nouveau et grand roman, selon moi, de Murakami, à déguster sans modération. N’oubliez pas la référence à George Orwell et l’année du
    déroulement des faits&nbsp; : <strong>1Q84</strong>&nbsp;!</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #993300;">&nbsp;</span><strong><span style="font-size: 18pt; color: #993300;">&nbsp;</span></strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong><span style="font-size: 18pt; color: #993300;">&nbsp;Raymond Joyeux</span></strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 26 Oct 2011 19:51:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">63b9695091459213cc864b86d7962b83</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-il-a-rate-le-nobel-son-dernier-roman-un-chef-d-oeuvre-pour-les-uns-de-la-bouillie-pour-les-autres-87335280-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Littérature : La poésie à l'honneur, un Suédois prix Nobel de littérature, par Raymond Joyeux.]]></title>
        <link>http://www.lescrutateur.com/article-litterature-la-poesie-a-l-honneur-un-suedois-prix-nobel-de-litterature-par-raymond-joyeux-86444991.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 20pt; font-family: &quot;Big Caslon&quot;;"><img src="http://idata.over-blog.com/0/58/79/61/Transtroemer.jpg" class="noAlign" alt="Transtroemer.jpg" width="220" height=
    "234">&nbsp; <span style="color: #ff0000;"><strong><span style="font-size: 12pt;">( Tomas Tranströmer, le nouveau prix Nobel de littérature. 2011).</span></strong></span><br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 20pt;">&nbsp;</span> <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 20pt; font-family: &quot;Big Caslon&quot;;">&nbsp;</span><span style=
    "font-size: 14pt;">Pratiquement inconnu en France, le nouveau Prix Nobel de littérature, Tomas Tranströmer, poète suédois, né en 1931 à Stockholm, est publié en métropole par la modeste édition
    du Castor Astral. Sa renommée a pourtant franchi les limites de son pays natal, ce qui lui a valu, vu l’importance reconnue de son œuvre, la consécration du Nobel. Il rejoint ainsi, entre autres,
    au gotha des poètes nobélisés&nbsp;: Sully Prudhomme, Pablo Neruda, notre compatriote guadeloupéen Saint-John Perse et Dereck Walcott, originaire de Sainte-Lucie.&nbsp;&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Nous espérons prendre rapidement connaissance d’au moins une partie de l’œuvre de ce grand poète contemporain pour vous proposer sinon une analyse
    académique, du moins une présentation ne fût-ce&nbsp; que limitée de sa poésie.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><span style="font-size: 14pt;">En attendant cette prochaine chronique, puisque l’occasion nous en est donnée, une fois n’est pas coutume, et que cette discipline
    particulière de la littérature qu’est la poésie semble rebuter, semble-t-il, la plupart des lecteurs français que nous sommes, voici une réflexion inspirée de cette actualité littéraire dont,
    nous l’espérons, vous ferez votre profit. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> <span style="font-size: 14pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Beaucoup disent en effet <em>ne rien comprendre</em> à la poésie&nbsp;! Ils ne sont que partiellement dans le vrai.&nbsp; Car le verbe comprendre ne
    veut pas dire seulement percer la signification première et littérale d’un texte, mais <em>prendre avec soi,</em> s’approprier, faire sien, comme un mets dont on ignore la composition, mais qu’on
    apprécie, savoure et ingurgite, et qui devient, par alchimie intime, substance et vie. C’est finalement le sens usuel et familier du verbe comprendre qui les induit en erreur. Il faut aller à
    l’étymologie. Quand nous écoutons une symphonie ou observons un tableau de maître, <em>comprenons-nous</em> quelque chose&nbsp;? D’ailleurs y a-t-il&nbsp; quelque chose à
    <em>comprendre</em>&nbsp; au sens où on l’entend habituellement ? Ces œuvres, musique, peinture… nous font vibrer et nous transportent au-delà du réel et nous sommes comme en lévitation, en
    <em>ex-tase,</em> sans que nous ayons ou sentions le besoin d’une analyse formelle, d’une construction intellectuelle qui serait le support de nos émotions, de notre <em>état de
    grâce</em>.</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">En littérature et particulièrement en poésie, c’est, nous semble-t-il, un peu la même chose. Nous avons trop tendance à considérer les mots comme
    transcription parfaite,&nbsp; représentation exacte, entière et circonscrite de la réalité. Et nous sommes complètement désemparés lorsque ces mots ou leur association ne recouvrent plus la
    signification qu’on leur assigne habituellement et qu’on attend logiquement d’eux. Lorsque leur choix et leur agencement, par un travail artisanal de manipulation, disons avec circonspection
    <em>d’inspiration,</em> ne correspondent plus au schéma usuel préétabli, on est surpris, dérouté. C’est-à-dire tout simplement qu’on est surpris par la poésie. Cette dernière n’est justement ce
    qu’elle est que par sa capacité à surprendre et à dérouter, par sa capacité à évoquer plutôt qu’à reproduire. C’est pour cela que certains esprits, enfermés dans un corset trop rigide de pensée
    et de vision, sont totalement hermétiques au langage et à l’expression poétiques, au langage et à l’expression artistiques en général. Ils ont pour seule référence, pour seul impératif, dégagé de
    toute émotion virtuelle, <em>la réalité,</em> en sa matérialité brute, qu’ils considèrent et perçoivent comme immédiate, intangible et contraignante, sans possibilité de métamorphose, de
    <em>re-création</em> par le langage abstrait du verbe, de la musique ou de la peinture. Et on les entend souvent s’écrier devant l’œuvre d’art, quelle qu’elle soit&nbsp;: «&nbsp; <em>Cela ne veut
    rien dire,&nbsp; je n’y comprends rien&nbsp;!&nbsp;»</em></span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Mais cette réalité brute elle-même, qu’ils croient <em>comprendre</em>, parce que seul support de leurs facultés cognitives, qu’elle soit physique
    ou mentale, doit-on l’appréhender d’une manière unidimensionnelle, exclusive et définitive ? C’est l’éternelle question de l’objectivité et de la subjectivité. Cette <em>réalité</em>, nous la
    percevons, quant à nous, plutôt comme un tableau surréaliste, avec ses facettes distordues et changeantes en fonction de l’angle du regard qu’on porte volontairement ou non sur elle. Bien sûr, le
    <em>poète</em>, littéralement <em>celui qui fabrique</em>, utilise les matériaux à sa disposition – la langue et les mots de tout un chacun – qu’il agence et transfigure selon sa sensibilité et
    son <em>savoir-faire</em>. Sa production, à ses yeux, a alors toujours une signification précise, s’enracine toujours dans un <em>réel particulier</em> qu’il cerne et discerne très clairement,
    tout au moins en fin de parcours, car au départ il n’a pas forcément devant lui une carte dressée de ses pérégrinations. Ce qui signifie qu’il est souvent le premier surpris par ce qu’il
    construit et par le résultat de sa <em>fabrication</em>. A plus forte raison le lecteur.</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Roger Caillois ne dit pas autre chose quand il écrit :&nbsp; (<em>le langage poétique</em>) <em>“ne se contente pas d’exprimer ce qu’il dit, comme
    il semble que ce soit la fonction unique du langage. Il répond en outre à une ambition totalement étrangère, obscure, malaisée à définir et dont la constatation ne laisse pas de surprendre, dès
    qu’on déjoue le moins du monde le mirage de l’habitude. ”</em></span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #800000;"><em><span style="font-size: 14pt;">&nbsp;</span></em></span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Quand nous disons ne pas <em>comprendre</em> certains poèmes ou plus globalement la poésie, en dépit des réflexions précédentes,
    «&nbsp;je&nbsp;»<em>comprends</em> parfaitement ce que cela signifie. Faudrait-il alors toujours une explication de texte pour <em>comprendre</em> et apprécier cette littérature particulière ?
    Peut-être. Et c’est précisément -&nbsp; malheureusement ou heureusement - ce que l’on fait à l’école : proposer une clef pour ouvrir les portes de l’expression poétique. Mais comme c’est le poète
    seul qui détient l’unique et véritable clef de son œuvre et qu’il ne peut être présent auprès de chaque lecteur, il lui faudrait, pour être totalement accessible, transcire tout simplement son
    explication au lieu du poème lui-même, auquel cas il n’y aurait plus de poésie possible, il n’y aurait plus de poètes. Ce serait comme si le peintre au lieu de peindre son tableau, exposait ses
    tubes de peinture, ou le musicien ses notes. À la vérité, il faut considérer que la fonction de l’artiste consiste à présenter une moitié de son œuvre au public, à ce dernier d’en découvrir -
    c’est-à-dire de composer mentalement, d’imaginer, d’écrire ou de peindre à sa guise - l’autre moitié, celle qui permet justement la totale appropriation.</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">Mais, pensera-t-on, cette image de devoir <em>composer l’autre moitié</em> d’une œuvre pour la comprendre, de parcourir l’autre moitié du chemin
    pour atteindre le but, ne relève-t-elle pas d’un travail de décryptage et de réflexion préalable qui altère ou détruit toute spontanéité ? On aura raison.&nbsp; L’art et l’existence même de
    l’artiste dépendent en effet de l’intérêt, de l’adhésion d’un public, qu’il soit lecteur, auditeur ou simple observateur. Or comment ce public pourrait-il s’intéresser, adhérer, spontanément ou
    non, à ce que d’emblée il prétend ne pas <em>comprendre</em>&nbsp;? Autrement dit, comment pourra-t-il reconstituer la partie manquante de l’œuvre pour la faire sienne en sa totalité, l’apprécier
    et s’en émouvoir&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #800000;">C’est là, nous semble-t-il, le vrai mystère de la <em>compréhension singulière</em> de la poésie et de la faculté à susciter l’émotion de toute
    œuvre d’art en général. Mystère qui commande et justifie de part et d’autre, pour être en partie résolu, outre la permanence active et l’exercice d’une sensibilité orientée, une véritable ascèse
    de l’esprit, de l’imagination et de l’intelligence qui, loin d’exclure ou d’atténuer la jouissance de l’appropriation, la renforce au contraire et la multiplie.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 18pt; color: #ff00ff;"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></span>
  </p>
  <p class="Corps" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 18pt; color: #ff00ff;"><strong>Raymond Joyeux</strong></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 12 Oct 2011 23:24:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">a20131006dedfe8b93e75c41cc0e3b22</guid>
                <category>Littérature.</category>        <comments>http://www.lescrutateur.com/article-litterature-la-poesie-a-l-honneur-un-suedois-prix-nobel-de-litterature-par-raymond-joyeux-86444991-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
