<![CDATA[Le Scrutateur.]]> http://www.lescrutateur.com/ fr over-blog.com RDF 1.0 Generator admin@over-blog.com 2007-03-07T23:42:03Z <![CDATA[Olivier Besancenot, le gentil petit facteur de Neuilly.]]> http://www.lescrutateur.com/article-21350597.html fr 2008-07-19T13:20:09Z <![CDATA[Le mariage Dieudonné-Le Pen! par Gérard Vergé-Lauriat.]]> http://www.lescrutateur.com/article-21290949.html Le mariage Dieudonné-Le Pen !    « L’humoriste » Dieudonné, « antiraciste » notoire, et, comme tel, chéri de tout ce que l’anti France peut compter de « belles âmes », d’  « humanistes » confits en antichristianisme, de « soutiens actifs » donc du Scrutateur (vous l’aviez deviné), avait déjà donné des signes de fragilité mentale en se rendant en visite (où il avait été très chaleureusement accueilli) aux BBR, la manifestation populaire annuelle du Front National de Jean-Marie Le Pen, contrepoint de celle du journal l’Humanité du parti communiste français.   (Dieudonné M'bala-M'bala, se fait le cicerone de madame Janny Le Pen, dans une forêt du Cameroun. On apperçoit deux des "boys" qui portent le matériel des toubabs). Voici qu’aujourd’hui (16 juillet 2008) « »l’humoriste » récidive. Non seulement il fait de Jean-Marie Le Pen le parrain de son dernier né, mais la cérémonie religieuse a eu lieu, et a été célébrée, dans une chapelle religieuse catholique de la tendance traditionaliste (Mgr Lefebvre !!!).   Dieudonné a été, du fait sans doute de son « antiracisme » militant, chéri de tous les médias de gauche (propriétaires de la marque « antiracisme »). De passage en Guadeloupe, ou en Martinique, il avait droit à toutes les prévenances de « l’intelligentsia de gauche » (pléonasme évidemment, que l’on voudra bien, je l’espère me pardonner). RFO lui ouvrait ses portes et ses studios « ad nauseam » !   ( La frimousse désarmante de sincérité fraîche de l'animateur Brother Jimmy, sur RFO ). Nul n’a oublié, et ne pourra oublier, l’heure entière d’émission, éblouissante dans la forme, frémissante d’émotion contenue, qui lui fut consacrée dans B.World Connection, par le grand animateur, si sympathique : Brother Jimmy ( mis en garde pourtant, par ailleurs,  les colonialistes sont si méchants, par Le CSA, Conseil Supérieur de l’audiovisuel pour une émission pourtant bien intentionnée (of course !) avec « l’humaniste » Ama Mazama qui vitupéra contre le « racisme » ! Comment l’avez-vous deviné ? On pourra lire dans la rubrique "Racisme" de nos archives, en page 2, les articles "RFO sanctionné par le CSA, et "Ama Mazama, afrocentriste en diable").   Alors comment expliquer le comportement actuel de Dieudonné ? Et que va-t-on en faire maintenant que le Goulag (hélas !) n’existe plus ? « To be, or not to be ! »   (Thuram sera-t-il aussi bon dialecticien que footballeur? ). Comment réagira Lilian Thuram, dont nul ne suspecte la bonne volonté, et la pureté des intentions, à un tel dévoiement avec Le Pen, incarnation même de la brutalité aryenne, avec ce produit du plus pur et  du pire de ce que peut accoucher le ventre encore fécond de la « bête immonde ».   Thuram sera en Guadeloupe d’ici peu, pour l’organisation de son annuel « Léwoz ». Une occasion unique de le faire parler, pour vérifier s’il est aussi bon dialecticien qu’il fut un grand footballeur.   ( Mais, qu'est-ce qui peut bien réunir tous ces "antiracistes"? ). Malgré les vacances, la veille du Scrutateur se poursuit, même au ralenti. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés, des suites de ce curieux mariage.   Et à ceux qui s’en affligent, j’adresse au nom de toute l’équipe nos condoléances les plus sincères (et attristées!).   Gérard Vergé-Lauriat.     ]]> fr 2008-07-17T04:19:52Z <![CDATA[Pointe-à-Pitre et les risques majeurs, par Michèle Robin-Clerc.]]> http://www.lescrutateur.com/article-21289654.html Une thèse magistrale de Michèle Robin-Clerc, sur Pointe-à-Pitre du point de vue du développement durable et des risques Majeurs. (Madame Michèle Robin-Clerc vient de soutenir avec brio une thèse magistrale, dont nous donnons à lire ici, l'essentiel de sa finalité. Il est souhaitable qu'elle soit lue par le maximum des responsables politiques et économiques, et par tous les Guadeloupéens, amateurs d'histoire et soucieux de l'avenir équilibré de leur département. Edouard Boulogne). UNE ANALYSE ARCHITECTURALE ET URBAINE DE L'AGGLOMERATION DE POINTE-À-PITRE ET DES ABYMES EN GUADELOUPE DU POINT DE VUE DES RISQUES MAJEURS ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE.   Pointe-à-Pitre est située au centre d'une agglomération urbaine de 132 000 habitante dont elle draine chaque jour les habitants. Cette ville a de nombreuses fonctions, qu'elles soient politiques, administratives, touristiques ou commercia­les. Sa place dans l'inconscient collectif est prépondérante et elle a ainsi un rôle social de première importance. Nous avons réalisé une étude historique très poussée qui, à l'aide de plans, de cartes et de textes, nous a permis de reconstituer l'histoire de la ville et celle de son architecture, à travers les risques majeurs principaux auxquels elle est exposée : les séismes, les cyclones et les incendies. Nous avons aussi analysé, sur le territoire de l'agglomération, la résistance au séisme des routes, des alimentations EDF, France Télécom et Eau Potable, ainsi que celle du réseau de l'Assainissement. Les références existantes sur l'activité sismique aux Antilles ne portent que sur environ 3 siècles ; de nombreuses inter­rogations subsistent sur l'aléa sismique auquel est soumise la Guadeloupe, et les séismes historiques sont actuellement estimés avec des marges d'erreur certaines. On se propose ici d'analyser ces différentes incertitudes pour permettre une approche plus fine de l'exposition au risque sismique de la Guadeloupe Aujourd'hui, l'agglomération pointoise ne peut faire face dans de bonnes conditions à un séisme majeur. De même, elle est encombrée à ses principaux accès, que ce soit à Bergevin, Grand-Camp, Carénage, Besson ou au Rond-Point Miquel, par des encombrements et parfois des inondations, ce qui ne permet pas aux secours d'accéder au centre ancien, en cas d'incendie notamment. Les incendies ont été au cours des siècles une des catastrophes récurrentes à Pointe-à-Pitre, et le recensement el les effets en sont faits ici. On verra que, dans le passé, ces incendies ne faisaient pas de victimes car le centre ancien était plus aéré qu'aujourd'hui et on comprendra comment il est possible de revenir à une situation acceptable. Les éléments étudiés ici nous permettent enfin de mieux comprendre la vulnérabilité de cette agglomération dans son ensemble, et ce que l'on peut faire pour renforcer la sécurité de ses habitants et de ses visiteurs, qu'ils soient résidents ou touristes. De là une possibilité de rendre plus attractive cette agglomération et notamment son cœur qui fut si souvent martyr : le centre ancien de Pointe-à-Pitre. Au-delà de cette étude particulière, les idées dégagées et les aménagements ici envisagés peuvent être appliqués à de nombreux centres bourgs de Guadeloupe qui sont dans la même configuration, afin de leur permettre de mettre en place un développement urbain durable. Cet ouvrage peut être commandé sur INTERNET www.anrtheses.com.fr        BON DE COMMANDE Je désire recevoir.........exemplaire(s| de la thèse suivante : UNE ANALYSE ARCHITECTURALE ET URBAINE DE L'AGGLOMÉRATION DE POINTE-À-PITRE ET DES ABYMES EN GUADELOUPE DU POINT DE VUE DES RISQUES MAJEURS ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE de Michèle ROBIN-CLERC ISBN : 978-2-7295-7069-9 333 pages, au prix de 59,00 euros (Franco de port pour la France. Etranger : forfait de 10 euros) Je vous règle ci-joint par : ·        chèque à l'ordre de l'Agent comptable de l'Université de Lille 3 a virement à votre compte T.G du Nord, n° TP Lille 10071/59000/00001003896/54 ordre : Agent comptable de l'Université de Lille 3 iban : fR10071/59000/00001003896/54 bic bofefhRPPXXX ·        ma carte bancaire n° L]_l_]_]  |   ]   )   )   )  Mil)  ( _l_l_l_l date d'expiration : [_LJ / I   i   i cryptogramme (voir au dos) : [__ Nom :...........................................................................................Prénoms Organisme ;................................................................................................. Adresse   Signature : ]]> fr 2008-07-16T22:50:25Z <![CDATA[Forigoler : Il suffit de déduire.]]> http://www.lescrutateur.com/article-21262274.html fr 2008-07-15T22:20:12Z <![CDATA[Le 14 juillet, vu par Thomas Diafoirus.]]> http://www.lescrutateur.com/article-21232583.html Quatorze juillet. ( Sous le pseudonyme de Thomas Diafoirus, se dissimule un ami antillais du Scrutateur, esprit très cultivé, aigu, caustique, exprimant souvent des vérités profondes sous le mode de l'ironie et de l'humour. Auteur de plusieurs ouvrages sur Jean de La Fontaine, et sur la politique, notamment L'histoire d'un lit, qui prend toute sa saveur, surtout quand on le lit au deuxième ou troisième degré, Thomas Diafoirus m'envoie sur le quatorze juillet ces pages savoureuses que je publie avec le plus grand plaisir. E.Boulogne). (Robespierre, froide et rigide image de la terreur). Mon cher Édouard, puisque vous évoquez le 14 juillet (à propos de co-location, de vérité du verbe, et de petites astuces tactiques pour parvenir à la connaissance des faits, voici ce que m'inspire "notre" anniversaire : Selon TF1, Vincent Brossel, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF aurait déclaré : "On n'est pas contre la présence de Bachar al Assad  à Paris, mais contre le fait qu'il soit reçu à la tribune présidentielle (...). C'est quand même le 14 juillet, la prise de la Bastille symbole de la lutte contre l'autoritarisme et on retrouve un des pires dictateurs du Moyen Orient à la tribune célébré comme si c'était un démocrate".Ah ! Ça ! Oui, alors !  De son côté, toujours selon les mêmes sources, le président syrien Bachar al Assad avait ironisé sur France inter sur les critiques de certains militaires et de défenseurs des droits de l'homme, qu'il voit comme un "tapage" franco-français sans importance. "Je dois dire que c'est simplement un tapage politique, le14 juillet a été instrumentalisé, ça a été un prétexte".  (Jacques Hébert, révolutionnaire et journaliste. L'un des plus célèbres, et des plus vulgaires fondateurs du mythe révolutionnaire). Les droits de l'Homme, un tapage franco-français sans importance ?  Que fait la Police de la pensée ?  Docteur Schweitzer, réveillez-vous ! Sans avoir l'air d'y toucher, ce cher Bachar, sous couvert de l'actualité, règle une fois pour tout son compte au 14 juillet. Exprès ou pas exprès, ce brave Bachar a les mots justes : "tapage politique" (son propos plutôt soft occulte l'apologie du crime), "le 14 juillet a été instrumentalisé", "prétexte".  Il faut dire que Bachar al Assad, ophtalmologiste de formation, s'y entend pour corriger les défauts de vision. Pour ma part, et à propos du 14 juillet, je me souviens qu'un certain Thomas Diafoirus a écrit :   Le 14 juillet, Mon Cher Watson, est un grand jour, en France. C’est la Fête de la République. Une liesse générale habite presque tous les assujettis. Elle prend la place de leurs humeurs habituelles. Sous les lampions, les cœurs républicains s’enivrent d’une gaieté contagieuse. Les visages sourient, les yeux brillent, les enfants s’émerveillent, et les feux d’artifice montrent un Ciel éclairé par le génie des hommes. Les corps légers s’animent aux accents des bals populaires, on s’amuse, on rit, on boit un petit peu, et on s’enflamme aussi dans des amourettes qui ne sont pas toutes sans lendemain. C’est la Liberté que l’on fête, c’est la prise de la Bastille que l’on commémore. C’est le culte du meilleur souvenir de l’Histoire de France que l’on célèbre dans cette humeur sans nuage à laquelle s’associe la gaieté des cœurs insouciants.   Dans l’imaginaire populaire, un certain 14 juillet fut une délivrance pour la France, et pour l’humanité tout entière. Dans la mythologie républicaine, le 14 juillet 1789 donna à l’homme toute la mesure de sa dignité. Ce jour-là fut fécond. Il était le premier d’une marche héroïque vers le jour de gloire qui instituerait la Liberté et l’Egalité, et qui purgerait la Nation de la tyrannie. Dans la Mémoire Collective, ce fut un immense progrès, et justice fut rendue à l’humanité car — en République Française — il est admis que les Rois en étaient les ennemis. La Lumière éclairait la France. Elle éclairerait le monde. Le phare qui s’était allumé allait embraser de ses feux tout le XXe siècle. Nous vous le disions, le mot “républicain” a connu une nouvelle floraison depuis quelques années. Il est devenu plus qu’un adjectif : c’est désormais une ponctuation rituelle dans le discours des hommes politiques de toutes extractions. Mais, ce n’est pas une baguette magique qui opéra la transmutation. L’alchimie républicaine procède d’une longue marche, dont la chronologie nécessiterait un travail d’historien et de philosophe. Le 14 juillet fut symboliquement extrait de l’histoire pour marquer d’une date ce qui fut le fruit d’une longue gestation. Et la ferveur populaire entretient le culte de ce jour qui lui rappelle tant de bons souvenirs. C’est, en réalité, la Convention Nationale qui accoucha de la République. L’obstétrique révolutionnaire avait réuni toutes les autorités morales du temps, afin d’opérer la césarectomie de la Patrie, car, selon Bertrand Barère de Vieuzac, «L’arbre de la liberté ne saurait croître s’il n’était arrosé du sang des rois». Tout fut donc débattu devant cette Convention Nationale, où la Faculté tenait séance. C’était à l’automne et au début de l’hiver 1792. Les avis pouvaient diverger sur des points de détail, mais la science du bonheur des citoyens réunissait, sur l’essentiel, les experts en humanité. Robespierre, Desmoulins, Saint-Just, Raffron de Trouillet, Barère de Vieuzac, ils avaient tous dit la Liberté. «Législateurs, hâtez-vous de prononcer une sentence qui consommera la Révolution. L’agonie des rois ne doit pas être lente. Entendez-vous les peuples qui la sonnent? Un roi qui meurt n’est pas un homme de moins», avait dit Pierre-Louis Manuel. Camille Desmoulins n’était pas moins déterminé : «Vous savez-bien qu’il n’y a qu’un seul homme que le véritable républicain ne saurait regarder comme un homme, en qui il ne peut voir, comme Homère, comme Caton, qu’un bipède anthropophage, et que cette bête ennemie, c’est un roi» Il n’y avait pas de temps à perdre, l’humanité devait progresser. Nicolas Raffron de Trouillet l’avait dit : «Il faut se hâter de purger la patrie de ce monstre odieux». Le monstre odieux, c’était Louis XVI, dont le comte de Tilly dira : «Louis ne sut qu’aimer, pardonner et mourir. Il eût su régner s’il avait su punir !»   Tous unis dans un même idéal, et tous soudés dans une volonté de progrès sans partage, les conventionnels allaient instituer la dignité de l’homme. Dignité qui ne saurait aller sans la Liberté et sans l’Egalité. Plus tard, on y adjoindrait la Fraternité. Devant la Convention Nationale, il ne pouvait être question de transiger avec le bonheur. Ils étaient résolus: «La Liberté et l’Egalité, ou la mort...»   C’est au Temple, le 25 décembre 1792, que Louis XVI rédigea son testament. Le “bipède anthropophage” y exprimait des sentiments humains, et délicats : «Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous enseigne. (...) Je prie pour tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou ceux à qui j’aurais donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait (...). Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis, sans que je leur en aie donné aucun sujet; et je prie Dieu de leur pardonner, de même qu’à ceux qui, par un faux zèle ou un zèle malentendu, m’ont fait beaucoup de mal. (...) Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens; qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve (....» ( La mort de Louis XVI. Le bourreau montre aux militants citoyens la tête du Roi, sur la place de la Révolution, aujourd'hui place de la Concorde).   En montant sur l’échafaud, Louis XVI tenta de s’adresser à la foule. Mais Santerre fit jouer les tambours pour couvrir sa voix, et très peu purent l’entendre. Ses derniers mots furent rapportés par l’Abbé Edgeworth de Firmont qui était auprès de lui : «Je meurs innocent de tous les maux qu’on m’impute; je pardonne aux auteurs de ma mort; je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe pas sur la France.»  Aussitôt qu’il fut décapité, il se passa la chose suivante, selon ce qui a été relaté, car nous n’y étions pas : Un citoyen monta sur la guillotine et plongeant tout entier son bras dans le sang de Capet qui s’était massé en abondance, il en prit des caillots plein la main, et en aspergea par trois fois la foule des assistants qui se pressaient aux pieds de l’échafaud pour en recevoir chacun une goutte sur le front. «Frères, disait le citoyen en faisant son aspersion, frères, on nous a menacés que le sang de Louis Capet retomberait sur nos têtes ! Eh bien, qu’il retombe ! Louis Capet a lavé tant de fois ses mains dans le nôtre ! Républicains, le sang d’un roi porte bonheur !»   Saint-Just l’avait bien dit : «On ne peut régner innocemment. Tout roi est un rebelle et un usurpateur.» ( Ce visage juvénile et songeur, est celui de St-Just, âme damnée de Robespierre, un véritable "ange" exterminateur).   La Convention Nationale avait revêtu les haillons d’une justice rendue au nom d’un peuple souverain, pas plus représenté dans cette assemblée qu’il n’avait réellement pris part à sa constitution. Quinze cultivateurs et un ouvrier représentaient la plèbe à la Convention, qui comptait, en principe, sept cent quarante-neuf membres.   La justice conventionnelle était une justice consensuelle, celle du parti pris par des hommes qui voulaient instaurer leur propre règne, pour leur propre gloire. Robespierre en avait donné la mesure : «La clémence qui compose avec la tyrannie est barbare». La tyrannie, c’était tout ce “qu’on” voulait. Face au slogan «La Liberté, l’Egalité ou la mort...» Louis XVI n’eut droit qu’à la mort, et la Patrie fut «purgée de ce monstre odieux», de ce «traître à la Nation, criminel contre l’humanité», qui aimait ses sujets comme un père aime ses enfants. “L’arbre de la liberté”, arrosé du sang royal, pouvait croître dans l’engrais animal des slogans. Pour qu’il s’accroisse encore, il lui fallait d’autre sang. Celui de la Reine était tout indiqué. «Une femme, la honte de son sexe, la veuve Capet, doit enfin expier son forfait sur l’échafaud», dirait Billaud-Varenne pour résumer la nécessité de l’œuvre. Sur l’échafaud, les derniers mots de Marie-Antoinette furent pour son bourreau, car elle lui avait marché sur le pied par inadvertance : «Monsieur, je vous demande excuse, je ne l’ai pas fait exprès.» À chacun son style !   Toute une revendication citoyenne s’exprima dans la ferveur révolutionnaire, autour de l’observation de son voisin et du jugement permanent de sa conformité. «Il faut raccourcir les géants, Et rendre les petits plus grands, Tous à la même hauteur, Voilà le vrai bonheur».   Comme le dirait bien plus tard Jean Cocteau, «La France a toujours cru que l’égalité consistait à trancher ce qui dépasse.»   Au temps de la Convention, il fallait réparer l’humanité, la reconstruire, la purger des scories de l’obscurantisme qui avait jusque-là contrarié la revendication légitime du bonheur. Celui-ci était, nous le rappelons, «une idée neuve en Europe». Le bonheur serait le couronnement de la liberté. Carrier, l’un des “pacificateurs de la Vendée militaire” dirait à Nantes : «Nous ferons un cimetière de la France, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous proposons», comme il dirait aussi : «C’est par principe d’humanité que je purge la terre de ces monstres»... Carrier fut guillotiné à son tour, quand la roue de la Révolution donna le pouvoir à d’autres factions. Mais pour l’heure, la France saignait.   Un expert, le docteur Napoléon, dira après l’assassinat du duc d’Enghien que «la saignée entre dans les combinaisons de la médecine politique». Il l’avait étudiée sous la République naissante, et s’était décerné son “brevet de républicanité” en même temps que la France recevait son diplôme. Il était de la promotion de la Révolution. En ce temps-là, «Napoléon perçait sous Bonaparte». D’Italie, en 1796, Bonaparte écrivait : «Les grandes opérations financières faites et à faire, les grandes moissons que nous avons à cueillir exigent une unité de pensée diplomatique et financière». Il était en Italie pour le service de la République, “les grandes moissons” à cueillir l’étaient pour la bonne cause. Nous n’en doutons pas un instant.   Quelque chose semble nous montrer là, Mon Cher Watson, que l’exception française n’est pas une nouveauté. Elle serait, semble-t-il, le fruit d’une longue tradition : celle des flibustiers de la politique, et du pouvoir. Bonaparte n’écrivait-il pas à Talleyrand, en 1797 : «Malgré notre orgueil, nos harangues à perte de vue et très bavardes, nous sommes très ignorants dans la science politique morale. Montesquieu nous a donné de fausses définitions, il a les yeux fixés sur le gouvernement de l’Angleterre». On peut noter là que la politique britannique était alors un point de référence au politiquement correct français dont Montesquieu avait voulu inspirer les principes. Bonaparte poursuivait : «Le pouvoir du gouvernement devrait être considéré comme le vrai représentant de la nation. Le pouvoir législatif sans rang dans la République, impassible, sans yeux et sans oreilles pour ce qui l’entoure, n’aurait pas d’ambition et ne nous inonderait plus de mille lois de circonstances qui s’annulent toutes seules par leur absurdité et qui constituent une nation sans lois avec plus de trois cent in-folio de lois».   L’histoire montra, s’agissant aussi bien du général (Bonaparte), que de Talleyrand, qu’ils moissonnèrent l’un et l’autre, sans s’estimer mutuellement, mais en s’appuyant l’un sur l’autre. Et tous les deux, après s’être entretenus dans des idées fort révolutionnaires — et après avoir maintes fois affirmé leur “républicanité” — derrière lesquelles étaient en gestation des ambitions beaucoup plus personnelles. Sur le châssis de la République, Napoléon traçait l’esquisse de son impérial carrosse. Pourtant, au-delà des Alpes, Bonaparte avait bel et bien alimenté de ses flammes républicaines le feu de ses soldats : «Des montagnes nous séparent de la France; vous les franchiriez avec la rapidité de l’aigle, s’il le fallait, pour maintenir la Constitution, défendre la liberté, protéger le gouvernement et les républicains».  Bonaparte avait donné tous les gages à la République. Il n’avait épargné aucune occasion de s’en prévaloir. Mis en cause en 1794, il s’en était même expliqué : «Depuis l’origine de la révolution, n’ai-je pas toujours été attaché à ses principes ? Ne m’a-t-on pas toujours vu dans la lutte, soit contre les ennemis internes, soit, comme militaire, contre les étrangers ? J’ai tout perdu pour la République (...). Salicetti, tu me connais, as-tu rien vu, dans ma conduite qui soit suspect à la Révolution ?» ( Portrait de Bonaparte jeune. Personnalité aussi géniale dans bien des domaines, que discutable et discutée. Lucide à l'extrême, il s'écria devant la tombe de Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville : "L'avenir du monde dira s'il n'eut pas mieux valu pour le bonheur des peuples que ni cet homme, ni moi, n'eussions jamais existé".   Le 15 novembre 1799, après le “18 Brumaire”, les trois Consuls de la République — dont Bonaparte — proclamaient : «Une Constitution nous est présentée. Elle fait cesser les incertitudes que le gouvernement provisoire mettait dans les relations extérieures, dans la situation intérieure et militaire de la République. La Constitution est fondée sur les principes du gouvernement représentatif, sur les droits sacrés de la propriété, de l’égalité, de la liberté. Les pouvoirs qu’elle institue seront forts et stables, tels qu’ils doivent être pour garantir les droits des citoyens et les intérêts de l’État. Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée. Elle est finie».   Cinq ans plus tard, le premier décembre 1804, le même Bonaparte, à la veille de devenir Napoléon Premier, disait avec émotion : «Je monte sur le trône où m’a appelé le vœu même du Sénat, du peuple et de l’armée, le cœur plein du sentiment des grandes destinées de ce peuple que, du milieu des camps, j’ai le premier salué du nom de Grand. Mes descendants conserveront longtemps ce trône». Personne n’a alors ajouté : Acta est fabula... L’Empire, c’était le couronnement de Bonaparte ; la somme d’un parcours très républicain, composé à la fois : de ses serments de fidélité sans faille à la République, de sa gloire militaire, d’une fortune constituée à l’ombre de la République, de quelques amis bien placés, et de la mainmise sur les Institutions...  En coulisse, Napoléon aurait dit à l’un de ses frères : «Joseph ! Si notre Père nous voyait !», tandis que la rumeur prête à Lætitia, Madame Bonaparte mère, le célèbre «pourvou qué ça doure». Cela traduit, bien mieux que toutes les dissertations, les ressorts des plus grandes destinées politiques. Lucien, Joseph, Jérôme, et les autres, étaient de bons frères, Napoléon était un bon fils, et Lætitia, une bonne mère.  Au cours de sa vie si remplie, Napoléon avait d’abord dit : «Je suis la Révolution». Il avait dit aussi «Règle générale : jamais de Révolution sans Terreur». Et, il avait conclu : «C’est la Terreur qui a tué la Révolution». En conclusion, on pourrait dire que quand on a le pouvoir, et surtout quand on a la parole, ce sont toujours les autres, les fautifs. Pour son neveu, Louis-Napoléon, tout était évident : «Napoléon, en arrivant sur la scène du monde, vit que son rôle était d’être l’exécuteur testamentaire de la Révolution».  La République, idéal pour les uns, a pu être un fond de commerce pour d’autres. Ce grand “Tout pour tous” cher à Rousseau fut le siège de bien des forteresses, défendues par des batteries de mots. Elle a cultivé, sans le vouloir, tous les malentendus. En multipliant les sous-entendus auprès d’assujettis qui n’ont pas tous le même entendement.  Selon Montesquieu, c’est la vertu qui doit être le ressort de la démocratie.  Ceux qui s’en prévalent sont-ils tous d’authentiques démocrates? La quête du pouvoir peut-elle être vertueuse? Depuis le “14 juillet 1789”, la nature de l’homme a-t-elle changé ? Le nombre des méchants a-t-il baissé ? La moyenne de la vertu s’est elle graduellement élevée depuis que la France s’est “purgée des vices” de l’Ancien Régime ?  Autant de questions qu’emporté par le son de l’accordéon on ne se pose pas le 14 juillet. Pourtant le discours est permanent, lancinant, et se réfère sans cesse à un républicanisme, dont chacun croit qu’il est le reflet de ses propres vertus. La “républicanité” serait-elle une notion strictement personnelle ?  Avec mes amitiés. ]]> fr 2008-07-14T18:40:24Z <![CDATA[Victorin Lurel, le créole, et...la démagogie, par Edouard Boulogne.]]> http://www.lescrutateur.com/article-21209367.html Victorin Lurel, le créole et la démagogie.     Victorin Lurel, Président de la région Guadeloupe, et député de ce département, n’est pas dépourvu de qualités : travailleur, excellent orateur, non dépourvu d’une certaine culture. J’en parle peu dans ce blog, car l’opportunisme, sans doute, l’a fait pencher à gauche, tropisme qui n’est pas vraiment le mien (soutenir Ségolène Royal ! Fi !). Et pourtant, je lui suis reconnaissant d’avoir, en 2003, lors du referendum sur la question statutaire en Guadeloupe (et quelles que fussent les raisons profondes de sa prise de partie) d’avoir donc  refusé le choix aventuriste d’une sorte d’autonomie pour la Guadeloupe (première étape vers une indépendance à contenu « socialiste » pour beaucoup d’aventuriers de la politique). On sait que le choix du peuple, fut à 74% le refus de la rupture avec la France, et Victorin Lurel fut, tout d’un coup, très entouré, et souvent par ceux-là même qui quelques semaines plus tôt l’avaient vilipendé. D’où mon indulgence à son égard en maintes occasions où il aurait eu besoin d’être fustigé. Ce qui ne préjuge en rien de mon attitude envers lui à l'avenir, mon vote, et celui des gens qui me font l'honneur de me consulter n'appartiennent qu'à nous. Je ne peux pas, cependant, laisser passer sans rien dire ses déclarations d’hier soir (samedi 12 juillet) sur le refus par le sénat de la nation, de laisser inscrire les langues régionales (le Breton, le Basque, l’Alsacien, le Corse, les créoles, etc), dans la Constitution de la Vè République, comme langues égales au Français. Il y voit une atteinte à la dignité des Antillais, une trahison de l’esprit de la République à laquelle il est, dit-il, plus que tout autre, attaché, cet esprit "ouvert, libéral et pluriel". Monsieur Lurel croit-il ce qu’il dit ?   1.    Sur la République.   La France aujourd’hui, au cours de sa longue histoire, est une République. A ce titre, comme 64 millions d’autres citoyens, je suis un républicain. Mais disons le clairement, je suis, et M.Lurel aussi, Français avant d’être républicain. La République est une idéologie, une certaine façon d’envisager la façon de vivre, les relations sociales, morales et économiques des citoyens entre eux, et envers les autres nations. La France existait, et grandement, avant, et elle lui survivra (peut-être). Cette idéologie a ses partisans, nombreux, elle a aussi ses détracteurs. Lesquels ont leurs arguments, en faveur d’une autre vision des rapports sociaux, moraux, économiques, etc. Ces citoyens ont peut-être tort, ils n’en ont pas moins le droit de penser ce qu’ils veulent, (ou alors….. la liberté ?!). Ce que nous enseigne l’histoire, c’est que la République n’a pas toujours été très ouverte, et libérale sur cette question des langues régionales, quoiqu’en pense M.Lurel. En 1793, sous la bannière de Robespierre, pour nous en tenir à la figure emblématique par excellence, un régime de terreur fut établi en France. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » disait-on au Parlement de la République. Phrase lourde de sens. Dans toute la France, tout un peuple qui refusait l’idéologie de la République naissante, fut bâillonné, écrasé, martyrisé, assassiné. Rien qu’en Vendée, deux cent mille paysans furent exterminés. Ce fut le génocide franco-français analysé dans le détail par l’historien  Ronald Secher.                             . Et Napoléon Bonaparte, qui poursuivit le travail de Robespierre dont il avait été « l’ami », et le disciple, (sans Napoléon, la République n’eut pas survécue au Directoire) fut l’instaurateur dans la durée, sous la forme, peut-être pas si paradoxale que cela du pouvoir autoritaire, non seulement en France, mais dans toute l’Europe, et bientôt dans le monde entier par l’Europe colonisatrice, des idées républicaines. A cet égard, certains, on le sait, estiment que la colonisation ne fut pas que négative, et qu’il vaut mieux aujourd’hui être Français de la Guadeloupe ou de la Martinique, qu’habitant du Niger, de Zimbabwe, ou du Ruanda, ou du Congo, ou de l'Algérie, etc, etc. Ces quelques considérations trop rapides, pour, toutefois, relativiser les proclamations un peu trop fébriles pour être totalement sincères de monsieur Lurel sur le "libéralisme républicain".   2.    Sur le créole.   Revenons-en à la déception de Victorin Lurel sur le refus du Sénat d’entériner le projet d’inscription des langues régionales, dont les créoles, dans la Constitution. Il y voit une atteinte aux principes républicains. Or c’est exactement le contraire qui est la vérité. C’est dans la vieille France celle de la monarchie que le pluralisme linguistique fut, plus qu’une tolérance, un fait. Seuls les gens d’Ile de France, et une élite intellectuelle et sociale parlaient alors le Français. En province on parlait toutes sortes de langues, et les paysans de l’Ouest ne comprenaient pas ceux du sud, du Nord, du Centre ou de l’Est, et réciproquement. L’unité nationale était alors fondée sur le pacte féodal. C’est le Roi qui était la clef de voûte de l’édifice  français. Une fois ce principe politique fondamental abattu (à tort ou à raison), par la Révolution, il fallut en trouver un autre, faute de voir s’effondrer et se dissoudre « la personne France », comme disait Michelet. Ce fondement ce fut l’idée du « peuple en corps », la « volonté générale », principes empruntés à JJ.Rousseau. Principes abstraits auxquels les révolutionnaires républicains s’efforcèrent de donner une consistance à travers des institutions, et des principes : Liberté, Egalité, Fraternité. Faute d’une personne, d’un souverain de chair et de sang, les Français furent appelés désormais à communier dans l’idéologie républicaine qui tendait à se substituer, véritable « religion » laïque, à toute autre religion et à toute représentation politique, sociale, morale, différente de la sienne. Il s’agissait de captiver les esprits, par la propagande, l’école, et tous les moyens, même légaux, à l’idée de la République Une et Indivisible. L’école, dans cette entreprise de longue haleine, joua le rôle crucial. L’apprentissage du Français devint l’impératif catégorique de l’identité nationale qui ne se projetta plus dans la personne d’un roi, dans la continuité d’une dynastie. Ceci apparaît clairement dès 1792, à la Convention nationale où le député Lauthenas déclara :   « Il faut que les intérêts de la République soient maintenant connus de tous ses membres ; et ils ne peuvent l’être comme il convient qu’en rendant la langue nationale parfaitement familière à tous. Partout où les communications sont gênées par les idiomes particuliers, qui n’ont aucune espèce d’illustration et ne sont qu’un reste de barbarie des siècles passés, on s’empressera de prendre tous les moyens nécessaires pour les faire disparaître le plus tôt possible ». C’est dans le même esprit que l’abbé Grégoire « l’ami des noirs » se fit le rapporteur du décret qui décida que les enfants doivent apprendre « à parler, écrire et lire en langue française ». Le même abbé Grégoire qui a joué un rôle si important dans la première abolition de l’esclavage était aussi celui, qui, dans la logique de sa pensée, stigmatisait les langues régionales comme des « idiomes grossiers prolongeant l’enfance de la raison et l’enfance des préjugés ». Voici pourquoi, le créole fut, longtemps, « réprimé » à l’école. Et pas le créole seulement, -comme voudraient le faire croire, ici, les tenants de l’idéologie raciste et séparatiste qui étouffent la Guadeloupe et la Martinique, les empêchent de vivre et de croître en santé économique psychologique et morale - , mais aussi le Breton, le Basque, etc, dont, partout, les tenants tentent de dissoudre la France avec souvent la complicité des puissances étrangères qui ont intérêt à l’effacement de notre pays.  (Ainsi en fut-il par exemple en Bretagne de 1940 à 1944, où l’occupant nazi prit langue avec tous les mouvements séparatistes, en vue de leur « libération » (sic) du pouvoir parisien et du jacobinisme. Ainsi par exemple du "régionaliste Breton Oliviers Mordrel. Cf notamment son livre Le mythe de l'hexagone, aux éditions Jean Picolec.) Mais aujourd'hui, les langues régionales sont en plein essor, portées par ce qui est une véritable mode, et quant au créole, qui n'a jamais été menacé dans son existence, il se porte très bien, est l'objet d'un enseignement scolaire, aux Antilles, et même, si on le réclame, en métropole. Il est matière à option au baccalauréat. Cela est très bien ainsi. Mais ce n'est pas ce que réclament ses "intégristes" qui sont aussi des sécessionnistes politiques. Souscrivons à leurs exigences, comme y consentent déjà des députés inconscients (ou incultes) et nous aurions aussitôt de fâcheuses conséquences, de tous ordres, juridiques et autres. Tout cela, je crois M.Lurel trop fin, trop informé ( du moins je l'espère) pour l’ignorer. Mais nous entrons en période électorale. De tous côtés on s’efforcera de ratisser large. Victorin par ses déclarations sur le créole ne fait que viser une certaine catégorie d’électeurs. Croit-il ce qu’il dit ? Il fait surtout du bruit avec sa bouche (Mais ......« grand père, que vous avez de grandes dents !). Dans le même temps, par d'autres paroles, il tentera, et ses collègues politiciens, de tous bords, comme lui, de tenter de séduire les uns et les autres, même les plus antagonistes, de sa fidélité à leurs intentions. Ah! la vie d'un politicien n'est pas toujours facile, et ses facultés de conciliation des inconciliables sont soumises à rude épreuve!   Nous ne sommes pas dans l'ordre de la politique, mais dans celui de la démagogie, qui en est un utile adjuvant.   Nous, électeurs, restons vigilants, de tous les côtés, à l’égard de tous les démagogues. « An nou rété veyatifs » !   Edouard Boulogne.     ]]> fr 2008-07-13T22:58:52Z <![CDATA[Histoire : Le cyclone de 1928 en Guadeloupe (témoignages).]]> http://www.lescrutateur.com/article-21111314.html HISTOIRE   PAGE D'HISTOIRE : le cyclone 1928.     Jusqu'à la fin d'octobre nous voici entré dans la saison des cyclo­nes. Les amateurs d'émotions for­tes prétendent qu'à bien des signes nous devrions être frappés en cette année 2008. Dieu ne les entende pas ! Quoiqu'il en soit, et pour des rai­sons purement documentaires, Le Scrutateur a choisi ce mois-ci d'évoquer l'un des cyclones les plus violents qui ait frappé la Gua­deloupe et reste imprimé dans la mémoire collective, celui de sep­tembre 1928. Pour cela j’ai puisé dans les archives de mon ancien journal Guadeloupe 2000 qui consacra un numéro spécial à l’évènement dans son numéro 123 de juin-juillet 1987. Rappelons brièvement les carac­téristiques de ce sinistre : dépres­sion barométrique atteignant 707 mm (contre 760 en temps ordinaire) accompagnée d'un vent extrême­ment violent. Plus la dépression est faible, plus la violence du vent est grande. De plus, la tempête s'accompagna de pluies torrentiel­les, d'une montée de la mer assez loin dans les terres et d'un tremble­ment de terre, selon de nombreux témoins. Conséquences : 1270 victimes pour l'île et des dégâts matériels énormes, certaines petites commu­nes ayant été presque entièrement rasées, Pointe-à-Pitre ayant ses faubourgs abattus et le centre même très endommagé. Face à ce triste bilan, des points réconfor­tants , notamment l'attitude de nos conci­toyens - à la fois courageux et sans plaintes excessives devant l'épreuve - Au contraire ils s'exhor­taient mutuellement à relever les ruines : les journaux de l'époque en font foi . Tel père de famille, après avoir perdu 2 fils, faisait cependant partie d'un Comité de secours. Ainsi se révélait le sens chrétien de tous, pour qui la vie ne se limitait pas à la pierre tombale. Tous témoignaient qu'ils savaient ainsi porter leur esprit vers l'au delà et, en définitive, vers Dieu , refuge des disparus autant que secours des survivants. Autre point réconfortant : le sens de l'entraide parmi les hom­mes du monde occidental. Parmi les peuples de ce monde occidental tant décrié, si matérialiste, nous dit-on, on trouva l'aide de la Martini­que, et en particulier de Fort-de-France, dont le maire vint jusqu'à nous ; celle des Etats-Unis, du Canada, de l'Indochine alors fran­çaise, et surtout du gouvernement central lui-même : 100 millions ( de l’époque) fu­rent envoyés aussitôt pour nous aider à nous relever de nos ruines (dont 6 furent confiés au grand poète catholique Paul Claudel, alors ambassadeur de France à Washing­ton et venu spécialement à Pointe-à-Pitre nous les remettre). Pour compléter ce schéma, lais­sons maintenant la plume à deux témoins, que j’ai bien connus, aujourd’hui décédés et qui ont failli perdre la vie au cours du cyclone. Leur histoire nous est précieuse ; bien que briè­vement contée, elle nous remettra mieux dans l'ambiance que les arti­cles d'hier et d'aujourd'hui. E.Boulogne.   (A Pointe-à-Pitre, une maison s'est effondré sur elle-même et le balcon du 1er étage est au niveau de la rue). SOUVENIR D'UN RESCAPE (Il s’agit de monsieur Eugène Bonnet, qui travaillait alors dans l’île de Marie Galante, une dépendance de la Guadeloupe. La science météorologique était bien moins développée qu’aujourd’hui, et monsieur Bonnet, comme les autres Guadeloupéens découvrirent le monstre cyclonique au moment même, ou à peu près, où il s’abattait sur nos îles. En 1951, encore, dans la ville du Moule, où à l’âge de neuf ans je passais les vacances en famille, un cyclone qui heureusement nous épargna, fut annoncé quelques heures seulement avant l’heure de son passage présumé, par un garde champêtre de la commune, « à son de caisse ». Le texte de M.Bonnet fut écrit spécialement pour Guadeloupe 2000 en 1987.).   « Le 12 septembre 1928 à Grand-Bourg (Marie-Galante), au lever du jour, le ciel brumeux, la mer houleuse, le vent déjà violent, augmentant pro­gressivement d'intensité et soufflant en outre par rafales, avaient mis la ville en émoi, la plupart des habitants se livrant à des conjectures alarmantes. Cependant, les autorités administra­tives locales n'avaient reçu aucun mes­sage annonçant une perturbation atmosphérique inquiétante et invitant la population à recourir aux mesures de sécurité qui s'imposaient. Mais la force du vent devint si puis­sante vers huit heures que l'on ne put mettre en doute l'imminence d'un cyclone ; le baromètre avait baissé d'une façon très sensible et il importait alors de se chercher un abri. Un habitant de la ville, fonctionnaire d'une administration publique(il s’agit de l’auteur lui-même. Note du Scrutateur), logeant dans l'immeuble où était installé son bureau, après avoir renvoyé l'employé affectée à son service, se mit à consoli­der les portes et fenêtres de son appar­tement et celles de son bureau, for­mant le projet, après l'accomplisse­ment de cette tâche d'aller s'abriter ail­leurs, doutant de la solidité de l'immeuble, dont plusieurs fenêtres du galetas et du premier étage avaient déjà été emportées par le vent. Mais il s'attarda trop, voulant à tout prix mettre en sûreté ses archives et dossiers principaux dans l'armoire du bureau. Il s'était astreint à celte obligation depuis une demi-heure à peine, quand il s'aperçut que l'immeuble s'était incliné ; il ne pouvait plus en sortir ; il était neuf heures ; ses souvenirs s'arrêtent là... Quand il reprit connaissance, il se rendit compte que sa maison, s'était écroulée sur lui ; il ne voyait, n'enten­dait rien, était couché enserré sous les décombres ; il resta très longtemps dans cette position, se dégagea peu à peu, après de multiples efforts ; enfin libéré, il utilisa en guise de bouclier, une large cuvette de zinc pour se pro­téger des projectiles qui tombaient autour de lui et parvint difficilement à une maison voisine, fortement endom­magée et abandonnée de ses occu­pants ; de là, profitant d'une accalmie relative et de l'instant bref ou était entrouverte l'une des portes de l'hôpi­tal, proche heureusement, il s'y pré­senta et fut accueilli avec stupéfaction ; il avait le visage couvert de sang prove­nant de (rois blessures au front et à la tempe ; il était dix-huit heures ».   (L'image se passe de commentaires). (DEUXIEME TEMOIGNAGE. (Il s’agit de monsieur Roger Block de Friberg, qui dans cette terrible tragédie fut particulièrement éprouvé, puisqu’il perdit une bonne partie de sa famille dans la catastrophe. Son texte parut alors dans un numéro du journal « Le Nouvelliste de la Guadeloupe »).     LES EFFORTS D'UN PERE POUR ARRACHER SA FAMILLE A LA MORT.   ... Hélas ! oui, j'ai été une des victi­mes les plus éprouvées du cyclone. J'ai perdu trois fillettes, jolies, gentilles et resplendissantes de santé. . Je me trouvais en changement d'air, aux Ilets (petites îles situées dans la rade de Pointe-à-Pitre, à cinq kilomè­tre de la ville) avec toute ma famille : ma femme, mes six enfants, deux ser­vantes, mon beau-frère Roger Dain, âgé de 20 ans, et mon jeune employé, âgé de quinze ans, Florent Saint-Auret. Le vent commença à souffler dans la nuit du 11, mais quoique très fort, il ne laissait rien présager de dangereux. Le 12 au matin voyant que la bourrasque augmentait et que le ciel paraissait tout drôle avec ses nuages qui couraient à une vitesse vertigineuse, je décidai de ne pas me rendre à mon travail, d'autant plus que mon canot à voile courait grand risque de chavirer. Vers dix heures, je ne me faisais plus d'illusions. Nous étions à la merci d'un cyclone et sans secours de la ville, car non seulement l'administration n'avait pas envoyé le moindre bateau à notre secours, mais elle avait négligée de nous avertir du danger. Je pris aussitôt toutes précautions utiles ; les portes de notre maison furent condamnées à l'aide de fortes barres de bois et les crochets attachés ; je réunis ma petite troupe dans une pièce, sous le vent, qui semblait la plus solide et la mieux conditionnée. Tout le monde était calme, sans émotion.   LES MAISONS S'ENVOLENT EN MORCEAUX.   Sur le coup de midi, comme un châ­teau de cartes, notre maison s'envolait par morceaux. Sans perdre de temps et malgré les tôles qui pleuvaient de toutes parts, je conduisis ma nichée dans une maison voisine dont les pro­priétaires, pour cause de maladie, avaient dû gagner la ville la semaine précédente. Nous étions à peine installés dans ce nouveau refuge qu'une seule rafale, d'un bloc, en enlevait le toit. Vers deux heures, c'est la mer qui fait maintenant son apparition aux Ilets. Elle monte sans cesse. Mes enfants, que j'avais perchés sur des tables, ont, au bout de quelques minu­tes, de l'eau jusqu'aux genoux. Notre position devient critique. Les lames ont déjà emporté les dépendances de l'habitation menacent de nous englou­tir. L'une d'elles, d'un choc violent, chasse la maison d'au moins deux mètres. L'effondrement va suivre. Sans plus tarder, au prix de mille diffi­cultés, je porte mes enfants chez un ami et voisin dont la demeure résiste encore. Les grandes personnes se tenant par la main, font la chaîne pour résister à l'impétuosité du vent et à la violence de la houle. Mais, sitôt arri­vés, il nous faut fuir plus loin encore, tenter de nous réfugier dans une autre maison seule debout la plus haute d'ailleurs tous les immeubles des Ilets étant de plain-pied afin de mieux résister au vent.   UNE BREVE ACCALMIE   C'est à 14h30 que nous émigrons vers la maison haute profitant d'une brusque accalmie, (l’œil du cyclone. Note du Scrutateur) car je sais ce répit trompeur, avant-coureur même du retour du cyclone qui, depuis la veille, soufflait du nord-ouest et nous reve­nait du sud-ouest. Les grandes personnes, donc parti­rent avec moi. Je portais mon fils, âgé de deux ans, et soutenais ma femme à demi morte de froid et d'émotion. La route était difficile : une centaine de mètres de trajet, pas plus, mais balayée par 1m50 d'eau, voire 2 m quand arrivaient les lames. Et il fallait franchir des arbres à la dérive, des morceaux de maisons flottants, tout un chaos d'épaves s'entrechoquant. Enfin le premier convoi put arriver à la maison haute (ancienne demeure de M., député). Je repartis en toute hâte, tantôt nageant, tantôt courant sur les bois flottants. J'arrivai enfin à la maison ou j'avais laissé les enfants et les dames y compris notre bonne. La première petite qui apparut à la porte, ce fut ma fillette, âgée de neuf ans. Entre temps, la mer n'avait cessé de monter. Luttant plus désespérément que jamais, je revins, une quatrième fois. Mais, à mi-chemin de la maison ou m'attendaient les miens je trouvai deux petits enfants sur le point de se noyer, cramponnés à une planche qui les soutenait à peine. Sans hésiter - et croyant les miens encore en sécurité -je me portai au secours des deux enfants (orphelins de père depuis le 12 septembre). J'emportai tout d'abord le petit garçon, un pauvre gosse de 5 ans, et je revins prendre sa sœur, âgée de 8 ans. C'est à ce moment-là, il était peut-être 15 heures, que tout fut fini. L'accalmie avait été brève. Du sud-ouest, le vent était revenu avec une intensité terrifiante. Je n'avais pas sitôt mis la fillette à Califourchon sur mon cou que j'aperçus une montagne d'eau s'abattre sur la maisonnette ou se trouvaient encore trois de mes enfants, ma bonne, Mme Pierre Queslel et sa petite fille, Mme Jean Lemaistre, mère de deux orphelins, et deux domesti­ques, en tout neuf personnes qui m'attendaient pour les sauver...   UNE MONTAGNE D'EAU.   Quand je vis celte montagne d'eau s'approcher de moi, instinctivement je plongeai à toucher le sol, risquant de noyer la fillette. Quand je revins à la surface, hélas ! la maison et ses neuf réfugiés avaient disparu. Plus un ves­tige, rien. La lame, qui avait atteint quatre mètres avait tout balayé. Je ne cherchai pas à dire ma détresse. Je restai cloué, hébété par cette perte sans remède. Mais une deuxième et une troisième lames qui m'obligèrent à plonger encore pour n'être pas entraîné, me rappelèrent à la raison et, comme saint Christophe que j'implorais avec ferveur durant mon sauvetage, j'emportai la petite fille à la maison haute, ou nous parvîn­mes à demi noyés par l'eau que nous avions bue. Nous avons passé tout le reste du temps que dura la tourmente au pre­mier étage et, sans discontinuer, le plancher qui se trouvait à 3m50 du sol, se soulevait par endroits laissant s'engouffrer l'eau sous l'effort des vagues. Vers 4 heures du matin, le vent tomba. Au point du jour, il était 5h30, nous décidâmes de quitter notre grenier. La mer avait fauché l'escalier. Je descen­dis à l'aide d'un drap attaché à une poutre et plusieurs hommes firent de même. Une fois dehors, jugeant, tant la maison penchait et menaçait ruine, qu'il était dangereux de laisser dans ce galetas les quelques survivants qui y grelottaient, nous fîmes une échelle avec deux mâts de canots et des bouts de bois ficelés par le travers. Ainsi purent être évacués une vingtaine de pauvres êtres transis, épargnés par le désastre.   EN RADEAU.   A huit heures du matin voyant qu'aucun secours ne nous venait de la ville, craignant que mon dernier petit, un bébé de 2 ans, ne mourût de faim -il n'avait rien mangé depuis vingt-quatre heures et nous n'avions même pas une goutte d'eau douce à lui glisser entre les lèvres, j'assemblai un radeau et me dirigeai vers la terre ferme avec douze passagers, ma femme, une bonne, quatre hommes et six enfants. Ce convoi arriva assez aisément à bon terme, après avoir franchi quatre kilo­mètres d'une mer encore déchaînée. Parvenus à terre, il nous fallut faire à pied, sans chaussures, presque sans linge, dix-huit kilomètres pour attein­dre la ville ou nous ne pénétrâmes qu'à 18 heures, ayant tant bien que mal réparé nos forces avec des noix de coco et des cannes à sucre. La mer m'a volé une fillette de 11 ans, Paulette, une autre de 8 ans, Andrée, et une petite de six ans. Danielle, elle nous a pris aussi Clotilde Jovial, notre bonne de confiance. La maison qui nous a sauvé la vie le 12 septembre, est tombée hier matin. Les llets, qui comptaient trente-deux maisons, en ont eu trente et une emportées par le flot. Soixante-dix-huit personnes y ont été noyées. Une trentaine d'Iliens ont été sauvés. Les corps retrouvés en grand nombre à la côte étaient si défigurés qu'ils étaient méconnaissables, difficiles à identifier. J'ai pu retrouver ma pauvre petite Danielle, que j'ai dû enterrer sur le rivage même, car hélas ! le temps pressait. Et nous avons enterré les autres également sur le rivage, les autres, tous les autres, sans savoir. R.B. deFRIBERG.       Témoignage de Gilbert de Chambertrand.   (Gilbert de Chambertrand). La lettre qui suit constitue un témoignage très intéressant, très vivant du tragique cyclone de 1928, émanant d’un des esprits les plus originaux de la Guadeloupe littéraire et artistique du XXè siècle, monsieur Gilbert de Chambertrand, que l’on a souvent désigné sous l’étiquette très honorable de « Sacha Guitry des Antilles ». Cette lettre parut dans le journal l’Illustration du 13 octobre 1928. Je l’ai retrouvée dans le petit livre de monsieur Maurice Martin destiné aux élèves de l’enseignement primaire sous le titre « Précis d’histoire de la Guadeloupe ». Mon édition est de 1939. (Sur Gilbert de Chambertrand on pourra se référer à l’article du Scrutateur que l’on peut trouver dans nos archives sous la rubrique « Figures ».         Cyclone du 12 septembre 1928 Lettre de M. Gilbert de Ghambertrand.   Dès le 11, un peu après midi, le vent se mit à souffler du Nord, cependant que le baromètre, qui était à 760, commençait à baisser, signes non équi­voques de l'existence d'une dépression cyclonique. A 16 heures, il était à 758 et, au moment du coucher du soleil, nous pûmes voir un de ces ciels sinistres aux reflets de cuivre qui annoncent généralement les grands bouleversements du ciel. A 20 heures, la pres­sion était à 756, cependant que le vent augmentait graduellement d'intensité. A minuit, j'ai jugé utile d'aller consolider quelques portes de la maison que j'habitais; le baromètre marquait 754. Le 12, à 5 heures du matin, 752, puis à 7 heures, 750. A partir de ce moment, la situation se précipita. Le vent devenait de plus en plus dur. A 10 heures, 745. Un télégramme arrivait de San-Juan de Porto-Rico, situant le centre de la dépression à 300 milles de la Guadeloupe et se dirigeant sur elle. Ma maison, qui était assez haute et isolée, me parut peu sûre et je l'abandonnai vers 10 heures et demie pour me réfugier dans une maison voisine, plus basse et mieux abritée, emmenant deux enfants et emportant mon baromètre à mercure, la seule chose qui dut me rester. Vers midi, en effet, ma maison s'effondrait et le baromètre marquait 720. Mais le vent devait croître encore de violence, et la dépres­sion se creuser davantage. Ce n'était qu'un vacarme épouvantable de tôles et de planches emportées et défonçant les maisons ; de murs s'écroulant ; la mer envahissant la ville par les quais, éventrant les docks et les magasins. La maison où je m'étais réfugié commençait à être démolie à son tour. Sa toiture arrachée pièce à pièce, le plafond de l'étage supérieur s'effondrant sur les planchers, s'ajou­taient pour nous au vacarme extérieur. Tout était ruisselant d'eau, et le vent atteignit une force prodi­gieuse. Enfin, vers 14 heures, survint l'accalmie, l'éclaircie zénithale qui dura très peu, dix minutes environ, pendant lesquelles j'eus le temps de noter la pression la plus basse que je pus observer : 707 m/m. Aussitôt, le vent qui soufflait précédemment du Nord, passa au Sud et reprit, de plus belle, sa rage folle. Jusqu'à quatre heures, ce ne fut qu'un tourbillon d'enfer. A plus d'une reprise, la maison frémit et nous la sen­tîmes se soulever. Elle resta cependant sur sa base et, vers 16 heures, nous eûmes la joie de constater que le baromètre était remonté à 728. Vers 18 ou 19 heures, il était à 735. A 21 heures, à 745. Enfin, le 13, à 4 heures, il était revenu à 754, tandis que le vent, dont la force avait progressivement diminué, agitait encore ses der­nières rafales sur les ruines de la ville. A sept heures, lorsque nous nous hasardâmes au dehors, le baromètre marquait 756. Quel spectacle nous attendait !... Les maisons cul­butées, éventrées, les rues encombrées de débris de toutes sortes, les arbres réduits à leurs troncs, pour ceux du moins qui n'ont pas été déracinés. Le pays devenu méconnaissable. Toute une terre dévastée, roussie, sur laquelle les premiers secours commencèrent de s'organiser péniblement, toutes sortes de choses horribles, de scènes atroces, dont le nombre allait croissant. Des cadavres arrachés aux décombres... El maintenant, c'est l'isolement, toutes les communications interrompues, la famine et l'épidémie devant soi, parmi les fers tordus, les poutres rompues, les maisons ren­versées.   Gilbert de Chambertrand. Illustration du 13 octobre 1928.    ( Si, parmi vous, lecteurs, il est des survivants de cet évènement douloureux d'une époque qui s'éloigne, et si vous voulez faire partager vos souvenirs, n'hésitez pas à me les communiquer pour publication dans Le Scrutateur? Adressez moi vos trextes à : e.boulogne1@ool.fr ).     Pour être informé régulièrement des recherches du Scrutateur, Inscrivez vous à notre Newsletter. A droite de l'écran. Deux clics et ça y est! Et c'est gratuit.     ]]> fr 2008-07-11T20:59:29Z <![CDATA[Signer la pétition avec Christine Boutin?]]> http://www.lescrutateur.com/article-21058669.html .Signer la pétition avec Christine Boutin ?   Je lisais hier dans le journal action Française 2000, un intéressant article de M.Michel Fromentoux (voir ci-dessous), sous le titre éloquent « Ventres à vendre ». Ce matin je reçois l’invitation à signer (ce que j’ai fait, la pétition à ce sujet, lancée par le ministre madame Christine Boutin . Je la reproduis après l’article de Michel Fromentoux. A vous, lecteurs amis de voir ce que vous jugez devoir faire à ce sujet, en votre âme et conscience. Edouard Boulogne.  Ventres à vendre.   Bataille de dames ce vendredi 27 juin au sein du gouverne­ment Fillon. Mme Nadine Morano, secrétaire d'État à la Famille (!). venait de déclarer qu'elle était fa­vorable à la légalisation du recours aux mères porteuses comme une commission sénatoriale venait d'en envisager la possibilité ; elle avait ajouté qu'elle-même donnerait vo­lontiers l'exemple en portant l'enfant de sa fille si celle-ci souffrait d'un mal­formation utérine. Il n'en fallut pas plus pour réveiller sa collègue, Mme Christine Boutin, mi­nistre du Logement, dont on croyait qu'elle avait perdu sa langue et sa morale en entrant dans l'équipe de M. Sarkozy. Jugeanl « surprenants » les propos de Nadine, Christine a dé­claré : >< Je ne peux imaginer que Mme Morano. en charge de la fa­mille, n'ait pas envisagé les consé­quences familiales, psycholo­giques et éthiques de son accep­tation du principe de pouvoir être la mère de ses propres petits-en­fants. » Et d'annoncer le lancement d'une pétition pour alerter l'opinion. C'est montrer l'aberration d'une loi qui avait été écartée des lois de bioéthique votées en 1994 et à la­quelle certains s'évertuent déjà à préparer de nouveau l'opinion.   Le "droit à l'enfant"   Gageons que dans les mois qui viennent tout sera entrepris pour émouvoir et manipuler les cœurs tendres, dans le plus pur style du procès de Bobigny qui, étant un cas extrême de détresse, avait retourné l'opinion en 1974 en faveur de l'avortement. Cette fois on fera verser des larmes sur le sort de pauvres femmes qui veulent avoir un enfant que des difficultés utérines les empêchent de porter elles-mêmes. On dira qu'elles ont le droit de se faire prêter le ventre d'une autre femme, comme si le droit à l'enfant était un absolu justifiant les moyens les plus antinaturels... Dans cette affaire, une fois de plus, les adultes se comportent en égoïstes, ne cherchant qu'à se faire plaisir. Le besoin de pouponner éclipse le souci du bien de l'enfant que l'on conquiert de force. Est-ce un "cadeau" que de le faire naître au sein d'un imbroglio juridique, bio­logique et psychique ? Entre sa mère par le sang et sa mère "gestatrice", comment s'y retrouvera-t-il ? Quels seront ses repères généalogiques ? Comment réagira-t-il quand il ap­prendra que celle avec laquelle des liens inévitables se seront tissés pen­dant neuf mois n'est pas sa vraie mère ? Et que se passera-t-il si, après l'accouchement, la mère por­teuse refuse de rendre l'enfant à la mère commanditaire ? Ne risque-t­’on pas d'assister à un commerce illi­cite proposant aux femmes dans le besoin de vendre leur venlre à au­trui ? La dignité de la femme y trou­vera-t-elle son compte ? Et si la por­teuse boit ou transmet quelque ma­ladie à son petit "pensionnaire", que feront les parents ? Enfin ne serait-il pas plus sage de faciliter l'adoption par les couples stériles ? Si la loi vient à passer, les hommes de loi auront de beaux jours devant eux, mats le sort de l'enfant n'aura rien d'enviable. Surtout si cette pratique venait à intéresser les homosexuels en mal d'enfant... Imaginons un en­fant qui se retrouverait avec deux papas el deux mamans... Le pauvre naîtrait condamné au strabisme psychologique ! Pensons ici à la belle et célèbre page de Maurras dans La politique naturelle, montrant autour d'un ber­ceau l'empressement du cercle fa­milial à donner au petit être tout son amour de façon clémente et hu­maine, tout ce par quoi l'avènement de la vie de l'homme, contrairement à celle du petit poussin, « touche des profondeurs de physique mystérieuse ». Comment l'enfant qui ouvrira les yeux sur des per­sonnes dont il ne saura pas bien auxquelles il doit le plus la vie se sentira-t-il accueilli ?   michel fromentoux.   Signer la pétition avec Christine Boutin ?        /*Christine BOUTIN*/    /*Présidente du Forum des républicains sociaux*/    /*Ministre du Logement et de la Ville*/    Madame, Mademoiselle, Monsieur, chers amis,    Suite au rapport du Sénat sur les mères porteuses, vous savez sans    doute que je me suis élevée avec force contre tout projet de    législation autorisant la « gestation pour autrui ». Cette grave    question sera rediscutée dans le cadre de la révision des lois    bioéthiques, mais c'est dès maintenant qu'il faut nous mobiliser    contre ces dérives potentielles. Si vous n'avez pas encore signé la    pétition que j'ai lancée, il vous suffit cliquer sur le lien suivant    pour y accéder :* **www.thematiquefrs.org*    <http://www.thematiquefrs.org/>    Merci de diffuser largement ce    message autour de vous, et de faire circuler la pétition à toutes    vos relations soit en utilisant la fonction "transférer" de votre    boîte électronique, soit sous forme papier (vous la trouverez à la    même adresse Internet). Les progrès de la science ne doivent pas    tout permettre ! Réagissons !Merci pour votre soutien à cette action.    Bien cordialement.         ]]> fr 2008-07-07T18:45:16Z <![CDATA[Service minimum.]]> http://www.lescrutateur.com/article-21048847.html Service minimum. Chers amis du Scrutateur, Les vacances, les grandes vacances ont commencé depuis quelques jours, pour beaucoup d'entre vous, et d'autres vont les prendre de façon échelonnée jusqu'à la fin août. Certains des rédacteurs de votre blog jouissent déjà d'un repos bien mérité, Henri Pauvert, Marie Deval, etc. Le Scrutateur ne pas pourtant pas s'arrêter pour deux mois. Sa veille va continuer, mais le rythme en sera plus lent, espacé. Et une place plus importante va être accordée à des sujets décontractés. En septembre, vous allez retrouver votre Scrutateur habituel, et, je l'espère encor amélioré. Bonnes vacances pour ceux qui les prennent en cette saison. Le Scrutateur. ]]> fr 2008-07-07T13:05:11Z <![CDATA[Forigoler : Erotisme et mathématique.]]> http://www.lescrutateur.com/article-20994054.html Erotisme et mathématiques! : Les mathématiques, ça explique tout... > > >       A bon entendeur...!!! > > > >       Ah les mathématiques, ça explique tout... > > > >       Tout bonnement j'ai déjà demandé ce que voulait dire, se donner à > >       100%? > > > >       Et comment font ceux (ou celles) qui se vantent de se donner à PLUS > >       de 100% ? > > > >       Voici une explication scientifiquement prouvée qui peut donner à > >       réfléchir... > > > >       Si on considère que: A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X > >       Y Z > >       Correspondent à : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >       21 22 23 24 25 26 > > > >       Alors faisons des comparatifs : > >       - T R A V A I L = 20+18+1+22+1+9+12 = 83% > >       - E N G A G E M E N T = 5+14+7+1+7+5+13+5+14+20 = 91% > >       - C O M P E T E N C E = 3+15+13+16+5+20+5+14+3+5 = 99% > > > >       On s'approche du résultat, n'est ce pas ? > >       Alors continuons : > > > >       - A T T I T U D E = 1+20+20+9+20+21+4+5 = 100% > >       - D I S C I P L I N E = 4+9+19+3+9+16+12+9+14+5 = 100% > > > >       Impressionnant, non ? > > > >       Continuons donc : > > > >       - V A N T A R D I S E = 22+1+14+20+1+18+4+9+19+5 = 113% > > > >       Là, on vient de péter le 100% ! > >       Voyons jusqu'où cela peut nous mener... > > > >       - LECHER LE CUL = 12+5+3+8+5+18+12+5+3+21+12 = 120% > >       - CIRER LES POMPES = 3+9+18+5+18+12+5+19+16+15+13+16+5+19 = 133% > >       - S U C E R L E B O S S = 19+21+3+18+12+5+2+15+19+19 = 173% > >       Alors la prochaine fois que quelqu'un (e) vous dira : > > > >       ' Moi, dans mon travail, je me donne à plus de 100% ' > > > >       Vous saurez pourquoi ! > > ]]> fr 2008-07-05T00:12:03Z