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Mercredi 20 février 2008

Castro se retire, l'aurore se lève à La Havane.


F.CASTRO.jpg



( Fidel Castro ne se représente pas à l’élection pour le pouvoir suprême à Cuba. Pour le peuple cubain ce n’est pas encore le jour, mais c’est déjà l’aurore.
Ce n’est pas le jour, car le pouvoir restera occupé par le parti communiste, représenté par Raoul Castro, le frère de Fidel. Le système totalitaire, la machine à broyer les hommes restera en place.
Mais le leader maximo vaincu par l’âge ne pourra plus jouer de son charisme, à la façon, hier, d’un Staline ou d’un Mao Tsé Toung, un facteur qui n’est pas négligeable.
Bonne nouvelle donc pour les Cubains, et les amoureux de la liberté. Tristesse en revanche pour les nostalgiques du temps où la chape de plomb du communisme semblait devoir se répandre sur le monde, si bien symbolisés par la femme de l’autre, (tatie) Danielle Mitterrand, à laquelle j’adresse mes condoléances ( très sincères!).
Le Scrutateur).





        (1)Conviction et responsabilité.

.
    Comme aimait à dire le général de Gaulle "les choses étant ce qu'elles sont, et le monde ce que nous savons", il faut pour faire de la politique n'avoir pas l'âme trop sensible aux odeurs de sang et de pourriture, s'armer d'une bonne dose de cynisme, enfiler les gants les plus imperméables aux poisons les plus pénétrants.
    L'expérience la plus ancienne imposant l'évidence que la vie internationale fait l'objet d'une attention particulièrement vigilante et active du Prince de ce monde, je ne me formalise pas qu'un de Gaulle serre la main de criminels d'Etat comme Staline ou Mao Tsé Toung, et que le pape se rende à Cuba (ou jadis, que le Vatican ait entretenu une ambassade, tant que cela fut possible dans le Berlin national-socialiste des années 30).
    Il y a en effet, selon une célèbre et utile distinction, entre l’éthique de conviction et l’ éthique de responsabilité. Les personnes privées (ou les chefs d'Etat dans leur for intérieur, ou quand ils ont cessé de représenter leur Etat) peuvent plus facilement (ce peut être parfois un devoir, où le salut de l' âme est engagé) exercer l'éthique de conviction. Je peux être, par exemple, en tant que professeur, en tant que journaliste indépendant, m'élever avec force contre toutes relations commerciale avec la Chine tant que les produits manufacturés qu'elle exporte sont, comme il est avéré, le produit du travail forcé de prisonniers politiques, véritables esclaves des temps modernes, exploités dans les camps de concentrations chinois : les "laogaï". Mais il n'est pas dit que l'attitude du chef de l'Etat (français par exemple)soit aussi simple et facile, quand toute mesure de rétorsion française, pourrait se payer, en retour, d'une fermeture du marché chinois aux exportations françaises dans un monde de concurrence économique impitoyable, "dans le monde tel qu'il est".
    Machiavel avait formulé cela de façon définitive : "Un homme qui veut être parfaitement honnête au milieu de gens malhonnêtes, ne peut manquer de périr tôt ou tard". Le drame (parfois) de l'homme d'Etat, c'est qu'il n'a pas le droit d'oublier qu'il n'engage pas que lui, tout en étant aussi (éventuellement),un homme de conviction.
    Il convient donc, en matière politique, pour les personnes privées d'éviter les indignations moralisatrices trop faciles, les conduites de biches effarouchées.
    Mais il importe que, dans l'orchestre, chacun connaisse, respecte et joue le rôle qui est le sien dans la partition.
    Le meilleur service que l'intellectuel engagé, que le journaliste indépendant puisse rendre aux responsables de son pays, est de jouer son rôle, tout son rôle, d'homme de conviction.
    Si les intellectuels français ou britanniques avaient dans les années 30 joué leur rôle, d'informateurs honnêtes de l'opinion publique, au lieu de donner dans le pacifisme le plus abject (" une France en guerre, n'est-ce pas pire qu'une France nazifiée" écrivait en 1938 une Simone de Beauvoir), nous eussions évité Munich, la seconde guerre mondiale, et son cortège d'horreurs.
    Si l'on veut le respect des droits de l'homme il faut d'abord se mettre dans les dispositions intérieures qui nous les feront respecter, nous, et ensuite créer dans la société civile, les groupes de pression qui permettront d'agir sur les Etats chaque fois que ces droits auront été violés, quels que soient les fauteurs.
    Force est de constater, à l'écoute (ou à la lecture) des grands médias, que tout est loin d'être à cet égard pour le mieux dans le meilleur des mondes.
       

        (2)Castro par ci! Castro par là!


                En ces jours où les médias bruissent du nom de Fidel CASTRO, où le CONDUCATOR, est bien fatigué, il demeure des fanatiques, tel ce professeur à l'université de Marne la Vallée, en France, pour (aujourd'hui, 20 février 2008), sur les antennes de LCI, tenter de nier la réalité, et de présenter le tyran de la Havane sous les traits d'un idéaliste au service de l'homme et du peuple cubain.
    De la même façon que Curzio Malaparte a gardé le souvenir fascinant d'un Staline père du peuple, souriant d'un air bonhomme dans le temps même ou il organisait le massacre des Koulaks, nous garderons longtemps le souvenir d'un Castro, humble, suivant précautionneusement, en fils attentionné, le pape Jean-Paul 2 lors de sa récente visite dans la grande île sinistrée par quarante années de communisme.
    Je ne le rappellerai pas, parce qu'ils le savent, à ces idéologues pervertis, un Jack Lang, une Danielle Mitterrand, mais à certains de mes jeunes confrères guadeloupéens des radios, que je crois sincères (et naïfs) et qui appellent Castro par son prénom, en camarades affectueux, "Fidel, par çi! Fidel par là! :  cet homme est un comédien, et c'est un criminel d'Etat !
    Gaulliste pour l'essentiel, en politique étrangère, je suis peu suspect d'Américanisme inconditionnel. Mais que les Etats-Unis d'Amérique soient une grande puissance impériale,qu'il faut se préoccuper de contenir en son exubérant vouloir vivre,ne justifie pas qu'en cela l'on confonde Lucky Luke et Joe Dalton, Zorro et Fidel Castro; de la même façon que l'on eut tort jadis (paix aux cendres de Roosevelt!) de croire que l'on pouvait jouer de Staline pour abattre Hitler et édifier la "démocratie".
    J'ai assisté en août 1960, aux journées de la jeunesse "anticolonialiste" qui se tinrent au Palais de la Mutualité à Pointe-à-Pitre. C'était l'aube du castrisme. L'AGEG et L'AGEM ne juraient que par le Conducator. Mais des esprits libres manifestaient déjà leur scepticisme envers ce nouveau foyer de subversion marxiste léniniste.
    Car, à condition de le vouloir, de n'être point trop subjugué par l'emprise de la secte, on pouvait parfaitement savoir que la réalité ne concordait pas avec le discours de la propagande.
    Je consulte mon exemplaire jauni du livre de René DUMONT (un homme de gauche pourtant) Cuba est-il socialiste? 'éditions du Seuil, paru en 1970. Dumont, parti pour Cuba, enthousiaste, comme conseiller de Fidel Castro, clame sa désillusion :
« L'Etat cubain est-il vraiment entre les mains du peuple, des travailleurs, des opprimés?. Il paraîtrait excessif de l'affirmer. Un groupe dirigeant s'est peu à peu dégagé, par éliminations successives de certaines fractions, d'autres dirigeants. Depuis 1959 il a à sa tête le même chef, aussi incontesté ; et c'est justement là que le bât peut le blesser le plus? Car un pays, à mon avis, ne peut s'affirmer socialiste, dès que la contestation populaire n'y est plus guère possible (illusion du vieil idéaliste gauchiste R.DUMONT).Ce qui est, du reste une caractéristique commune, à des degrés divers, de tous les pays qui aujourd'hui se prétendent socialistes. »
    Je feuillette le dossier qu'au fil des années j'ai constitué sur Cuba. J'y trouve des documents hallucinants sur le totalitarisme du régime de Castro, sur la torture ordinaire dans les prisons, sur les dizaines de milliers de prisonniers politiques, sur les non moins nombreux fuyards qui sur des embarcations de fortune tentent d'atteindre la Floride et les Etats-Unis. Je redécouvre cette lettre adressée à l'ancien prisonnier politique Armando Valladarès par un prisonnier des prisons castristes qui y croupit encore : ."..maintenant les gardiens ont un autre amusement. Devine lequel? eh bien ! ils amènent des chiens, "bergers allemands "pour les entraîner dans les corridors; ils ferment les issues, et alors commence la fête, quand sortent les détenus, transformant les allées en colisée romain et les chiens en véritables bêtes fauves. Pour autant qu'on puisse le raconter; cela m'est impossible, il n'y a pas de mots pour décrire la scène. Il faut avoir vu ces malheureux, avec des blessures sur tout le corps et certaines infectées avec des vers....."2
    Pourtant à cette époque déjà, les "grandes consciences" se pressent autour de Castro le flattent : Sartre et de Beauvoir, Régis Debray (qui depuis a fait acte de repentance),plus tard François Mitterrand, son épouse Danièle, Jack Lang, et tant d'autres. Et la presse française, de gauche qui fait l'opinion depuis la libération conforte le dictateur. Lorsque Lucien Lacroix publie son livre "Cuba no", en 1976, témoignage iconoclaste sur le goulag tropical, Dominique Dhombre dans Le Monde 3 le traite de "Tartarin du reportage" et conclut en disant :"Le castrisme, la bureaucratie cubaine, ne sont donc pas seulement le prétexte, pour ce Suisse jovial, de déblatérer contre tous les empêcheurs de tourner en rond. La critique est politique, comme l'est cette description de l'immeuble où demeure Fidel Castro place de la république à la Havane ; « une tour construite par un dictateur de droite(Battista, NDLR),mais c'est un dictateur de gauche qui l'occupe actuellement»."
    Nous aurons à revenir plus loin sur le sens de cette complicité active du journal Le Monde avec les totalitarismes communistes.4 Mais sur la vraie nature du régime castriste à Cuba, il vient de paraître une excellente synthèse, à savoir le chapitre consacré à l'île sinistrée, par Pascal Fontaine dans le magistral ouvrage collectif élaboré sous la direction de Stéphane Courtois.5

        (3)Goulag tropical.



    Fontaine insiste sur le fait que ceux qui, contre le dictateur classique Battista, avaient cru en Castro déchantent très vite. C'est en janvier 1959 que "Fidel" et ses "barbudos "entrent à la Havane. Aussitôt commencent, dans les prisons, des exécutions massives, et gratuites.
Des élections libres avaient été promises dans les dix huit mois. Au pouvoir Castro les refuse "Des élections! Pour quoi faire? "s'exclame t-il.
    Les membres non communistes du gouvernement (il s'agissait au départ de renverser le dictateur corrompu Battista, non d'installer le communisme. Castro trompa ainsi longtemps beaucoup de monde, l'Eglise, et même les USA) démissionnent les uns après les autres. Ils s'exilent ou sont condamnés à la mort, ou à la prison. Très vite commencent des vagues de départ de gens des classes moyennes, tandis que la presse libre, non gouvernementale est interdite. Ne subsistent que Granma, et Hoy, expressions du pouvoir politique communiste.
    Mais la répression touche bientôt les classes populaires. En 1962 par exemple, le droit de grève est supprimé. Puis l'Eglise catholique qui avait au début été plutôt favorable aux opposants de Battista, subit des persécutions qui se poursuivront jusqu'à une date très récente. "Le régime œuvra à la marginalisation des institutions religieuses L'un des procédés consistait à laisser chaque cubain libre d'afficher sa foi, quitte à subir les mesures de rétorsion, comme l'interdiction d'accès à l'université et aux carrières administratives". 6 Puis c'est le monde des artistes qui est touché. Tout le secteur "culturel" est mis au pas. Ceux qui se rebellent sont tués ou jetés en prison, tels l'écrivain Ernesto Padilla, ou A.Valladarès.Castro est à l'époque soutenu par une autre coqueluche de l'intelligentzia occidentale Guevara dit "Le Che", dont les médias nous ont récemment ressassé, avec quelle admiration dépourvue de tout esprit critique, et de toute objectivité, les sinistres exploits.
    C'est lui qui, occupant alors la charge de procureur, crée les camps de concentration à Cuba, dans la péninsule de Guanaha. C'est lui qui dans son testament loue "la haine efficace qui fait de l'homme une efficace, violente, sélective et froide machine à tuer"; .C'est ce sectaire qui déclare :"je ne peux pas être ami avec quelqu'un qui ne partage pas mes idées"; C'est lui qui en 1963, rencontre au Congo son ami et disciple, déjà expert en massacres de populations civiles, un certain Désiré Kabila.
    Contre la dictature communiste de "Fidel" une résistance s'instaure dans les maquis même où s'était développée l'opposition à Battista. En quelques années, elle sera impitoyablement massacrée.
    Avec les années, la mainmise se perfectionne sur la grande île du nord caraïbe. Castro crée un service de renseignements analogue au KGB de l'URSS, la "Sécurité" que les Cubains surnomment la "gestapo rouge". Ce service contribue au quadrillage de toute la société cubaine. L'espionnite est généralisée. Chaque cubain est en puissance l'espion de son voisin. Personne n'ose plus faire confiance à personne; surtout dans un pays où comme l'a dit un ancien fonctionnaire du régime, Carlos Franqui : « l'opposant est un malade, et le policier son médecin. Le prisonnier sera libre quand il inspirera confiance au policier. S'il n'accepte pas la cure, le temps ne compte pas".7
    Par dizaines de mille et chaque année les Cubains qui le peuvent fuient le paradis castriste pour Miami et les Etats-Unis.
    Et les prisons sont pleines, et la torture y est pratiquée à grande échelle. Certaines prisons ont remis en usage les cages de fer (cavetas)."Il s'agit d'une cellule de 1 mètre de large sur 1,8 de hauteur, et longue d'une dizaine de mètres. Dans cet univers clos où la proximité est difficilement supportable, sans eau ni hygiène, les prisonniers, politiques et droit commun mêlés, restaient des semaines, parfois des mois".
    A la prison de Nuevo Amenacer, à la Havane, la doctoresse Martha Frayde qui y fut détenu rapporte ce qu'elle a vécu. Par exemple "Ma cellule avait six mètres sur cinq. Nous étions 22 dormant sur des châlits superposés par deux ou trois(....)Dans notre cellule, il nous arriva d'être 42 (....). Les conditions d'hygiène devenaient tout à fait insupportables. Les bacs où nous devions nous laver étaient remplis d'immondices. Il était devenu tout- fait impossible de faire sa toilette(....). L'eau vint à manquer .L'évacuation des toilettes devint impossible. Elles se remplirent puis débordèrent. Une nappe d'excréments se forma, envahissant nos cellules. Puis, comme un flot irrépressible, elle gagna le couloir, puis l'escalier pour descendre jusqu'au jardin...".
    Des émeutes toutes récentes, encore, en 1994,furent durement réprimées, et plus de 25000 cubains s'exilèrent à nouveau.


        (4)Le pourquoi du silence.



    Il est permis de s'étonner qu'Amnesty International, la Ligue des Droits de l'homme, et toutes les "grandes consciences" ne fassent pas entendre leurs voix avec éclats comme pour Haïti au temps de Cedras. Il est surprenant que commentant les allées et venues de M.Fidel Castro, Le Monde, Jean-Marie Cavada, Dominique Verdeillan ou monseigneur Gaillot, si prompts à dénicher tels obscurs nonagénaires qui occupèrent il a 50 ans des fonctions subalternes dans la machine à tuer hitlérienne pour le désigner à la vindicte publique, non seulement se taisent sur le vrai visage d'un Castro(et d'une manière générale de tous les dirigeants communistes ou anciennement communistes et récemment reconvertis),mais, pire, le présentent comme un justicier, l'héroïque défenseur du "peuple cubain" face à l'Amérique.
    Pourquoi une si stupéfiante et abjecte attitude? Un article de la revue Commentaires (celle que fonda Raymond Aron) donne une réponse vraisemblable. Il est signé Zbigniew Brzezinski qui tente d'expliquer le traitement inégal entre les deux totalitarismes du 20 ème siècle par les occidentaux. Je livre ce texte à la méditation; il le mérite : "le nazisme était ouvertement anti-intellectuel et anti rationnel. Ses postulats n'étaient que des mythes absurdes, exprimés dans un langage tout à fait primitif. le communisme, lui, même quand il prêchait la haine, prétendait à une rationalité scientifique.
    Deuxièmement, l'athéisme déclaré du communisme exerçait une séduction particulière sur certains esprits. Son attaque frontale contre le christianisme enthousiasmait ceux qui l'avaient répudié ou qui s'en croyaient victimes. Le communisme semblait offrir une conception du monde alternative mais tout aussi totalisante, et il rejetait l'héritage chrétien de l'Europe qui, depuis la Révolution française, semblait de plus en plus en conflit avec la laïcité moderne et avec son matérialisme.
    Troisièmement ,le nazisme était ouvertement et violemment antisémite. Un nazi se devait d'être antisémite alors qu'un communiste pouvait pratiquer l'antisémitisme tout en le dénonçant officiellement (souligné par l’auteur). La doctrine nazie conduisait tout droit à Auschwitz, mais comme le communisme, lui, était plus œcuménique dans le choix de ses victimes, chaque communiste pris individuellement semblait moins directement responsable de la mort de ses victimes, pourtant désignées par une doctrine celle de la lutte des classes. De plus, les régimes communistes condamnaient officiellement l'antisémitisme, ce qui créait une distinction illusoire, mais lumineuse pour certains, entre communisme et nazisme.
    Quatrièmement, l'incapacité occidentale à juger nazisme et communisme selon les mêmes critères s'explique par une hypocrisie éhontée? C'est vrai, je me suis trompé, mais je croyais en une noble cause : cette justification est aussitôt acceptée chez un ancien stalinien, jamais d'un ancien nazi. Au bout du compte, c'est ce distinguo-là qui est le plus épouvantable, car il implique que le communisme, dans ses profondeurs partagerait l'héritage spirituel judéo-chrétien. Exonérer le communisme de ses crimes revient à s'infliger à soi-même une stérilisation philosophique."


Edouard Boulogne.


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Dimanche 11 mars 2007

La mort de jean-Jacques Servan-Schreiber.


J'ai lu jadis ses éditoriaux de l'Express, qu'il fonda, et dirigea avec une équipe brillante où figura cette autre "étoile" : Françoise Giroud. Lu aussi certains de ses livres, dont le "Défi américain" qu'il publia en collaboration avec Henri Albert.
Tout le monde est d'accord, c'était un agitateur d'idées, un homme brillant.

Cela ne suffit pas à faire un grand homme, ni dans le domaine du journalisme, ni dans celui de la politique.

Mais il n'est pas "convenable" de ne pas encenser les disparus, le jour de leur mort. "Les morts, les pauvres morts ont de grandes douleurs". C'est pourquoi je ne serai pas très long, aujourd'hui, sur JJ SS.

Je retiendrai de lui pour vous les communiquer, trois citations.

La première fut la première phrase de son article de l'Express, au lendemain de la démission du général de Gaulle de la présidence de la République, après son échec au referendum de 1969 : "pour la première fois de ma vie, je suis fier d'être Français". (sic).

La seconde est extraite d'un autre article de l'Express, dans les années 60, que j'avais notée dans un de mes carnets : "Consommer, c'est former mieux un plus grand nombre d'hommes et les rendre plus heureux. C'est la grande aventure de notre époque. et Au bout il y a la liberté". JJ SS, un ascète de la pléthore. Bon, continuons!

La troisième fut ce qu'il écrivit à François Mitterrand en 1971 : "Nous ne sommes pas rivaux. Faites-vous élire à la présidence de la République. Je n'y vois pas d'inconvénients. Je me contenterai de la présidence de l'Europe" (resic). J'aurais payé cher pour entrevoir la mimique du Rastignac charentais, peu connu pour son humilité. JJ SS, lui était-il orgueilleux ou vaniteux?

Comme quoi on peut être intelligent (mais qu'est-ce que l'intelligence? Vaste question!), et manquer de quelque chose.

Mais j'ai promis de rester convenable, pour une fois. Donc, au revoir, et à bientôt!

Edouard BOULOGNE..

Aperçu généré le 11/03/2007 à 15:03:14
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Dimanche 11 mars 2007
ALLENDE : L'autre visage de l'idole.

J'ai essayé, hier, de rendre compte, de façon vigoureuse mais réfléchie, après la mort du général Pinochet, de la signification de l'évènement.

Un homme est mort, il a été chef d'un Etat il y a plus de 20 ans. On peut ne pas partager ses options. Objectivement, s'il fut un chef autoritaire, -nous étions en Amérique du sud, au Chili, pas en France ou en Grande Bretagne, et cette précision sur le contexte compte quand on veut juger avec justesse, et justice-, il ne fut certainement pas pire que tant d'autres qui sont chaque jour honorés dans les capitales, reçus à Paris, à Londres, à Washington.

Il n'eut pas, sur ses mains le sang répandu par les Fidel Castro, ou les Poutine (ancien colonel du KGB, la Gestapo de l'ex URSS), pour nous en tenir à ces deux-là, parmi tant et tant d'autres.

Pourquoi est-il, ces jours-ci tant attaqué, honni, calomnié ? Disons le froidement : parce qu'il n'était plus au Pouvoir depuis longtemps, d'une part, et, d'autre part, parce que son oeuvre fut une réaction de droite, au communisme, dont l'influence est encore considérable en Occident, dans les médias, dans l'Université, là où se fait l'OPINION PUBLIQUE; et parce que Pinochet était catholique, et qu'il ne ne s'était pas soumis à une quelconque maçonnerie.

Souvenons nous-en tous ces jours-ci en nous informant.

Il était devenu "faible". Et Le poète Jean de la Fontaine a tout dit en deux vers :

"Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour, vous rendront blanc ou noir".

Pour son rival, Salvator Allende, c'est le contraire. J'ai cité hier les lumineuses analyses de Jean-François Revel, qui démontrent pourquoi ceux qui voient dans la dictateur de la gauche marxiste chilienne, un démocrate, manquent singulièrement d'honnêteté.
Je n'y reviendrai pas.

Je voudrais toutefois pour compléter le portrait d'Allende, publier ci-après la note de lecture, parue dans la revue Catholica (de l'automne 2006, n° 93), concernant le livre de Victor Farias : "Allende.La face cachée. Antisémitisme et eugénisme" (éditions Grancher).
L'article est de Marie Raynaud.

Ce sont là des renseignements précieux que l'on ne trouvera pas dans la grande presse aux ordres des lobbies qui tiennent en laisse trop de citoyens.

Heureusement, sous la glace, des ruisseaux coulent encore, source de réflexion libre, et d'espérance. Comme notre Scrutateur, qu'il faut faire connaître au maximum de gens.

Edouard BOULOGNE.



ALLENDE : Eugénisme et nazisme, l'idole blessée.




« Avec une hâte compréhensible, beaucoup opteront pour le silence et l'oubli le plus rapide. [...] En ce qui me concerne, je crois que tout ce qui a été jusqu'ici apporté dans ce livre doit être dénoncé, inlassablement » (p. 192). C'est avec ces quelques mots que Victor Farias conclut son ouvrage, dont le titre même ne trompe pas. Loin de composer un énième couplet de la biographie mythique et imaginaire à la gloire de Salvador Allende, l'auteur, cherchant à comprendre le refus du président socialiste transformé en héros d'expulser et de livrer à la justice le nazi Walther Rauff, s'est mis en quête de sources inédites, méconnues, ou sciemment cachées : en particulier son premier écrit « scientifique », décou-vert dans les archives de l'hôpital psychiatrique de la faculté de médecine du Chili, intitulé Hygiène mentale et délinquance. De sa lecture, dit-il, outre qu'il s'agit pour une grande part d'un plagiat peu scientifique pour un médecin, on déduit « sans doute possible qu'à cette époque Salvador Allende non seulement assumait, mais qu'il avait aussi radicalisé de façon extrême les convictions antisémites, qui en 1933, s'étaient déjà articulées de façon programmée dans les partis nazis-fascistes allemands et à l'étranger ». Sans aucun doute possible, souligne Victor Farias, indiquant que la publication originale de son ouvrage en langue espagnole — bâillonné par les chaînes de distribution et les grandes librairies d'Espagne — a suscité de virulentes polémiques émanant de personnes qui ne s'étaient pas donné la peine de le lire, uniquement soucieuses du « respect de la mémoire » de leur idole.
Généralement évoquée très succinctement, sans aucune allusion à son caractère scientifique, intellectuel et doctrinaire, essentiellement sous l'aspect social du discours, la thèse de Salvador Allende, souligne l'auteur, références strictes à l'appui, recommande notamment l'emprisonnement définitif des prétendus patients incurables, évoque les races prédéterminées à un certain type de délinquance — les Juifs, les Gitans, les Arabes — affirmant que « la race influence la délinquance ». Ces thèses, loin d'être un péché de jeunesse, réapparaîtront en 1939-41, alors que, ministre de la Santé du gouvernement de Front populaire, S. Allende les intègre dans un programme politique. Elles font alors plus précisément l'objet d'un « Projet de loi de stérilisation » — dont il faut lire l'intégralité, en pages 151 à 159 — rédigé par Allende avec l'aide d'une commission de scientifiques pétris des mêmes idées et sélectionnés par lui-même. Y est préconisée la stérilisation de milliers de personnes considérées comme « aliénés irrécupérables » ou éléments « pathologiquement asociables », ayant contracté une « maladie mentale héréditaire » — alcoolisme chronique, épilepsie essentielle, psychose maniaco-dépressive... —, et ce « pour obtenir de meilleures générations futures ». Le projet préconisait notamment la création de tribunaux de stérilisation, traitant les demandes pouvant émaner des directeurs des asiles privés ou publics, des directeurs des hôpitaux possédant des sections pour aliénés, des malades mentaux majeurs, des représentants des malades mentaux incapables. Une fois la décision prise par le tribunal, la stérilisation, selon le projet, aurait dû être effectuée même contre la volonté de la personne : « Toutes les résolutions dictées par les tribunaux de stérilisation seront obligatoires pour toute per-
sonne ou autorité, et seront exécutées, en cas de résistance, avec l'aide de la force publique » (art. 23). Les explications émanant des proches collaborateurs d'Allende, à propos des différentes manières de mettre en œuvre ces stérilisations forcées sont d'ailleurs assez pénibles à lire dans leur intégralité. Victor Farias mène une stricte comparaison, terme à terme, entre le projet en question et la loi sur la prévention des descendances atteintes de maladies héréditaires, émanant du IIIe Reich, comparaison dont on comprend aisément qu'elle puisse déplaire. Le projet en question n'atteint pas le stade de la discussion parlementaire, refoulé — contrairement à ce qu'Allende put affirmer — après sa présentation devant la Société de Neurologie, psychiatrie et médecine légale, qui remit en question le caractère scientifique de ses affirmations sur l'hérédité, soulignant notamment qu'il s'appuyait sur des personnalités emblématiques de la médecine allemande servant de légitimation à l'euthanasie nazie. V. Farias évoque cependant de son côté la résurrection récente du projet par le ministre de la Santé du Chili, Michelle Bachelet, élue depuis à la présidence de l'Etat, sous la forme d'une résolution fixant précisément « les directives pour les services de santé sur la stérilisation féminine et masculine ». « Pour aussi forte qu'ait été la violence aveugle avec laquelle les allendistes de stricte observance ont rejeté la possibilité que leur icône ait promu une telle "monstruosité", plus grande maintenant va être leur surprise ».

MARIE RAYNAUD






















































































Eugénisme et nazisme : l'idole blessée

« Avec une hâte compréhensible, beau-coup opteront pour le silence et l'oubli le plus rapide. [...] En ce qui me concerne, je crois que tout ce qui a été jusqu'ici apporté dans ce livre doit être dénoncé, inlassablement » (p. 192). C'est avec ces quelques mots que Victor Farias conclut son ouvrage, dont le titre même ne trompe pas10. Loin de com-poser un énième couplet de la biogra-phie mythique et imaginaire à la gloire de Salvador Allende, l'auteur, cher-chant à comprendre le refus du prési-dent socialiste transformé en héros d'expulser et de livrer à la justice le nazi Walther Rauff, s'est mis en quête de sources inédites, méconnues, ou sciemment cachées : en particulier son premier écrit « scientifique », décou-vert dans les archives de l'hôpital psy-chiatrique de la faculté de médecine du ( ',hili, intitulé Hygiène mentale et délin-quance11. De sa lecture, dit-il, outre qu'il s'agit pour une grande part d'un plagiat peu scientifique pour un méde-cin, on déduit « sans doute possible qu'à cette époque Salvador Allende non seulement assumait, mais qu'il avait aussi radicalisé de façon extrême les convictions antisémites, qui en 1933, s'étaient déjà articulées de façon pro-grammée dans les partis nazis-fascistes allemands et à l'étranger ». Sans aucun doute possible, souligne Victor Farias, indiquant que la publication originale de son ouvrage en langue espagnole — bâillonné par les chaînes de distri-bution et les grandes librairies d'Es-pagne — a suscité de virulentes polé-miques émanant de personnes qui ne s'étaient pas donné la peine de le lire, uniquement soucieuses du « respect de la mémoire » de leur idole.
Généralement évoquée très succinc-tement, sans aucune allusion à son ca-ractère scientifique, intellectuel et doc-trinaire, essentiellement sous l'aspect social du discours, la thèse de Salvador


Allende, souligne l'auteur, références strictes à l'appui, recommande notam-ment l'emprisonnement définitif des prétendus patients incurables, évoque les races prédéterminées à un certain type de délinquance — les Juifs, les Gitans, les Arabes — affirmant que « la race influence la délinquance ». Ces thèses, loin d'être un péché de jeunesse, réapparaîtront en 1939-41, alors que, ministre de la Santé du gouvernement de Front populaire, S. Allende les intè-gre dans un programme politique. Elles font alors plus précisément l'objet d'un « Projet de loi de stérilisation » — dont il faut lire l'intégralité, en pages 151 à 159 — rédigé par Allende avec l'aide d'une commission de scientifi-ques pétris des mêmes idées et sélec-tionnés par lui-même. Y est préconisée la stérilisation de milliers de personnes considérées comme « aliénés irrécupé-rables » ou éléments « pathologique-ment asociables », ayant contracté une « maladie mentale héréditaire » — alcoo-lisme chronique, épilepsie essentielle, psychose maniaco-dépressive... —, et ce « pour obtenir de meilleures géné-rations futures ». Le projet préconisait notamment la création de tribunaux de stérilisation, traitant les demandes pouvant émaner des directeurs des asiles privés ou publics, des directeurs des hôpitaux possédant des sections pour aliénés, des malades mentaux majeurs, des représentants des malades mentaux incapables. Une fois la déci-sion prise par le tribunal, la stérilisa-tion, selon le projet, aurait dû être ef-fectuée même contre la volonté de la personne : « Toutes les résolutions dic-tées par les tribunaux de stérilisation seront obligatoires pour toute per-
sonne ou autorité, et seront exécutées, en cas de résistance, avec l'aide de la force publique » (art. 23). Les explica-tions émanant des proches collabora-teurs d'Allende, à propos des diffé-rentes manières de mettre en œuvre ces stérilisations forcées sont d'ailleurs as-sez pénibles à lire dans leur intégralité. Victor Parias mène une stricte com-paraison, terme à terme, entre le projet en question et la loi sur la prévention des descendances atteintes de maladies héréditaires, émanant du IIIe Reich, comparaison dont on comprend aisé-ment qu'elle puisse déplaire. Le projet en question n'atteint pas le stade de la discussion parlementaire, refoulé — contrairement à ce qu'Allende put affirmer — après sa présentation de-vant la Société de Neurologie, psychia-trie et médecine légale, qui remit en question le caractère scientifique de ses affirmations sur l'hérédité, soulignant notamment qu'il s'appuyait sur des personnalités emblématiques de la mé-decine allemande servant de légitimation à l'euthanasie nazie. V. Parias évoque cependant de son côté la résurrection récente du projet par le ministre de la Santé du Chili, Michelle Bachelet, élue depuis à la présidence de l'Etat, sous la forme d'une résolution fixant précisé-ment « les directives pour les services de santé sur la stérilisation féminine et masculine ». « Pour aussi forte qu'ait été la violence aveugle avec laquelle les allendistes de stricte observance ont rejeté la possibilité que leur icône ait promu une telle "monstruosité", plus grande maintenant va être leur sur-prise ».

MARIE RAYNAUD

Aperçu généré le 11/03/2007 à 14:45:08
par Edouard boulogne publié dans : Contre-Figures
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    "Vide est le discours de ce philosophe par qui aucun mal n'est soigné chez l'homme. En effet, de même que la médecine n'est d'aucune utilité si elle ne chasse les maladies du corps, de même la philosophie n'est pas non plus utile, si elle ne chasse pas le mal de l'âme". 

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