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Samedi 19 juillet 2008

Olivier Besancenot, le gentil petit facteur.


( Le magazine Valeurs Actuelles brosse dans son dernier numéro un intéressant portrait dont voiçi quelques extraits).




Ultradirigisme d’un côté.Ultralaxisme de l’autre. En matière d’immigration, ses électeurs, et les autres, savent-ils en effet que Besancenot et son parti réclament la régularisation immédiate de tous les sans-papiers, avec l’octroi d’une carte de résident de dix ans, automatiquement renouvelable ? Savent-ils encore que la LCR revendique le droit de vote et l’éligibilité pour tous les étrangers (y compris hors Union européenne) à toutes les élections (dont la présidentielle) ? Afin de sortir de la « criminalisation des jeunes et des pauvres », le parti trotskiste préconise rien moins que l’abrogation des lois de sécurité et même… la suppression des fichiers informatiques de police ! Les « contrôles » étant, en revanche, renforcés dans le domaine social.


 
Photo: Sipa

« Irréaliste et dangereux » : c’est ainsi que le ministre d’ouverture Jean-Marie Bockel, interrogé par Valeurs actuelles, juge le programme de la LCR. « Si ses recettes étaient appliquées, ajoute-t-il, on assisterait, en quelques semaines, à l’effondrement de notre économie et, assez rapidement, à la remise en cause de nos libertés. » L’adhésion de Jean-Marc Rouillan, l’ancien terroriste d’Action directe, au parti de Besancenot n’est, de ce point de vue, pas aussi anodine que ce dernier l’a laissé croire. Elle rappelle, en effet, les liens “historiques” entre l’extrême gauche et l’action violente. Liens jamais entièrement rompus : interrogé par le Monde, Pierre-François Grond, dirigeant de la LCR et proche de Besancenot, ose ainsi qualifier de simple « connerie faite il y a vingt ans » le double assassinat de Georges Besse et du général Audran ! Complice de Rouillan au moment des faits, il se murmure d’ailleurs que Nathalie Ménigon s’apprêterait,elle aussi, à rejoindre le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) de Besancenot…

À plusieurs reprises, au cours de son histoire, la Ligue communiste, devenue LCR en 1974, a allègrement franchi la ligne jaune : candidat à la présidentielle de 1969, Alain Krivine, le mentor du postier, appelle ses électeurs à sortir de la légalité en s’organisant en « comités rouges » ; en 1979, le parti refuse de condamner l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS… Dissoute une première fois en 1973, suite à l’attaque sanglante (des dizaines de policiers blessés) d’un meeting d’extrême droite, l’organisation manquera à plusieurs reprises de l’être à nouveau, tant son « redoutable service d’ordre paramilitaire » fait parler de lui. « Cette tentation militariste ira très loin », écrit Christophe Bourseiller dans les Ennemis du système (Robert Laffont), citant notamment le film Mourir à trente ans de Romain Goupil. Lequel « décrit la trajectoire de Michel Recanati, principal responsable du service d’ordre, que tenaille l’envie de passer à l’acte. Au terrorisme. Après la dissolution de la Ligue en 1973, Recanati prendra du champ et se suicidera quelques années plus tard ».

La LCR a-t-elle vraiment changé ? Et si oui – au moins sur la forme –, sur quelle ligne se situe exactement Besancenot ? De lui,on sait finalement peu de choses.Mais son profil est loin d’être aussi lisse qu’on le dit :“facteur volontaire”, puisqu’il dispose d’une licence d’histoire qui lui aurait permis de briguer un autre emploi, Besancenot ne s’est jamais contenté pour vivre de ses 1 200 euros mensuels : ancien assistant parlementaire de Krivine au Parlement européen,le leader trotskiste, qui perçoit un second salaire de son parti,est aussi le compagnon de Stéphanie Chevrier, l’une des plus importantes éditrices de Paris.C’est dans le très bourgeois appartement de cette ex-compagne du chanteur Yves Simon que vit Besancenot, plus que dans l’appartement du XVIIIe dont il est propriétaire – et qu’il a mis en location.

Plus cynique qu’on le dit, est-il aussi moins “modéré”qu’on croit ? Daniel Vaillant s’interroge : «On sait que Christian Picquet, qui incarnait une ligne d’ouverture à la LCR, a été débarqué il y a quelques semaines, relève-t-il. Il est donc important de connaître les conséquences de ce limogeage : la Ligue va-t-elle effectuer un tournant plus radical, ou au contraire va-t-elle reprendre la ligne de Picquet en se l’appropriant ? »

par Edouard Boulogne publié dans : Politique communauté : Libre parole
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Dimanche 13 juillet 2008

Victorin Lurel, le créole et la démagogie.

 

 

Victorin Lurel, Président de la région Guadeloupe, et député de ce département, n’est pas dépourvu de qualités : travailleur, excellent orateur, non dépourvu d’une certaine culture.

J’en parle peu dans ce blog, car l’opportunisme, sans doute, l’a fait pencher à gauche, tropisme qui n’est pas vraiment le mien (soutenir Ségolène Royal ! Fi !). Et pourtant, je lui suis reconnaissant d’avoir, en 2003, lors du referendum sur la question statutaire en Guadeloupe (et quelles que fussent les raisons profondes de sa prise de partie) d’avoir donc  refusé le choix aventuriste d’une sorte d’autonomie pour la Guadeloupe (première étape vers une indépendance à contenu « socialiste » pour beaucoup d’aventuriers de la politique). On sait que le choix du peuple, fut à 74% le refus de la rupture avec la France, et Victorin Lurel fut, tout d’un coup, très entouré, et souvent par ceux-là même qui quelques semaines plus tôt l’avaient vilipendé.

D’où mon indulgence à son égard en maintes occasions où il aurait eu besoin d’être fustigé. Ce qui ne préjuge en rien de mon attitude envers lui à l'avenir, mon vote, et celui des gens qui me font l'honneur de me consulter n'appartiennent qu'à nous.

Je ne peux pas, cependant, laisser passer sans rien dire ses déclarations d’hier soir (samedi 12 juillet) sur le refus par le sénat de la nation, de laisser inscrire les langues régionales (le Breton, le Basque, l’Alsacien, le Corse, les créoles, etc), dans la Constitution de la Vè République, comme langues égales au Français.

Il y voit une atteinte à la dignité des Antillais, une trahison de l’esprit de la République à laquelle il est, dit-il, plus que tout autre, attaché, cet esprit "ouvert, libéral et pluriel".

Monsieur Lurel croit-il ce qu’il dit ?

 

1.    Sur la République.

 

La France aujourd’hui, au cours de sa longue histoire, est une République.

A ce titre, comme 64 millions d’autres citoyens, je suis un républicain. Mais disons le clairement, je suis, et M.Lurel aussi, Français avant d’être républicain.

La République est une idéologie, une certaine façon d’envisager la façon de vivre, les relations sociales, morales et économiques des citoyens entre eux, et envers les autres nations. La France existait, et grandement, avant, et elle lui survivra (peut-être).

Cette idéologie a ses partisans, nombreux, elle a aussi ses détracteurs. Lesquels ont leurs arguments, en faveur d’une autre vision des rapports sociaux, moraux, économiques, etc. Ces citoyens ont peut-être tort, ils n’en ont pas moins le droit de penser ce qu’ils veulent, (ou alors….. la liberté ?!).

Ce que nous enseigne l’histoire, c’est que la République n’a pas toujours été très ouverte, et libérale sur cette question des langues régionales, quoiqu’en pense M.Lurel. En 1793, sous la bannière de Robespierre, pour nous en tenir à la figure emblématique par excellence, un régime de terreur fut établi en France. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » disait-on au Parlement de la République. Phrase lourde de sens. Dans toute la France, tout un peuple qui refusait l’idéologie de la République naissante, fut bâillonné, écrasé, martyrisé, assassiné. Rien qu’en Vendée, deux cent mille paysans furent exterminés. Ce fut le génocide franco-français analysé dans le détail par l’historien  Ronald Secher.                             .

Et Napoléon Bonaparte, qui poursuivit le travail de Robespierre dont il avait été « l’ami », et le disciple, (sans Napoléon, la République n’eut pas survécue au Directoire) fut l’instaurateur dans la durée, sous la forme, peut-être pas si paradoxale que cela du pouvoir autoritaire, non seulement en France, mais dans toute l’Europe, et bientôt dans le monde entier par l’Europe colonisatrice, des idées républicaines. A cet égard, certains, on le sait, estiment que la colonisation ne fut pas que négative, et qu’il vaut mieux aujourd’hui être Français de la Guadeloupe ou de la Martinique, qu’habitant du Niger, de Zimbabwe, ou du Ruanda, ou du Congo, ou de l'Algérie, etc, etc.

Ces quelques considérations trop rapides, pour, toutefois, relativiser les proclamations un peu trop fébriles pour être totalement sincères de monsieur Lurel sur le "libéralisme républicain".

 

2.    Sur le créole.

 

Revenons-en à la déception de Victorin Lurel sur le refus du Sénat d’entériner le projet d’inscription des langues régionales, dont les créoles, dans la Constitution.

Il y voit une atteinte aux principes républicains.

Or c’est exactement le contraire qui est la vérité.

C’est dans la vieille France celle de la monarchie que le pluralisme linguistique fut, plus qu’une tolérance, un fait.

Seuls les gens d’Ile de France, et une élite intellectuelle et sociale parlaient alors le Français. En province on parlait toutes sortes de langues, et les paysans de l’Ouest ne comprenaient pas ceux du sud, du Nord, du Centre ou de l’Est, et réciproquement.

L’unité nationale était alors fondée sur le pacte féodal. C’est le Roi qui était la clef de voûte de l’édifice  français.

Une fois ce principe politique fondamental abattu (à tort ou à raison), par la Révolution, il fallut en trouver un autre, faute de voir s’effondrer et se dissoudre « la personne France », comme disait Michelet.

Ce fondement ce fut l’idée du « peuple en corps », la « volonté générale », principes empruntés à JJ.Rousseau.

Principes abstraits auxquels les révolutionnaires républicains s’efforcèrent de donner une consistance à travers des institutions, et des principes : Liberté, Egalité, Fraternité.

Faute d’une personne, d’un souverain de chair et de sang, les Français furent appelés désormais à communier dans l’idéologie républicaine qui tendait à se substituer, véritable « religion » laïque, à toute autre religion et à toute représentation politique, sociale, morale, différente de la sienne.

Il s’agissait de captiver les esprits, par la propagande, l’école, et tous les moyens, même légaux, à l’idée de la République Une et Indivisible.

L’école, dans cette entreprise de longue haleine, joua le rôle crucial.

L’apprentissage du Français devint l’impératif catégorique de l’identité nationale qui ne se projetta plus dans la personne d’un roi, dans la continuité d’une dynastie.

Ceci apparaît clairement dès 1792, à la Convention nationale où le député Lauthenas déclara :   « Il faut que les intérêts de la République soient maintenant connus de tous ses membres ; et ils ne peuvent l’être comme il convient qu’en rendant la langue nationale parfaitement familière à tous. Partout où les communications sont gênées par les idiomes particuliers, qui n’ont aucune espèce d’illustration et ne sont qu’un reste de barbarie des siècles passés, on s’empressera de prendre tous les moyens nécessaires pour les faire disparaître le plus tôt possible ».

C’est dans le même esprit que l’abbé Grégoire « l’ami des noirs » se fit le rapporteur du décret qui décida que les enfants doivent apprendre « à parler, écrire et lire en langue française ».

Le même abbé Grégoire qui a joué un rôle si important dans la première abolition de l’esclavage était aussi celui, qui, dans la logique de sa pensée, stigmatisait les langues régionales comme des « idiomes grossiers prolongeant l’enfance de la raison et l’enfance des préjugés ».

Voici pourquoi, le créole fut, longtemps, « réprimé » à l’école. Et pas le créole seulement, -comme voudraient le faire croire, ici, les tenants de l’idéologie raciste et séparatiste qui étouffent la Guadeloupe et la Martinique, les empêchent de vivre et de croître en santé économique psychologique et morale - , mais aussi le Breton, le Basque, etc, dont, partout, les tenants tentent de dissoudre la France avec souvent la complicité des puissances étrangères qui ont intérêt à l’effacement de notre pays.  (Ainsi en fut-il par exemple en Bretagne de 1940 à 1944, où l’occupant nazi prit langue avec tous les mouvements séparatistes, en vue de leur « libération » (sic) du pouvoir parisien et du jacobinisme. Ainsi par exemple du "régionaliste Breton Oliviers Mordrel. Cf notamment son livre Le mythe de l'hexagone, aux éditions Jean Picolec.)

Mais aujourd'hui, les langues régionales sont en plein essor, portées par ce qui est une véritable mode, et quant au créole, qui n'a jamais été menacé dans son existence, il se porte très bien, est l'objet d'un enseignement scolaire, aux Antilles, et même, si on le réclame, en métropole. Il est matière à option au baccalauréat. Cela est très bien ainsi. Mais ce n'est pas ce que réclament ses "intégristes" qui sont aussi des sécessionnistes politiques. Souscrivons à leurs exigences, comme y consentent déjà des députés inconscients (ou incultes) et nous aurions aussitôt de fâcheuses conséquences, de tous ordres, juridiques et autres.

Tout cela, je crois M.Lurel trop fin, trop informé ( du moins je l'espère) pour l’ignorer. Mais nous entrons en période électorale. De tous côtés on s’efforcera de ratisser large. Victorin par ses déclarations sur le créole ne fait que viser une certaine catégorie d’électeurs. Croit-il ce qu’il dit ?

Il fait surtout du bruit avec sa bouche (Mais ......« grand père, que vous avez de grandes dents !). Dans le même temps, par d'autres paroles, il tentera, et ses collègues politiciens, de tous bords, comme lui, de tenter de séduire les uns et les autres, même les plus antagonistes, de sa fidélité à leurs intentions. Ah! la vie d'un politicien n'est pas toujours facile, et ses facultés de conciliation des inconciliables sont soumises à rude épreuve!

 

Nous ne sommes pas dans l'ordre de la politique, mais dans celui de la démagogie, qui en est un utile adjuvant.

 

Nous, électeurs, restons vigilants, de tous les côtés, à l’égard de tous les démagogues.

« An nou rété veyatifs » !

 

Edouard Boulogne.

 

 

par Edouard Boulogne publié dans : Politique communauté : Libre parole
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Jeudi 12 juin 2008

Les indépendantistes antillais et la "langue de bois".

( Un lecteur scrutateur du Gosier (en Guadeloupe) m'adresse de texte que je publie avec plaisir, en Tribune libre. Chacun d'entre vous peut m'écrire à : e.boulogne1@ool.fr ). 

 





Monsieur,

 

En lisant votre Scrutateur, j'ai eu le sentiment que vous accordiez quelquefois à vos adversaires des pensées subtiles et profondes. Je voudrais donc vous ôter une illusion : Qu’est-ce donc qu'un indépendantiste? Pour le savoir il suffit de poser la question. Si un sondage sérieux était fait, il révélerait que les représentants de cette tendance sont en majorité des gens "mal dans leur peau » qui   cherchent   en   dehors d’eux-mêmes la cause de leur malaise. Il ne faut pas les accabler. Il faut les inviter à être honnête. Leur guérison suivra.

 

De quoi vont ils parler? : des "spécificités », de "culture", etc... En fait chacun le sait, mais personne n'ose l’avouer: les "spécificités" en question ne sont simplement que la couleur ­de la peau, ou la forme des cheveux (élémentaire mon cher Watson). Et la culture? Les choses sont évidentes là aussi : la majorité des dirigeants du mouvement indépendantiste qui méprise la culture occidentale, a  accepté avec joie et fierté cette culture pour son propre comp­te.

 

Voyez les afficher avec délices et os­tentation leur savoir européen « blanc » (ils disent colonialiste) Voyez les ré­citer la "Langue de bois" du commu­nisme occidental née du creuset de la culture « blanche »! J'en connais même qui n'hésitent pas à enseigner aux Guadeloupéens ce savoir qu'ils pré­tendent mépriser!?

Soyons donc sérieux... Voyez vous, Monsieur,   les   Guadeloupéens   ne sont plus aussi naïfs que par le passé.

Ils savent que leur avenir dépend d'un choix fondamental : Apprendre avec courage à faire face à l'avenir en fraternisant avec tous les peuples de la terre et en utilisant le savoir universel, ou alors, se regarder le nombril et renoncer à évoluer.

 

La démagogie politique irresponsa­ble qui montre la deuxième voie, cel­le de la facilité n'aura plus bientôt que peu de chance d'aboutir, car elle s'appuie sur des sentiments malsains.

 

Dans 500 ans (peu de choses à l'échelle planétaire) il n'y aura plus qu'une seule race d'hommes, et la seule culture qui prévaudra sera constituée de la totalité de ce que les cultures individuelles auront apporté de positif dans l'évolution. L'avenir n'est pas à l'individualisme. Il est au courage et à l'union universelle.

Ne prêtons donc pas à nos adversai­res actuels des pensées évoluées. Ils sont à la fois rétrogrades et conserva­teurs. La tendance à accorder du cré­dit aux hommes politiques en fonc­tion des facilités qu'ils nous promet­tent va bientôt s'estomper. La crise mondiale saura inciter chaque Gua­deloupéen à l'effort. On interrogeait jadis Raymond ARON à propos des com­portements de certains hommes poli­tiques, et on lui demandait s'il ne trouvait pas curieux qu'à un niveau aussi élevé de la Nation, des déci­sions non réfléchies puissent être pri­ses. Sa réponse était simple : "... Il ne faut pas mésestimer la bêtise, Monsieur...".

C'est en effet ce qu'il convient de dire...

 

 

Un Guadeloupéen du XXIè siècle.

 

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par Edouard Boulogne publié dans : Politique communauté : Libre parole
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Dimanche 30 mars 2008
Lavage de cerveau en Chine communiste.







( L’actualité rappelle à ceux qui l’auraient oublié que le communisme n’est pas mort. Si la Chine ayant pris conscience que les méthodes de gestion « socialistes » conduisent à l’échec et à la misère, adopte depuis une dizaine d’années des modes de gestion « capitalistes", elle n’en a pas moins conservé un régime politique de type communiste. Le totalitarisme subsiste là-bas, avec son cortège d’intolérances et d’atrocités.
La féroce répression au Thibet m’a rappelé une lecture ancienne, celle du livre du père Dries Van Coillies : J’ai subi le lavage de cerveau (éditions Desclée de Brouwer) parue en 1964. Dès la prise du pouvoir à Pékin par les communistes en 1949, la plus sanglante répression s’abattit sur cet immense et malheureux pays. Des millions de réfractaires furent déportés dans des camps de concentrations et de « rééducation ». Des Chinois, pour leur immense majorité, mais aussi des étrangers, parmi lesquels le missionnaire jésuite Belge Dries Van Coillie, dont le péché était d’être chrétien.
Van Coillie malgré une résistance psychologique et morale exceptionnelle, fut profondément atteint dans sa personnalité.
Pourtant il fut libéré en 1954. C’était au moment de la conférence internationale de Genève (où fut notamment entérinée l’indépendance de l’Indochine et sa livraison au bloc communiste). Pékin, à cette occasion,  comme gage de son « humanisme » et de sa bonne volonté, consentit la libération de quelques dizaines de prisonniers, parmi lesquels Van Coillie.
En 1964, ce dernier publia ses mémoires de prisonniers sous le titre de « J’ai subi le lavage de cerveau ».
Témoignage bouleversant, qui mériterait d’être réédité ;
Le grand philosophe Gabriel Marcel, par sa préface, contribua au succès de l’ouvrage. C’est cette préface que je reproduis ci-dessous, en guise de contribution au combat de tous ceux qui luttent ces jours-ci contre la répression au Thibet.
J’ajoute que lutter contre la dictature du parti communiste chinois n’est pas seulement un acte de défense du Thibet humilié, écrasé, mais un acte, aussi, pour le peuple chinois, victime au quotidien d’un des plus effroyables systèmes idéologiques que l’imagination de l’homme ait inventé : le marxisme léninisme.

Edouard Boulogne. ).


La préface de Gabriel Marcel :





« Ce livre constitue un nouveau témoignage — et non un des moins accablants — sur les méthodes mises en oeuvre dans les pays commu-nistes pour extorquer à ceux que l'on considère comme les ennemis du régime les faux aveux par lesquels, bien loin de se « libérer », ils se trouveront réduits à la condition d'esclaves et de complices.
Je me suis souvent exprimé — en particulier dans mon étude sur les Techniques d'Avilissement — sur le crime de lèse-humanité que constituent de tels procédés. Et peut-être n'aurais-je pas consenti à exprimer une fois encore, dans un contexte à peine renouvelé, l'indigna-tion que ce crime éveille en moi, si la reconnaissance du gouvernement de Pékin par la France ne créait pas pour nous une situation très délicate à laquelle il faut prendre garde.
Sur l'opportunité de cette reconnaissance, je n'ai pas à me prononcer ici. J'ai d'ailleurs refusé de signer une protestation à laquelle on m'avait demandé de m'associer. Ceci ne veut pas dire que j'approuve, mais plutôt que je ne me sens pas qualifié pour émettre une opinion vraiment motivée sur un acte purement politique comme celui-là. En revanche, j'éprouve le besoin de dénoncer la campagne qui déjà s'amorce en France pour réhabiliter plus ou moins explicitement ceux qui se sont rendus coupables des forfaits que j'ai dits. Plus ou moins explicitement, je le répète : en fait ceux qui, pour des motifs souvent inavouables, s'efforcent de manipuler une opinion publique dont la ductilité n'est plus à dé-montrer, procèdent de façon indirecte; plutôt que de s'attaquer de front à l'obstacle, ils s'efforcent de le tourner. Ils trouvent un appui dans l'incroyable faculté d'amnésie qui est sans doute une consé-quence de la surcharge à laquelle les événements ont soumis les es-prits depuis un certain nombre d'années. Et n'omettons pas non plus le rôle néfaste que joue ici un certain snobisme entretenu par le spectacle. Dans ces conditions, la vigilance s'impose : nous avons à lutter en nous-mêmes contre tout ce qui nous invite à la distraction et au sommeil. Il est possible, je n'en disconviens pas, que nous ayons intérêt à développer avec la Chine des relations commerciales et que notre indus-trie trouve là un débouché précieux, — bien qu'on voie assez mal en vérité quelle pourra être la contre-partie de ce que nous lui fournirons.( Ce texte date 1964. Note du Scrutateur ). On peut admettre aussi à la rigueur que, sur le plan de la science et de la technique, une certaine coopération puisse être instituée. Mais une ligne de démarcation précise devrait être tracée entre ce domaine et celui de la pensée proprement dite qui se renie, qui se suicide, si elle ne main-tient pas coûte que coûte le caractère imprescriptible de certaines valeurs. Et je vise ici aussi bien la vérité que la justice dont l'histoire, à la lumière de la réflexion, nous montre qu'elles sont étroitement solidaires. D'autre part, il est une illusion dont nous avons à nous défendre : c'est celle qui consisterait à s'imaginer que les procédés odieux qui sont décrits dans ce livre sont réservés à des peuples peu évolués et que nous ne risquons pas de les voir appliquer un jour chez nous. C'est là . un non-sens, ne serait-ce que parce que les Chinois ont derrière eux des siècles, presque des millénaires de civilisation qui ne le cèdent en rien à l'héritage dont nous nous enorgueillissons nous-mêmes. Dès lors,  nous avons à nous garder d'une présomption aveuglante qui ne peut en fait que frayer la voie à la subversion.
Je me référerai ici très précisément à un passage de l'ouvrage qui m'a particulièrement frappé.
Le Père Van Coillie venait de subir toutes sortes de sévices sur les-quels je ne m'étendrai pas.. Il est soudain mis en présence d'un homme jeune qui porte des vêtements civils et qui lui témoigne une sympathie surprenante. « Comme tu as été maltraité! Quel triste aspect te donnent ces menottes, ces chaînes, cette chemise déchirée, ce visage noir de saleté! » En présence de cette compassion, le malheureux se sent soudain fondre de reconnaissance. La conversation s'engage. Mais d'abord l'autre s'inquiète de savoir s'il n'a pas soif. Sur sa réponse affirmative, il prend un verre et le remplit de thé chaud. Il explique alors que son père était diplomate, que lui-même a été attaché d'ambassade à Tokyo, puis à Paris où il a découvert la philosophie d'Auguste Comte, à laquelle il a d'abord adhéré avec ardeur. Aux Etats-Unis, il a succombé à une sorte de nihilisme, mais l'étude du marxisme l'a libéré : depuis qu'il a rencontré le communisme, il est heureux. Pourquoi Van Coillie ne suivrait-il pas son exemple? Lui-même est tout prêt à l'aider. Pour cela, il faut d'abord qu’il se mette en règle. Van Coillie a déjà avoué au juge qu'il avait aidé des étudiants à quitter le territoire de la Chine communiste et qu'il a créé une petite organisation pour favoriser d'autres départs. N'y a-t-il pas là une base suffisante pour les aveux exigés? « Non, déclare l'autre, il faut que nous cherchions du côté « renseignements d'espionnage ». Ne t'inquiète pas, Van Coillie, tu vas simplement répondre à mes questions... As-tu parfois envoyé des lettres à l'étranger? — Oui. — Même après la prise du pouvoir par les communistes? — Oui. — Dans ces lettres, parlais-tu du com-munisme, de la situation nouvelle de la Chine? — Oui.— Explique-moi concrètement ce que tu as écrit, donne-moi un exemple. » Van Coillie se creuse la tête, non pour se rappeler ce qu'il a écrit, mais pour inventer quelque chose de plausible. « J'ai écrit qu'en février 1949 la 8ème Armée communiste est entrée dans Pékin ». L'homme ne put cacher son contentement. « Parfait, nous allons maintenant analyser cette information ». D'une part, elle est militaire; d'autre part, Van Coillie l'a envoyée à des membres de sa famille, qui l'ont certaine-ment transmise à d'autres personnes, à des amis, à des voisins. Il y a tout lieu de supposer que l'information est parvenue au gouvernement de Bruxelles. Or, celui-ci est réactionnaire. «Je résume : tu as envoyé des informations militaires à un gouvernement réactionnaire, donc , ennemi du peuple. Mais qui accomplit de telles aides, sinon un espion? ; Tu es donc un espion et même, ajoutons-le, un espion international ». Le tour est joué. On voit donc comment, sans qu'il soit le moins du monde nécessaire de faire appel à une drogue ou à un « traitement », en jouant seulement sur la fatigue et la dépression et sur l'espèce de réconfort illusoire créé par un témoignage de sympathie (!), on arrive à obtenir exactement ce que l'on cherche. Mais, à partir du moment où le malheureux a collé sur lui-même l'étiquette d’espion international », il est à la merci de son bourreau, il ne peut plus compter que sur sa clémence et il est comme d'avance prêt à dire ou même à faire n'importe quoi pour se la concilier.
Qu'un régime où de telles méthodes sont employées ose se qualifier lui-même de démocratie, c'est là une impudence qui confond.
La première utilité d'un ouvrage comme celui-ci est d'empêcher les esprits justes de s'y laisser prendre. Mais d'autres leçons s'en dégagent qu'il importe de résumer brièvement.
" J'ai dit ailleurs (dans Les Hommes contre l'Humain notamment) à quel point les techniques d'avilissement et de manipulation des consciences ont pris pied dans le monde où nous sommes nous-mêmes. L'habileté des méthodes et leur « humanité » apparente ne peuvent nous aveugler sur leur nature. On ne saurait assez réfléchir au pouvoir de séduction et de corruption des fanatismes, des propagandes tentaculaires, de la radio, de la télévision, de la presse à sensation, etc, sur une opinion dont personne ne peut plus douter aujourd'hui qu'elle soit ce qu'il y a de plus malléable au monde. Et on ne peut manquer aucune occasion de rappeler que les sciences et les techniques ne deviendront entièrement respectueuses de la dignité et de la liberté humaines et entièrement bienfaisantes que si elles échappent aux égoïsmes individuels et étatiques pour se mettre au service d'une activité spirituelle orientée vers des fins supérieures. Peut-on douter qu'à, défaut l'homme risque d'être traité de plus en plus comme un simple matériel que l'on façonne, que l'on « conditionne » pour satisfaire, selon les cas, la cupidité ou la volonté de puissance?
Mieux vaut sans doute ne point évoquer trop concrètement ici cer-taines méthodes policières, très répandues semble-t-il dans le monde libre, qui sont bien proches des procédés évoqués dans cet ouvrage. Plusieurs nations, par l'intensité même de leurs divergences, semblent s'acheminer vers des situations troubles où, sans aucun doute, ces méthodes seraient appliquées sur une grande échelle.
Je ne puis m'étendre sur ce sujet car je veux dire un mot du livre lui-même, et avant tout pour signaler la charité qui l'imprègne.

Après sa libération, l'auteur de cet ouvrage rencontre un jour le Père Ulrich Lebrun, qui eut l'infortune de subir successivement les sévices de Buchenwald et celles de Pékin. Dries Van Coillie lui pose la question : — Où avez vous souffert le plus cruellement? A Buchenwald ou à Pékin? La réponse est nette : Je préfère dix ans de Buchenwald à un an de Pékin! Et d'expliquer qu'à Buchenwald, après les pires tourments, il se retrempait dans la chaude et virile amitié des autres prisonniers. Tandis qu'à Pékin, il subissait les incessantes attaques, veules et haineuses, de ses frères de malheur. Et la haine de ceux qui trahissent est la plus difficile à supporter.
Et cependant, ce livre est d'une sérénité remarquable. Visiblement, l'auteur aime le peuple chinois avec une prédilection que son long martyre n'a pu entamer. Il dit ce qu'il a subi, sans engager aucune polémique, sans proférer aucune inventive. Il plaint les victimes, devenues ses bourreaux. Cela ne fait aucun doute: s'il dénonce ces méthodes inhu-maines à la « conscience universelle », c'est pour qu'elles cessent. QUI POURRAIT DIRE QUE CET EFFORT NE SOIT PAS OPPORTUN?
La version française mérite des louanges. Le tour en est vif, alerte, direct. La langue est précise et pure. Au fond des geôles de Mao Tsé-Tung, l'auteur n'avait point perdu l'humour calme et souriant qui suppose la maîtrise de soi.

 
GABRIEL MARCEL, de l'Institut.


( Photographie récente du Dalaï Lama).


 



par Edouard Boulogne publié dans : Politique communauté : Libre parole
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Jeudi 28 février 2008
Municipales à Pointe-à-Pitre.


Jabbour-et-Lucette.jpg (Tony Jabbour et L M-C)


Je n'ai guère parlé jusqu'à ce jour des élections municipales, dont la préparation va son train. C'est que la médiocrité y déborde  à gros bouillons.

Ici, les candidats se traitent allégrement  de voleurs , sans reculer devent l'illégalité des moyens au point de provoquer, sur RCI une réaction courroucée, et semble-t-il justifiée, de la grande conscience du grand chroniqueur de cette station dynamique.

Là, un candidat traite son adversaire  principal de "poule", sans redouter - sûrement à tort - l'effet boomerang, pourtant inévitable.

Décourageant!


Je m'attarderai un peu plus longuement sur  la bataille pour Pointe-à-Pitre, à partir de la controverse qui a opposé les concurrents, l'autre soir, sur les antennes de RFO-Guadeloupe.

Elle mettait aux prises  Jacques Bangou, fils du maire sortant, Henri, qui ne se représente pas après un "règne de 45 ans; son très proche  Georges Brédent, gendre du maire, et qui tout comme le beau frère Jacques occupe d'importantes responsabilités à la mairie depuis 12 ans;  l'ancien président du conseil régional Félix Proto; Marlène Mélisse, représentant le parti socialiste, et qui a vécu sans doute plus longtemps sur les bords de la Seine qu'à Pointe-à-Pitre; l'avocat Harry Durimel, représentant le parti des "verts" et qui tente sa chance à P-à-P, après plusieurs échecs cuisants à Morne à l'eau; et un autre avocat , Tony Jabbour, directeur du journal Match, et fils de Camille Jabbour, inégalement regretté . 

Le plateau était prometteur, et un public curieux à défaut d'être passionné attendait le duel.

De l'aveu de beaucoup ce fut une grosse déception.

Au sujet de monsieur Proto, personnalité plutôt sympathique, on juge qu'il  eut été bien inspiré de ne pas mener ce combat de trop . Fatigué, le cher Félix ne l'a pas été seulement sur le plan physique. Il s'est perdu en vaines polémiques, et en distinctions futiles sur la nécessité de ne pas confondre "les transports" et la "circulation" dans notre bonne ville.  Mais d'idées pour résoudre les problèmes de cette circulation, fort embouteillée il est vrai, point! Et puis quelle étrange idée de se faire entourer par une flopée de séparatistes, dont le peuple guadeloupéen a plus d'une fois exprimé, très clairement, qu'il n'en voulait pas. Faute de mieux, sans doute.

Ardente polémiste elle aussi, Marlène Mélisse n'a pas brossé la plus petite esquise d'une esquisse de programme.
Elle fera de la présence. Elle a apporté, tout de même une touche d'élégance et de féminité à cette soirée. Que pour cela, à défaut d'autre chose, elle soit remerciée.

Jacques Bangou et Georges Brédent avaient la tâche difficile après avoir été au pouvoir municipal depuis douze ans, de devoir constater que la ville va mal (délinquance croissante, saleté se généralisant, habitat de plus en plus précaire, circulation (et/ou !) transports cacochymes,etc, etc), et de faire admettre qu'il ne sont pour rien dans ce désastre, sans pour autant se désolidariser de papa (ou de bon papa!), et de se retrouver, en plus, (par quel artifice tactique?)  adversaires.

Il est arrivé qu'on les plaigne sous les piques, les hallebardes de leurs concurrents qui s'en sont donnés à coeur joie.

Reconnaissons qu'ils ont su faire face avec une certaine dignité (Georges, toutefois, plus embarrassé que Jacques. Mais gageons que cela ne suffira pas à convaincre les nombreux mécontents de la gestion municipale finissante).

Harry (Jawad) Durimel s'est montré combatif en diable. Mais il ne suffit pas, par Allah! d'invoquer à tout instant l'écologie pour convaincre les électeurs que vous serez apte à résoudre les carences de gestion dont il souffre.
Sa prestation cependant fut parmi les moins mauvaises.

Tonny Jabbour enfin, qui se prépare depuis des années à une relève nécessaire dans la ville qui fut le phare de la Guadeloupe, parut à la fois combatif (avec mesure) et très habile à analyser les causes du marasme pointois. Les avis que j'ai pu recueillir sur sa prestation ont été assez largement positifs, même si le projet manquait encore mardi, de corps, et de précision sur les remèdes. Mais il est vrai qu'en une heure trente de débat, une fois défalqué le temps inévitablement perdu en polémiques, il n'est pas facile d'être très explicite ( et cela vaut pour les autres autant que pour lui).

De l'avis d'une majorité de mes consultants, il est celui qui a le mieux tiré son épingle du jeu, avec aussi, mais à un degré moindre, Harry Durimel. Pourquoi ces deux confrères ne feraient-ils pas alliance au second tour de l'élection pour faire souffler, enfin, un vent de renouveau sur Pointe-à-Pitre?

Edouard Boulogne.
par Edouard Boulogne publié dans : Politique
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