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Samedi 3 mai 2008

Abolition de l’esclavage, on commémorera aussi le 23 mai. (Les jeunes et l’esclavage).

 

 

 

 

 

I) Commémorations : après le dix mai, ce sera aussi le 23).

 

 

Les associations d’antillais qui n’acceptaient pas le 10 mai comme date de commémoration d’abolition de l’esclavage dans les anciennes colonies françaises sont contentes. Désormais sans abolir les cérémonies commémoratives du 10, le nouveau décret autorise les célébrations à la date du 23 mai. Les mécontents qui se regroupaient sous la bannière du Guadeloupéen M. Romana, exultent. Et c’est tant mieux. Un grand merci à Nicolas Sarkozy qui a, sur ce point, tenu ses promesses de campagne électorale.

 

 

(II) Les jeunes et l’esclavage.

 

 

                            (Il y a dix ans, à l’occasion des cérémonies du cent cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage, le journal LE MONDE avait dépêché, dans le cadre des articles et enquêtes consacrés à la commémoration de l'abolition de l'esclavage dans les anciennes colonies françaises, une journaliste : Annick Cojean, qui a passé des heures, au lycée Bellevue de Fort de France, et plus précisément dans une classe d'hypokhâgne, qui regroupe donc, censément des élèves brillants ayant dépassé le niveau du baccalauréat, et se préparant à l'entrée à l'Ecole Normale Supérieure.

         L'enquête avait été publiée dans Le Monde du 24 avril 1998. Les jeunes Guadeloupéens et Martiniquais qui y ont répondu avaient de 18 à 19 ans, et, précise Le Monde incarnent l'avenir des Antilles. Leurs réponses paraissent toujours  intéressantes à la rédaction du Scrutateur, et nous en publions ci-dessous quelques extraits.

E.Boulogne.).

 

 

 

                   (1)Trop de récupération politicienne.


         *Steve:"Je ne suis pas contre la commémoration de quelques grandes dates. Il est important de connaître son histoire...L'ennui c'est qu'en Martinique le sujet de l'esclavage est complètement récupéré par les hommes politiques et n'est plus abordé que d'un point de vue idéologique. On ne se soucie pas de l'exactitude historique, on ne cherche même pas à étendre le champ de la connaissance sur les conditions précises de l'abolition. On tombe dans le discours de propagande.

         *Magali: C'est la même chose en Guadeloupe. Les discours sur l'esclavage véhiculent les mêmes clichés, les mêmes outrances(....)Rien à faire, l'esclavage en 1998,est l'affaire des hommes politiques."

 

                   (2)Crime contre l'humanité ?


         *Aline:"(....)Ce qui me choque,c'est qu'il n'y a jamais eu de condamnation(de l'esclavage)de jugement,de sanction.Pour la Shoah,on a recherché les criminels.Pour l'esclavage on n'a rien fait.

         *Sarah:Ce n'est pas la même chose!La Shoah,c'était l'extermination des juifs.L'esclavage c'était un négoce.La nuance est de taille!Je trouve grave que les hommes politiques disent n'importe quoi.(....).

         *Fabienne:L'esclavage était un crime contre l'humanité.Faire du commerce avec des êtres humains,c'est criminel!Il faut condamner,officiellement.Solennellement(....).

         *Steve:Oui,ce fut un crime.Mais le fait de dénoncer,commémorer,discourir,ne va pas nous aider à nous en sortir.On nous rabache qu'on est les victimes de l'Histoire.Les stupides de l'Histoire.Pour redonner une identité à la Martinique,faudrait-il donner à son peuple un complexe?Il faut replacer l'esclavage dans l'Histoire,le situer dans un contexte,le mettre en perspective.Notre Histoire n'est pas pire que celle d'autres peuples.(....)

         *Nicole:Si l'esclavage entre dans la catégorie des crimes contre humanité,alors c'est le monde entier qui se trouvera en accusation".

 

                   (3)Et les békés?

 

         *Tatiana(...)Les Antillais se disent non racistes,mais ils mettent tous les békés dans le même sac,incapables de dépasser un jugement fondé sur la couleur de la peau!L'esclavage a bon dos pour excuser ce qui n'est ni plus ni moins que du racisme.

         *Vanessa:Mais toute la structure économique est  figée,héritée du système esclavagiste!Les conflits patrons-syndicats se résument à des conflits békés-Antillais.Remettre cet ordre en cause reviendrait à casser tout le système.Le Martiniquais est toujours sous le joug du béké.

         *Catherine:L'esclavage est pratique pour expliquer la fainéantise du Martiniquais,qui préfère se morfondre et montrer du doigt le béké en se laissant ronger par la rancoeur plutôt que de réagir et de prendre en main son destin.(....)

         *Fabrice:Je suis Guadeloupéen de Basse Terre.Et descendant d'esclaves.Je porte d'ailleurs le nom d'une terre.Mon grand père a fait des recherches généalogiques et nous en a parlé lors d'un déjeuner de famille.Cela m'a laissé parfaitement serein.Ce qui m'irrite,c'est l'utilisation des clichés.C'est toujours la faute à l'esclavage.L'endettement,la superstition...Relevons-nous!Les discours sont des prétextes.Il faut opérer une conversion de l'âme."               

 

                 

                   (4)En guise de conclusion.

 

         *Martine:Je trouve dramatique que les indépendantistes s'emparent du cent cinquantenaire de l'abolition pour entretenir la confusion,raviver la haine des békés,parler de libération vis-à-vis de la métropole.C'est de la démagogie!Un pari sur le désespoir du peuple.

         *Fabrice:L'esclavage ne doit pas servir à leurrer une nouvelle fois les gens.Sous prétexte d'un passé mythique,il leur faudrait accepter sciemment la perspective de conditions de vie largement dégradées?Car c'est ce qui nous attend avec l'indépendance"

 

Post scriptum du Scrutateur : On le voit la jeunesse de nos îles est loin d'être aussi perdue que se l'imaginent parfois ceux qui se laissent intoxiquer par les médias ( il est vrai souvent de couleur rose-rouge , et de sympathie séparatiste, et un certain discours universitaire qui a été inculqué à nos "élites"par l'université métropolitaine des années 50 à 80.Quelque chose est en train de changer,peut-être.

 

 

 

par Edouard Boulogne publié dans : Esclavage communauté : Libre parole
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Jeudi 8 mars 2007
Commémoration de l’esclavage : ce sera le 10 mai.



I)Une commémoration souhaitable.

Pour la commémoration de l’esclavage c’est donc la date du 10 mai proposée par le Comité pour la mémoire de l’esclavage qui a été retenue, contre celle du 23 mai préférée par le groupe d’associations fédérée par monsieur Serge Romana.
Je suis de ceux qui pensent que l’essentiel est que cette commémoration ait lieu, quelle qu’en soit la date. Certes, il peut paraître injustifiable d’appliquer, rétrospectivement, à des faits qui se sont déroulés il y a des siècles, dans un tout autre contexte mental que celui qui règne présentement, la qualification de « crime contre l’humanité » (qui est apparue, rappelons-le, en 1946, au Congrès de Nuremberg, au procès des crimes du nazisme). Mais que les jeunes Français d’aujourd’hui connaissent leur histoire sous tous ses aspects (sans exceptions certes, il faut le rappeler, en ces temps de « repentance » généralisée, donc aussi les actes positifs et généreux, nombreux !), sans doute cela est-il utile et comporte-t-il même une certaine grandeur, digne de notre pays.

II)Agacements.

 La démarche du Président de la République manque cependant de clarté et de cohérence aux yeux de nombreux observateurs.
Passons sur le ton guindé, compassé, ineffablement compassionnel, de cet homme vieillissant et sous influence.
Il faut, en revanche se demander si le président Chirac est bien logique, lorsqu’après avoir demandé au Conseil constitutionnel d’abroger l’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur le rôle positif de la présence française outre mer, au motif que ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire, où plus précisément de fixer, en la matière les bornes du légitime et de l’illégitime, aujourd’hui,  devant un aréopage de personnalités politiquement et historiquement « correctes », estime que « l’esclavage doit trouver sa juste place dans les programmes de l’école primaire, du collège et du lycée ». N’est-ce pas là un « fait du prince » qu’on n’attendait pas d’un si grand « républicain » ?
Il y aurait donc des aspects positifs de la colonisation dont on ne devrait pas parler dans les manuels d’histoire (à moins qu’on ne nie qu’ils aient tout simplement pu exister, comme l’autre soir dans l’émission d’Arlette Chabot, le disait Stéphane Pockrain, et aujourd’hui à l’Elysée le président de la région Guadeloupe : M. Lurel), et d’autre part les effets négatifs dont il faudrait parler, et plutôt deux fois qu’une !
 Autre sujet d’agacement, souvent éprouvé, mais n’avoué que par un petit nombre : cette revendication de « fils d’esclaves », par des personnalités gavées d’honneurs et de biens (« sans argent l’honneur n’est qu’une maladie » ! ! ! comme disait le Petit Jean des Plaideurs de Racine).
L’esclavage était-il un ordre aristocratique ? Etait-il un état si méritoire qu’on devrait s’en réclamer des siècles plus tard afin qu’un peu du prestige de l’ancêtre rejaillisse même sur ses descendants qui en seraient les plus dépourvus ?  Ainsi d’un duc et pair !
L’on comprendrait, en revanche,  le descendant de tel nègre marron qui aurait tenté de secouer un joug détestable, ou le descendant d’un  Delgrès, ou de Solitude.
Mais l’esclavage ne fut qu’un état détestable, qui doit être stigmatisé par tous (avec toutes les précisions nécessaires sur le danger de l’anachronisme en histoire). Il fut le résultat de la collaboration des négriers blancs européens acheteurs d’esclaves et d’Africains qui pratiquaient ce négoce depuis des siècles , et qui le pratiquent encore à l’intérieur de l’Afrique contemporaine.
Alors le titre de « descendant d’esclave », ne serait-il pas, sinon pour les naïfs, du moins pour les roués un procédé d’intimidation pour en tirer quelque profit, politique, financier, ou de notoriété ? Reconnaissons que la question mérite d’être posée.
Il faudrait que le public qui est visé par ce discours compassionnel se remémore la leçon de la fable du Corbeau et du renard : que « tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute ».

Edouard BOULOGNE.

par Edouard boulogne publié dans : Esclavage
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Jeudi 8 mars 2007
par Edouard boulogne publié dans : Esclavage
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    "Vide est le discours de ce philosophe par qui aucun mal n'est soigné chez l'homme. En effet, de même que la médecine n'est d'aucune utilité si elle ne chasse les maladies du corps, de même la philosophie n'est pas non plus utile, si elle ne chasse pas le mal de l'âme". 

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