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Vendredi 30 mai 2008

LES BELLES HISTOIRE DE L’ONCLE LOUIS.

 


 

(L’oncle Louis, toujours jeune de cœur, et l’imagination féconde et merveilleuse, raconte aujourd’hui, à nos plus jeunes lecteurs, -et aux autres !-, la belle histoire des « graines de joujoux »).

 

  LES GRAINES DE JOUJOUX .

 

II était une fois, une veuve qui avait deux enfants: une petite fille: Anne et un petit garçon: Yves qu'un accident avait rendu infirme, il ne pouvait pas marcher. Cette veuve était dans une situation difficile et pouvait tout juste payer l'écolage de sa petite Anne. Elle faisait des ménages et tous les travaux d'entretien qu'on lui proposait. La petite fille allait à l'école et, dès son retour, aidait sa maman dans les travaux du ménage et aussi à soigner son petit frère qu'elle adorait. Elle lui lisait de belles histoires et essayait de lui montrer ce qu'elle apprenait en classe. Tous les jours, elle le poussait dans sa petite voiture devant la fenêtre donnant sur la rue dont elle était séparée par un petit jardin. Elle parlait souvent de lui à ses petites amies et déplorait que la situation de sa mère ne lui permette pas de lui offrir des jouets pour qu'il s'amuse comme les autres enfants de son âge. Un jour, l'une d'elles, Claire eut une idée dont elle fit part à ses amies: « Vous toutes connaissez l'histoire des < GRAINES DE JOUJOUX >, si on en parlait à Anne, peut-être pourrait-elle faire l'essai. » Elles furent toutes d'accord et Claire s'approcha  d'Anne et lui dit: « Selon la rumeur, il existe des graines appelées < GRAINES DE JOUJOUX > qui, plantées et bien soignées, produisent des jouets à la Noël. Si cela était vrai, tu pourrais ainsi avoir les jouets dont est privé ton petit frère. » Anne accepta aussitôt et demanda où elle pourrait se procurer les fameuses graines; Claire lui répondit: « La rumeur prétend que c'est un vieux Monsieur habitant en face de la Mairie qui pourrait te les donner », mais ajouta-t-elle: « il a, paraît-il, très mauvais caractère. » Anne, désirant avant tout faire plaisir à Yves, résolut de s'adresser au vieux Monsieur. Le lendemain, jour de congé, elle se rendit à la maison qu'on lui avait indiquée et, comme il n'y avait pas de timbre, ouvrit la porte et entra. Aussitôt, un gros chien se précipita sur elle, la renversa et la blessa. Une femme accourut et chassant le chien, lui demanda pourquoi elle s'était introduite dans la cour. Anne dit, en pleurant, qu'elle était venue chercher < DES GRAINES DE JOUJOUX>. » Une voix d'homme retentit alors: « Je ne veux pas avoir d'enfant chez moi, mettez la dehors. » La femme répondit: « Docteur, le chien l'a renversée, elle est blessée. »

Le vieux Monsieur s'avança, examina la petite blessée et se mit à panser les quelques petits bobos qu'elle avait. Pendant ce temps, il la questionna sur les motifs de sa visite. Quand elle lui eut raconté les raisons de sa démarche, il changea d'attitude et lui dit: « Ecoute, petite, viens demain à la même heure et tu auras tes < GRAINES DE JOUJOUX. » Anne raconta son aventure à ses amies qui en furent fort surprises. Le lendemain, elle alla chez le vieux Monsieur qui lui remit une boite contenant des petites graines rouges. Il lui dit: « Tu les planteras devant la fenêtre où tu amènes ton petit frère et, surtout, n'oublie pas de les arroser tous les jours. » Anne prépara une belle plate bande devant la fenêtre où elle amenait Yves et sema les petites graines rouges qu'elle n'oubliait pas d'arroser avant de partir pour la classe. Elle n'avait pas parlé de cette histoire à sa mère et à son petit frère. Plusieurs semaines après, les petites graines poussèrent et Anne arrachait soigneusement les mauvaises herbes pour permettre à ces petites pousses de se développer. Le jour de Noël arriva et le lendemain matin la petite fille qui se leva la première, se précipita vers la fenêtre et fut transportée de joie. Sur la plate bande, il y avait beaucoup de jouets: pour Yves, un train électrique, un costume complet de ZORRO, un jeu de dames, un MECCANO etc....; pour elle, une poupée avec plusieurs nécessaires complets pour l'habiller et, pour la maman, un pull over bien chaud. Surprise en même temps que ravie, la petite fille se précipita pour appeler sa mère et son petit frère devant la fenêtre. Elle leur raconta à tous deux, émerveillés, la belle histoire qu'elle avait vécue. Dès qu'elle fut habillée, elle s'empressa d'aller remercier le vieux Docteur . Celui-ci lui répondit : « C'est à moi de te remercier, car j'avais un fils encore jeune, qui fit une chute mortelle dans un escalier où ses camarades l'avaient poussé. A cause de ce drame, j'en voulais à tous les enfants et refusais de les voir. Ta gentillesse m'a réconcilié avec eux ; » et il ajouta : « Comme tu m'as dit que ta maman, victime, elle aussi, d'un grand malheur, avait beaucoup de difficultés à trouver du travail, j'ai pensé à lui proposer de venir chez moi tenir le ménage. La maison est grande et vous pourriez y habiter tous les trois. Demande lui de venir me voir pour que nous en parlions. »

 

Le message fut transmis à la maman qui accepta bien volontiers cette proposition inespérée . Quelques jours après l'installation de la petite famille, le Docteur demanda à la maman de l'autoriser à examiner Yves. Après cet examen, il lui dit : « Chère Madame, je n'exerce plus la médecine depuis quelques temps, mais il me semble que l'état de votre fils peut être amélioré ; voulez-vous m'autoriser à le mener en consultation chez un de mes jeunes élèves qui me donnera son avis. » La maman accepta et le Docteur partit avec Yves dans sa belle voiture Mercedes. Le soir, à son retour, il dit à la maman: « Si vous le permettez, j'irai avec lui dans une clinique où mon jeune élève lui fera subir une petite intervention et tout devrait rentrer dans l'ordre. Ne vous inquiétez pas, je me charge de tous les frais. » La mère accepta sans hésiter et le Docteur partit le lendemain avec Yves. Deux jours après, la voiture revint et son retour fut annoncé par un appel sonore d'avertisseur. La maman et Anne se précipitèrent et eurent la grande surprise de voir descendre de la voiture : Yves qui se dirigeait vers elles en boitillant. Il était guéri et la claudication disparut en quelques jours. Il put reprendre ses  études et rattrapa très vite le niveau scolaire des élèves de son âge. Quant à la petite Anne, elle grandit en sagesse et devint une belle jeune fille. Un jour, un beau jeune homme se présenta pour demander à sa mère de l'épouser. La mère accepta et le mariage eut lieu. Le Docteur offrit à sa petite protégée une belle réception avec un grand repas où il y avait sept plats de bananes en toutes sauces et sept plats de morues en toutes sauces. Comme je n'avais pas été invité, je me suis déguisé en chien et suis rentré sous la table pour essayer d'avoir quelques morceaux de gâteau. On m'a donné un violent coup de pied en me disant: « Va raconter cette histoire à..............».

 

L P.

 

 

par Edouard Boulogne publié dans : Les belles histoiresde l'oncle Louis. communauté : Libre parole
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Mercredi 7 mai 2008

UN   BEL  AMOUR  PLATONIQUE.

 

 


 

Un amour était né entre une petite perruche : < Arc en Ciel > et un jeune mulet de la ravine < Zaboca >, appelé par ses congénères : < Flèche d'Argent > en raison de la rapidité de ses déplacements et de sa couleur claire qui le faisait scintiller au soleil. < Arc en Ciel >, de son côté, ne passait pas inaperçue auprès de son entourage. Elle était revêtue de plumes admirablement colorées et, de plus, contrairement aux autres perruches, avait un chant mélodieux qu'elle se plaisait à faire entendre. Tous les jeunes mâles de son âge lui faisaient la cour, en particulier celui qu'on nommait < Bouton d'Or >. Mais < Arc en Ciel > ne répondait pas à leurs avances. Elle ne songeait qu'à < Flèche d'Argent > dont elle allait suivre les évolutions, perchée sur les branches d'un suretier qui surplombait le bassin où se tenaient, le plus souvent, les poissons. Elle faisait alors entendre son beau chant et < Flèche d'Argent > , tout en écoutant avec ravissement, exécutait toutes sortes de cabrioles. Mais leurs milieux naturels respectifs n'avaient jusque-là permis aucun contact. Un jour, une  forte rafale de vent détacha incomplètement du suretier une branche basse munie de rameaux enchevêtrés et très feuillus qui, de ce fait, pendaient dans l'eau. < Arc en Ciel > descendit sur ces petits rameaux et, < Flèche d'Argent >, s'aidant des feuilles, sortit la tête de l'eau. Ils purent alors se toucher et < Arc en Ciel > caressait la tête du petit poisson avec les plumes de ses ailes. Pour profiter de ces instants de bonheur, elle avait arrêté son chant et ils restaient ainsi, l'un contre l'autre, jusqu'à ce que < Flèche d'Argent >, pour éviter l'asphyxie, soit obligé de retourner dans son milieu naturel. Il effectuait alors toutes sortes d'acrobaties pour se faire admirer et < Arc en Ciel > reprenait aussi son chant. Ils vécurent pendant plusieurs jours ces moments de tendresse qu'agrémentait un très beau temps. La ravine était particulièrement calme. Et puis, un jour qu'une pluie abondante était tombée sur la montagne où elle prenait sa source, la ravine eut une crue inattendue et si brutale que la branche déjà endommagée ne résista pas et fut emportée par le courant, entraînant avec elle < Arc en Ciel > qui ne s'y attendait pas. Elle allait se noyer lorsque < Flèche d'Argent > se précipita et, se

plaçant sous elle, la ramena sur la rive, où elle resta inanimée. Comme le courant grossissait encore et, craignant qu'elle soit à nouveau emportée, le petit poisson qui ne pouvait agir sur la terre ferme, chargea le colibri < F aie Rosé > de faire appel à son ami le rat < Sans Queue >. Celui-ci, ému par cette endresse, certes toute platonique, mais combien fidèle, venait quelquefois, caché dans les taillis environnants, admirer les amoureux. Avec précautions, il traîna < Arc en Ciel > dans une clairière et l'installa sur un lit de feuilles sèches. La chaleur du soleil ranima la petite perruche, mais elle était trop faible pour se déplacer. < Bouton d'Or >, appelé par < Sans Queue > qui le connaissait bien, se mit à lui apporter des graines de pimenté, de gommier ou de siguine ainsi que le suc prélevé sur les fleurs de rosés caïennes, de pommiers rosés ou de suriaux. < Sans Queue > fit appel à son compère le rat < Pas d'Oreille > et, à tour de rôle, ils montaient la garde pour empêcher les fourmis et autres insectes nuisibles de s'attaquer à ce petit oiseau sans défense. Lorsque, ses forces revenues, < Arc en Ciel > put enfin voler, elle alla sans tarder se poser sur le suretier et se mit à chanter. < Flèche d'Argent > à qui < Sans Queue > donnait pourtant régulièrement de ses nouvelles, ne s'attendait pas à un rétour aussi rapide; mais ravi, il se précipita et répondit au chant par force cabrioles entre lesquelles, il s'avançait vers le suretier pour contempler la petite perruche qui avait retrouvé tout son éclat. Et ils recommencèrent à s'admirer régulièrement. Toutefois, la nature ayant repris ses droits, < Arc en Ciel > eut plusieurs fois des petits avec < Bouton d'Or > ; mais, lorsqu'elle allait à la rencontre de < Flèche d'Argent > c'était le jeune mâle qui, n'éprouvant aucun sentiment de jalousie, couvait les petits œufs pour la libérer et, plus tard, s'occupait des oisillons après Féclosion. Le bonheur des deux amoureux, qui faisait l'admiration des autres animaux, aurait continué pendant longtemps si un événement tragique n'était venu l'interrompre. < Arc en Ciel > fût prise dans un piège à glu posé par le petit Pierre qui la mit en cage. C'était une fort belle cage faite de tiges de bambou et de < touches à coco >. Spacieuse, elle était munie d'un équipement complet : mangeoire, abreuvoir, plusieurs balançoires, etc...et pourtant la petite perruche dépérissait malgré les fréquentes visites de <Bouton d'Or> qui venait devant la  fenêtre lui tenir compagnie; elle ne chantait plus et ses plumes perdaient leur éclat. Pierre, inquiet, s'adressa à < Sans Queue > qu'il connaissait bien et celui-ci lui raconta la belle histoire des amoureux. Comme il avait bon cœur, Pierre fut touché par la tendresse et la fidélité des partenaires de cette aventure; il ouvrit la porte de la cage, saisit < Arc en Ciel > et, après lui avoir caressé la tête pour la rassurer, ouvrit la fenêtre et la libéra de sa prison dorée. Aussitôt, elle s'envola vers le suretier où elle se remit à chanter. Dès les premières notes, < Flèche d'Argent > qui rôdait aux environs, ( il n'avait jamais perdu espoir de la revoir ) apparut en exécutant ses plus belles cabrioles. < Arc en Ciel > recouvra très vite la santé et ils reprirent leurs rencontres régulières. Mais, un jour, < Flèche d'Argent >, capturé par un pêcheur, ne vint pas au rendez-vous ; < Arc en Ciel > se renseigna auprès de < Sans Queue > et, quand il lui apprit la terrible nouvelle, elle s'envola vers le suretier et, après avoir chanté une dernière fois, sauta dans la ravine où elle fut emportée par le courant. Ainsi se termina cette touchante histoire d'amour.

 

L P.

 

 

 

 

par Edouard Boulogne publié dans : Les belles histoiresde l'oncle Louis.
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Lundi 24 mars 2008

LES DEUX RATS BOULANGERS.

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Deux rats, < Sans Queue > et < Pas d'Oreille >, connaissaient la disette. Ils ne trouvaient rien à se mettre sous la dent car les hommes s'étaient organisés. Aucune nourriture ne traînait, tout était bien enfermé, mais, surtout, il y avait les pièges que les deux compères redoutaient le plus. Chacun de son côté, ils avaient déjà failli être décapités par le même type de piège, en voulant manger un morceau de fromage qui semblait avoir été abandonné. Naturellement méfiants, leurs prompts réflexes leur avaient permis d'échapper à une sorte de guillotine actionnée par un ressort, mais l'un avait perdu presque toute sa queue et l'autre une grande partie de son oreille : c'est de là qu'ils tenaient leurs noms. Une autre fois, <Sans Queue>9 apercevant une friandise au fond d'une sorte de cage, avait, en cherchant, trouvé un petit boyau où il progressa; au bout, il sentit le sol se dérober sous lui et put heureusement se raccrocher à un barreau pour éviter de tomber au fond de la cage. Il y avait aussi les poisons qu'ils avaient certes pu détecter jusqu'à maintenant; et enfin les chiens et les chats dont l'odorat très développé permettait à ces vieux ennemis de les repérer et de les traquer. Ils ne leur échappaient qu'en s'engouffrant dans des cavités très exiguës. La vie devenait vraiment impossible pour eux et ils avaient faim. Un jour, ils pénétrèrent dans une boulangerie et s'aperçurent qu'aussi bien les sacs de farine que les pains et pâtisseries étaient dans un entrepôt fermé par une porte en fer qu'ils ne pouvaient ronger. Le départ du personnel devait être récent car le four était encore brûlant. En furetant, ils trouvèrent un sachet en papier dans lequel il y avait la valeur de quelques cuillères de farine. < Sans Queue> dit : « Fou la chau, nous té ké pé fè pin ( le four est chaud, nous pourrions faire du pain ). » < Pas d'Oreille > rétorqua: « Me pa ni d'io ; nous pé ké ni asé fôse pou wouvè wobiné la ( mais il n'y a pas d'eau, nous n'aurons pas assez de force pour ouvrir le robinet ). » Après réflexion, < Sans Queue > eut une idée : « En nou mêlé farine la èvè pissa ( mélangeons la farine avec du pipi). » < Pas d'Oreilles> dit alors: « Hé ben, en nou esayé ( hé bien essayons). » II se mit le premier en position au dessus de la farine qu'ils avaient étalée sur le papier ( mais il n'y eut que quelques gouttes de pipi ) ; < Sans Queue > l'encourageait : « Fôsé kompè fôsé ( un effort compère un effort ).
< Pas d'Oreille > redoubla d'efforts et, soudain, c'est un gros
< pet > qui arriva BROOM ! ! ! La farine fut soufflée et projetée sur nos deux compères qui devinrent tout blancs.

Deux-rats.jpeg

 Découragés, ils restèrent un certain temps abasourdis car la farine était perdue. Au moment où, ayant repris leurs esprits, ils allaient quitter les lieux, un bruit se fît entendre ; ils se cachèrent et virent arriver un ouvrier de la boulangerie qui ouvrit la porte de l'entrepôt pour prendre un objet qu'il avait oublié. Profitant de la porte ouverte, les deux compères entrèrent après lui, avec précaution et restèrent enfermés lorsqu'il partit. Seuls dans cet entrepôt, ils s'assurèrent d'abord qu'il n'y avait pas de piège et dévorèrent tout ce qu'ils purent pour rattraper la longue période de jeûne qu'ils avaient traversée. Lorsqu'ils furent repus, ils sombrèrent dans un profond sommeil. Hélas ! le lendemain, lorsque l'entrepôt fut ouvert, ils dormaient encore et il leur aurait fallu sortir rapidement; mais leurs réflexes étaient diminués et ils se laissèrent prendre par les ouvriers qui allaient les noyer en les plongeant dans un seau d'eau. C'est alors que, les réflexes revenus, <Sans Queue> dit : « Nou ka mode ( nous mordons) », et, les deux en même temps, ils mordirent cruellement la main de ceux qui les tenaient ; profitant de la confusion qui s'ensuivit, ils s'évadèrent, prêts à vivre d'autres aventures. 

L.P




par Edouard Boulogne publié dans : Les belles histoiresde l'oncle Louis.
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Mardi 26 février 2008
Les histoires de l'oncle Louis.


(  Un lecteur du Scrutateur, m'a envoyé un lot de contes, et de petites histoires, souvent inspirées du patrimoine créole, que je publie avec le plus grand plaisir.  Ce Site est le vôtre, et vous êtes, je le rappelle invités à l'enrichir au gré de votre humeur, et de votre caractère, dans l'esprit qui est le sien et qui est  défini en haut à gauche de votre écran. Mille mercis à l'oncle Louis. Le Scrutateur).

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< UN BON   PAPA>


II était une fois un grand- père que ses petits enfants appelaient< Bon Papa > tant il les gâtait. Il prenait leur défense auprès de sa femme appelée aussi < Bonne Maman >, mais qui n'était pas aussi indulgente, surtout lorsqu'un de ses petits enfants salissait ou brisait quelque chose : comme, lorsqu'une fois, ils avaient brisé une vitre en jouant à la balle dans le jardin, une autre fois un vase en jouant à cache-cache dans la maison, ou bien encore, lorsque l'un d'eux, ayant une envie pressante, était entré dans la chambre où il n'y avait personne, celle de < Bon Papa >, et avait fait son besoin sur le plancher au niveau de la tête du lit; comme il n'avait rien sous la main, il s'était essuyé dans la moustiquaire.
< Bon Papa >, en l'apprenant, avait dit, avec un bon sourire, à
<  Bonne Maman > qui voulait sévir: « Ma Chère, tu vois bien que c'est son affection pour moi qui l'a fait choisir ma chambre et ma moustiquaire » et il avait ajouté, comme il le faisait d'ailleurs dans les autres cas: « Mais chérie, il est préférable qu'ils le fassent ici, chez nous, que chez nos voisins < LAÏCHONCA >.
Il avait l'originalité d'écrire avec des plumes d'oies ou de canards qu'il taillait lui-même et lorsque ses petits enfants s'emparaient de ces plumes pour jouer aux indiens, il leur pardonnait et en taillait d'autres. Il y avait une seule chose qui l'irritait, c'était de voir les enfants s'exposer au soleil sans chapeau ; il avait alors des colères terribles et devenait menaçant. Mais son caractère jovial reprenait vite le dessus et il pardonnait dès que les chapeaux étaient mis. Il avait grand plaisir à mener ses petits enfants visiter la propriété Monléon et faisait tout ce petit monde s'entasser dans la < manman pouin deuil >, sorte de carriole tirée par son cheval appelé < BOÏARD >. Il s'assurait d'abord que chacun avait son chapeau et, pour donner à < BOÏARD > le signal du départ, faisait claquer son fouet. Il faisait aussi un claquement de langue encourageant, lorsque le bon cheval ralentissait son allure. Sur la propriété, il y avait toujours des arbres fruitiers en rapport et c'est avec délices que les enfants mangeaient, suivant la saison: les mangues, goyaves, quénettes, pommes-lianes, frambroises, pommes-malaca, sapotilles, pommes-surettes, oranges, letchis, corossols, prunes-mombins, mandarines, caramboles, figues-pommes, figues-sucrées et bien d'autres fruiis. . Il y avait aussi les cocotiers dont <Bon Papa> envoyait cueillir les noix par son dévoué <Babouram> en grimpant lestement aux arbres . Celui-ci qui aimait beaucoup les enfants avait vite fait, une fois les meilleures noix cueillies, de percer un trou en tête et ceux-ci pouvaient alors boire une délicieuse eau de coco; ensuite, pour leur permettre de se régaler avec la crème, il ouvrait les noix vidées d'un coup de coutelas. Il coupait aussi des tiges de cannes à sucre qu'il épluchait pour que les enfants en mâchent les fibres succulentes. Enfin, lorsqu'ils en avaient assez, ils allaient cueillir des calebasses naines dont, après les avoir laissé sécher, ils se servaient pour fabriquer des petits gobelets et des petites gourdes. Ils savaient aussi, en les vidant et en y introduisant des graines de Job (blanches) ou d'Eglise (rouges), réaliser des petits< chachas > pour rythmer les chansons créoles. Lorsque l'heure du retour arrivait et que tout ce petit monde jacassant était monté dans la < manman pouin deuille >, <Bon Papa> trouvait sur le plancher des nœuds de gros bambous avec lesquels il faisait des <chales dévirés> (torches), et aussi des tiges de bambous nains pour réaliser de petites flûtes. Sans qu'il le lui ait dit, <Babouram>, pour lui faire plaisir, était allé les couper et avait aussi rempli le coffre d'une provision de cocos, cannes et des autres fruits qu'aimaient les enfants. Le trajet de retour se faisait dans une bonne humeur entretenue par des chants que <Bon Papa> entonnait et les faisait rythmer par un des enfants au moyen d'un <chacha>. Il aimait beaucoup s'adonner aux plaisirs du jardinage et décida un jour de planter des fraisiers. Très vite il remarqua que les fraises étaient plus belles lorsque les plants étaient alignés contre les bordures en ciment qui entouraient les plates-bandes. Il soignait ces plants avec amour pour avoir la joie de donner à goûter les fruits à ses petits enfants qui se régalaient. Un jour, il ne trouva rien à récolter, alors que la veille les plants étaient encore bien pourvus de fruits matures.

Poule.jpeg

D'une fenêtre située à l'étage de la maison, il surveilla le jardin et, le lendemain, à l'aurore, il vit une poule manger toutes les fraises qui avaient mûri pendant la nuit. Il prit alors une carabine à air comprimé avec laquelle il apprenait à tirer aux enfants et, visant la poule, (c'était un excellent tireur), lui logea un petit plomb dans l'arrière-train. Elle s'enfuit en criant : <AYAYAILLE ! ! !> en poule, c'est à dire : <KWÏEK ! ! ! KWIEK ! ! ! > et ne retourna jamais plus dans le jardin. Le <Bon Papa> put alors recommencer à offrir à ses petits enfants les belles fraises dont ils raffolaient. 


L P.

par Edouard Boulogne publié dans : Les belles histoiresde l'oncle Louis.
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    "Vide est le discours de ce philosophe par qui aucun mal n'est soigné chez l'homme. En effet, de même que la médecine n'est d'aucune utilité si elle ne chasse les maladies du corps, de même la philosophie n'est pas non plus utile, si elle ne chasse pas le mal de l'âme". 

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