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Publié par Edouard Boulogne

 

Va-t-on enfin tirer la leçon de Villiers-le-Bel?

 

 

Cybversion-Institutions-politiques-en-Tunisie--Selim-Ben-Ha.jpg ( Le professeur Mezri Haddad ).

 

La République brûle-t-elle ?

( Les tout récents évènements à Villiers-le-Bel ont ravivé certainement la mémoire des français qui en ont encore, et ne se contentent pas de vivre au jour le jour, dans l'attente résignée du grand soir.

En 2005, déjà, des évènements d'une extrême gravité s 'y étaient déroulés, répercutés par la presse mondiale, bien au-delà des frontières de l'hexagone.

Un gtoupe d'universitaires spécialisés s'étaient réunis pour livrer une analyse très approfondie de l'évènement. Ces commentaires remarquables, furent réunis en un volume, publié aux éditions Michalon, et Le Scrutateur, alors naissant en avait rendu compte. Je le tire des archives pour vous l'offrir à nouveau. [ Les archives du Scrutateur sont riches, et il ne faut pas hésiter à les consulter régulièrement].

L'un des auteurs, que j'avais cité longuement, avait lu cet article et m'en avait écrit.

C'est par son billet de remerciement, que débutera cette réédition. Mezri Haddad, est né au Kram, en Tunisie, en 1961. Il est docteur en philosophie morale et politique à la Sorbonne. EB).

 

 

Un message du professeur HADDAD.

 

« Un ami, habitué de l'univers internet, m'a envoyé le texte que vous avez consacré à l'ouvrage collectif, La République brûle -t-elle ? Je l'ai lu avec beaucoup d'intérêt et je voudrai vous remercier pour l'attention particulière accordée à mon analyse.
Votre blog est remarquable; comptez-moi désormais parmi ses visiteurs.
Joyeuse fête de Noël et bonne année 2008.

Bien à vous. »

Mezri Haddad.

 

 

 

 

Villiers-le-Bel : La République brûle-t-elle ?


C’était en 2001, pendant le match de football France Algérie.
L’équipe de France dominait et allait gagner. Une majorité  du public, composée de « jeunes » issus de l’immigration ne put le supporter (quoique que l’équipe française fut tout à fait « black blanc beur »), et envahit le terrain, interrompant la compétition. Un peu auparavant la Marseillaise avait été sifflée, sans que le premier ministre présent (Lyonnel Jospin) pense à réagir.
Un peu après les « jeunes » se répandaient dans Paris en criant « Vive Ben Laden »!
Les bien pensants du politiquement correct parlèrent du sort tragique de ces laissés pour compte de la société française . On parla aide psychologique, matérielle (surtout). Trois ans plus tard c’était la banlieue à feu et à sang, (Clichy-sous-bois) par les même acteurs, et pour une cause, la mort électrocutée de deux jeunes gens , poursuivis par la police, et qui n’avaient pas la conscience tranquille. La gauche récita sa litanie habituelle, sur les « moyens qui manquent », sur la réaction compréhensible  de jeunes « victimes du racisme et du mépris ». Une certaine droite, stupide et chiraquienne, espérant que les troubles engloutiraient Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, ricana sous cape.
Il y a quelques jours, nouveau match de foot : France-Maroc. Le Stade de France est rouge, couleur du Maroc. Les joueurs maghrébins de confession musulmanes sont applaudis, les autres, y compris les noirs, (notre Thuram par exemple, tellement anti Sarko, pourtant, mais vulgairement « laïque » quant à ses convictions) est sifflé. Peut-être cela le fera-t-il réfléchir).
Et aujourd’hui le feu reprend.
Deux gamins à motos, sans casques, heurtent une voiture de police, et meurent. Cela est regrettable, pour les deux gosses, pour leurs familles. Mais depuis trois jours, les voitures, les maisons, les écoles, les bibliothèques flambent sous l’action folle de jeunes barbares. Plus de quatre-vingt membres des forces de l’ordre sont blessés, plus ou moins brièvement.
On craint la contagion. Et beaucoup ont du mal à comprendre.
Je crois qu’il est temps que l’on prenne conscience de l’extrême gravité de ces évènements, qui pourraient à terme plus ou moins long mettre en jeu l’existence même de notre pays.
Il ne s’agit pas d’un problème économique ou social, mais de quelques chose de beaucoup plus grave, sur quoi il importe de réfléchir, et contre quoi il faut réagir avec lucidité et courage.
Pour ce faire, je propose ci-dessous quelques textes très remarquables extraits d’un ouvrage collectif publié au début de 2006, peu de temps après la première crise par une dizaine d’universitaires, sociologues, philosophes, de haut niveau et de grand courage. L’ouvrage, dirigé par Raphaël Draï et Jean-François Mattéi  s’intitule : La République brûle-t-elle ? Essais sur les violences urbaines en France.
J’ai retenu des extraits de deux auteurs :
1) Robert Redeker d’abord, professeur agrégé de philosophie, auteur d’une œuvre importante, et celui-là même qui pour avoir critiqué l’Islam, se vit menacé  dans sa vie et obligé de quitter son activité professionnelle, sous la protection de la DST. Cela en France, aujourd’hui, déjà !
2) Mezri Haddad, ensuite, Professeur à Paris IV, premier intellectuel de tradition islamique ( mais non islamiste ) à avoir été qualifié par le conseil national des universités en théologie catholique. Lui aussi auteur de nombreux ouvrages de référence.
 
 Je demande d’être attentif à ces textes, de les lire, éventuellement de les relire, lentement, et d’en parler.
La gravité de la situation oblige à dépasser les « informations » radios télévisées, et les déclarations politiciennes.
Les lecteurs les plus motivés peuvent aussi commander l’ouvrage qui est publié aux éditions Michalon.

Edouard Boulogne.

PS : Les sous titres sont de la rédaction du Scrutateur.


img033.jpg



(I) Un manque : le désir d’assimilation.


Qu’on me permette un détour autobiographique. S'il fallait s'adresser à ces jeunes de banlieue, je leur dirais directement ceci :
«Vous n'êtes ni la première ni la dernière génération allogène accueillie sur la vieille terre de France, sur le sol de "ce cher et vieux pays", comme aimait à dire le général de Gaulle. Pourtant, vous semblez peiner à vous amalgamer à sa substance - à sa chère et vieille sub-stance - au contraire de ce que fit la génération des grands-parents de M. Sarkozy, ou de ce que mes parents, puis votre serviteur firent à leur tour. Vous savez - c'est un rêve barrésien, n'est-ce-pas ? - l'enfant étranger et pauvre comme vous l'êtes aujourd’hui que je fus au début des années soixante, refusera pour l'heure de son trépas la moderne incinération, afin de pouvoir dormir l'interminable temps de la mort dans le linceul de cette terre, encerclée par elle jusqu'à finir absorbée par elle, telle l'encre par un buvard. Vous savez, aujourd'hui octogé-naires, ma mère et mon père veulent acquérir la nationalité française avant de mourir, pour vivre dans la gratitude le passage à l'outre-tombe, estimant, après tout ce que la France leur a donné, qu'il était juste d'être enterré comme Français dans le sol de France. "Étranger" -le mot est lâché. Devenir français est une longue, difficile et belle
histoire, passant par des épreuves initiatiques, dont il faut dire quelques mots. Comme les vôtres, mes parents souffraient de grand dénuement quand ils débarquèrent sur le sol de France; ils ne parlaient pas la langue (qu'ils ne pratiquent aujourd'hui encore que trop approxima-tivement), n'avaient aucun diplôme dans leur besace, que peu de culture, quand leur ventre était trop souvent torturé par la faim. Ils choisirent la France, ne pouvant souffrir de vivre dans leur pays d'origine, à cause du déshonneur dont à jamais il était frappé, l'Allemagne. Il était aussi peu facile d'être allemand dans la Françe_du début des années cinquante qu'algérien dans celle d'aujourd’hui. Mon père se loua comme journalier agricole durant plusieurs lustres, avant de se hisser, à la force de ses bras et l'obstination de son courage, au statut tant envié par lui, de vacher. Ma mère épuisa sa santé en divers travaux agricoles, s'employant précairement à "faire des ménages" ici ou là. Quatre enfants naquirent de ce couple - ils connurent la misère et le pain noir, les rats dans leur chambre ainsi que les cabinets à l'extérieur et l'absence de salle d'eau, l'humidité des taudis, les jours sans repas, la méfiance de la population et l'hostilité de ceux qui n'avaient que l'insulte "boche" à la bouche, l'isolement culturel dans les campagnes reculées de la Gascogne et du Comminges. Et pourtant, le miracle français de l'assimilation se produisit, une fois de plus : père et mère veulent, pour l’éternité faire partie du corps de la France, tandis que moi, je tiens l'histoire de France, depuis les origines, comme étant mon histoire personnelle, mélangée à ma chair et à mes sentiments. Comment ce prodige - qui n'est possible qu'en France, et sur un autre mode aux États-Unis pu se produire ?                             
L’hospitalité oblige des deux côtés. À toute la fratrie, père et mère     ne cessaient d'inculquer le principe suivant : vous, les enfants, qui êtes destinés à vous enraciner en France, un devoir d'irréprochabilité vous est prescrit. Vous devez vous montrer en toute chose plus vertueux et     plus travailleurs et plus  respectueux que les_Francais eux-mêmes parce que vous êtes leurs hôtes. Vous n'avez rien à exiger, mais tout à mériter : quand on dîne à la table d'autrui, on remercie. Avec bon sens, ils nous affirmaient également que l'étranger qui n'est pas content du sort qui lui est réservé là où il s'est invité n'a qu'à partir. Ainsi, doit-on se défaire de ses habitudes, de ses traditions, se libérer de ses détermi nismes et de ses particularismes - ou plutôt : n’en conserver que la part demeurant tolérable par l'hôte - pour, à force de vertu, de travail,   et de gratitude, entrer en fusion avec cet hôte. Cette éducation à la  ; modestie, à l'effacement et au travail, ne parvint pas à un résultat  détestable : mon frère, symptomatiquement prénommé François, a
monté une PME florissante, une de mes soeurs codirige avec son mari une exploitation agricole, et l'autre a conduit une carrière honorable/ chez un industriel de l’agro-alimentaire ; quant à l’auteur de ces propos il a obtenu l’agrégation de philosophie. Vous voyez, la pauvreté et l’inculture ne sont pas des excuses ; en France elles peuvent être des chances. (Robert Redeker pp : 32-34).






(II) La crise de la culture.


" L'incompréhension, par de nombreux jeunes gens de banlieue, de cet imaginaire national, et le déchaînement de violence appuyé sur cette incompréhension, trouve son explication dans la victoire de la conception sociologique de la culture sur sa conception philosophique. Pour la sociologie (nous parlons ici de la sociologie aussi déterministe que compassionnelle issue de Bourdieu) servant de base à tous les travailleurs sociaux, médiateurs, intervenants en banlieue, « la » culture n’existe pas ; seules existent « les » cultures, toutes légi-times a égalité. À force de marteler que « la » culture est oppression, élitisme, qu'une pièce de Shakespeare n'a pas plus de valeur qu'une chanson, et qu'un vers de Racine ne vaut pas mieux qu'un couscous, comment s'étonner qu'on brûle des bibliothèques ? Mais il y a plus : on ne cesse de dévaluer « la » culture (sens philosophique du mot) et de surévaluer, au nom du différentialisme, « les » cultures (sens socio-logique), dans leur pluralité. Deux attitudes se superposent : d'une part, les travailleurs sociaux ne cessent, dans les banlieues, d'incriminer la France au nom de l'anti-colonialisme, de l'anti-esclavagisme, et son histoire, quand d’autre part, au nom du respect des différences de l'anti-élitisme, on dévalorise « la » culture. Ce discours est distillé aux jeunes immigrés des banlieues : la France est mauvaise, elle a été colonialiste, et vous êtes ses victimes. On leur serine: l'oppression coloniale continue dans les banlieues, la France a une dette envers vous. Comment s'étonner de la non-intégration, alors que ces jeunes se sentent justifiés dans ce qu'ils sont, autorisés à refuser les règles de la citoyenneté puisque tout est légitimé ? Alors qu'on leur construit une identité de victime, victime du pays dans lequel ils  vivent, et dans lequel il faudrait qu'ils s'intègrent, en l'aimant. Du fait de ces jetons, il devient impossible de poser des idéaux régulateurs, desquels çhacun aurait à s'approcher : un modèle idéal de l'homme un modèle idéal du citoyen, un modèle idéal du Français. Les définitions de l'homme, du Français et au citoyen, à cause de ce pluralisme culturel, entrent en concurrence aux dépens des jeunes de banlieue, qui ne savent plus à quoi il faut essayer de ressembler puisque tout est légitime, que tout se vaut, et que la société d'accueil est abjecte. (…..).
Adressons-nous une dernière fois à ces jeunes :
« Être un étranger est à la fois un présent et un devenir; c'est être ce qu'on est tout en devenant progressivement autre, ce à quoi on veut
s'assimiler. Les générations précédentes d'enfants venus de partout, aujourd'hui assimilés au corps de la France, ne peuvent se recon-naître ni dans votre haine du pays d'accueil (rien de plus contraire au désir de s'intégrer et au respect de ses hôtes que les sifflets en  direction de la Marseillaise, ou que les projectiles lancés contre des ministres de cette même République, lors d'un match de foot ball d’apocalyptique mémoire) ni dans votre mépris de ses  traditions (la laïcité)  et de ses coutumes ; elle empêchera l'opération alchimique, quasi mystique qui se produit depuis des siècles, de l'incorporation de l'élément étranger au corps de la nation. La beauté, la grandeur, la difficulté du statut de l'étranger consiste en ceci, qui relève de l'ordre éthique : être un étranger est aussi un devoir. Brûler des théâtres, des lycées juifs, attaquer des centres sociaux, ne correspond pas au devoir d'être un étranger. C'est la figure même de l'étranger, c'est-à-dire pour vous la possibilité d’être" à travers un statut symbolique et celle de devenir autre chose, un Français, que vous détruisez par vos comportements actuels. Voyons en eux un nihilisme massacrant aussi bien votre présent (l'être étranger) que votre futur (devenir autre qu'étranger). Tous ceux qui ont obstinément travaillé pour devenir français, qui en tout domaine ont voulu être plus parfaits que les Français, qui sont passés par les arcanes de l'initiation, ressentent des haut-le-cœur devant ce refus du devoir d'être un étranger. »
« Étranger » n'est pas une question de carte d'identité :j’appelle
étranger toute personne n'étant pas encore entrée dans une relation
d'amalgame avec la France, sa géographie et son histoire.
(Robert Redeker, pp 32-35).


(III) La démission et le politiquement correct, où l’on refuse d’appeler un chat un chat et racaille, une racaille



Pour traiter de façon radicale un mal, la première des conditions  consiste à  poser le bon diagnostic. S'il est vrai que les mesures coura-geuses prises par le gouvernement (instauration du couvre-feu, expul-sion des voyous coupables de violence...) et les projets envisagés (durcissement des lois relatives à l'immigration, révision de l'ordon-nance de 1945 sur les mineurs, lutte contre l'exclusion et les discrimi-nations à l'embauche, aides aux associations...) sont proportionnelles à la gravité de la situation et aux dommages occasionnés, force est de constater que ses initiatives répondent à une logique de l'urgence, s'inscrivant par conséquent dans le court et moyen terme. Elles sont  immédiatement dissuasives mais pas définitivement curatives, puis qu'elles s'occupent a posteriori des effets bien plus que des causes.
Or, ces causes ne sont pas uniquement sociales ou économiques. Comme  nous allons essayer de l’expliquer dans les pages qui  suivent, elles sont également culturelles.

Désigner pour comprendre

II y a une réelle difficulté à bien saisir ce phénomène dans toute son ampleur et dans toute sa complexité, de l'analyser pour pouvoir éventuellement y remédier. Et cette difficulté découle d'emblée de la timidité de le nommer. Autrement dit, du manque d’appeler « un chat, un chat ». Et pour cause: si vous dites que la majorité des  casseurs est d'origine africaine ou nord-africaine, ce qui a été parfai-tement établi , on vous soupçonnera tout de suite de faire le jeu du Front national et les ayatollahs des droits de l'homme vous poursui-vront peut-être pour incitation à la haine raciale. La notion  même d'ethnicité est suspecte. Pourtant, il y a bien une science qui porte son nom, l’ethnologie, et une autre qui peut difficilement en abolir l'usage, l'anthropologie. L’emploi extrêmement modéré du terme d’ethnicité s’explique par le fait qu’il renvoie à l’idée de nature, et plus précisément de race.

Telle une épée de Damoclès, ce terrorisme intellectuel inhibe en effet les intelligences et oriente les recherches scientifiques dans un sens  politique; ou idéologique. Il réduit considérablement la liberté du journaliste à rendre compte de la réalité, incite les politiques à prati-quer la langue de bois ou la litote et maintient les chercheurs dans les limites du scientifiquement correct. Du coup, c'est la sociologie, la psychologie sociale, l'anthropologie culturelle, la psychanalyse - ensemble de disciplines qu'on a coutume d'appeler « sciences socio-culturelles » - qui se trouvent handicapées dans leur vocation stricte-ment heuristique. Et pour cause : les mots et les concepts ne sont plus en adéquation avec la réalité qu'ils désignent. Et lorsque certains cher-cheurs dévient de l'orthodoxie ou débordent du seuil de tolérance arbitrairement fixé, tout est fait pour rendre leurs travaux inacces-sibles ou inaudibles. C'est le cas, par exemple, de Jacqueline Costa-Lacoux, directrice de recherche au CNRS et membre du Haut Conseil à l’intégration, qui avoue avoir effectué un long travail collégial sur « l’ethnicisation du lien social » et qui déclare, parce que « de nom-breux politiques ainsi qu'une majorité d’intellectuels ont préféré cultiver le fantasme d'une société black-blanc-beur » : « nous avons été  censurés  ». Le sociologue Hugues Lagrange, de l'Observatoire sociologîque du changement (CNRS)nous livre le même témoignage : « La question du rôle des jeunes issus de l'immigration dans la délinquance reste globalement tabou, et nous évitons toute description qui pour-rait être interprétée en termes dépréciateurs ou stigmatisants, de crainte d'alimenter les propos racistes ou de paraître faire des victimes les coupables désignés [...] Doit-on, pour s'exonérer du risque de stigma-tiser les jeunes issus de l'immigration, s'obliger à ne parler d'eux qu'en victimes, à la voix passive?». Ainsi, ce climat malsain favorise les  arrangements idéologiques au détriment de la vérité et des exigences de neutralité axiologique chère à Max Weber.
Il convient toutefois de signaler un début d'audace chez certains journalistes ou intellectuels. La gravité des émeutes dans les banlieues leur ont offert l'occasion de transgresser certains interdits séman-tiques. Nous avons déjà mentionné le cas de Nicolas Baverez, qui n'hésite pas à qualifier les émeutes de raciales. Nous pouvons aussi ajouter celui d’Alexis Brézet, éditorialiste du journal Le Figaro, qui relève « la dimension ethnique  » des émeutes de novembre ; ou celui d'Hugues Lagrange qui admet le fait que «parmi les auteurs, les enfants de l'immigration sont surreprésentés » ; ou celui encore d'Alain Finkielkraut qui déclare : « Comme ces lanceurs de boules et de cocktails Molotov sont des Français d'origine africaine ou nord-africaine, l'explication étouffe l'indignation ou la retourne contre le gouver-nement et l'hospitalité nationale». Idem pour certains députés libé-raux qui bradent le chantage au racisme osant dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, à savoir qu'« on est en présence de gens qui ont la nationalité française et qui ne veulent pas être Français. Ils  refusent notre modèle. Leurs pères, eux, n'avaient pas de passeport, mais ils étaient plus français qu'eux 28 ».
Il est clair que l'envie de comprendre passe inévitablement par la liberté de nommer. Et puisque nous sommes au registre de la séman-tique, il n'est pas inutile de revenir rapidement sur le mot « racaille », dont l'emploi aurait mis le feu aux poudres. (Rappelons que cet article renvoie aux évènements de 2005. Le Scrutateur).

Outrage à la sémantique.

L'emploi du mot « racaille », tel serait le péché originel commis par le ministre de l'Intérieur, qui n'a pas retenu la leçon infligée à l'un de ses prédécesseurs, Jean-Pierre Chevènement, lorsqu'il avait fait usage d'un euphémisme pourtant très doux, celui de «sauvageons». Avant que M. Sarkozy ne traite ces « jeunes » de « racaille », tout allait bien dans ces cités autarciques à la périphérie de la République. Il aurait dû donc utiliser la notion aseptisée, consensuelle et consacrée, issue d'une fatwa médiatico-politique, c'est-à-dire la notion générique de « Jeune ». Comme si tous les jeunes étaient des malfrats ou des délin-quants. M. Sarkozy a transgressé  un interdit, brisé ce sémantiquement correct sur lequel repose tout l'édifice du politiquement correct. Son attitude a été conforme à à cette vieille maxime arabe dont on trouve
sûrement l'équivalent dans les traditions  grecque ou romaine : « À la
plèbe il  faut tenir le langage qu'elle comprend ».
« Racaille » est pourtant un mot parfaitement correct de la langue française. On le trouve sous la plume d'André Gide, « Ce n'est plus le peuple, mais la racaille », comme sous la plume d'un autre « infâme réactionnaire », Albert Camus : « Si l'on mettait toute cette racaille en
[prison, [...] les honnêtes gens pourraient respirer» ! C'est même l'un
des rares mots qui a survécu au massacre de la langue de Molière et à l’émergence de cet affligeant charabia, parle peut-être bientôt enseigné dans nos écoles, écrit (web), chanté (rap), inventé par ces académiciens des temps modernes et salué par les chantres du multiculturalisme rédempteur. Oui, «racaille» est un mot qui appartient au lexique culturellement infé-rieur et spirituellement leucémique des banlieues françaises. Cet appauvrissement de la langue française, qui se déploie dans un pro-cessus plus large de nivellement par le bas, commence à inquiéter un certain nombre d'intellectuels, et pas seulement ceux qui pensent avec Renan qu'avec la civilisation et la religion, la langue est un élément constitutif de la nation. Pour Michel Wieviorka, qui croit pourtant que « la poussée des identités particulières demeure un phénomène encore limité » - il est vrai que nous sommes en 1996 - « De nom-breux Français, surtout dans les professions culturelles, s'inquiètent pour leur langue, que l'anglais a fait reculer partout dans la vie inter-nationale, ou commencent à prendre conscience d'un début de délitement linguistique qui se joue par le bas, et au-dedans, et non du dehors, dans les banlieues et les quartiers en difficultés, où l'analpha-bétisme a beaucoup progressé depuis des années. »
C'est sans doute par la perversion du langage qu'a commencé la subversion communautariste parfois même islamiste des banlieues, sous le regard passif et quelquefois complice d'une certaine élite intel-lectuelle ou politique au jeunisme bien utilitariste. C'est probablement
Par la décomposition du langage que doit  commencer la reconquête
deces zones de non droit. C'est le sage Confucius qui enseignait que «Gouverner c’est rectifier les noms». Interrogé sur les émeutes des banlieues, Alain Finkielkraut a eu raison de répondre : « De même que  la République doit reprendre ses territoires perdus, de même la langue  française doit reconquérir le parler banlieue, ce sabir simpliste, har gneux, pathétiquement hostile à la beauté et à la nuance ». Par-delà  les palliatifs politiques, sociaux et économiques, c'est donc par la réha-bilitation de cette langue française violée, altérée, piétinée et défigurée
en France, jalousement préservée et correctement pratiquée en Afrique noire et au Maghreb, que doit s'amorcer le sauvetage des banlieues. Et
cela passe inexorablement par une réforme profonde de l'enseigne-ment et par une redéfinition de la culture dans un sens éthique autant  qu'esthétique.

 

(Mezri Haddad, pp 44-48).



(IV)Le fruit de la lâcheté.


« ………Lorsque les associations, les collectifs et les partis, relayés largement par les média»; passent leur temps à faire pénitence sur le dos du passé, et à accuser la France de tous les maux de l'histoire ;
lorsque des intellectuels méconnaissent une fois de plus leur fonction en imputant à leur pays et à ses habitants une responsabilité collective pour des crimes commis en un autre siècle, et cela sans proposer aucune alternative ; quand, enfin, les Français, ou ceux qui parlent en leur nom, n'ont plus le souci de la grandeur de leur culture ni de la générosité de leur éducation, mais n'en voient que les petitesses ou les avarices, alors nul ne s'étonnera qu'une partie importante des immigrés de fraîche date réponde par un refus violent à l'offre d'une civilisation qui ne cesse de se discréditer. Dans ces conditions, la France n'aura fait que remplacer l'ancienne colonisation des armes par une nouvelle colo-nisation des esprits.
Raphaël Draï et Jean-François Mattéi(pp 22-23).


Conclusion :
Les extraits de cet ouvrage très dense et très riche en analyses, permettent de voir que si l’immigration maghrébine pose des problèmes nouveaux au moule intégrateur français, pour des raisons religieuses (car les Polonais, Allemands, Italiens Portugais, etc, du début du siècle étaient de tradition chrétienne, et non musulmane) , certaines de nos difficultés actuelles sont imputables à l’avachissement, sinon de la nation française elle-même, du moins d’une part importante de ses élites politiques ou culturelles.
Ces gens là ne croient plus en la France, et d’ailleurs en rien. Ce sont des matérialistes et des nihilistes.
Certes il y a la démagogie des politiciens. Par exemple, ces jours-ci, celle de la gauche en France, qui ne voyant pas plus loin que le nez d’un François Hollande, est ravie que les désordres des banlieues causent des difficultés au gouvernement.
Plus profondément, il y a la crise de la culture.
La crise de la culture à l’école, la perte du sentiment national est phénoménal. Et ce ne sont pas les déclarations optimistes, convenues (et parfaitement insincères) des rectorats, et du ministère de l’éducation qui changeront quelque chose à cette réalité dramatique
Ce sont tous ceux qui luttent avec lucidité et courage, qu’il faut que nous soutenions, aux élections, et en toute occasion, à tout moment.

Edouard Boulogne.

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claudine 06/11/2011 14:17



Quelques petites remarques car je n'ai pas pu encore tout lire, mais lorsque dans un des articles on parle de la famile qui vivait pauvrement les toilettes dehors, pas de salle de bains, vous
pensez que nous les français qui avont vécu les 2 guerres mondiales, que mes parents ont connu le luxe et l'abondance ? non pas du tout, mon père a été prisonnier 5 ans en Allemagne, mes parents
ont perdu une petite fille de 3 mois en 1937..malformations, la vie a été pauvre et très dure, mes parents se sont privés pour que nous on puisse manger...mais on n'avait pas de salle de bains,
juste un baquet et pas d'eau chaude...on ne mangeait pas de la viande tous les jours, et si on avait des légumes c'est grâce au jardin que mon père avait!! mes parents se sont privés toute leur
vie, ils venaient de la campagne, vers Soisson ils étaient d'origines plus que modestes, mais ils nous ont transmis des valeurs, le respect et la politesse, tant de choses importantes..on a vu
nos parents se battre pour qu'on vive comme tout le monde, il n'y a pas besoin de venir d'ailleurs, d'un autre pays pour connaître la pauvreté, la misère. Aujourd'hui je suis dans la précarité,
invalide et la même chose pour mon fils, mais là où on vit à Villiers le Bel, on souffre du raciste anti blanc et on ne se sent plus du tout en France, on est étranger dans notre propre pays


merci de ne pas oublier que tous les français ne vivent pas dans le conforme et laisance!!



toto de bahia 09/08/2010 18:53



Citoyen, sur la crête etroite de son seul libre arbite, cherche homme politique (estampillé droite ou gauche)pour lui indiqué la voie de l'espérance...



castetsjj 07/08/2010 07:43



Bonjour Mr Boulogne,


Merci aux deux intervenants précédents.


 


Cet excellent résumé sur l'évolution de la Société amène à penser qu'il est temps que la majorité silencieuse se réveille :


Face à de tels débordements qui nous sont servi tous les jours avec complaisance et attristement, il serait tant que le Citoyen prenne l'affaire en main :


Trompé par les politiques de tous poils, pour ne pas fâcher le petit peuple par l'exposition d'une vérité traumatisante.


Trompé par les journalistes qui manient comme les politiques la langue de bois et le non dit avec un talent tel que la presse se meurt de subventions en ne faisant qu'un métier de scoop sans
aucune pédagogie.


Trompé et bafoué par une Société de loisirs que l'on veut imposer au plus grand nombre pour des raisons économiques et qui attise la jalousie des moins nantis.


Trahis par la classe bienpensante qui développe des théories fumeuse depuis des lustres de  Société Idéale multiraciale et multiculturelle... on commence à percevoir les fissures du
système, mais sans pour autant que le commun des mortels en imagine la portée réelle sur la destruction de nos valeurs !


Comment imaginer une issue heureuse quand tout ce qui nous est montré tous les jours nous fait marcher sur la tête...


Une Révolution, oui, mais dans la prise de conscience, dans les urnes par une participation intelligente et active, une rénovation de toute notre Démocratie est à imaginer.


Comment faire pour vivre en harmonie à notre époque de leds alors que toutes nos idées sont sorties du siècle des lumières alors que l'électricité n'existait pas !!!


Sans pour autant abolir des valeurs permettant une vie harmonieuse ensemble, il est temps de débroussailler tous nos codes et actualiser nos actions en se mettant  à la hauteur de tous les
espoirs et de toutes les situations nouvelles, tant pour faire face à la voyoucratie, qu'aux attaques déstabilisantes contre notre Pays, qu'aux besoins basiques des Citoyens dans le moule.


Les Directeurs  de Campagne, les conseillers, seraient bien inspirés de favoriser d'autres échos pour prévoir le renouvellement des stocks de Politiques en 2012 et faire émerger des idées
enfin novatrices, pas forcément médiatiques mais visant simplement à rétablir un équilibre indispensable, avec l'ère de l'informatique plus personne hélas n'utilise une balance romaine, dommage
pour la visibilité.


Mesdames et Messieurs les futurs candidats, dans quelques mois vous serez au pied du mur... on vous y attend l'arme au pied !!!


CASTETS jean-jacques




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Georges Tikitak 06/08/2010 18:12









Bien d'accord avec M. Derviche. Et si vous voulez une preuve qu' "on" ne tirera
JAMAIS la leçon de "Villiers-le-Bel”, l'actualité d'hier nous la donne, avec ce fait divers survenu dans l'Hérault : réveillé par du bruit pendant sa sieste, un septuagénaire a saisi une arme
avant de tirer sur les deux cambrioleuses qui s'étaient introduites dans sa maison, à Nissan-lez-Ensérune, près de Béziers.


Le tireur (ainsi est désigné par la presse le cambriolé, presse qui ne prend même pas la précaution d'écrire "le présumé tireur" comme elle devrait pour se
fondre dans le moule tartuffesque de la relation des choses) a été placé en garde à vue jeudi en fin d'après-midi. Il devrait être présenté à un juge d'instruction vendredi soir.


La justice, naturellement, oubliera que le sort des deux femmes est celui qu'elles sont plus ou moins allées chercher. Car aujourd'hui, on victimise
volontiers la clientèle théorique des cours pénales, mais jamais l'agressé, la victime, celui dont la vie bascule parce que, par exemple, deux cambrioleuses l'ont entraîné dans une spirale dont
il n'était pas demandeur...


Ainsi de multiples exactions et d’innombrables agressions ont lieu tous les jours. C’est devenu banal. Pour faire plaisir aux autorités, aux juges et aux
bien-pensants, les victimes (pas présumées, celles-là mais bien réelles) doivent se laisser écraser pour bien montrer qu'elles n’inventent rien. Belle consolation ! car elles n'ont rien à
attendre des autorités, sinon qu'elles ne feront rien (enfin, si, elles persécuteront administrativement la victime pour l’obliger à se replier sur elle-même) et dissimuleront à l'opinion
publique (en occultant les statistiques) la réalité de l'effondrement de la France, devenue une sorte de Cour des miracles.


Comme dirait Derviche (et peut-être Victor Hugo) : est-ce que "Villiers-le-Bel" ne perçait pas déjà sous la prise de la Bastille ?


En tout cas, il y a un moment qu'on est dans l'inversion en France, où le cambriolé (s’il cherche à se défendre) se voit systématiquement considérer comme
un agresseur par une justice complètement déboussolée dans un pays où l’on attaque les fourgons blindés au lance-roquette. Cette justice, en suivant sa logique, ne laisse aux victimes d’autre
possibilité que de se faire détrousser, piller, violenter, voire tuer, les priant encore - comme le disent tous les politiciens peu scrupuleux englués dans des "affaires" - de « faire
confiance à la justice de leur pays ». Une justice qui n'indemnise jamais les victimes, pas plus qu'elle ne répare les dégâts ni ne
ressuscite les morts ; bref, une justice qui, comme les plus hautes autorités, encourage "Villiers-le-Bel" à devenir la banalité même, à force de donner tous les signes d’encouragement à
l’inversion.



 



André Derviche 06/08/2010 16:11






À la question : « Va-t-on tirer la leçon de Villiers-le-Bel ? », assez nombreux sont ceux qui connaissent la réponse. C’est NON. N – O –N.


Ceux qui devaient comprendre le sens de “Villiers-le-Bel” l’ont déjà fait depuis longtemps, car il n’y a rien de très mystérieux dans le fil conducteur des événements qui suivent la trame d’une
défaisance visible et dont la progression géométrique n’échappe à aucun observateur de bon sens et de bonne foi. Il suffit de s’en remettre à la relation de cause à effet (qui ne saurait échapper
à l’observateur, à condition que celui-ci ne soit un peu la cause). Mais, dès lors que les disciples de La Palice n’ont plus voix au chapitre, mettons donc de côté les “lucides” : ils
comptent pour beurre dans… la République. Le “on” dont nous nous interrogeons pour savoir s’il est en mesure de tirer la leçon de “Villiers-le-Bel” est d’une autre engeance : il s’agit, non
pas d’honnêtes personnes isolées et qui, face à l’évidence posent le diagnostic de l’évidence et le pronostic – forcément – évident. Ce “on”-là, ce sont les légions de “people” qui revendiquent
un avis et une influence dans la sphère publique. Et l’on peut, à bon droit, se demander si ce “on”, justement, n’est pas en grande partie la cause de... “Villers-le-Bel”, mais pas seulement de
« Villers-le-Bel » qui est loin d’être un bastion isolée de la chute de la maison France, tombée par terre et le nez dans le ruisseau.


La première “leçon de Villiers-le-Bel”, c’est que tous ceux qui (du fait des charges auxquelles ils ont librement postulé) ont le devoir d’y remédier ont méthodiquement fabriqué Villiers-le-Bel.
De Giscard à Sarkozy, la longue descente aux enfers de la France n’a fait que se confirmer, parce que les élus-dirigeants se sont crus supérieurs aux lois de la nature qu’ils pensaient
contraindre par leur charisme et par leur zèle. 1981 fut pour Giscard le Rome qui perçait sous le Sparte qu’il avait cherché à bâtir, et l’élan donné par “Giscard à la barre” aboutit à la
consécration de la fourberie, qui, à l’image des bulletins de santé du président Mitterrand, donna ses soins au bien commun : toute une pensée anarchiste vit sa consécration “culturelle”,
comme si défaire la France avait été un objectif, comme si du passé il fallait faire table rase, comme si “l’infâme” c’était la France, pays des arts des armes et des lettres et dont la
Révolution, finalement, n’avait pas voulu la destruction totale.


“Villiers-le-Bel”, c’est la consécration de cet anarchisme post-soixante-huitard qui se veut “positiviste”, et ce, bizarrement, dans la négation. “Villiers-le-Bel”, c’est le fruit des entrailles
du discours de la gauche plurielle, de l’opportunisme polymorphe de son cortège de pensionnaires du monde des arts et des lettres, de la presse et des affaires, de présumés juges et d’avocats
douteux qui se veulent disciples de Rousseau tout en oubliant que tout contrat – fût-il social – requiert la réciprocité. “Villiers-le-Bel”, c’est l’appartement témoin d’une nouvelle France
initiée par Giscard pour se faire remarquer, nouvelle France permise par Mitterrand qui l’offrit en pâture à ses troupes pourvu que celles-ci montassent la garde, nouvelle France encouragée par
Chirac, qui, à défaut d’une ligne conductrice a toujours cru bon d’épouser la bien-pensance du moment (y compris entre 1981 et 1986 où il incarna avec succès la droite à laquelle il tourna le dos
en 1988 croyant que la suppression de l’ISF l’avait fait congédier sans se douter que ce fut sa médiocrité face à un adversaire dont le mensonge était encore plus vénéneux que le sien), et enfin
nouvelle France à laquelle Sarkozy n’a visiblement rien compris, bien que, pour se faire élire – comme Chirac entre1981 et 1986 – il ait su trouver les mots qui faisaient croire qu’il remédierait
à la chose.


La politique en France étant un jeu de chat et de souris entre “brandisseurs de valeurs” qui, somme toute, n’en ont qu’une : le pouvoir, ses ors et ses pompes, “Villiers-le-Bel” est
hautement encouragé par toute la gauche d’aujourd’hui, tandis que la “droite”, à défaut de convictions, multiplie les maladresses autant que les guillemets. Aussi, à la question :
« Va-t-on tirer la leçon de Villiers-le-Bel ? », dès lors que “on” est identifié, la réponse est non. “Villiers-le-Bel” est le péché “aboutissionnel” de la République actuelle,
celle qui n’a pas de principe mais qui navigue à vue de ce qu’elle croit être “l’opinion”, celle qui a fait de la démagogie la plus vile son unique boussole, quitte à brûler la maison pour se
cuire un œuf, ce que font avec appétit (presque) tous les politiques, dont les réflexes corporatistes sont toujours au rendez-vous quand il s’agit de jurer au contraire qu’ils sont les plus
honnêtes, les plus désintéressés, les plus inspirés et les plus fidèles serviteurs du bien commun.