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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe.

 

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1.  Les conséquences de la départementalisation de Mayotte.

Alors que des trublions à la Martinique et en Guyane veulent plus d’autonomie ou une indépendance partielle et qu’en Guadeloupe un certain nombre de francs-tireurs, dont le LKP, veulent couper les ponts avec la métropole, l’ile de Mayotte va devenir très bientôt le 101ème département français. Il est vrai que les Mahorais n’ont pas connu le bonheur de la départementalisation alors que certains Antillo-Guyanais, en bon français toujours mécontents, ne retiennent que les inconvénients ! Le 29 mars 2009, lors d’un référendum passé quasi inaperçu en métropole et en Outre-mer, les Mahorais ont voté à 95,2% pour passer du statut de territoire d'Outre-mer à celui de département d'Outre-mer. En mars 2011, Mayotte deviendra le 5ème département d'Outre-mer comme la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion. Avec la départementalisation, les Mahorais pourront bénéficier des mêmes aides que n'importe quel autre département Français. Affichant déjà des conditions de vie bien supérieures aux îles voisines des Comores, Mayotte souffre d'un problème d'immigration clandestin important : il y aurait un tiers de clandestins comoriens. Et nombreux sont ceux qui périssent à bord de bateaux de fortune, destinés à les emmener à Mayotte. En devenant département français, avec toutes les aides financières et sociales que cela implique, Mayotte risque de voir ses problèmes d’immigration s'amplifier. Autre conséquence de la départementalisation, 95% des habitants de Mayotte qui sont de religion musulmane et où les fonctions sociales, juridiques et religieuses sont exercées par des "cadis", équivalents à des juges, devront se conformer aux règles de la République dans le cadre du passage au statut de département. De même les mariages polygames, autorisés par la religion musulmane, seront proscrits. Avec la fin de l’influence islamique sur la société mahoraise, c'est tout le mode de vie de l'île qui devra s'adapter aux lois Républicaines. Si la départementalisation de Mayotte va coûter cher à la France, il existe de bonnes raisons pour lesquelles le gouvernement a souhaité accéder à la demande des Mahorais. En plus de tenir la promesse faite par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007, l’île de Mayotte serait, semble-t-il, un excellent emplacement stratégique et militaire dans l'océan Indien, situé entre Madagascar et l'Afrique, qui pourrait favoriser le tourisme et le commerce en devenant un nouveau centre économique important dans la région, à l'instar de Taïwan ou de Singapour. Mais pourront-ils éviter de gâcher les investissements touristiques réalisés par la métropole, comme l’ont fait les Antilles ?

2.  Le boom allemand de 2010. 

L'office fédéral allemand des statistiques a dévoilé sa première estimation de croissance pour 2010. Selon lui, le PIB allemand aurait progressé l'an dernier de 3,6% ce qui est une performance exceptionnelle. Jamais depuis la réunification du pays en 1990, une telle croissance n'avait été observée. Elle s'explique en grande partie par l'effet de rattrapage des exportations et des investissements qui y sont liées. Un autre élément à prendre en compte réside dans la progression de la consommation des ménages qui est en hausse d’un demi-point après un recul de 0,2% en 2009. Cette hausse est encourageante et montre que les plans de relance mis en place par le gouvernement fédéral en 2008 et 2009 ont été bénéfiques. Avec une telle croissance le déficit, au sens de Maastricht, dépasse légèrement la limite des 3% recommandée par le Pacte européen de stabilité mais nettement meilleur que celui de ses voisins dont la France. Les Allemands et leurs syndicats travaillent en harmonie avec le patronat et le gouvernement, ce qui n’est, bien sûr, pas le cas en France.

3.  Les priorités du G20. 

La France souhaite soutenir une diversification des monnaies de référence avec un rôle accru des DST, Droits de tirage spéciaux du FMI et/ou une internationalisation du rôle du yuan, la monnaie chinoise, qui est sous-évaluée par rapport au dollar. Le Président de la République aimerait aussi que soient surveillés les mouvements de capitaux et la mise à disposition, via le FMI, des liquidités pour aider les pays émergents. De même, la volatilité des prix des matières premières serait au menu du G20 car leurs effets sont dévastateurs dans un certain nombre de pays, principalement ceux de l’Afrique.

4.  La rupture conventionnelle, un bon système selon les protagonistes.

Le succès de la rupture conventionnelle ne se dément pas. Le dispositif de la rupture à l'amiable créé par l’accord du 8 janvier 2008 entre le patronat et quatre syndicats, CFDT, FO, CFTC et CGC, ajoute une troisième possibilité de rupture du contrat de travail. En plus du licenciement et de la démission, elle représente le départ d'un commun accord avec légitimité juridique ce qui n’était pas le cas dans le passé ou elles étaient maquillées en licenciement pour faute, avec le risque d'une contestation devant les tribunaux. Depuis la première validation de la rupture conventionnelle, elle a été mise en place et autorisée près de 500.000 fois. La sécurisation juridique semble être totale puisque les Conseils de prud'hommes ont eu à traiter très peu de cas litigieux. Le patronat est satisfait et malgré quelques réserves, la satisfaction domine aussi du côté syndical. Restent les salariés qui trouvent la formule plutôt positive. Mais la croissance des ruptures conventionnelles pose question sur plusieurs points. Tout d'abord le risque qu’elles soient utilisées comme préretraites déguisées. De même il y a aussi le risque d'un contournement de la réglementation concernant les licenciements économiques. Enfin, le développement de ces ruptures a un impact important sur les finances du régime d'assurance-chômage qui accumule les déficits. La vigilance de ce système reste de mise pour éviter les travers dont les Français et les DRH des entreprises sont friands.

 

Henri Pauvert.

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