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Publié par Edouard Boulogne

 

 

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1.  Trop… c’est trop !

Les patrons du CAC 40 ont gagné plus de 150 fois le Smic en 2010, soit près de 2,5 millions d'euros d'émoluments en espèces, fixe et variable, hors stock-options et actions gratuites. Ceci représente plus de 200.000 euros par mois, soit l’équivalent de 12 smic ! Certes, ces dirigeants ont des responsabilités très importantes et doivent être joignables 24 heures sur 24. Mais ces rémunérations ne sont-elles pas tout de même un peu indécentes ? Un tel écart ne pourrait-il pas relancer le débat sur le plafonnement des rémunérations patronales, alors que les salaires stagnent et que le pouvoir d'achat des Français recule. Car après tout, ces dirigeants, dans leur grande majorité, sont des salariés qui n’engagent pas leur fortune personnelle. A titre de comparaison, le salaire moyen d'un dirigeant d'une entreprise moyenne est de 200.000 euros par an, et celui d'un dirigeant de PME est de 50.000 euros par an, alors que bien souvent ils engagent leurs biens personnels. Un patron du CAC 40 gagne donc, en moyenne, 12 à 50 fois plus qu’un dirigeant d’entreprise moyenne alors que bien souvent il est l’homme à tout décider dans son entreprise ! De plus dans bien des cas, ces salariés dirigeants s’entourent de parachutes dorés alors que les petits patrons risquent tous les jours de se retrouver sur la paille. Cette grave défaillance de nos élites risque d’entrainer des problèmes importants dans notre société. Je ne suis pas pour l’égalitarisme, mais peut-on accepter une telle disparité salariale ! Il serait nécessaire qu’une autorégulation soit mise en place ou que le Medef et l'Association française des entreprises privées mettent en application le code éthique qui avait été adopté en 2008, après plusieurs scandales autour des indemnités de grands patrons. De même, les actionnaires de ces grands groupes ne devraient-ils pas jouer leur rôle de modérateur en refusant de cautionner ces dérives.

2.  La percée de Marine Le Pen dans l'électorat populaire.

Une enquête de l’Ifop a montré que les ouvriers voteraient à 36% pour Marine Le Pen, la présidente du Front national, lors du premier tour de l'élection présidentielle si elle avait lieu actuellement. Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du parti, a rappelé que l'influence du Front national chez les ouvriers, les employés, les commerçants, les artisans, et les professions libérales a toujours été très grande. "Tous ces gens-là voient bien leur situation se dégrader sous les gouvernements de la gauche et de la droite". Est-ce vraiment anormal si l’on se réfère à ce qui précède ! Car il n’y a pas que les seuls dirigeants du CAC40 qui touchent de haut revenus. Un certain nombre de cadres supérieurs reçoivent des rémunérations inversement proportionnelles à la sueur qu’ils sécrètent !

3.  Primes contre dividendes.

Le président de la république a tranché : Une prime pour les salariés sera obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés. Le patronat n’est pas emballé car il n’aime pas que l’on parle d'obligation par la loi. Les syndicats ne sont pas plus désireux de cette mesure car ils pensent que cela ne profitera qu’à des salariés qui travaillent dans de grandes entreprises et qui, le plus souvent, sont déjà intéressés aux bénéfices. Il y a cependant un avantage à un tel système car il ne grève pas l’avenir puisqu’il n’est pas cumulatif et tient compte de la situation économique de l’entreprise : on gagne, on donne ; on perd, on ne donne pas.

4.  Bruxelles refuse de se mettre à la diète.

La Commission européenne a proposé que le budget européen s'inscrive en hausse de près de 5% l'an prochain alors que de nombreux Etats membres dont La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont appelé à plus d'austérité et ne souhaitaient pas qu’il augmente au delà de l'inflation sur l'ensemble de la période. Celui-ci doit maintenant être approuvé par les Etats membres et le Parlement européen. Le commissaire européen chargé du Budget, lors d'une conférence de presse, a insisté sur le fait que les dépenses d'administration ont été gelées et que la hausse s'explique par des obligations légales héritées des années antérieures ainsi que par un maintien des dépenses d'investissement, qui représenteraient la quasi totalité du budget communautaire. La Commission, qui demande aux pays de réduire leurs dépenses, donne un très mauvais exemple qui aura du mal à être accepté.

5.  Noël à Pâques…

La distribution des cadeaux a commencé. La multiplication des candidatures à la présidence de la république entraine un foisonnement de cadeaux à crédit, donc non financés. La France affiche un déficit record de 149 milliards d’euros en 2010, en augmentation de 8% par rapport à 2009. La dette publique au sens de "Maastricht" est évalué à près de 1.600 milliards d’euros, soit environ 82% du PIB. Mais les candidats à la candidature trouvent les moyens de continuer à nous faire croire au père noël. "Anecdotiquement", il parait qu’il y a une crise mondiale. Mais le pire c’est que nous sommes prêts à gober cela !

6.  Les seniors deviendraient un atout pour les entreprises.

Au vu des difficultés croissantes dans le recrutement pour certains postes, des évolutions légales concernant l’emploi des seniors et de la contraction de la population active, les entreprises prennent conscience de la nécessité de faire appel à des seniors. Car la structure du marché du travail fait qu’un candidat senior coûte de moins en moins cher et n’a pas d’attente en termes de carrière car il conçoit la reprise d’activité comme une transition, s’adapte à des postes pour lesquels il est difficile de trouver des candidats et est intéressé par des postes à temps partiel. Souhaitons que de plus en plus de responsables de PME et TPE, qui ont souvent des besoins temporels, recrutent des seniors expérimentés pour des missions de tous types.

7.  Peu de cadres dirigeants seraient prêts à quitter la France.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les profils de haut niveau ne sont pas prêts à quitter la France pour un nouvel emploi cadre à l’étranger. La mobilité vers l’étranger est réduite et seulement 3% des cadres dirigeants français seraient prêts à partir pour des objectifs de développement de carrière. Parmi les cadres dirigeants qui expriment un désir de s’expatrier dans le cadre d’un nouvel emploi, les pays francophones sont les destinations les plus recherchées.

8.  La situation des fonctionnaires.

Les fédérations de fonctionnaires auraient tort de crier à l'injustice avec le gel du point d'indice, qui sert de base à la rémunération de tous les agents qui sont payés par l'Etat, les hôpitaux et les collectivités territoriales et locales. En effet, cette décision n'empêche pas le pouvoir d'achat des fonctionnaires de continuer à progresser. En effet, l'Etat patron n’a pas fermé toutes les vannes qui permettent des augmentations salariales. Ainsi la révision des grilles salariales se poursuit et entraine des augmentations. De même l'Etat a créé une prime de performance qui permettra, au 1er janvier 2012, d'augmenter le traitement de 25% en moyenne pour environ 160.000 fonctionnaires. D’autres possibilités existent pour augmenter les rémunérations comme la Gipa, garantie individuelle de pouvoir d'achat, qui permet de s'assurer qu'aucun fonctionnaire ne voie sa rémunération évoluer moins vite que l'inflation, la possibilité de monétiser les comptes épargne temps et enfin le bienveillant système d'avancement. L’ensemble de ces mesures aura permis à la rémunération de tous les agents de progresser de près de 15% sur 5 ans. Sans doute est-ce la raison pour laquelle les grèves ne se développent pas.

Henri Pauvert.

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Claude HOUEL 30/04/2011 00:18



Ces chiffres à donner le tournis expliquent la rupture annoncée du lien social.Le citoyen de base accepte le principe d'une rémunération différenciée par le diplôme,l'ancienneté la dangerosité ou
la prise de risque.Il n'acceptera plus très longtemps des rémunérations indécentes et indéfendables,pas plus que celles des élus censés les protéger,au plan local,national ou européen et qui
dilapident les fonds publics en s'assurant des rébendes injustifiées.Il n'acceptera plus longtemps le corporatisme protégé de certains statuts.


Le citoyen comme l'usager et comme le client se lèveront un jour,peut-être proche, pour demander des comptes et faire rendre gorge.Les esprits avisés devraient y réfléchir.