Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe.

a_la_loupe.jpeg

1. 
Les enjeux de la réforme des retraites

Alors que la crise a aggravé les déficits du régime d’assurance vieillesse, la réforme des retraites s’annonce d’une ampleur inédite. Tout d’abord, tous les Français ne sont pas égaux devant les retraites. En effet, depuis la réforme Balladur de 1993, la retraite du privé n’est plus calculée sur les 10 mais sur les 25 meilleures années, ce qui oblige à tenir compte de périodes moins favorables que la fin de carrière. Par contre celle du public est calculée sur la moyenne des salaires des 6 derniers mois. Et puis, il y a tous les régimes spéciaux. L’équation financière modifie la situation et impose de revoir l’ensemble du dispositif. En deux ans le déficit du régime général a quasi doublé, la crise amplifiant le phénomène, pour dépasser vraisemblablement les 10 milliards d’euros cette année. De même, les régimes complémentaires, qui fournissent entre 30 et 60% des retraites, plongent aussi dans le rouge. Comment alors garantir une retraite aux générations futures ? Heureusement les lignes des négociateurs ont bougé : Les syndicats ne réclament plus le retour à 37,5 années de cotisations. Le patronat défend avec moins de conviction les fonds de pension. Martine Aubry, secrétaire nationale du PS a évoqué un départ à 61 voire 62 ans. Seule la gauche de la gauche s’arc-boute sur une retraite à 60 ans. Depuis 1982, l’âge légal avant lequel un salarié n’a pas le droit de partir à la retraite est descendu de 65 à 60 ans. C’est une conquête "criminelle" que la gauche a voté alors qu’elle savait déjà, à l’époque, que l’espérance de vie ne faisait que croître ! Cependant dans les faits, les Français cessent leur activité plutôt vers 59 ans, tout en attendant en moyenne 61,5 ans pour liquider leurs droits. Alors que faire pour que la réforme prenne en compte l’évolution de notre société ? Le patronat milite pour repousser l’âge légal à 63,5 ans alors que la plupart des pays voisins visent 65 ans. Ceci aurait l’avantage d’agir de façon importante sur le déficit. Mais la facture risquerait d’être lourde pour de nombreux seniors dont le taux d’emploi stagne, ce qui est inacceptable pour tous les syndicats à l’exception de la CGC et sous certaines conditions. Autre hypothèse qui semble plus acceptable, c’est une nouvelle augmentation de la durée de cotisation déjà mise en place depuis la réforme de 2003 et qui prévoit que les personnes qui auront 60 ans en 2012 devront travailler 164 trimestres, soit 41 ans, pour avoir le droit à un calcul de leur retraite à taux plein. Le gouvernement milite pour un nouvel allongement, à 42 voire 43 ans à l’horizon 2020. Une longue bataille à venir pour laquelle un travail collaboratif s’impose entre les politiques de tous bords, les syndicats et le patronat. A suivre…

2.  Le problème des effectifs de la fonction publique.

Les effectifs cumulés des trois fonctions publiques, comprenant les établissements publics administratifs, sont passés de près de quatre millions en 1980 à plus de cinq millions en 2007. Ils représentent à peu près un emploi sur cinq en France. Dans le même temps, l’emploi total a augmenté d’un peu plus de 16% alors celui de la fonction publique a vu sa croissance évoluer à plus de 36% ! Même si une telle augmentation de l’emploi public est liée en grande partie à la politique désastreuse de la gauche, elle répond aussi à la croissance de certains besoins de la société comme la santé, la création des polices municipales, la création des communautés de communes, les 35 heures qui ont accru les besoins en emplois notamment dans l’hôpital. Mais surtout cette croissance est liée aux deux phases de la décentralisation qui ont fortement pesé sur les effectifs de la fonction publique territoriale. Comme l’a indiqué la Cour des comptes, cette décentralisation s’est parfois accompagnée de doublons. Alors, faut-il réduire les effectifs de fonctionnaires ? Les dépenses de personnel, salaires et retraites comprises, représentent près de la moitié du budget de l’État ! Or la puissance publique n’a plus les moyens de faire face à ces dépenses qui sont payées par nos impôts. Cependant la réduction des effectifs ne se fait pas en utilisant une règle de trois. Il est important d’évaluer la qualité des missions de service public qui est nécessaire. Encore une fois, les politiques de tous bords, les syndicats et le patronat devraient travailler ensemble pour optimiser les effets sur les services rendus aux Français.

3.  Cinq salariés sur cent sont en situation de sous-emploi !

Malgré les départs en retraite des générations du baby-boom, l’Insee note que la France compte de plus en plus d’actifs car la baisse du taux d’activité des hommes est largement compensée par la progression de l’activité féminine et par l’accroissement de la population. L’emploi salarié reste largement majoritaire et plus de trois quart des salariés travaillent dans le privé. De plus le secteur tertiaire occupe deux tiers des salariés. En revanche, la proportion de personnes en CDI fléchit légèrement car depuis plusieurs années plus d’une embauche sur quatre se fait en CDD, intérim ou apprentissage et concernent le plus souvent les jeunes de moins de 25 ans. Un autre élément qui caractérise la précarité du travail se retrouve dans le fait que 16% des salariés, très majoritairement des femmes, travaillent à temps partiel alors qu’ils souhaiteraient pouvoir travailler à plein temps. La crise a et aura des effets négatifs importants sur cette situation.

4.  La crise entraine un retour de l’Etat aux commandes.

Le choc de la crise économique a entraîné la mise en place d’un plan de relance massif par le gouvernement. Tout au long de l'année 2009, pas loin de 28 milliards d'euros ont été injectés dans l'économie : Mise en place de la prime à la casse, création du Fonds stratégique d'investissement pour soutenir la trésorerie des entreprises, remboursement anticipé de créances fiscales, assouplissement du chômage partiel, embauche sans charges dans les très petites entreprises, apport de fonds propres aux banques, garantie du pouvoir d'achat des ménages les plus faibles, encadrement des bonus. Tous les gouvernements des pays occidentaux sont intervenus de façon massive en renforçant le rôle de l'Etat. En 2010, le gouvernement français multiplie les initiatives en matière de politique économique avec la mise en place du grand emprunt dont l'objectif affiché est de relever le potentiel de croissance du pays qui doit donner la part belle à la recherche et à l'enseignement supérieur. Mais si l’état peut mettre en place des gardes fous, il ne peut se substituer au marché. Comme déjà indiqué sur ce blog, nous redécouvrons qu'il y a des domaines d'investissements de long terme ou l'Etat est le seul à pouvoir intervenir et qui ont été abandonnés depuis les années 1980.

5.  Conséquences de l'attribution de la 4ème licence 3G à Free.

L'arrivée d'un quatrième opérateur mobile va faire bouger les lignes en termes de concurrence sur un secteur où les trois autres opérateurs ont déjà été condamnés pour entente illicite dans le passé. Free Mobile, filiale du groupe Iliad, s'est engagé à commercialiser un forfait offrant au moins trois heures d'appels vers les fixes et les mobiles en métropole pour moins de 20 euros par mois. De même, Free accueillera sur son réseau 3G jusqu'à quatre opérateurs virtuels et a promis de publier une offre d'accès à son réseau dès que sa couverture aura atteint 25% de la population, ce qui laissera la place à encore plus de concurrence. Cela devrait apporter un bénéfice important pour les clients que nous sommes sous réserve qu’il n’y ait pas entente entre ces quatre opérateurs. 

Henri Pauvert.
 



Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article