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Publié par Edouard Boulogne

 

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1.   Qui est riche?

Le smic est à 1.365 euros et le salaire moyen est d’environ 2.585 euros tous deux brut par mois. Le seuil de richesse ressenti par tout un chacun se situerait autour de 4.000 euros, soit près de trois fois le smic ! L’argent a pris une place quasi obsessionnelle dans la société aujourd’hui. On n’en a jamais autant parlé et la gauche en fait ses choux gras, oubliant que ses dirigeants sont des "bobos" ou font parti de la "gauche caviar". La richesse est très subjective et généralement on considère comme riche quelqu’un qui gagne plus que soi ! Alors pour un africain moyen qui gagne entre 80 et 150 euros par mois, le smicard français est très riche… Les repères n’étant pas les mêmes de part et d’autre de la Méditerranée revenons à la France. En 2007, François Hollande, candidat aux primaires socialistes, avait fixé le seuil de richesse à 4.000 euros par mois, sans doute juste au-dessus de son revenu personnel : le seuil de richesse dépend donc d’abord de celui qui en parle. Pour un ouvrier, tout cadre qui gagne plus de 3.000 euros par mois est riche. Pour un cadre, ce sont les patrons, les sportifs, les artistes et tous ceux qui disposent d’un revenu supérieur à 6 fois le SMIC qui sont riches. Les écarts sont considérables parmi les couches aisées. Tout en haut, on trouve des dirigeants de grandes entreprises qui peuvent percevoir, avant impôts, entre 100 et 400 ans de Smic net ! Mais il en est de même pour des stars du spectacle ou du sport pour lesquelles on est beaucoup plus tolérant… C’est ainsi qu’une star du football, dont je tairai le nom, aurait touché l'équivalent de 1.200 ans de Smic en 2006 ! Mais il fait rêver alors que le patron ne vous "offre" qu’un salaire ! Toutefois, montrer du doigt, comme le font les socialiste, les titulaires de revenus exceptionnels est trompeur. Car c'est une façon d'éviter de dire que seuls les très riches sont riches et d'omettre les couches aisées, aux revenus élevés sans forcément être exceptionnels comme certains d’entre eux : suivez mon regard de l’autre côté de l’Atlantique ! Est-ce beaucoup ou pas beaucoup ? Tout dépend de l'endroit d'où l'on se situe. Un cadre célibataire en poste à Paris dans une grande banque qui se trouve à un niveau de salaire correct, se sent légitimement bien loin de son patron. Pour ce cadre, le coût du logement jouera un rôle déterminant car, aux conditions du marché actuel, il ne pourra louer qu’un studio de 25 à 30 m² dans le 7èmearrondissement alors qu’il pourrait vivre dans une 3-4 pièce de 80 à 90 m² en province pour le même prix. Fait-il parti des pauvres, des couches populaires, des "classes moyennes" ou des riches ? Tout dépend de la vision qu’il a de la société et de son intérêt personnel. Il en est de même pour nos voisins qui, en fonction de leurs propres critères, le trouveront riche ou pauvre. Tout de même au dessus de certains niveaux de rémunération, c’est indécent, même pour un patron salarié.

2.  Un impôt pour les rémunérations "extravagantes" et "exorbitantes".

Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, a évoqué sur BFM la création d’un nouvel impôt, une "contribution sur les rémunérations extravagantes et exorbitantes" pour les revenus supérieurs à un million d'euros, ce qui représente 30.000 contribuables. La France a promis une réduction de ses déficits publics et compte sur 3 milliards d'euros d'économie en 2012 mais Valérie Pécresse prévient : "il faudra sûrement faire davantage d'efforts" car la crise de la dette secoue l'Europe, tout entière. Si l’idée d’une telle contribution ne déplait pas à certains des plus riches patrons, la bagarre se situe au niveau du montant à partir duquel on est riche. C’est ainsi que Bertrand Delanoë propose de taxer les patrimoines supérieurs à cinq millions d'euros et les revenus supérieurs à 20.000 euros par mois, ce qui concernerait, selon lui, au moins 150.000 personnes ! Personnellement je trouve que symboliquement il est normal de s’adresser aux riches dans cette période difficile que nous vivons. Mais n’oublions pas que tous, nous devrons mettre la main à la poche pour participer à la sortie de cette crise. Nous ne pouvons pas laisser un pays en faillite aux générations futures qui sont NOS enfants et petits-enfants.

3.   Pourquoi la note AAA est nécessaire et utile ?

Des observateurs soulignent régulièrement que la France est "le triple A" de la zone euro qui affiche les moins bons ratios budgétaires alors que c’est un des éléments qui est pris en compte par les trois agences de notation pour déterminer les notes qu’elles donnent aux dettes des pays. L’intérêt du AAA est qu’il permet à la France, de se financer à des taux avantageux sur les marchés financiers, actuellement moins de 4% contre plus de 13% pour des pays comme l’Italie ou l’Espagne. Aussi le gouvernement français assure qu'il prendra toutes les mesures nécessaires pour tenir ses objectifs de réduction du déficit, ce qui permettra, selon lui, de baisser le ratio dette/PIB dans les prochaines années et donc de maintenir cette bonne note. Il y a une ligne rouge à ne pas franchir pour l’importance des déficits. Cela nécessitera de prendre des mesures importantes dans le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui seront présentés à la rentrée. Une bonne nouvelle à gauche : les deux principaux candidats à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2012, Martine Aubry et François Hollande, ont annoncés qu’ils respecteraient le choix de réduction des déficits. Donc les mesures gouvernementales sont les bonnes.

4.  Les sacrifices qui attendent les Français.

Le gouvernement considère que pour conserver la note AAA attribuée par les agences aux finances de la France, il faudra faire des sacrifices. Le triple A est un "objectif tendu" car il manque la bagatelle de 152 milliards d'euros à l'Etat en 2011 pour assumer toutes ses dépenses. Ceci entraine un trou que seul l'endettement peut combler, d'où la nécessité cruciale de conserver le triple A afin de pouvoir emprunter à des taux faibles. La France qui devrait connaître un déficit public supérieur à 8% fin 2010, a promis de l’abaisser à 6% en 2011, à 4,6% en 2012 et à 3% en 2013. C’est un rythme très risqué que seules des mesures draconiennes pourraient permettre. Aussi devons-nous nous attendre à "de la sueur et des larmes" dans les mois et années à venir et ceci quelque soit la couleur politique de nous gouvernants, même s’ils nous garantissent le contraire lors de la campagne qui vient.

5.  Nos universités ne sont pas assez reconnues.

Depuis huit ans chaque été, l’université de Shanghai donne un classement des universités du monde : les établissements français y prennent une claque. Dans l'édition 2011, trois établissements seulement représentent la France dans le top 100 des universités mondiales. Ce sont Paris-Sud-Orsay, qui figure à la 40ème place, Pierre-et-Marie-Curie à la 41ème place et l'Ecole Normale Supérieure, ENS-Ulm, qui se retrouve à la 69ème place. Les Etats-Unis trustent dix-sept des 20 premières places du palmarès qui reste dominé par l’indétrônable Harvard Business School suivi par Stanford et le Massachusetts Institute of Technology, le célèbre MIT. Trois universités britanniques figurent dans le top vingt, Cambridge au 5ème rang, Oxford au 10ème et l’University College de Londres à la 20ème place. Ce classement est toujours très attendu mais critiqué, notamment en Europe et en France, car les critères retenus défavorisent les universités européennes. L’étude ne prend en compte essentiellement que la performance en matière de recherche scientifique et médicale au détriment de la formation, de l’insertion des diplômés et de la recherche en science sociale. De plus sont déterminants le nombre de prix Nobel, de médailles Fields et d'articles publiés. De même seules les publications en anglais sont retenues. Au total il n’y a que 21 universités ou grandes écoles françaises qui sont incluses dans le top 500 du classement de Shanghai car elles souffrent de l’effet de taille, car elles sont relativement petites comparées aux mastodontes américains, anglais ou chinois. Notre système pâtit aussi du fait qu’y cohabitent les organismes de recherche, les facultés et les grandes écoles. L’autonomisation des universités devrait permettre une meilleure prise en compte dans le classement de Shanghai.

Henri Pauvert.

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