Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe.  

 

 

a_la_loupe.jpeg

 

 

1.  Le triple A de la France sous pression !

La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont prévenus par Moody's qui insiste sur le fait que les défis liés aux ajustements de leurs finances publiques implique que la "dégradation" de leur note soit faite. Les syndicats français ne sont pas chargés de gérer le pays mais ils devraient cependant ne pas oublier que les grèves à répétition qu’ils envisagent pour la rentrée peuvent avoir un effet catastrophique sur une économie déjà en berne : A bon entendeur, salut !

2.  Les conseillers ne sont pas les payeurs !

Il manque cent milliards d’euros pour combler les déficits publics. Comment les trouver et qui va les payer ? Aucune manne ne tombant du ciel, le gouvernement devra bien les trouver quelque part. Alors on peut penser que les riches auront à payer. Mais nous avons tous bénéficié du fait que notre pays a vécu à crédit pendant plusieurs décennies. De plus, comme il y a de moins en moins de riches, il faudra bien "taper" dans les moins riches qui sont les plus nombreux !

3.  Combien coûte la protection sociale en France ?

La protection sociale désigne tous les mécanismes de prévoyance collective qui permettent aux individus de faire face aux conséquences financières des risques sociaux. Notre modèle de protection sociale est unique au monde. Il est fondé sur le principe de la solidarité nationale pour l'ensemble de la population résidant sur le territoire et est très enviée ou décriée par nos voisins. Même si nous trouvons que nous payons trop cher pour nous faire soigner, ce modèle reste très protecteur et coûte environ 430 milliards d’euros pour les seuls régimes de base, soit plus de 30% du Produit Intérieur Brut. Avec l'explosion du chômage, le problème des retraites et la hausse de la précarité, notre modèle est mis à mal puisque la Sécurité sociale affiche des déficits récurrents depuis des décennies. Cette année, il avoisinera les 30 milliards d'euros. Dans cette protection sociale on trouve une quantité de remboursements, d'allocations et d'indemnités pour que chacun de nous puisse faire face financièrement à des situations parfois douloureuses. Sur les 400 milliards d'euros de cotisations des assurés sociaux sur lesquelles reposent les prestations, combien coûtent les plus emblématiques ? Par ordre décroissant et pour l’année 2007, on trouve : 1. Les consultations de dentistes qui représentent 133 milliards d’euros, soit 31% des prestations auprès des dentistes libéraux. Ceci équivaut à un coût de 15 euros par acte pour la protection sociale. 2. Les allocations chômages qui participent à hauteur de 34 milliards d’euros, soit 8% des prestations versées à des personnes privées d'emploi. Au-delà des prestations liées à l'indemnisation du chômage, le risque chômage comprend aussi les préretraites pour plus de 1%. Le risque chômage au sens de la protection comprend également des dispositifs de réinsertion professionnelle qui compensent les pertes de salaire pour cause de formation. 3. Les allocations logements représentent 15 milliards d’euros ou 3,5%, car chaque année, plus de 6 millions de Français perçoivent une allocation pour les aider à se loger. 4. Les allocations familiales coûtent un peu plus de 12 milliards d’euros, ou 2,8% et profitent à 4,7 millions de foyers. Mais ce n'est pas la seule allocation offerte par la protection sociale. Elle verse aussi le complément familial qui est distribués à 821.000 allocataires, l'allocation de complément familial ou l'allocation d'éducation pour enfant handicapé. 5. Les allocations pour naissances représentent 11,5 milliards d’euros ou 2,6%. La protection sociale est généreuse pour les familles qui s'agrandissent et verse une prime ou une allocation mensuelle à 2,2 millions de foyers. 6. Le RMI, revenu minimum d'insertion, appelé à disparaître au profit du RSA, revenu de solidarité active. Il coûte 6 milliards d’euros, soit 1,4% des prestations. Il a bénéficié à plus d’un million d’individus qui ont reçu une prestation moyenne de 5.500 euros par an. La Caisse d'allocations familiales verse d'autres minimas sociaux, comme l'allocation de parent isolé, l'allocation aux adultes handicapés, les contrats aidés et les dispositifs de retour à l'emploi. Au total, les minimas sociaux coûtent 13,3milliards d'euros. 7. Les consultations de généralistes représentent 3,5 milliards d’euros ou 0,8% des prestations et couvrent près de 57 millions de personnes pour un total de 218 millions de consultations auprès des médecins généralistes libéraux. Ceci est à remettre en perspective avec l'ensemble des prestations maladie versées par cette branche de la Sécurité sociale qui inclus aussi bien des actes réalisés en cabinet libéral qu'en clinique privée ou en centre de santé. 8. Les consultations de spécialistes sont à hauteur de 2 milliards d’euros, soit 0,5% des indemnités pour près de 89 millions de consultations auprès des spécialistes libéraux. 9. Les congés maternité coûtent 2,7 milliards d’euros ou 0,6% des prestations. Elles ont presque triplé depuis 1980. De la même manière, les congés de paternité ont un coût non négligeable pour la collectivité : 264 millions d'euros soit à peu près 10% des 2,7 milliards d’euros versés globalement. 10. L'allocation de rentrée scolaire représente 1,5 milliards d’euros ou 0,3% des prestations. Elle est versée aux familles qui ont un revenu modeste et qui ont des enfants scolarisés de 6 à 18 ans. Ces 10 plus emblématiques prestations représentent 50% des allocations, remboursements et d'indemnités versées aux individus ou aux familles. A cela il faut ajouter les autres risques que sont lInsertion professionnelle, les accidents du travail, l’assurance vieillesse, la survie, le décès et tous les risques de la vie ainsi que leurs conséquences, soit 215 milliards d’euros.

4.  La chasse aux "gaspis" du côté de l’Etat !

La Cour des Comptes a mis en exergue quelques gaspillages du coté de l’Etat. 1. La fraude à l'assurance-chômage : Selon la Cour entre "pertes de ressources et dépenses indues d'allocations", l'assurance chômage subirait une fraude annuelle de près de 2 milliards d'euros. 2. Les contrôleurs aériens : ils travaillent moins de 100 jours par an. Si les contrôleurs français font de plus longues journées que leurs collègues européens, ils travaillent beaucoup moins qu'eux car ils ne sont devant leurs écrans qu'une journée sur deux dans l'année. De même, ils bénéficient "massivement d’autorisation officieuses" d'absences quand le trafic aérien est faible. Cela représenterait près de 56 jours d'absence officieux en plus des 97 jours de congés, soit près de 31 semaines non travaillées par an. Cela explique leur grève par crainte d’une remise en cause de leur statut dans le cadre de la création d'un organisme européen de régulation du trafic aérien ! 3. La gestion des contraventions est chaotique puisque le taux de recouvrement est seulement de 75%. 4. Les médecins récalcitrants à l’utilisation de la carte Vitale. Si les 60 millions d'assurés sociaux disposent tous d'une carte Vitale, l'assurance maladie reçoit encore 150 millions de feuilles de soins sur papier pour un coût de plus de 200 millions d'euros par an. Alors que, pour une feuille de soins électronique, la facture n'est que de 0,27 euro en moyenne, une feuille de soin papier envoyée par la Poste coûte 1,74 euro ! 5. Les futurs retraités du Conseil économique et social coûtent très cher. En effet, la caisse n’est financée qu’à hauteur de 15% par les cotisations des futurs bénéficiaires ! Or le nombre de bénéficiaires augmente tous les cinq ans avec le renouvellement des membres. C'est l'Etat, donc nous, qui risquons de devoir "casquer" si rien n'est fait !

 

Henri Pauvert.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article