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Publié par Edouard Boulogne

 

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1.  La Grèce peut-elle être mise en faillite ?

Pour un pays, faire faillite ne signifie pas se retrouver en dépôt de bilan ou en liquidation judiciaire comme pour une entreprise. La faillite de la Grèce correspondrait à son incapacité à honorer le remboursement de ses dettes. Les Européens sont inquiets pour le Portugal, l'Italie, l'Irlande, ou l'Espagne, dont les finances sont très dégradées. Ces pays pourraient se retrouver la proie des spéculateurs et être incapables de financer leurs économies à des taux acceptables. Il faut donc soulager la Grèce du poids de sa dette de près de 350 milliards d'euros sans qu'elle soit considérée en défaut de paiement. A qui la faute de cette situation catastrophique ? Les Grecs et leurs gouvernements portent la faute originelle de cette situation, car au moment où la Grèce a voulu adhérer à l'euro, elle a triché en sous-estimant ses déficits de plus de 200%. C’est vrai aussi pour la société grecque qui passe son temps à frauder le fisc et où la corruption existe partout, notamment dans l'administration de même que chez les plus riches et l’ensemble des organismes publics. Mais l’Europe a aussi sa part de responsabilité. En effet la Commission de Bruxelles a mal joué son rôle car elle n’a pas vérifié que les comptes grecs étaient corrects. De même, les dirigeants européens ont réagi très tard en prenant des décisions dans le désordre et en faisant apparaître des oppositions entre eux. Enfin les marchés ont leur part de responsabilité car ils ont, depuis le début, joué ce pays comme maillon faible de l'euro et ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour déséquilibrer la monnaie européenne. Que faire ? Il faut une plus grande cohérence européenne et notamment de la part de la France et de l’Allemagne, moteurs de l’Europe. C’est ce qu’a assuré le président français en expliquant que les deux pays défendraient la même position concernant la résolution de la crise Grecque en laissant augurer d'un compromis européen au plus tard en juillet. Mais la population Grecque doit savoir qu’elle devra aussi participer à la remise à flots du pays : l’austérité n’est que la conséquence de l’irresponsabilité des dirigeants de la majorité et de l’opposition mais aussi de l’irresponsabilité collective qui dure depuis très longtemps.

2.  Et qu’en est-il pour la France ?

La France doit maîtriser sa dette publique et la question d’un défaut de paiement n’est pas une hypothèse à écarter même si elle ne se pose pas aujourd’hui. La France pourrait-elle mise en faillite ? Cela pourrait n'être pas à exclure dans les années à venir si l’on ne prend pas garde à la manière dont sont gérées les dettes de l’État, de la Sécurité Sociale et des collectivités territoriales. En ce début d’année 2011 la dette publique française s’élève à 1.606 milliards d’euros, soit plus de 82% du PIB, produit intérieur brut, et près de 5 fois celle de la Grèce. Elle s’accroit chaque jour de près de 600 millions d’euros ! Cette dette est détenue pour plus des 2/3 par des investisseurs étrangers qui peuvent à tout moment décider de ne plus prêter ou de le faire à des taux prohibitifs. Tout dépend donc de l’évaluation qu’en font les agences de notation Moody’s, Fitch et Standard and Poor’s. Tant que la dette française aura la note maximale de 3A, les investisseurs continueront à prêter à l’État français. Mais si cette note est abaissée, la France devra emprunter à des taux plus élevés et il sera difficile pour elle de pouvoir rembourser ses dettes. Notre note pourrait-elle être abaissée, comme c’est le cas pour la Grèce, l’Irlande, le Portugal, ou l’Espagne ? On constate que Moody's songe à abaisser les notes de trois de nos banques, la BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale, car elle considère que leur exposition à la dette grecque est trop importante. Nous connaissons tous la théorie des dominos ! Loin de moi l’idée de souhaiter ce genre de scénario. Mais peut-être nous Français, devrions cesser le ''nombrilisme''et croire que nous sommes à l’abri de cela tout en en considérant que nous sommes les plus mal lotis de la terre. La gauche, les syndicats, les fonctionnaires, les salariés des entreprises publiques et tous les protégés du pays devraient réfléchir à deux fois en cessant de s’arc-bouter sur leurs avantages acquis. Ce sont nos créanciers qui nous permettent de continuer à vivre à crédit, mais jusqu’à quand…

3.  Eviterons-nous un serrage de boulons !

La France peut-elle échapper à une certaine forme de dureté économique ? Ce n’est pas la première fois que l’on parle de rigueur. Depuis le premier choc pétrolier de 1973, nous avons vécu plusieurs plans de rigueur plus ou moins brutaux. Le premier a été lancé par le premier ministre Raymond Barre qui, en 1976, a mis en place un plan de réduction de la masse monétaire avec une hausse des investissements et un freinage des salaires. En 1982, après l’orgie des dépenses sociales, le premier ministre Pierre Mauroy a été obligé de geler les prix et les salaires et a institué un prélèvement de 1% sur les revenus des ménages. En 1995, c’est le premier ministre Alain Juppé qui a été obligé de s’engager à réduire les déficits publics par le biais notamment d’une réforme des régimes spéciaux des retraites qui a provoqué des grèves historiques amenant à la dissolution de l’Assemblée nationale et au retour des socialistes au pouvoir. Ces derniers ont mené une politique désastreuse qui nous amène aujourd’hui à être encore plus dans la situation que nous connaissons. Car il est trop facile de dire que le déficit s’est accru avec le premier ministre François Fillon. Tout le monde semble oublier que nous avons connu une crise sans précédent qui aurait été catastrophique si nous avions eu un gouvernement de gauche. Être dans l’opposition donne des facilités pour critiquer puisque l’on n’a pas à décider. Mais regardons ce qui se passe en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande et bientôt en Italie ! La campagne électorale de 2012 va être lancée et nous devrions réfléchir à notre avenir ! Si la France n’est pas au bord de la faillite, elle reste un très mauvais élève européen en termes de dette publique. Avec un déficit de plus de 8% de sa richesse nationale, la France est beaucoup plus mal placée que certains de ses voisins car sa croissance dépend de la consommation intérieure et de l’immobilier contrairement à l’Allemagne dont la croissance repose sur une industrie puissante et exportatrice. Il est donc urgent que nous devenions tous rigoureux en évitant de croire que nous pouvons continuer à vivre au dessus de nos moyens. Nous devons mettre en place, comme le disent les politiques, une ''rigueur à la française'', qui ne doit pas entraver le fragile retour à la croissance. Depuis 1981, à chaque élection les Français font du yo-yo et nous voyons le résultat : la croissance incessante des déficits ! Donnons du temps au temps et permettons à ceux qui sont en poste d’avoir les moyens de nous faire sortir de ces crises à répétition afin de trouver la voie d’un retour à une ''certaine'' croissance… à la française.

4.  Chochotte va !

Martine Aubry se fait désirer. Elle est dans les starting-blocks, elle fait un grand pas vers sa candidature aux primaires, elle va descendre dans l’arène, elle va repartir à l’attaque. On la veut, on la désire, mais que veut-elle ? C’est la fille de qui vous savez. Fera-telle comme son père qui en 1974 dans l’émission d’Anne Sinclair avait renoncé à se présenter à l’élection présidentielle. Mais il n’y a plus le ''Sept sur Sept'' d’Anne Sinclair ni d’ailleurs de Dominique Strauss- Kahn. Alors il faut qu’elle y aille, même si c’est à reculons. Elle va prendre ses responsabilités mais aimerait bien qu’on vienne la chercher. Le suspense n’est plus insoutenable car il est quasiment levé mais il reste à savoir quand, comment et où elle le fera. Pourquoi pas chez elle à Lille, terre de gauche, ville du doublé historique de l’équipe de foot du Losc, proche de la capitale européenne ou son père à officié pendant de nombreuses années. Martine Delors a jusqu’au 28 juin pour se décider. Mais est-ce le bon cheval pour la gauche ? A bientôt pour la suite…



Henri Pauvert.

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