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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe. 

 

 

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  1. Le plan français d'économies .

Le Premier ministre François Fillon a annoncé un plan sévère de gel de la dépense publique. S'il est difficile de chiffrer précisément les économies qui seront réalisées, il est important de savoir qui sera touché ? Ce seront principalement les agents de la Fonction publique d'Etat qui seront affectés et la règle du non remplacement d'un retraité sur deux sera reconduite voire peut-être renforcée. De même, les fonctionnaires pourraient également connaître des gels de rémunérations. Les bénéficiaires de niches fiscales de même que les bénéficiaires d'aides à l'emploi et d'aides sociales devraient être impactés. Certaines de ces aides pourraient être supprimées et d'autres réduites. De même les ministères verraient leurs crédits baisser et les dépenses de l'Etat seraient gelées en valeur pendant trois ans ce qui veut dire qu'elles ne suivraient pas l'inflation. Ce plan n'est clairement pas suffisamment ambitieux car ce n'est pas la réforme des retraites qui va générer des économies à court terme. Mais il donne une tendance qui est nécessaire et indispensable pour que les Français comprennent que la situation est grave. Pourquoi le gouvernement lance-t-il ce plan d'économies ? Il a des engagements à tenir vis-à-vis de l'Europe dans le cadre du programme de stabilité qu'il a transmis à la Commission européenne en janvier dernier et qui prévoit de ramener le déficit public sous la barre des 3% en 2013, or il est de plus de 8% en 2010 : Il faut donc le réduire de 5% ! De plus, il veut éviter que la crise grecque qui menace l'Espagne et le Portugal ne s'étende à la France. La gauche et les syndicats ont beau jeu de dire que le gouvernement est sous la coupe des agences de notation et des marchés. Les déficits de la France ne sont pas de la responsabilité des marchés mais des gouvernements qui se sont succédés depuis 30 ans, d'ailleurs principalement les socialistes qui feignent de l'oublier ! C'est une erreur de penser que l'on est sorti de la crise et la France ne sera pas épargnée. Encore une fois il faut arrêter de croire que nos frontières sont suffisamment étanches ou contrôlées pour éviter que la crise mondiale ne se propage à notre pays. Les Français seront-ils assez intelligents et solidaires pour comprendre qu'il est indispensable que nous stoppions cette fuite en avant !

  1. Un plan de 750 milliards d'euros pour défendre l'Europe et sa monnaie !

Le risque de contagion de la crise grecque a amené l'Union européenne a mettre en place un plan de stabilisation équivalent à la moitié du déficit français ! Le Fonds monétaire international y est associé pour 200 milliards d'euros de même que les pays d'Europe qui n'ont pas adopté la monnaie unique. Dans la foulée de cette décision la Banque centrale européenne a dévoilé son intention de commencer à acheter de la dette publique et privée de la zone euro. Il s'agit d'une décision historique de l'institution de Francfort qui, jusqu'à maintenant, était restée sourde aux appels en faveur de l'utilisation de ce type de mesures. Il faut saluer le rôle important joué par le Président Sarkozy pour vaincre les dernières réticences des dirigeants européens. Souhaitons que ces mesures importantes et très fortes permettent que les marchés financiers se ressaisissent et permettent aux économies mondiales d'éviter une nouvelle crise, même s'ils restent encore nerveux.

  1. Les spéculateurs sont-ils responsables de la crise ?

Entre la crise grecque et les rumeurs sur l'Espagne ou le Portugal, la panique boursière semble se poursuivre. Est-ce la faute des spéculateurs ? Jusqu'à maintenant, la solidité des économies mondiales était fondée sur des Etats qui garantissaient aux investisseurs un fonds de gestion financière sans risque. Mais on constate aujourd'hui que les fondements de l'économie globale sont fissurés et que l'explosion de la dette grecque de même que les risques de restructuration qui en découlent amènent les financiers à découvrir que la dette publique mondiale est monstrueusement élevée. Alors est-ce la faute des spéculateurs ? Non et il est urgent que les dirigeants politiques arrêtent de leur faire porter le chapeau, de même qu'aux agences de notation ou aux financiers. La situation actuelle est inédite et la réaction des marchés se justifie par les informations très inquiétantes qui circulent. Les besoins financiers actuels de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal sont réels et il n'est pas anormal que les acteurs de la finance s'inquiètent de cette situation surtout dans le contexte d'une économie mondiale qui est plus ou moins en "péril".

  1. Des socialistes baissent le salaire des fonctionnaires !

Rassurez-vous, nous ne sommes pas en France mais en Espagne. Face au risque de contagion grecque, le président du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, socialiste, a dû accélérer la mise en place de son plan de rigueur 2010-2013 et baisser les salaires de la fonction publique de 5% en moyenne et de geler la revalorisation des retraites pour 2011. Après des mois de laxisme face à la dégradation incessante de la situation économique de l'Espagne et sous la pression des marchés financiers, de ses partenaires européens et du président Obama, le chef du gouvernement espagnol a ajouté cinq milliards d'euros d'économies supplémentaires au plan de rigueur de cette année, et dix milliards pour celui de 2011. De même au Portugal, le gouvernement met en place un gel des salaires de la fonction publique jusqu'en 2013 et le remplacement d'un seul départ à la retraite sur deux. En Irlande, les salaires de l'administration avaient déjà baissé de 5 à 15% en 2009 et doivent encore baisser de 5% en moyenne cette année. A cela s’ajoutera le non-remplacement des départs à la retraite, le gel des embauches et la suppression des primes. En Hongrie, Roumanie et Lettonie, des mesures de gel ou de baisse des salaires de la fonction publique sont prises de même que d’autres mesures. La Grèce quant à elle voit la suppression des 13ème et 14ème mois du salaire des fonctionnaires et la baisse de 8% de leurs primes. Les gouvernements, de droite comme de gauche, prennent des mesures pour sauver leurs économies. En France, la bagarre reste sémantique : La gauche et les médias se gargarisent des mots rigueur et austérité ; la droite ne veut pas entendre parler de ce mot honni de tous. Stop à la "masturbation intellectuelle" venons en aux actes !

  1. De Barre à Fillon, l'éclipse du mot rigueur...

Peu après son arrivée à Matignon en 1976, Raymond Barre avait mis au point un plan de rigueur pour lutter contre l'inflation et amortir les effets du premier choc pétrolier de 1973. C'etait la fin des trente glorieuses mais personne ne voulait en parler. Ce plan aura permis à la gauche, arrivée au pouvoir en 1981, d'ouvrir les vannes et de gaspiller les maigres économies en caisse. C'est en 1983, face à l'explosion des dépenses de l'Etat, que Pierre Mauroy, après une première tentative pour renverser la vapeur, annonçait un plan de rigueur et le blocage des salaires du secteur public anormalement important à la suite des nationalisations. À peine arrivé à Matignon en 1995, Alain Juppé était chargé de respecter les engagements du traité de Maastricht pour préparer le lancement de l'euro. Il choisissait la rigueur budgétaire qui précipita sa chute. A la suite de la crise mondiale, les premières annonces de François Fillon ont bien pour objectif une franche réduction de la dépense publique. Mais on ne parle pas de rigueur car le mot fait peur !

  1. Et le bouclier fiscal...

Après l'annonce de la suppression des mesures sociales anticrise du gouvernement, de nombreuses voix critiquent à nouveau le bouclier fiscal, la mesure phare du début du quinquennat de Nicolas Sarkozy qui limite la totalité des impôts directs payés à 50% des revenus. Martine Aubry, Ségolène Royal, de très nombreux socialistes et quelques membres de la majorité demandent au gouvernement de supprimer ce bouclier. Sans remettre en cause la validité de cette mesure emblématique il me semble souhaitable de revoir son application de façon temporaire. Au moment où on demande à tous les français un effort de solidarité, faire payer aussi les riches relève de la symbolique et de la solidarité nationale mais ne permettra pas de combler le trou abyssal créé au fil des ans par les gouvernements, en grande partie socialistes, et dont nous avons tous participé au bénéfice. Ce n'est pas les quelques millions d'euros du bouclier qui permettront de combler les centaines de milliards de déficit accumulés par ceux qui se gargarisent de supprimer ce bouclier.

  1. L'impact du recul de l'âge de la retraite.

Selon les dernières simulations du COR, Conseil d’orientation des retraites, le fait de porter la retraite à 63 ans avec 45 ans de cotisations permettrait de compenser la moitié des besoins de financement du déficit du régime général envisagé en 2050. Cette hypothèse est bien évidemment la plus défavorable pour les salariés. Elle est fortement contestée par les syndicats et les français y sont hostiles. Mais peut-on continuer à croire que l'on puisse avoir "le beurre, l'argent correspondant et la fille du crémier" !

  1. L'examen des budgets nationaux par Bruxelles fait polémique.

La proposition de la Commission européenne d'imposer dès 2011 un examen des budgets par l'Union Européenne très en amont des parlements nationaux a été fraîchement accueillie par plusieurs pays dont la France. Si les mesures sont à l'étude depuis déjà un bon moment, elles prennent un relief particulier en ce moment car l'Europe traverse une très grave crise du fait de l'ampleur de dettes accumulées par ses Etats. La principale priorité reste de renforcer le Pacte de stabilité européen, qui encadre la surveillance des déficits et qui montre ses insuffisances avec la crise économique. L'idée est surtout de s'assurer qu’aucun membre ne va déraper dangereusement et mettre en danger les voisins, comme dans le cas de la Grèce. D’où le souhait d'avoir "une coordination précoce au niveau européen" en matière budgétaire. Si le souhait est que cette mesure s'applique à tous les Etats de l'Union Européenne, la vigilance serait encore plus renforcée pour les pays de la zone euro. Bien évidemment, rares sont les pays qui sont d’accord pour adopter ce type de mesure car ils la considèrent comme une ingérence dans leur gestion. Mais peut-on accepter que des Etats trichent comme l’a fait la Grèce ou accumulent des déficits comme le fait la France ? Ces propositions doivent être examinées par les 27 pays d’Europe qui auront le dernier mot avec le Parlement européen. Il est vraisemblable qu’elles seront fortement édulcorées si ce n’est rendu incolore au final !

 

Henri Pauvert.

 
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David CABAS 24/05/2010 20:04



Comme l'a dit Jacques Généreux l'esprit de Munich régnait sur Bruxelles, la nuit du 9 et 10 mai 2010, les responsables politiques européens avaient le choix entre le déshonneur et la guerre ! Ils
ont choisit le déshonneur et ils auront la guerre !

Alors qu'il pouvait déclarer la guerre au intérêt financier, à la finance folle, à la spéculation! Ils ont choisi l'austérité pour rembourser un dette injuste !

Citoyens, les responsables politiques se sont couchés et capituler en rase campagne, nous devons reprendre la bataille afin de mettre en œuvre un vrai alternative afin de remettre les banques à
leurs place!

Vous voulez connaitre le rôle des établissements bancaires et financier dans la crise financière alors rejoins moi mon groupe http://www.facebook.com/group.php?gid=104166076293247&ref=ts

Nous devons soutenir les alternatives afin de nous libérer de l'empire de la finance de la City de Londres et de Wall Street à New York.

David CABAS
http://www.davidcabas.fr



castetsjj 19/05/2010 07:21



Monsieur Boulogne bonjour,


Monsieur Pauvert met l'accent sur l'intelligence des Français... mais lesquels ???


Ceux qui réclament en permanence des secours de l'Etat en montrant des poches vides... qui sont aussi certainement les mêmes qui bénéficient de niches et d'avantages prohibitifs acquis après les
luttes éternelles et l'agitation du chiffon rouge, et qui ne font que scier la branche qui les porte ???


Peut-être ceux qui font haro sur l'Etat saigneur qui prélève sa dîme au passage en chamboulant des placements qui ne rapporteraient plus rien... une misère mon pôve Monsieur !!!


Où alors ceux qui taxent la misère par des prix de marché du sommeil, sans cesse à la hausse et financé par les actions sociales qui n'en peuvent plus .


Je m'interroge... nous sommes tous coupables et pas très sérieux dans nos actes et nos Devoirs !!!


Peut-être faudrait-il mettre aussi les points sur les I pour identifier tous ces spéculateurs du type OVNI qui font et défont sur un simple clic de souris... quand la panique s'installe !!!


Peut-être y trouverait-on alors tous ces petits porteurs volatiles que l'on connait tous et qui s'associent sans le savoir (les petits ruisseaux etc...), à l'insu de leur plein gré à
tous les spéculateurs pros qui jouent aux dés toute la journée en encaissant les hausses et sans s'occuper des conséquences profondes de leurs actes.


Dans cet état de crise profonde que nous traversons, nos partis politiques de toutes tendances s'honoreraient de faire front commun en laissant de côté toutes les idéologies et en étant pour une
fois pragmatiques et concrets.


Le citoyen que je suis aurait plaisir à le constater, au lieu d'assister à un jeu de massacre où tout le monde tente de tirer la couverture à lui et où les médias rajoutent avec jouissance
des petites phrases assassines et sans justification profonde.


Je n'ai pas la culture de Monsieur Pauvert et je compte sur lui et l'en remercie, pour continuer à enfoncer les clous du PAS... Prévenir, Alerter et Secourir par un éclairage adapté, les pauvres
béotiens que nous sommes  et qui tentons avec peine de trier le grain de l'ivraie.


CASTETSjj




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