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Publié par Edouard Boulogne

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1.  A qui profite la rumeur !

Le 8 août dernier, le tabloïd britannique "Mail on Sunday" lançait sur son site Internet une information annonçant que la Société Générale avait besoin d'un plan de sauvetage. L'hebdomadaire écrivait "le président Nicolas Sarkozy doit envisager la possibilité que la seconde banque du pays, la Société Générale, est proche du désastre après de lourdes pertes sur des lignes de crédit accordées à la Grèce". Les marchés réagissaient mercredi 10 août en massacrant l’action et en l’entrainant dans une chute vertigineuse en bourse de près de 22%. Même si l'information a immédiatement été démentie par la banque, la rumeur aurait couté très cher aux bourses et à la Société Générale. En effet, dans un marché très fragilisé, une rumeur peut se révéler dévastatrice. La chute brutale des titres des banques françaises a modifié la perception des risques et fait douter de la solvabilité de la France à l'étranger. Selon Dexia, plus de 900 milliards d'euros sont partis en fumée dans les Bourse en deux jours aux Etats-Unis et en Europe. A qui a profité la rumeur ? L’irrationalité n’a bénéficié ni aux banques françaises, ni au CAC40, ni aux autres bourses. Il est honteux que des informations pareilles puissent sortir sans avoir été vérifiées. L'accalmie semble enfin présente sur les Bourses, après de nombreuses séances de fortes baisses. La Banque centrale américaine est parvenue à mettre fin au mouvement de panique par l’annonce qu’elle n'augmenterait pas ses taux d'intérêts avant 2013, c'est-à-dire qu'elle continuera à prêter de l'argent quasiment gratuitement aux banques jusqu’à cette date. Le vent de panique est passé. Des mesures d'urgence ont été prises, mais la crise n'est bien sûr pas terminée. Souhaitons que les acteurs des marchés et la presse gardent leur sang froid car les fondamentaux sont bons !

2.  Les banques européennes sont-elles fragiles ?

La valorisation du secteur bancaire a touché un point bas historique. La crise des dettes souveraines, la dégradation de la note des États-Unis, les prévisions de ralentissement économique et les rumeurs se sont révélées explosives pour les titres des banques françaises et européennes. Avant la crise financière de 2008, la valorisation des banques pouvait atteindre plus de deux fois le montant de leurs fonds propres. Aujourd’hui, elle est inférieure à une fois ce montant. Si les banques sont actuellement sous-évaluées, leurs fondamentaux demeurent très solides. La solvabilité des banques françaises est élevée et, comme l’a martelé Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, dans un communiqué, "les évolutions récentes des marchés boursiers n'affectent pas la solidité financière des banques françaises".

3.  Le AAA français reste fragile.

Depuis que l'agence Standard & Poor's a retiré le précieux triple A des Etats-Unis, les économistes et les investisseurs se posent des questions sur les douze pays qui conservent la note maximale trois A. Dans ce club qui comprend dix pays européens, le déclassement des Etats-Unis met en lumière les faiblesses de la France qui possède une dette publique de plus de 85% du PIB en 2010 qui est donc la plus élevée et donc la plus vulnérable. Il est difficile d'imaginer que l’agence ne dégrade pas aussi d’autres membres du club. Souhaitons que ce ne soit pas le cas de la France mais attention aux rumeurs qui ne manquent pas : les marchés tout comme les analystes s’interrogent. Ces inquiétudes doivent cependant être nuancées car, pour les agences de notation, l'engagement du gouvernement français à faire baisser le déficit à 5,7% en 2011 et 3% en 2013 montre une prise en compte de l'urgence de réduire les dépenses publiques. Qu’en serait-il si la gauche arrivait au pouvoir en 2012 et appliquait son pseudo programme !

4.  Les marchés financiers s’agitent et sont devenus fous.

La période estivale n’a pas donné lieu à une accalmie des marchés financiers. Ces derniers connaissent d’importantes fluctuations dont on ne peut pas prévoir l’issue. Depuis quatre ans, les marchés oscillent entre des périodes de turbulence et des phases de relatives embellies. La crise perdure et l’actualité financière et économique laisse peu de place pour espérer une amélioration à court terme. On constate une inquiétude permanente sur le niveau trop élevé de la dette des Etats-Unis et des pays européens, dont la France. A cela est venu s’ajouter l’anxiété de voir l’économie mondiale se ralentir. Le risque est que les mesures budgétaires restrictives prises par les gouvernements des différents Etats ne vienne étouffer la faible reprise économique et que le poids de la dette ne soit trop compliqué à gérer. La baisse des marchés est excessive puisque de nombreuses sociétés sont très sous-évaluées par rapport à leur situation. Cette crise de confiance ne pourra se résoudre qu’avec une action concertée et vigoureuses de nos gouvernants. Les marchés ne pourront redonner des signes solides de rétablissement qu’au prix d’une résolution durable des problèmes d’accumulation des déficits publics et des dettes. Aussi, en cette période troublée, est-il nécessaire de garder son sang froid pour pouvoir prendre les bonnes décisions.

5.  Inquiétudes concernant la conjoncture de rentrée en France.

L'euphorie suscitée par le point de croissance enregistré au premier trimestre en France semble déjà loin puisqu’elle a été nulle au deuxième trimestre. Or, dans son enquête mensuelle de conjoncture, la Banque de France ne table que sur 0,2% de croissance au troisième trimestre. L'Insee, quant à elle, indiquait en juin tabler sur +0,5% pour le second semestre. Le gouvernement s'affiche prudent, mais les marchés financiers risquent de mettre la France sous pression ce qui impliquerait qu’il doive accélérer le rythme des efforts.

6.  Les solutions de l'homme qui avait prévu la crise.

Il y a dix ans, Nouriel Roubini était appelé "Docteur Catastrophe" à cause de ses prédictions. Depuis, il est "l'homme qui a prévu la crise" puisque dès 2006, devant un parterre sceptique d'experts du FMI, il avait expliqué ce qui devait arriver. Il avait alors détaillé avec précision ce qui arriverait aux Etats-Unis et à l'économie mondiale. Dans son nouveau livre, "Economie de crise, une introduction à la finance du futur", il analyse les événements passés et élabore quelques scénarii pour le futur en se livrant à un ensemble de préconisations pour éviter qu'une crise aussi violente ne se reproduise et propose les solutions suivantes. 1.Les rémunérations des traders devraient être établies sur la moyenne de leurs performances durant plusieurs années. De même il serait mieux de ne pas leur verser d'argent mais plutôt un certain nombre des titres qu'ils ont eux-mêmes fabriqués. 2. Les agences de notationne devraient pas pouvoir offrir des services de conseil et ne devraient exister que dans le seul but de noter les instruments de dette. Il serait également nécessaire d'ouvrir ce secteur à la concurrence. 3. Les produits dérivésdevraient être plus transparents. 4. Les capitaux propresdes banques devraient être mieux définis et hiérarchisés. De même, il ne faudrait pas les obliger à détenir un pourcentage fixe de capitaux propres mais avoir plutôt un système dynamique qui les autoriserait à le varier dans le temps, en fonction des années d'expansion ou de récession. 5.La titrisation devrait être plus fortement réglementée. Tout cela à suivre, dans l’avenir.

7.  Vers une fermeture des réseaux sociaux ?

Les émeutes du Royaume Uni ont été très violentes et, selon le Premier ministre, David Cameron, les réseaux sociaux ont largement contribué à leur organisation. Aussi a-t-il proposé de renforcer la loi pour obtenir les moyens de traquer toute activité et empêcher qu’ils soient utilisés à des fins malveillantes. Les réseaux sociaux avaient déjà été utilisés dans le cadre des révoltes en Afrique du nord. Rappelons que les propriétaires de ces réseaux sont déjà tenus de fournir des informations lorsque la police le demande.

8.  Souriez, vous êtes filmé !

C’est parait-il un fait avéré : sourire fait du bien car il remonte le moral et rend plus sociable. Il n’y a donc rien de plus important que de sourire. Mais lorsque le réveil sonne à six heures du matin, il est difficile de lui sourire ! Aussi des "designers" se préparent à proposer un réveil qui utilise la technologie de la reconnaissance faciale. Ainsi le réveil matin ne devrait s’arrêter de sonner que si on lui sourit ; et pas un sourire timide mais un vrai et magnifique sourire, toutes dents dehors. Sourire est nécessaire en cette période d’incertitude

Henri Pauvert.

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