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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe.

 

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1.  La réforme des retraites réglera-t-elle tous les problèmes ?

Le système par répartition français n’est pas totalement sauvé car il table sur un scénario de croissance optimiste avec un taux de chômage inférieur à 8% en 2018, date à la quelle le gouvernement promet l’équilibre. De nouveaux tours de vis ne sont donc pas à exclure d’ici à 2018 en cas d’échec. En effet la loi prévoit qu’un comité de pilotage des retraites tire la sonnette d’alarme et propose des mesures de redressement. Le niveau des pensions pourrait ne pas être préservé car les salariés qui ne pourront pas travailler au delà des 41 ans programmés en 2012, puis 41 ans et un trimestre en 2013, verront leur pension réduite par une décote et devront attendre jusqu’à 67 ans pour la voir annulée. De même, les salariés pourront-ils vraiment travailler plus longtemps ? Dans le cas contraire, ces seniors sans emploi pèseront sur les comptes des branches chômage ou maladie. Le gouvernement a essayé plusieurs techniques pour augmenter le taux d’emploi des seniors mais tout dépendra de l’attitude des entreprises. Peut-être faudrait-il aussi que les seniors acceptent un niveau de revenu inférieur, mais sont-ils prêts au sacrifice ? Enfin, la droite soutient que la loi réduit les inégalités alors que la gauche pense qu’elles les accroissent. Mais la gauche et les français oublient que les réformes qui sont faites en période d’austérité visent au redressement des comptes plus qu’à la création de nouveaux droits !

2.  La retraite des français se rapproche-t-elle de celle de nos voisins ?

Les nouvelles conditions d'accès à la retraite en France devraient être adoptées sous réserve de l’accord du Conseil constitutionnel. Le système français s’est un peu durci si on le compare à celui en vigueur dans d'autres pays européens. Au Royaume-Uni, l'âge auquel on aura un taux plein sera à terme de 68 ans mais il sera très progressif. De 65 ans aujourd'hui, il passera à 66 ans entre 2018 et 2020, puis à 68 ans en 2046. Et à cette date, le nombre d'annuités nécessaires pour obtenir une pension complète sera de 30 ans seulement. En Espagne, l’objectif est de porter l'âge minimum de départ à 67 ans, mais 35 années de contribution suffiront pour obtenir une retraite à taux plein. En Allemagne, le relèvement de l'âge du départ à taux plein sera identique à celui de la France mais il interviendra de façon plus progressive et  à l'échéance de 2029. De même, les salariés qui ont eu des carrières longues pourront continuer à toucher une retraite à taux plein dès 65 ans à condition de cumuler 45 annuités de cotisations. A contrario, en France, si l'âge légal reste inférieur, la durée de cotisation est plutôt élevée. N’oublions pas cependant que notre économique reste beaucoup plus préoccupante que celle de nos voisins et que notre dette est colossale !

3.  Stop à la désindustrialisation de la France !

Voilà maintenant trente ans que la France a tourné le dos à son industrie et à ainsi perdu près de 2 millions d’emplois. S’il était de bon ton de considérer qu'une économie moderne, à l'image celle des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne, devait se tourner vers les services, on constate que ce n’est pas le cas pour nous. Pendant cette période, l'Allemagne a profité pour renforcer sa compétitivité en mettant en place un arsenal de mesures, comme le soutien de son tissu local de grosses PME dynamiques à l'export, la spécialisation dans le haut de gamme et pris des décisions politiques fortes. Notre pays subit maintenant une concurrence importante à la fois sur les produits de haute technologie et ceux de haut de gamme. La faute doit être clairement imputée aux décisions prises par certains dirigeants de délocaliser mais aussi au manque d’innovation et d’investissement en Recherche et développement. D’où la baisse de notre part de marché dans les exportations mondiales qui ne cesse de reculer : un point de perdu tous les 5 ans depuis 1995. D’où le souhait du Président de la république qui ne cesse de répéter : "je veux que la France garde des usines et des ouvriers". Mais si les fondements d'une réindustrialisassions sont posés, l’ensemble des acteurs n’ont pas la même vision de la manière de la faire évoluer. Et ne faudrait-il pas revoir notre politique sociale !

4.  La noyade de Marseille ! 

Dans les années 70, Marseille était le 1er port européen. Au début du 21ème siècle, le port est classé au 6ème rang européen et s’il figure encore dans le top 20, il le doit seulement à son trafic pétrolier car, bien qu’il abrite le 4ème armateur mondial avec la CMA-CGM, c’est un nain quand-au nombre de conteneurs qu’il reçoit. Quelles sont les raisons d’une pareille débâcle : Tout simplement l’intransigeance des dockers et grutiers de la CGT. Ils sont fiers d’être numéro 1 des grèves à répétition sans se rendre compte qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. De plus, ils fabriquent des émules car il suffit de voir l’attitude des éboueurs lors de la dernière grève. Les marseillais se tirent une balle dans le pied puisqu’ils font même fuir le dernier bastion des visiteurs de la ville : les touristes. Ils s’étonnent, cependant, de ne pas être retenus par les organismes pour des compétitions internationales.

5.   Bye-bye Ryanair Air ! 

Cette compagnie low cost ne domiciliera plus les avions qu’elle exploite à partir de Marseille à cause des taxes que l’Etat français veut imposer sur son personnel naviguant basé en France. Ainsi environ 120 pilotes et hôtesses perdront leur emploi et environ deux millions de passagers ne transiteront plus par la plate-forme aéroportuaire de Marseille. Cela devrait entrainer de nouvelles pertes d’emploi dans divers secteurs de l’agglomération au bénéfice d’autres pays européens. C’est ce que l’on appelle la solidarité européenne !

6.  Une perspective pour la sortie de crise.

La crise est loin d’être terminée mais il faut déjà réfléchir au meilleur moyen d’en sortir. Pour la France et l’Europe, il faut retrouver le gout d’entreprendre et cela doit passer par l’innovation. Car il est impossible pour nos entreprises de se battre contre les pays émergeants ou la main-d’œuvre est sous-payée sauf à casser nos systèmes économiques et sociaux. Pour cela il est indispensable de revoir nos méthodes de formation et de management car elles ne favorisent pas l’éclosion d’entrepreneurs pour le XXIème siècle. Il faut donc innover en respectant l’environnement mais en développant de nouveaux produits de haut de gamme, en accroissant la productivité et en mettant en adéquation l’offre et la demande des clients. Nous ne pouvons attendre que les populations des pays émergeants aient atteint notre niveau de développement. Il faut bouger vite, et malheureusement aussi accepter de faire quelques sacrifices. En effet la taille du gâteau économique ne peut croitre indéfiniment. Le partage implique des parts plus petites pour tous, donc aussi pour nous !

7.  La retraite à 62 ans, pas pour tous ! !

Tous les salariés ne sont pas logés à la même enseigne et parmi les catégories qui apparaissaient en première ligne dans les grèves et les manifestations, ce ne sont pas les plus mal lotis qui défilaient mais bien souvent les mieux protégés. Nombreux sont ceux qui prennent leur retraite bien avant 60 ans ! Petit bréviaire des moins maltraités grâce à des régimes spéciaux. 1. Les cheminots et tout le personnel de la SNCF partent à 55 ans, sauf les conducteurs qui bénéficient d’une dérogation à 50 ans alors que les locomotives d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles de l’époque du charbon. 2. Les agents de la RATP partent à 50 ou 55 ans suivant la catégorie dont ils relèvent. Précisons que le personnel administratif ne bénéficie pas de ce statut et part à 60 ans, sauf exceptions. 3. Les chauffeurs routiers ne bénéficient pas de régimes spéciaux mais ont cependant deux dispositifs spécifiques. Le complément de retraite d’environ 3.000 euros par an qui leur permet de bénéficier du régime général à taux plein à 60 ans quelle que soit la durée de cotisation et le congé de fin d’activité correspondant à une préretraite qui peut se prendre, au cas par cas, entre 55 et 60 ans. 4. A EDF et GDF, plus de 90% des salariés prennent leur retraite à 50 ans et quelques uns à 55 ans. Seuls les sédentaires administratifs, moins de 5%, prennent leur retraite à 60 ans. 5. Chez les fonctionnaires, 25% peuvent prendre leur retraite avant 60 ans et environ 20% partent à 50 ans. Plus généralement, le passage général à +2 ans, 52 ou 57 ou 62 ans, se fera progressivement et seulement à partir du 1er janvier 2017. Merci à tous d’avoir fait grève pour nous pour défendre nos droits. Futurs retraités du privé qui avez fait grève par procuration, n’oubliez pas que vous le paierez deux fois : Par le passage à 62 ans et 67 ans mais aussi par l’augmentation des prix des services des grévistes, car il faudra bien payer d’une façon ou d’une autre vos grèves et manifestations !

 

Henri Pauvert.

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