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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe. 



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.  La 1ère grande crise de l’euro.

Le but d’une monnaie commune était de faciliter les échanges et les investissements qui devaient être porteurs de croissance et d’emplois. La création de l’euro devait permettre d’offrir aux entreprises et aux consommateurs une zone stable où le risque lié aux variations des taux de change aurait disparu. Ainsi la monnaie unique a mis fin à des dévaluations répétées dans chacun des pays de la zone. Mais cette union monétaire ne peut donner des résultats que si elle est assortie d’une union économique globale avec des politiques budgétaires et fiscales nationales convergentes. C’est la raison pour laquelle a eu lieu la création des fameux "critères de Maastricht" tant décriés. Le bouclier que constitue l’appartenance à la zone euro a permis à plusieurs pays de masquer la faiblesse de leurs finances publiques en bénéficiant de taux d’intérêt bas. Cependant, cette capacité que donne l’euro à limiter les risques entraine aussi des difficultés importantes. C’est le cas de la Grèce qui a mal géré ses finances publiques. Aussi doit-elle s’engager à mener à bien un plan de redressement pour ramener son déficit public de 13% du PIB en 2009 à moins de 3% en 2012 avec deux priorités : L’assainissement de ses finances publiques et la restauration de sa compétitivité. De même, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande inspirent aussi des inquiétudes, bien que leurs politiques s’emploient à rassurer. La confiance dans l’euro est mise à rude épreuve, car elle nécessite que les seize pays qui partagent la même devise montrent une grande solidarité. La Commission européenne propose d’assortir le plan d’assainissement budgétaire présenté par la Grèce d’un suivi très étroit pour éviter les dérapages. Elle se réserve le droit d’exiger de la Grèce plus d’efforts si nécessaire pour convaincre les marchés financiers que ses finances publiques sont sous contrôle. La participation à la zone euro exige une discipline budgétaire collective. D’où les "critères de Maastricht" qui impliquent que chaque État ramène son déficit budgétaire sous la barre des 3% du PIB, Produit Intérieur Brut. La crise a fait exploser ces critères. La coordination des politiques nationales de même qu’une discipline collective sont de nouveau à l’ordre du jour pour que l’union monétaire reste crédible et que l’euro puisse continuer protéger les économies de ses membres.http://www.la-croix.com/img/la-croix/commun/pix_trans.gif

2.  La faillite d’un pays : est-ce possible ?

En déclarant le 21 septembre 2007 à Calvi devant quelques agriculteurs corses qu’il était "à la tête d’un État qui était en situation de faillite", le Premier ministre François Fillon a voulu parler un langage de vérité. Mais un pays peut-il faire faillite ? Lorsqu'une entreprise se retrouve étranglée par des dettes et sans trésorerie, elle se place en procédure de cessation de paiement. Pour les Etats, aucune structure ne permet de se déclarer en faillite. Pour faire face à son endettement, un Etat utilise des leviers variés comme créer de la monnaie pour financer ses achats, s'endetter encore plus, augmenter l'impôt, vendre des actifs, ou d’autres moyens. Mais il peut arriver qu’un pays se retrouve en situation de surendettement parce que les investisseurs n'ont plus confiance et ne sont pas d’accord pour acheter ses obligations, ses "papiers". Quelles sont les conséquences ? Le défaut de paiement a des conséquences importantes et variées sur l'économie de ce pays, à commencer par un arrêt de la croissance, un renchérissement brutal des importations de même qu’une augmentation des prix des produits étrangers et la chute brutale de la valeur de la monnaie qui peut entrainer des dévaluations successives. Le risque de défaillance ne se pose pas de la même façon dans tous les pays. Ainsi les Etats-Unis semble à l'abri de déconvenues comparables à celles que connaissent l'Islande malgré la tourmente financière qu'il traverse car il n'emprunte qu'en dollar qui est par ailleurs une des principale monnaie de réserve au monde. Pour les pays qui n’ont pas cette capacité, comment sortir de cette situation ? Le rééchelonnement de la dette est une étape souvent indispensable et nécessite des négociations entre créanciers et débiteurs, pas toujours facile. Dans une situation d'urgence, le pays est obligé de frapper à la porte des institutions internationales comme le Fonds Monétaire International, le FMI. L'histoire du défaut de paiement des pays est aussi ancienne que la création des Etats modernes. Au 19ème siècle, des défauts de paiement sont survenus principalement en Amérique du Sud dans des états nouvellement indépendants qui avaient dû s'endetter fortement pour se développer. Le problème aujourd’hui, est qu’une vague importante de situation de faillite survient à la suite de la crise et dans des économies proches de la notre : L’Islande, la Grèce et peut-être l’Espagne, le Portugal et l’Irlande sont ou risquent d’être confrontés à ce problème. Alors la France peut-elle être en situation de faillite ? Pour le moment non car notre signature est encore bonne ce qui nous permet d’emprunter à des taux acceptables. Mais si nous continuons à vouloir toujours plus, nous pourrions nous retrouver dans la situation de ces quelques pays qui sont à nos frontières. A bon entendeur, salut !

3.  Un record pour les défaillances d’entreprises en 2009.

La crise économique a joué un rôle important dans les défaillances d’entreprises en 2009. Le record de 1993 a été dépassé. Plus de 63.000 entreprises ont été placées en liquidation judiciaire, en sauvegarde ou en redressement dans la France métropolitaine, soit 11% de plus qu’en 2008 ! Les secteurs les plus particulièrement touchés sont les activités d’assurance et financières avec +36 % de défaillances, l’immobilier, le transport routier de marchandises, les services d’hébergement, l’industrie, le bâtiment et les services aux entreprises. Près de la moitié des entreprises défaillantes sont des micro-entreprises sans salarié. Les régions les plus touchées sont dans le quart Nord-Ouest de la France ainsi qu’en Alsace et en Rhône-Alpes. On ne connait pas encore les chiffres pour les DOM. Mais ils ne devraient pas être bons car il faudra prendre en compte l’impact de la crise qu’a subit ces départements début 2009.

4.  Les Français restent attachés à la retraite à 60 ans.

Plus de 60% des Français restent attachés au symbole de la retraite à 60 ans. Pourrait-il en être autrement quand l’opposition, auteur de cette aberration, continue à leur faire prendre "des vessies pour des lanternes" ! Comment peut-on croire que l’on puisse garder le même type de retraite par répartition avec un allongement de la durée de vie, une réduction de la durée de travail et moins de cotisants. Stop aux égoïstes qui ne pensent qu’à eux !! Nous creusons la tombe des générations futures avec l’aide de dirigeants politiques qui, pour se faire élire, sont prêts à nous faire croire que l’on "rase gratis" !

5.  L’entrepreneur individuel à responsabilité limitée.

Le nouveau statut d’Entrepreneur Individuel à Responsabilité Limitée, EIRL, devrait permettre à l'entrepreneur individuel de protéger son patrimoine personnel en cas de difficultés. En cas de faillite, les artisans, commerçants et professionnels libéraux qui auront créé des entreprises en nom propre pourront désormais préserver leurs biens personnels, ce qui jusqu'à présent n'était pas le cas. Ce nouveau statut semble alléchant mais n’empêchera pas une banque de subordonner l’octroi d’un prêt à l’obtention d’une caution assise sur des biens personnels. Jusqu'à aujourd'hui, pour protéger son patrimoine personnel, l'entrepreneur individuel pouvait fonder son entreprise en tant que société, en optant pour le statut d'Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée, l’EURL. Ce statut né il y a vingt-cinq ans, reste peu utilisé. Qu’en sera-t-il de l'EIRL ? A suivre…

 

Henri Pauvert.




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