Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe.

 

 

 

a_la_loupe.jpeg

 

 

 

 

1.  Les ''PIIGS's'' : Un danger pour la cohésion européenne.

Les problèmes liés à la crise financière concerne désormais les ''PIIGS's''. Cet acronyme péjoratif a été attribué par des journalistes anglo-saxons à l'ensemble Portugal-Irlande-Italie-Grèce et Spain (Espagne) et revient à la mode. Ce sigle qui signifie cochons en anglais traduit le mépris de la presse des poids lourds de l'Union pour ces petits pays qui sont confrontés à de graves difficultés économiques. Avec un endettement explosif, autour de mille milliards d'euros pour l’ensemble Grèce-Portugal-Espagne, ces pays semblent donner raison à leurs détracteurs qui redoutent une contagion qui pourrait gagner d'autres pays membres de l'Union Européenne, comme la Grande-Bretagne et, pourquoi pas, la France qui sont également très lourdement endettées. Après la mise sous tutelle de la Grèce par l'Union Européenne et le FMI, puis maintenant l'intervention en Irlande, la véritable crainte concerne l'impact des difficultés de ces pays sur l'ensemble de la zone euro, tant sur le plan économique que politique. Allons-nous, petits Français, cesser de jouer au chat et à la souris et croire que nous pouvons continuer à vivre au-dessus de nos moyens !

2.  Grèce-Irlande : ''What else'' !

Après le sauvetage de la Grèce, c’est au tour de l’Irlande de faire appel à l’Union Européenne et au FMI pour leur prêter de l’argent. Le plan d'aide à l'Irlande a été mis en place très rapidement car il y avait urgence afin d’éviter la menace de contagion à d'autres pays de la zone euro. Les marchés ne s’y trompent pas et sont tout à fait conscients que d’autres pays sont au bord du gouffre. Le Portugal est en première ligne comme nouvelle proie des marchés financiers. Mais l'Espagne est aussi dans le viseur des marchés. Le problème est que le Fonds de stabilisation européen ne pourrait pas subvenir à son besoin de financement que l’on peut estimer à plus de 200 milliards d'euros pour 2011 et 2012. Les craintes d’un risque financeir pour l'Espagne est faible car les mesures prises par le gouvernement socialiste sont bonnes mais on peut toujours craindre une attitude totalement irrationnelle des marchés. Qu’en est-il de l’Italie dont la dette publique est l'une des plus élevées du monde ? Les taux auxquels elle emprunte sur les marchés restent stables, mais la crise politique que traverse le pays est de nature à inquiéter les marchés et la survie du gouvernement Berlusconi se jouera mi-décembre, lors de deux votes devant le Parlement. Et la France dans tout cela ? Loin de moi l’idée de souhaiter sa chute. Cependant, elle n'est pas à l'abri d'une attaque des marchés. Certains économistes estiment que les finances publiques françaises ne sont pas en meilleur état que celles de la Grèce et de l'Irlande. Pourtant la France bénéficie toujours de la meilleur note souveraine de ''triple A''. Mais une dégradation est possible au regard de l'état des comptes publics de la France et les marchés pourraient s’emballer dans l'éventualité ou la situation sociale se dégraderait et si la France n’était plus en mesure d’honorer ses engagements. A bon entendeur salut !

3.  L'Irlande sauvée par le ''gong''.

Depuis son entrée dans l'Union européenne en 1973, l'Irlande, pays à l’économie majoritairement agricole est devenue un ''tigre celtique'' avec une économie moderne et de haute technologie. C’est grâce à l’Union Européenne que l’Irlande est devenue un pays prospère et c’est l'impôt sur les sociétés qui a été le moteur principal de la croissance spectaculaire qu'a connue cette île dans les décennies 80 et 90. Pays de langue anglaise à faible fiscalité, l’impôt sur les sociétés y est de 12,5%, l'île a réussi à attirer des grands noms de la ''high-tech'' comme Microsoft, Google, Intel, Hewlett Packard mais aussi Bank of America, Merril Lynch ou Merck. Les entreprises américaines y ont installé leurs filiales et représentent pas loin de 100 000 emplois. Alors impossible de changer l’impôt car les entreprises étrangères ont menacé de repartir et l’ont fait savoir en précisant qu'une augmentation de l'impôt sur les sociétés aurait un impact négatif sur la capacité de l’Irlande à attirer et à conserver leurs investissements. D’où le fait que le gouvernement est prêt à faire subir des sacrifices importants à ses citoyens pour ne pas avoir à toucher à l'impôt qui aurait un impact sur le chômage en aggravant la crise actuelle de même que la situation sociale. Cependant pourquoi l'Union Européenne et le FMI n’imposent pas à l’Irlande de revoir son taux à la hausse ? Du point de vue des autres grands pays européens, il ne semble pas que la concurrence fiscale irlandaise soit si dangereuse que cela. Les grands pays sont moins sensibles que les petits à une fuite de leur base imposable.

4.  Ce qui va changer pour nous au niveau de la Sécu en 2011.

Les députés ont voté le 2 novembre dernier, en première lecture, le projet de loi de financement de la Sécu. Ce budget prévoit notamment des mesures d'économies pour l'Assurance maladie. Ainsi certains médicaments seront moins remboursés. Les dispositifs médicaux, aujourd'hui pour la plupart remboursés à 65%, le seront à 60%. De même, pour les actes médicaux, il devra coûter plus de 120 euros, contre 91 euros aujourd’hui pour que la somme forfaitaire se déclenche en plus du paiement des 20% du prix de l'acte. Les patients atteints de maladies longues seront moins pris en charge. L'aide au logement sera aussi touchée car la rétroactivité n'existera plus. De leur coôé les mutuelles envisagent une hausse entre 7 et 8% pour leurs tarifs et pour la complémentaire santé pour tenir compte de la hausse naturelle des dépenses de santé qui est due au vieillissement de la population et aux techniques de soins de plus en plus coûteuses. Elles doivent aussi prendre en compte des transferts de charge prévus dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Enfin elles doivent aussi intégrer la nouvelle taxe de 3,5% sur les contrats de complémentaire santé, décidée dans le cadre de la chasse aux niches fiscales. Le gouvernement compte aussi s'attaquer aux fraudeurs en mettant en place des sanctions financières en plus du remboursement des sommes indument touchés pour des arrêts maladie injustifiés. Malgré ces mesures d'économies, le ''trou de la Sécu'' va continuer de se creuser en 2011 car le gouvernement estime que le déficit du régime général s'élèvera à plus de 21 milliards d’euros, ce qui sera près de 2 milliards d’euros de moins qu'en 2010. 

5.  Mise au point.

Je ne souhaite pas voir notre pays passer sous les fourches caudines des marchés. Je souhaite que nous puissions bénéficier d’une vie agréable sans avoir à subir tous les problèmes que rencontrent certains pays. Par mes appels à la responsabilité de chacun, j’essaye de faire passer un message : ''Rien ne sera plus jamais comme avant''. Il faut cesser de croire que l’on peut vivre comme il y a 40 ans. Nous devons accepter de nous serrer, un peu, la ceinture pour pouvoir toujours bénéficier d’une vie décente. Nous devons arrêter de nous recroqueviller sur nos avantages personnels et penser à nous aider les uns les autres. Nous devons arrêter de croire que parce que nos dirigeants disent haut et fort qu’il n’y a pas de risque que c’est vrai. Il faut qu’ils soient positifs vis-à-vis des marchés, mais il y a des risques. La politique implique de faire des choix qui ne peuvent pas être populaires dans le contexte international dans lequel nous vivons ! La situation économique mondiale fait que nos gouvernants doivent prendre des mesures de réduction des déficits. Honte à ceux qui font croire qu’il est possible de maintenir voire d’augmenter nos avantages. Alors stop à la gabegie ; stop aux avantages acquis ; stop aussi aux salaires et revenus mirobolants et indécents de certains : Soyons solidaires et sachons nous aider et partager.

 

Henri Pauvert.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Oupédisa 03/12/2010 19:58



La grande question est pourquoi avoir fait l'Europe ?


Ils ne savaient-ils pas ce qui arriverait ? Ils ne savaient pas que la Grèce par exemple étaient administrée comme une commune de Guadeloupe ?


Et pourquoi les "fonctionnaires" de Brussel, de Strassburg et C° se sont-ils réservé des avantages et des retraites dignes des parachutes dorés les plus incroyables ? N'était-ce pas parce que
c'est une arnaque dès le début. Si le vieux De gaulle était là c'est sûrement cette Europe qu'il appellerait le machin. C'est cette Europe qui a reconnu le Kosovo, et c'est elle qui balance
peut-être notre pognon au Hamas palestinien ...


Et pourquoi pas crier avec certains loups "allez-y les p'tits golden boys de wall street, faites-là pêter !"