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Publié par Edouard Boulogne

Une leçon de réalisme guadeloupéen. 

 

Ce titre est du Scrutateur.

 

( Ironique et amer, mais réaliste aussi. Tel est l'article de Charles Rano ( publiciste martiniquais que nos lecteurs ont souvent lu au début de l'année 2010 ) dans l'article que publie le Scrutateur. Oui! Pour l'instant, les Guadeloupéens font montre de plus de réalisme et de lucidité que nos amis martiniquais. Mais il nous faut rester vigilants, car toute une pseudo "intelligentsia" ( les guillemets peuvent être employés à l'instar des pincettes dont on se sert pour saisir les matières impures) ne rêvent, à des fins de pouvoir politique, et d'ambtions aussi démesurées que pathologiques, qu'à rejoindre leurs homologues martiniquais.Pour cela restez fidèles à la lecture du Scrutateur, et faites-le connaître. E.Boulogne ).

charlesranocollectifdom.jpg

 

http://evolutionmartinique.unblog.fr/2011/01/03/nicolas-sarkozy-accelere-notre-accession-a-nous-memes/

 

 

- Nicolas Sarkozy accélère notre accession à « nous-mêmes »

Posté par evolutionmartinique le 3 janvier 2011

charlesranocollectifdom.jpgEh oui ! Le chef de l’Etat surprend tout le monde et passe à l’offensive. « Plus tôt je me débarrasserai de la Martinique, mieux la France respirera »semble-t-il se dire. « Les élus ont été bien ferrés, pourquoi attendre 2014. J’ai joué leur jeu, maintenant passons aux choses sérieuses.

Qui imaginerait un scénario aussi rapide ? Personne, pas même ceux qui étaient pour l’installation de cette collectivité de Martinique dès 2012. Messieurs vous l’avez voulue, maintenant chantez. Et surtout, mettez-vous au travail : vous étouffiez dans le département, l’heure de la démonstration de vos capacités est arrivée. Oublions la réforme des collectivités territoriales, ce n’est plus pour nous et le droit commun non plus. Maintenant nous devons impérativement nous tourner vers la spécialité législative. N’ayez pas peur de le dire aux Martiniquais. Vous avez obtenu ce que vous réclamiez, vous ne pouvez plus reculer. L’heure de nous-mêmes a sonné !

La route des dérogations que nous empruntons nous mène directement dans l’article 74 que les Martiniquais ont pourtant rejeté le 10 janvier 2010, comme ils l’avaient fait le 7 décembre 2003 Nous avions intelligemment déjoué le piège, mais malheureusement la majorité a avalé l’hameçon le 24 janvier 2010. Nous ne reviendrons pas dessus c’est déjà le passé. Disons bonjour au présent et à l’avenir, mais ceux qui se sont appuyés sur le chef de l’Etat devront se mordre les doigts pour s’être « laissés avoir », en beauté. Cela s’appelle un coup de maître. Le Président de la République est un orfèvre en coups tordus. Hélas, les élus martiniquais et guyanais n’y ont riens compris. Le gâteau idéologique les a aveuglés, et maintenant c’est trop tard !

Le coup de poignard empoisonné
C’est bien le cas de le dire : la majorité élue au Conseil régional de la Martinique devrait méditer pour l’avenir, car, à mon avis le temps joue en faveur des plus malins Difficile de dire qui va tirer les marrons du feu. Mais en y réfléchissant, on sent bien que la situation paraît délicate. La troisième voie devient hypothétique vu les déclarations du chef de l’Etat. Les indépendantistes doivent jubiler ils vont pouvoir déterrer leurs morts pour aller au combat. Et ceux qui avaient eu le malheur de les enterrer trop vite risquent de déchanter.


Le chef de l’Etat vient de porter un coup qui peut être fatal au pouvoir actuellement en place à la Région. Il l’affaiblit en limitant tous les plans de développements économiques et sociaux qui ont été initiés. A ces hommes de se battre pour imposer leurs projets. La question se pose : ce coup porté aux élus de la Région est tout simplement lamentable. Qui soutient se coup bas ? Les indépendantistes, une moitié d’autonomiste et la Droite. Laquelle ? Tous ceux qui nous entraînèrent dans ce labyrinthe du 24 janvier 2010. Aujourd’hui ils s’allient aux indépendantistes, comme ils l’ont fait déjà en 1998, mettant ces derniers pratiquement sur un trône pendant douze ans. Nous connaissons tous les résultats de ces comportements paradoxaux qui ont anéanti la Droite locale, la rejetant dans les oubliettes martiniquaises pour longtemps.

La leçon ne leur a pas suffi ils en remettent une couche. Ils encensent le chef de l’Etat qui se moque pas mal de ses « amis » de Droite. Si tel n’était pas le cas, il ne leur jouerait pas tous ces coups tordus qui consistent à nous jeter coûte que coûte hors du Droit commun. Le choix que fait le chef de l’Etat n’a rien de réjouissant pour eux puisque les électeurs de Droite ne votent plus tellement, désabusés par leurs élus qui se cherchent des places sans souci du sort des populations.

Si le chef de l’Etat avait du respect pour son bord politique, il ferait tout pour éviter de remettre en selle les indépendantistes. Mais on dirait qu’il est plus dans une dynamique d’indépendance pour la Martinique, c’est mon point de vue. Sinon pourquoi ne pas donner le temps à ceux qui viennent d’arriver au pouvoir à la Région ? Son attitude ressemble fort à ce que je disais dans mes livres, c'est-à-dire qu’il crée les conditions favorables aux mésententes, à la discorde, et à l’instabilité politique sur notre île. Si ce n’est pas voulu cela y ressemble fort. Avec l’installation de la nouvelle collectivité en 2012 il va forcément nous emmener dans une impasse sur la plan économique et politique

Le droit commun pour la Guadeloupe

En toute logique la Guadeloupe que nous croyions révolutionnaire et indépendantiste nous donne une leçon de réalisme et de vision efficace. Déjà leur choix du 7 décembre 2003 nous avait plutôt étonnés mais cette volonté de rester dans le droit commun des élus guadeloupéens lors de leurs congrès, confirme leur perspicacité à évaluer une situation donnée par rapport à leur capacité de faire. Je leur dis bravo, car les élus martiniquais n’ont pas su juger leurs capacités et les difficultés à venir dans la situation institutionnelle qui nous fait sortir du Droit commun, à notre insu et contre notre volonté.

Ces élus de l’île sœur ont pris la route de la réforme des collectivités territoriales écartant du même coup une inutile consultation populaire pour aller vers une nouvelle collectivité. Ils ont simplement choisi d’avancer avec l’hexagone, d’être français dans tous les sens du terme, ils ne font pas le choix des dérogations menant à la spécialité législative. Pendant que nous, Martiniquais, nous plongerons dans les regrets et les interrogations, la Guadeloupe elle, continuera à profiter de son droit commun au même titre que les métropolitains dans l’hexagone. Lesquels des élus de la Guadeloupe et de la Martinique ont été les plus futés et les plus « intelligents » ? La réponse s’impose. ( Souligné par le Scrutateur.A cet égard, je partage l'analyse faite ce matin par Sosthène dans Guadeloupeen Crise, sur le rôle positif que semble avoir joué Victorien Lurel dans lechoix heureux de l'identité législative. E.Boulogne). 


Revoyez notre situation avant ce choix désastreux et réfléchissez au futur. Vous verrez que c’est la Martinique qui a tout à perdre. Et cela se confirmera au fil des années, quand l’Etat français petit à petit limitera nos aides. Nous le verrons très vite. Il y a déjà des prémisses qui en disent long. Le jeu du chat et de la souris du Président a déjà commencé, ne serait-ce que par les diminutions de notre budget et le gel de certains acquis. L’avenir me donnera raison les effets se feront sentir assez vite, Attention ça va secouer.

Enfin l’heure du « nous-mêmes »
Eh bien oui, l’heure de « nous-mêmes » est arrivée … L’heure est arrivée de nous prendre en charge, l’heure est venue de ne plus chercher de bouc-émissaire. Enfin voici le moment de la responsabilité, le temps de faire la démonstration de réussir ce que la France n’arrivait pas à faire, notamment de diminuer le nombre de chômeur à la Martinique, voire d’éradiquer le chômage. Avec l’avènement de notre Collectivité de Martinique nos élus pallieront cette carence de l’Etat et feront ce que l’Etat français était incapable de faire.

Enfin, avec nos élus, dès la mise en place de notre Collectivité de Martinique notre économie décollera, nos exportations seront excédentaires par rapport à nos importations, il n’y aura plus ni grève ni blocage, ce sera le bonheur pour la population qui s’est confiée à des idéologues. Alléluia ! Cette naïve population n’a même pas vu la prudence de l’île soeur, et continue à croire que c’est en jetant le Département à la poubelle que sa vie quotidienne s’améliorera. Que le « nous-mêmes » nous fasse la démonstration qu’on peut améliorer la vie des Martiniquais, réussir à sauvegarder la paix sociale et le niveau de vie actuels, c’est tout ce qu’on souhaite, sans y croire.

Nous pourrons regarder la Guadeloupe vivre correctement, comme je l’ai prédit dans mes livres. En effet j’avais prévu que la Guadeloupe resterait dans le Droit commun, et que nous risquerions de voir beaucoup de Martiniquais émigrer vers l’île soeur. J’ai pensé depuis longtemps que le risque d’une différence institutionnelle risquait de provoquer un possible départ vers le Département guadeloupéen, une invasion, comme c’est le cas des Comoriens, préférant la mort ou la clandestinité à Mayotte à la misère des Comores indépendantes et tellement responsables. Nous n’en sommes pas là mais, la possibilité demeure : si le Droit commun continue de s’appliquer en Guadeloupe comme en métropole, et qu’à la Martinique nous observons une diminution significative de nos acquis, tout basculera.

Comment feront les élus martiniquais pour que le Droit commun s’applique réellement de plein droit comme dans tous les autres Départements ? Devrais-je poser cette question puisque les lois et règlements ne s’appliqueront plus, même si la Martinique est dans un article 73, mais pas dans le bon ? La Guadeloupe oui, sera du bon côté de l’article 73. Notre choix nous a conduits dans ce que l’ex ministre Girardin appelait l’assimilation à la spécialité législative de l’article 73 modifié constitutionnellement, qui veut que nous, Martiniquais, et tous ceux qui ont fait le même choix soient à la fois dans l’identité législative et dans la spécialité législative, c’est-à-dire hors du Droit commun.

Notre article 73 actuel nous permet tout simplement d’aller selon les bons vouloir de notre pouvoir politique par des dérogations au bout de l’article 74, sans le dire, et surtout sans l’avis de notre population. Les indépendantistes et leurs alliés critiquent le pouvoir actuel de la Région Martinique pour son désir d’adaptation. Or nous savons tous que ceux-là mêmes qui étaient au pouvoir à la Région feraient pire puisque leur but final c’est en définitive d’aller à l’indépendance.

Le chef de l’Etat en accélérant le processus de changement institutionnel de la Martinique remet forcément ces haineux anti-français dans la course à la présidence de cette nouvelle collectivité. Qui peut dire le contraire ? Nicolas Sarkozy se fiche pas mal de la population martiniquaise. Je vois même chez lui du mépris pour le devenir de notre île. Certes l’aveuglement de nos élus risque fort de nous coûter cher mais, le chef de l’Etat a joué un rôle très négatif à notre endroit, et il persiste. En toute évidence il agit parce que pour lui nos élus ne savent pas fonctionner ensemble, ce qui lui a permis de prendre les rennes de notre destin à notre place et d’accélérer le mouvement.

Des élus qui ne comprennent plus rien
Pourquoi ? Parce que depuis les années 40, jusqu’à nos jour, ils n’ont misé que sur l’autonomie, facilitant ainsi l’émergence des indépendantistes. Et aujourd’hui certains commencent à comprendre où ils entraînent leur population. L’inconvénient, c’est qu’ils se rendent compte trop tard que le chemin qu’ils ont pris est sans issue. L’indépendance, les Martiniquais n’en veulent pas ; et l’autonomie ne débouche que sur notre sortie du Droit commun. Certes nous garderons la carte d’identité, mais vidée de sa substance. Nous expérimenterons, à nos dépens, une inconfortable collectivité nouvelle dans laquelle il ne faudra plus compter sur les deniers de l’Etat sauf dans le cadre de ses responsabilités régaliennes -en particulier la Justice et la protection militaire. Le social deviendra aléatoire, selon ce que le chef de l’Etat, quel qu’il soit, donnera ou ne donnera pas.

Notre situation s’apparente à un vol aller simple à bas coût, sans que nous sachions où nous atterrirons. La yole Martinique va maintenant voguer au gré des vents. Elle subira des tempêtes, des ouragans sociaux économiques à répétition, les guerres de chef se multiplieront, comme je le prédisais pendant la rédaction de mes livres. La Martinique va rentrer dans l’ère de l’instabilité politique, C’est pourquoi depuis que le chef de l’Etat a annoncé son intention d’installer au plus vite la nouvelle collectivité, dès 2012, des élus s’émeuvent, ébahis par la hâte de Nicolas Sarkozy. Eh bien, oui, Messieurs les élus martiniquais, on n’avance pas en reculant. Vous l’avez voulu votre « nous-mêmes » ; le Président de la République Française vous fait plaisir.

Certains élus pensent qu’il précipite les choses. Je dis non. Il nous donne notre « nous même ». Merci Monsieur le Président, il est temps de passer le flambeau et bon vent au premier Président de la collectivité de Martinique. Bon vent aussi pour les prochaines élections présidentielles.

D’ailleurs, chers élus, la population, tout en connaissant vos idées, a continué à vous maintenir au pouvoir…Vous êtes donc légitimes pour l’amener à l’abattoir !

Charles RANO – Le 03 janvier 2011

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Tartempion 06/01/2011 15:45



Question phonétique :


D'après ce qu'on lit là, doit-on toujours prononcer "Martiniquais" ou bien "Martiniqués"
?



Edouard Boulogne 06/01/2011 20:33



Marti.. quoi?



Luc ANDRE 05/01/2011 03:24



Le texte de Charles RANO résume très bien les erreurs, les fautes et les déviances de nos élus sans oublier le comportement du gouvernement et du Président de la République.


Aucun des élus martiniquais n'a semblé prendre conscience des faits qui se déroulent et qui poseront de sérieux problèmes à notre société et à notre économie. Quel élu martiniquais a osé réagir à
l'annonce du départ  très prochain des Forces Armées de terre et de l'air pour s'installer en Guyane !!!


Ce départ programmé ne cache t-il pas une volonté de nos gouvernants?


Merci à Charles Rano d'avoir dit tout haut ce que certains refusent de voir