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Publié par Edouard Boulogne

 

Une grande figure nous quitte : Jean Audebert.



 ( Jean Audebert ).



 

Jean Audebert est mort dimanche dernier à l'âge de 91 ans. Ses obsèques ont été  célébrées, hier en l'église de Saint-Pierre et Saint Paul, devant une assistance nombreuse, et mélangée, typique de la Guadeloupe.

Il fut un camarade de lycée de mon père Albert Boulogne, et leur amitié ne s'est jamais démentie. Je connaissais donc Jean depuis ma jeunesse.

« Monsieur Jean », comme l'appelaient, les employés de ses entreprises, avec un mélange de respect et d'affection, fut un grand chef d'entreprise, un innovateur, en même temps qu'un homme enraciné sur sa terre natale, un traditionaliste, au sens profond de ce terme qui évoque, positivement, la transmission, mais aussi, en un sens autre, le refus des attitudes radicales qui prétendent construire sur l'éradication, le rejet du passé, (« du passé faisons table rase »), ou pire, sur le travestissement de ce passé, la falsification de l'histoire, cette méthode d'amputation d'un pays de certaines de ses composantes, vision partielle et partiale, imprégnée de ce ressentiment qui ruine et détruit.

Jean, ses vieux amis qui ont témoigné de la nature de leur relations, certaines très anciennes, comme le bouleversant témoignage de monsieur Chovino (relation qui remonte à 1933), n'ont pas seulement parlé de son caractère empathique, de sa chaleur humaine, de sa compétence extrème dans la conduite des affaires, notamment à la présidence de la chambre de commerce de Pointe-à-Pitre; ils ont évoqué aussi l'homme de culture.

Et à cet égard, j'ai à dire également, puisque Jean me faisait l'honneur, de m'inviter assez souvent dans son grand bureau de Jarry.

Il aimait y converser de philosophie, et d'histoire.

C'est à ces occasions que j'ai pu vérifier son côté « traditionnel », c'est-à-dire son goût de la transmission, je dirai, à la fois complète, complexe, et apaisée.

Il avait une connaissance très sûre, très complète, et jamais partisanne de l'histoire de la Guadeloupe, notamment de celle du 20è siècle, acquise à la fois par expérience personnelle, par sa relation avec tout ce qui a compté ici, dans tous les milieux, et tous les partis, mais aussi par une relation très profonde avec son propre père, Harold, autre riche personnalité.

J'avais revu, pour la dernière fois notre ami, le 14 avril dernier, à l'occasion de la fête joyeuse qu'il avait organisée à l'occasion de l'anniversaire de ses 70 ans de mariage (noces de platine).

Autour de lui et de son épouse, outre les amis, il y avait aussi, (d'abord!) son frère Joseph, et ses enfants, et petits enfants, (dont plusieurs furent mes élèves en philosophie) où l'on se plaît à retrouver les qualités du « patriarche ». Un patriarche, souriant, dynamique toujours, un socle, une source.

Je leur adresse à tous, mes condoléances, et mes voeux.

Qu'ils se souviennent de cette parole de Goethe (que Jean, à qui je l'avais communiquée, avait reprise dans l'épais volume de généalogie, et de...prospective qu'il avait composé à l'intention des siens, et publié, il y a quelques années, en tirage limité) : « ce que tu as hérité de tes pères, conquiers le, afin de le mériter ».


Edouard Boulogne.


 

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manuela 07/10/2009 16:52


mes sincères condoléances à la famille et surtout au "petit frère" Jean Paul