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Publié par Edouard Boulogne

 

Une grande figure militaire Guadeloupéenne : Le général Lanrezac.

 

General-Lanrezac.jpg

 

 

 

 

( L'article d'Amédée Adélaide, hier, a suscité plusieurs commentaires très intéressants d'un de nos lecteurs sur...le général Lanrezac. Oui, la Guadeloupe et la Martinique ont donné à la patrie des hommes, nombreux et de tous grades. Plusieurs d'entre eux ont joué un rôle important dans la victoire : Le commandant Mortenol – voir l'article le concernant sur Le Scrutateur- le général Emile Ruillier, et Lanrezac lui-même, notamment.

En hommage, nous publions le chapitre le concernant de notre ami Robert Desgranges, dans son utile et excellent ouvrage Qui furent-ils? Guadeloupéens dignes de mémoire.

J'illustre cette page de deux reproductions des titres d'ouvrages, dont j'ai hérité, qui furent consacrés à notre éminent compatriote.

EB).

 

 

 

Charles Louis Marie LANREZAC (1852-1925), général guadeloupéen :

 

Lanrezac-II.jpg

 

 

 

II naît à Pointe-à-Pitre, le 30 juillet 1852. Son aïeul, Auguste, né à Toulouse, était officier, mais s'était établi quincaillier à Basse-Terre, après y avoir épousé la fille d'un négociant de cette ville. Son père, né à Basse-Terre, avait quant à lui épousé une créole du Moule. Il était dans l'Infanterie de Marine (musique) et finira commandant, tandis que son oncle Charles sera plus tard président de la Chambre de Commerce du chef-lieu.

Le jeune Charles suit son père dans ses déplacements, qui le mènent à Cherbourg (capitaine en 1865). Après la mort du père, il est, comme son frère Victor, « enfant de troupe », et entre au Prytanée Militaire de La Flèche. Pour ne pas être trop longtemps à la charge de sa mère, il veut brûler les étapes, et présenter le concours de Saint-Cyr en même temps que son baccalauréat. Ses professeurs veulent l'en dissuader, le trouvant trop jeune. Il se fait alors bannir de La Flèche pour finir son année scolaire au Lycée de Cherbourg, où il passe l'examen de fin d'études avec la mention « Très bien », et est en même temps reçu à Saint-Cyr, 75°sur 250 (après que le général de Gondrecourt, directeur de l'Ecole et cousin de sa mère, lui ait obtenu une dispense d'âge). Ce cousin de cousins entre à 18 ans dans la carrière militaire, quittant Saint-Cyr, sous-lieutenant, en 1870. C'est la guerre, et il ne peut rejoindre son régiment enfermé à Sedan. Il est alors versé à l'Armée de la Loire, où il se conduit fort bien, et termine les hostilités comme lieutenant. L'année suivante, il est rappelé à Paris pour un stage de perfectionnement. Logé chez son oncle maternel, y rencontre une très jeune fille, sa cousine, dont il tombe éperdument amoureux. De retour dans son régiment, il sollicite un congé pour se marier. Son colonel, qui lui veut du bien s'y oppose, et lui demande de choisir entre les galons de capitaine et le congé demandé. Notre jeune lieutenant opte pour le congé. Il se marie en 1873, et ne sera capitaine (à l'ancienneté) qu'en 1875 (à 23 ans, quand même!). En 1877, il entre à l'Ecole de Guerre, qui vient d'être créée. Il la quitte deux ans plus tard, avec encore la mention « Très bien ». Ce brillant résultat aurait du logiquement le faire accéder très vite au grade supérieur, mais il n'en est rien, et il deviendra commandant... à l'ancienneté.

C'est un signe de la carrière de Lanrezac : il dit toujours ce qu'il pense, et cela ne plaît pas souvent à ses supérieurs. En 1891, il est pourtant appelé à professer à l'Ecole de Guerre. Il y restera onze ans, et en sortira colonel, bientôt général. Malgré l'Affaire des Fiches (1904) qui lui aura valu l'hostilité des Loges. Il est affecté en Tunisie, mais aussi à Rennes (sous les ordres de Lyautey qui l'apprécie beaucoup), et dans bien d'autres divisions.

En 1911, il entre au Conseil Supérieur de la Guerre. Lyautey espérait qu'il y ferait merveille, et serait choisi comme chef d'Etat-major, mais c'est Joffre qui l'emporte, après le retrait de Gallieni (qui se juge trop vieux.)..-Lyautey s'en indigne, et se retire lui aussi.

En juin 1914, Lanrezac est appelé par Joffre au commandement de la Vè armée qui doit constituer l'aile gauche des forces françaises, en cas de conflit. Certain que l'armée allemande pénétrerait en Belgique aux premières heures du conflit, il part, en civil, explorer le terrain des possibles opérations. Il en revient assuré que l'offensive aura bien lieu sur la Meuse et la Sambre. Il fait part à Joffre de ses observations, en proposant de décaler son armée vers l'ouest, et en même temps, de renforcer son aile droite. Il n'est pas écouté. Même, on lui enlèvera un corps d'armée (le 18°. transféré à Sedan).

La guerre est déclarée le 28 juillet, et dès le 4 août, tandis qu'on mobilise, l'armée allemande bouscule Belges et Luxembourgeois, avance vers l'ouest, dépassant la Vè armée, comme l'avait prévu Lanrezac. Le GQG français, hélas toujours en retard d'une information, croit encore (bien que le plan Schlieffen lui soit connu depuis 1904) qu'il s'agit seulement là d'une diversion, et que la véritable attaque aura bien lieu à l'est.

L'ordre vient enfin de monter au contact des divisions allemandes. La V°armée se porte vers Charleroi. Elle a en face d'elle trois armées (qui sont bien mieux loties en armement), et le Corps Expéditionnaire Anglais de French ne suit pas. Les Allemands ont déjà attaqué. Les 3° et I0°corps, désobéissant à Lanrezac, se sont lancés à l'assaut et sont décimés. L'ennemi franchit la Sambre, la Meuse. La Vè armée risque d'être tournée et enfermée, l'état-major allemand prévoit déjà sa reddition. Les 20 et 2l août, la situation devient critique, tandis que l'ennemi perce sur tout le front, de la Lorraine à Charleroi, poursuivant son mouvement en tenaille. Les 22 et 23, la bataille fait rage. Lanrezac doit décrocher ; «Seule la France compte. Si la armée est obligée de capituler, la France est perdue !» dit-il. A 3 heures du matin, le 24, il se replie, tandis que les Allemands restent sur leurs positions. Désobéissant aux ordres contradictoires du GQG, il regroupe ses forces devant Guise. Il y remporte la victoire, le 29 août, donnant la possibilité à l'aile gauche de l'Armée française de se regrouper, et de reculer en bon ordre. Tandis que les Allemands restent prudemment dans l'expectative, et dévient de leur axe de déplacement. Ce sera, avant longtemps, la seule victoire remportée par une armée française au nord de la ligne de front qui va bientôt s'établir. Lanrezac reçoit alors l'ordre de se replier sur Laon, où il arrive le 3l après une marche forcée de 50 km. Il y trouve des trains et des autobus, qu'il va aussitôt utiliser pour déplacer ses soldats, et combler le trou béant sur son aile gauche, dégarnie par les Anglais. Il continue sa retraite en bon ordre, et le 3 septembre, il aura ramené son armée, en bon état, derrière la Marne, préparant en cela la bataille victorieuse qui va s'y dérouler un peu plus tard. Mais lui-même n'en sera pas : Joffre, se rendant aux réclamations de French, le destitue et le remplace par Franche! d'Esperey, à la tête de la V°armée.

 

Héros malheureux, il est envoyé à Gallieni, à Paris, puis affecté à Bordeaux., à la formation d'une armée de réserve. Loin du front, où il ne reviendra plus.

En 1920, il va publier un ouvrage où il critique, avec preuves à l'appui, Joffre et son entourage. On ne le lui pardonnera pas non plus : Joffre sera Maréchal, comme Foch, Gallieni, Lyautey, Pétain, et... Franchet d'Esperey.

Il disparaît en 1925, à Paris.

Aucune rue ne lui a encore été consacrée à Pointe-à-Pitre, sa ville natale...

A Basse-Terre, il existe bien une rue Lanrezac dans le quartier de la Rivière des Pères, mais n'honorerait-elle pas plutôt son oncle, qui fut président de la Chambre de Commerce de cette ville, en 1862 ?

 

Robert Desgranges.

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Juan MARTI 08/12/2010 14:04



Le général LANREZAC est un héros, méconnu, même s 'il y été décoré par le ministre de la Guerre en 1924, je crois.
Sans lui, il n' y aurait pas eu la bataille de la Marne conduite avec succés.


Il est temps que l' Histoire  lui rende l 'hommage qu'il mérite, prés d 'un siècle après le début de ce conflit dont nous ne nous sommes jamais vraiment relevés...



Dissident 14/11/2010 14:42



Affaire des Fiches : Eliminer les officiers catholiques de l’armée de toute promotion naturelle, les remplacer par des « républicains » bon teint même incompétents. C’est ainsi que
Joffre, cet incapable anticlérical, devient généralissime et ne fait que des c…Devant la catastrophe, on sorti en hâte des placards les officiers catholiques persécutés en les faisant grimper les
échelons quatre à quatre…in extremis.  


http://www.yves-damecourt.com/blog/index.php?post/2007/11/04/926-laffaire-des-fiches


« La nature des documents est saisissante. Il s’agit de véritables fiches de délation
qui, au mépris de leur « déclaration des droits de l’homme » visaient à persécuter les gens en fonction de leurs opinions politiques et de leurs convictions religieuses, rédigées
généralement en des termes orduriers. »


« Sur les fiches ainsi constituées, on pouvait voir des mentions comme
« VLM » pour « Va à la messe » ou « VLM AL » pour « Va à la messe avec un livre ». »


« Les fiches ne se contentent pas de rapporter uniquement des faits comme en témoignent
les appellations de "clérical cléricalisant", "cléricafard", "cléricanaille", "calotin pur-sang", "jésuitard", "grand avaleur de bon Dieu", "vieille peau fermée à nos idées", "rallié à la
République, n'en porte pas moins un nom à particule". »


« Les fiches rapportent aussi la vie privée ou familiale des officiers : "Suit les
processions en civil", "a assisté à la messe de première communion de sa fille", "Membre de la Société Saint-Vincent-de-Paul", "À ses enfants dans une jésuitière", "Reçoit La Croix chez lui", "A
qualifié les maçons et les républicains de canailles, de voleurs et de traîtres", "richissime", "a une femme très fortunée", "Vit maritalement avec une femme arabe", "A reçu la bénédiction du
pape à son mariage par télégramme". »


« Les fiches sont d'abord centralisées au secrétariat de la rue Cadet (hôtel Murat),
siège du GO, par un nommé Bidegain, sous-chef du secrétariat du Grand Orient de France, chevalier Rose-Croix et ancien séminariste, puis transmises au capitaine Mollin, gendre d'Anatole France et
secrétaire particulier du général André. »


« Le nombre total de fiches était d'environ 19 000. Les officiers sont alors classés
pour la constitution des tableaux d'avancement sur deux listes d'après les renseignements fournis, poétiquement nommées par André Corinthe (les officiers à promouvoir) et Carthage (ceux à écarter
des promotions). »


en savoir plus sur la Wikipédia


 



Dissident 14/11/2010 03:48



http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=549


 


Joffre (1852 - 1931)


La face cachée du «vainqueur
de la Marne»


 


Il n'est pas une ville de France
qui n'ait donné son nom à une artère ou une place.


Polytechnicien et officier du
génie, Joseph Joffre s'illustre dans la prise de Tombouctou le 12 février 1894. Fort de ce seul fait d'armes et bien que n'étant pas passé par l'École de guerre, il est nommé chef d'état-major
général de l'armée française en 1911.


Le gouvernement préfère ce
franc-maçon, laïc bon teint, au général Édouard de Castelnau, autrement plus prestigieux mais qui a le grand tort en cette période de conflit entre l'État et l'Église d'être catholique et
aristocrate (Clemenceau le surnomme le «capucin botté»).


Beaucoup d'autres officiers
d'état-major ont été comme lui retardés dans leur avancement en raison de leurs convictions religieuses au profit
d'officiers moins talentueux mais mieux-pensants. Les conséquences s'en feront cruellement sentir dans les premiers mois de la Grande Guerre. (…)


La faute aux autres


Il se défausse par ailleurs de sa
responsabilité sur ses subordonnés et les soldats eux-mêmes. Dans un télégramme du 23 août au ministre de la guerre, il assure celui-ci que les troupes sont dans la meilleure situation possible
pour contenir et repousser l'ennemi : «La parole est maintenant aux exécutants qui ont à tirer parti de cette supériorité» (*).


Dès le lendemain, quand l'échec ne
peut plus être mis en doute, il en accuse les mêmes exécutants : «Nos corps d'armée, malgré la supériorité numérique qui leur avait été assurée, n'ont pas montré en rase campagne les qualités
offensives que nous avaient fait espérer les succès partiels du début» (*).(…)


Beaucoup de généraux, promus en
fonction de leurs convictions laïques davantage que de leurs compétences - comme le commandant en chef lui-même - méritent ce limogeage. Mais certains, comme le général Lanrezac, paient par là leur clairvoyance et leur opposition à Joffre.


Celui-ci ne s'en tient pas là.
Reprochant aux soldats une désinvolture que les bilans sanglants contredisent absolument, il sévit impitoyablement contre les désertions supposées ou avérées. Plusieurs centaines de soldats sont
ainsi fusillés dans les premiers de la guerre, soit bien plus que pendant les fameuses «mutineries de 1917».


 



Dissident 14/11/2010 00:29




3. 3. La
manœuvre effective



Le 29 août, Lanrezac
décide de renoncer provisoirement à l'offensive sur Saint Quentin et de renforcer le coup d'arrêt sur l'Oise. Pour repousser les Allemands sur Guise, trois axes sont déterminés. (…)



3. 4.
Les résultats



En ce qui concerne
le coup d'arrêt sur l'Oise, la manœuvre est un succès. Le Xe Corps et le Corps de la Garde qui ont
franchi la rivière se sont arrêtés et sont repassées sur la rive nord, ne laissant qu'un simple rideau sur la rive sud. L'élan de la IIe armée allemande est sérieusement
ralenti.


En ce qui concerne
l'offensive sur Saint-Quentin, le mouvement de la Ie armée allemande a été, lui aussi, quelque
peu ralenti. Le groupement Valabrègue qui protège le flanc gauche a subi toute la pression allemande et a été très éprouvé dans la région d'Urvillers. Cependant, les Allemands ont du relâcher leur pression sur le Corps expéditionnaire britannique en pleine retraite et assez malmené. Enfin et surtout, le brutal ralentissement de la
IIe armée allemande incite le général von Kluck, commandant de la Ie armée
allemande à repenser son mouvement stratégique. Au lieu de déborder largement à l'ouest de Paris, qui était la
trajectoire initiale prévue par le Plan Schlieffen, il est obligé de resserrer son dispositif vers l'est
pour recoller à la IIe armée allemande et éviter ainsi, que la Ve armée s'intercale entre lui et le général Karl von Bülow. Cette modification sera essentielle au succès de la bataille de la Marne.


http://wapedia.mobi/fr/Bataille_de_Guise