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Publié par Edouard Boulogne

Les éditions du Signe, publient ces jours-ci une Histoire des îles de la Guadeloupe, prévue en quatre volumes, dont les deux premiers, viennent, opportunément de paraître, à la veille des fêtes de Noël. Le scénariste est notre compatriote René Bélénus, professeur d'histoire, le dessinateur est Jean-Marie Cuzin. ( du moins pour le tome II. ).

 

Le premier volume ( dont le  le scénariste du premier volume, Gérard Richard, est archéologue et  expert de l’ UNESCO en art rupestre) ne manque pas de mérites.

Histoire-des-Isles-de-la-Guadeloupe-tome-II-.jpg

Intitulé Kaloukaera, l'île aux cannibales, il s'attache à l'histoire précolombienne de l'île, de l'an 40.000 avant Jésus-Christ, à l'aube de la colonisation européenne. Le travail est difficile, et conjectural, car la documentation est plus rare, la place à la spéculation plus grande et le résultat plus incertain. L'essentiel du volume étant consacré à la période des Caraïbes ( pour simplifier ), n'en est pas moins riche de renseignements utiles pour celui ignore tout ou presque tout de cette période. Et l'acheteur fera bien de l'acquérir pour ne pas dépareiller l'ensemble du travail de nos historiens.

 

Le second volume est titré L'Île rebelle.

Il s'efforce de parcourir la période qui court de 1630 à 1789. A condition de ne pas oublier qu'il s'agit d'une bande dessinée, qui en 48 pages s'efforce de résumer une période longue et complexe, il faut admettre que le résultat du travail est assez satisfaisant. Le dessin, si l'on ne veut pas chicaner sur certains portraits de certains personnages, qui nous agréent, mais qui prennent, sous la palette du dessinateur, et du coloriste, une allure peu engageante, est de bonne facture.

Je n'entreprendrai pas de résumer, une histoire qu'il faut lire, et qui peut être lue, sinon assimilée, en une heure.

Mais le récit donne à réfléchir, et montre comment le présent est fils du passé, lequel ne peut-être négligé, sauf à s'exposer à commettre, par exemple dans l'action politique, des fautes graves. Non que l'on doive être esclave du passé, mais pour tâcher de mieux agir dans un présent qu'on souhaiterait meilleur, en sachant sur quel sol, parfois miné, on avance.

Je me contenterai ( avec le sourire en coin habituel du scrutateur PSC II ) de quelques images, illustrant les rapports entre la Martinique et la Guadeloupe, ou, en Guadeloupe même, les mêmes rapports conflictuels entre Pointe-à-Pitre et Basse-Terre.

Par exemple, tout le monde sait qu'entre Karukéra, et Madinina, les rapports ont souvent été difficiles.


Le choix par Paris ( le gouvernement royal de l'époque ) de la Martinique pour être le point central et la base d'action coordinatrice de la présence française au sud de l'arc antillais, qui a fait de l'île soeur ( psc ), à de certains moments, la « métropole de la Guadeloupe », est à l'origine de fortes tensions qui n'ont pas toutes disparues au début du XXI ème siècle. Autonomie-par-rapport-a-la-Martinique-.jpg

Chaque fois que la Guadeloupe s'est émancipée de l'île aux fleurs, elle a connu, en cette période ante révolutionnaire, un regain de prospérité, qui n'a pourtant guère duré. 

Rivalite-Gpa-Martinique-.jpg

Mais nous ne serions pas en Guadeloupe, ni en France, si, une fois acquis le fruit d'une revendication « juste », des tensions internes n'étaient intervenues pour en limiter la portée, et les bénéfices.

Ainsi, la fondation de Pointe-à-Pitre, par les Anglais, pendant leur brève occupation de la Guadeloupe, entre 1759 et 1763 ), s'avère très prometteuse pour le commerce, grâce à la position géographique, centrale dans l'île, de la nouvelle ville, et la plus grande sécurité offerte par le plan d'eau où elle est située. Mais se crée alors un conflit larvé entre Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, qui n'avait pas disparu encore à la fin du XX ème siècle. Je rappelais, récemment la reviviscence de cette rivalité, en 1976, au moment de l'éruption de la Soufrière, dans l'article d'hommage à M. Feuillard. 

Rivalite-Basse-Terre-Pointe-a-Pitre-.jpg

Cette bande dessinée va rendre service à ceux trop nombreux qui connaissent mal ou pas du tout l'histoire de leur île. Même si évidemment elle ne saurait dissuader, ( ce devrait même être le contraire ) le recours à des histoires classiques, dont les deux meilleures, à mes yeux, demeurent à ce jour celle d'Auguste Lacour, dont le « défaut » est peut-être, surtout à une époque où l'on lit moins qu'autrefois, son caractère monumental ( quatre volumes épais ) et le fait qu'elle s'interrompt, avec la vie de son auteur à la moitié du XIX ème siècle.

La deuxième histoire que je recommande étant celle de Lucien-René Abenon, Petite Histoire de la Guadeloupe, ( l'Harmattan, 238 pages ).

On attend la suite de la publication de l'Histoire illustrée de la Guadeloupe avec intérêt en souhaitant, qu'honnête et impartiale, ( autant que faire se peut, dans une discipline historique qui n'est pas une « science exacte », mais une science humaine ), elle évite le piège d'une idéologisation redoutable, dans la mesure, où avec la révolution française, nous entrons dans l'ère des idéolologies, sectaires, et meurtrières.

 

 

Le Scrutateur. 

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