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Publié par Edouard Boulogne

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Il me vient une interrogation soudaine à propos de ces primaires socialistes, pompeusement et improprement désignées par la presse-perroquet sous le vocable de "primaires citoyennes", en faisant usage d'un nom à fin d'adjectif, ce qui traduit déjà une petite confusion dans le discours, mais ce n'est qu'un détail (s'il est permis d'employer ce mot que Le Pen a rendu si sulfureux - décidément, le langage est source de bien des malentendus). Pour revenir à ces primaires épithétées "citoyennes"- et que personne ne s'offusque de ce néologisme empreint de bravitude -, eh bien, justement ! à propos du caractère prétendument "citoyen" de ces primaires privées (en tout cas internes au Parti socialiste et à ceux qui ont bien voulu s'associer à sa démarche de désignation de son candidat), quid de la parité ?
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Car si la discipline socialistes était appliquée - c'est-à-dire s'il y avait conformité entre les principes, les projets, les discours, et les actes - il aurait dû y avoir parité dans les candidatures aux primaires, c'est-à-dire que deux candidats de sexe masculin auraient dû être refusés pour mettre à parité deux hommes et deux femmes, ou alors, pour six candidats, décliner la présence d'un homme en exigeant qu'il soit remplacé par une troisième femme dans ces primaires si... citoyennes. Comment, en effet, peut-on se montrer attaché - et surtout aussi attaché que l'est le Parti socialiste - à un principe et ne pas l'appliquer alors que l'on se donne précisément en spectacle - spectacle facultatif, qui plus est - devant tous les Français ? Evidemment, la théorie du "gender" autorise à considérer que la parité biologique n'a rien à voir avec la parité de fait, mais aucune "transparence" - autre principe de base de la fébrilité "citoyenne" des courants socialistes ou socialisants -  n'a été révélée ni observée sur cette question pour l'instant, et ce sont bien quatre hommes qui affrontent deux femmes (pour utiliser l'un de ces raccourcis qu'affectionnent tant nos politiques) au cours de ces primaires. À l'avenir, le "gender" sera peut-être une planche de salut pour tous ceux qui auront du mal à se conformer au principe pourtant constitutionnel ou presque de la parité, mais en attendant aucune forme d'aménagement de la parité n'a été explicitée à la lumière de cette avancée pédagogique (qui figure désormais dans les livres de classe). Nous devons donc nous interroger sur l'éventuelle irrecevabilité des primaires socialistes pour vice de forme et peut-être même de fond, puisque nous sommes obligés de nous contenter de l'impitoyable constat que les socialistes ont enfreint - dans ces primaires pourtant dites "citoyennes" - un principe qu'ils affirment de plus en plus comme un préalable "citoyen": la parité. Cela fait mauvais genre, non ? 

André Derviche
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