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Publié par Edouard Boulogne

 

 

 

 

a.Tocqueville-.jpg ( Alexis de Tocqueville ).

 

 

 

 

Alexis de Tocqueville fut un des plus grands penseurs politiques du XIX ème siècle. Né en 1805, à Paris, d'une grande famille aristocratique, il fut de ceux qui refusèrent de se crisper quant à la question du régime politique en France, après la révolution. Il ne fut jamais un « ultra ».

Il fut ministre sous la monarchie de Juillet ( Louis-Philippe ), et même sous la seconde république, pendant la période ( 1848 à 1851 ) où Louis-Napoléon Bonaparte fut Président ( avant de fonder le second empire, après le coup d'Etat du 2 décembre 1851. Mais là, Tocqueville ne le suivit pas).

Mais c'est comme écrivain, comme philosophe politique qu'il est passé à la postérité.

Après une période d'ensevelissement ( où sa pensée, jugée politiquement incorrecte par la troisième république, fut carrément censurée ) il a resurgi dans le monde intellectuel des années 1950 et 1960, grâce aux efforts de grands maîtres, comme Raymond Aron, Julien Freünd, ou Pierre Manent.

Son oeuvre capitale demeure De la démocratie en Amérique.

J'avais lu, en 1984, la très belle biographie que lui avait consacrée l'historien André Jardin ( Alexis de Tocqueville, 1805-1859.Editions Hachette).

Je l'ai relue, en diagonales, ces jours-ci. André Jardin cite de très beaux extraits de la correspondance de Tocqueville.

En voici un, qui concerne l'Islam, un sujet d'actualité en ces années du début du XXI ème siècle. C'est intéressant.

 

« J'ai beaucoup étudié le Coran à cause surtout de notre position vis-à-vis des populations musulmanes en Algérie et dans tout l'Orient. Je vous avoue que je suis sorti de cette étude avec la conviction qu'il y avait dans le monde, à tout prendre, peu de religions aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet. Elle est, à mon sens, la principale cause de la décadence aujourd'hui si visible du monde musulman ( en 1840. Note du scrutateur); et, quoique moins absurde que le polythéisme antique, ses tendances sociales et politiques étant, à mon avis, infiniment plus à redouter, je la regarde relativement au paganisme lui-même comme une décadence plutôt que comme un progrès . »

 

Cette riche biographie ne traite pas seulement des grands évènements, et des grandes thèses philosophico-politiques d'Alexis.

Elle se penche aussi, sur l'homme, l'individu, l'aristocrate, qui a beau vouloir, en « réaliste » penser objectivement son époque, laisse échapper, au spectacle du cours des évènements , une plainte douloureuse, pleine de nostalgie.

Dominant son milieu d'origine, par une intelligence fulgurante, et une volonté de regarder en face le monde tel qu'il est ( il y eut quelque chose de cela, aussi chez Charles de Gaulle), il écrit en 1858, un an avant sa mort, à son neveu Hubert :

 

«  Nous ne serons point remplacés, je me le dis souvent avec tristesse. Nous faisons partie...d'un monde qui s'en va. Une vieille famille, dans une vieille demeure de ses pères, encore entourée d'un respect traditionnel et environnée de souvenirs chers à elle et à la population qui l'environne, ce sont là des débris d'une société qui tombe en poudre et qui bientôt ne laissera point de traces. Heureux ceux qui peuvent lier dans leurs pensées le passé, le présent et l'avenir! Ce bonheur n'appartient à aucun Français de nos jours et peu déjà peuvent le comprendre ».

 

Ce ton se trouvait déjà dans Les mémoires d'outre-tombe, de Chateaubriand.

Et, revoyant, l'autre soir, l'admirable film Le souper, interprété par Claude Rich et Claude Brasseur, qui met en scène Talleyrand et Fouché, tachant de sauver ce qui peut l'être de la France, en 1815, après la débâcle de Waterloo, quand Russes et Britanniques, Prussiens et autrichiens occupent Paris, occupé, vaincu, martyrisé, j'ai trouvé que Claude Rich, interprète du « diable boiteux », avait su trouver le secret de ce vieux cynique ( certes infiniment moins respectable que Tocqueville sur le plan moral ) : une acceptation désabusée, mais lourde de tristesse, d'un cours des choses, inévitable à ses yeux, mais tellement méprisable, au moins sur le plan de l'esthétique : «  Qui n'a pas connu, les dernières années de l'ancien régime, ne comprendra jamais ce que peut signifier cette expression « la douceur de vivre ».

 

Edouard Boulogne.

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Aybondieu 08/11/2011 19:54



Bien dit, M. Houël.


Tini bitin, mé tini bagay. É yo pa pon frè ni sè.


En occident où elle se trouve malheureusement, c'est Mme Taubira.


Au barbaristan dont elle rêve, c'est t'obéira inchallah !



Claude HOUËL 08/11/2011 17:23



Le Monde et Courrier international découvrent l'esclavage en pays musulman ?


En d'autres temps Mme Taubira serait montée au créneau pour défendre le "seul" esclavage dont il faut parler.


Mais que fait Mme Taubira pour les esclaves du 21 éme siècle ?


Mais qu'attendent Sarko et BHL pour armer les esclaves et les aider à se libérer ?


Vivement le printemps des esclaves...



Candide 08/11/2011 16:44



http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/07/01003-20111107ARTFIG00670-nucleaire-l-aiea-publie-ses-preuves-contre-teheran.php


" ... Moscou et Pékin se sont directement adressés au patron de l'AIEA, Yukiya Amano, pour l'exhorter à ne pas rendre publics certains détails ... "



Ali Mentèr 08/11/2011 15:37



DE L'ESCLAVAGE EN ISLAM ET EN AFRIQUE


http://www.courrierinternational.com/article/2009/11/19/l-esclavage-a-la-peau-dure


http://www.monde-diplomatique.fr/1998/11/DADDAH/11266