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Publié par Edouard Boulogne

Guadeloupe 1ère : "Jenn ki an lari-la".

 

Pawol-an-nou-21-02-2011-021.JPG

 

 

 

J'ai assez souvent critiqué RFO pour ses émissions maladroites, ou orientées idéologiquement ( et justement je crois) pour dire mon approbation après l'émission d'hier soir, dans le cadre de l'émission Pawol an nou ( notre parole ) intitulé " Jenn ki an lari-la" ( Ces jeunes qui sont dans la rue). Il s'agissait, sous la direction de l'animateur Emmanuel Gombo de mettre en scène,et de faire se "confesser" des jeunes en deshérence, en grande difficulté.

Premier aspect positif, l'idéologie, pour une fois, a été absente ( ou presque). L'animateur, sobre, a tenté de faire dans le concret, de montrer plus que de démontrer selon les schémas idéologiques habituels.

Les jeunes ( 6 ou 7) en difficulté, sociale et humaine parfois grandes, ont évité de se présenter trop en victimes.

S'exprimant en Français ou en créole, certains alternativement dans les deux langues, ils n'ont pas donné dans le pathétique. l'un d'eux parlait, en accord avec la station, et pour des raisons compréhensibles, masqué.

Pas de prétendues solutions prétendûment infaillibles à la fin de l'heure, surtout avec de tels acteurs, aux problèmes importants et graves qui se posent à nous en ce moment.

Personne n'en attendait tant, et l'émission y a gagné en crédibilité.

Nous retiendrons principalement que pour ces jeunes gens : 

 

  • Il ne faut pas rendre l'Etat responsable de tout ce qui ne va pas, et que certains jeunes ont leur part de responsabilité dans leurs dérives, s'abandonnant parfois à la facilité du vol, et d'actes de délinquance dans une société qui privilégie le clinquant sur les valeurs authentiques.
  • Que toutefois les dispositifs sociaux prévus par la loi dans le cadre de l'aide sociale, s'ils existent bien, sont rendus souvent difficilement applicables par les complications administratives, et le manque de disponibilité des personnes chargées de l'accueil.
  • Que les patrons ( ces jeunes gens n'ont jamais parlé du patronat, terme abstrait, à forte connotation idéologique, et qui utilisé par certains syndicats extrémistes, désigne habituellement une catégorie de patrons , en particulier, qui ne semblaient pas particulièrement visés par les locuteurs d'hier), que les patrons donc, se montrent plus comme des exploiteurs égoïstes que comme des patrons ( même racine linguistique que "père"). Pawol-an-nou-21-02-2011-017.JPG
  • Une jeune femme qui assume courageusement ses difficultés, augmentées par le fait qu'elle est mère de deux enfants, a précisé, avec dégoût, que l'obtention de certains emplois étaient subordonnés à l'acceptation de certaines conditions peu glorieuses ( coucher avec...).
  • D'autres ont insisté sur les carences de la famille, et le manque d'affection et d'amour au sein de trop d'entre elles. Une famille a dit un jeune garçon c'est d'abord cela : parler, échanger, conseiller, sans autoritarisme. Pawol-an-nou-21-02-2011-024.JPGCe n'est pas seulement  donner à manger, ou donner des cadeaux, de beaux vêtements. Ce garçon, qui s'exprimait en créole, et malgré sa condition précaire, faisait montre d'une réelle intelligence, et d'une certaine capacité d'analyse. Il espère, sa situation s'améliorant présentement, pouvoir reprendre des études. Il a parlé de ses rêves. 

 

Simple émission de paroles diront les pessimistes. Et certes, il ne faut pas prendre ce genre d'émission pour un centre de décisions de gens  très informés et dotés de pouvoirs de décision.

Mais un moment assez positif, pourtant, en tant qu'il a montré des personnages concrets de la crise en cours, autrement que sous la forme de délinquants primaires, définitivement enfermés dans l'image que l'on se fait d'eux au vu des images dramatiques véhiculées habituellement par les médias.

Y avait-il des responsables politiques et économiques, à l'écoute sincère de leur propos? A la veille d'élections cantonales, ce serait pour eux un bon sujet de réflexion, loin du baratin politicien habituel. 

Je serai tenté de dire : " ce serait trop beau". Mais il ne faut jamais désespérer, c'est la devise de M. de Charette, et du scrutateur.

Comme disait avec force la jeune femme de l'émission, " pour s'en sortir, il ne faut pas pleurer, se plaindre, reprocher aux autres de ne pas faire pour nous, ce que nous même nous ne faisons pas. Il faut de la volonté, il faut se battre".

 

Edouard Boulogne.

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