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Publié par Edouard Boulogne

Sociologie du vote oui du 24 janvier...

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Voyons un peu à quels profils correspond le vote ouiste du 24 janvier :

A. 1° catégorie : les durs.

Ce sont les indépendantistes, autonomistes et soixante-quatorzistes de toute obédience. Ceux-là sont des ouistes confirmés, et ils le sont d'autant plus qu'ils ont déjà pris position pour le oui dès le 10 janvier. En 2003, ils avaient déjà majoritairement voté OUI.

(Autrement dit : on prend les mêmes et on recommence, si les alliances arrivent à encore à peser quelque chose.)

B. 2° catégorie : les malins.

Ils ont pris le contre-pied des indépendantistes et "souverainistes" les plus voyants, de manière à provoquer leur sortie de route. En résumé, ils ont tiré les bonnes ficelles pour éliminer une concurrence d'autant plus dangereuse pour eux que leurs objectifs sont très voisins. Ils ne sont d'ailleurs pas moins durs que les durs : ils sont seulement capables de plus de souplesse.

Comme par hasard, alors qu'ils se sont farouchement opposés au sujet du 10 janvier, les voici klaxonnant le même oui que leurs concurrents (provisoirement) disqualifiés, chacun sur le registre le plus angélique possible.

Leur habileté stratégique leur confère un avantage certain pour détenir TOUS LES LEVIERS d'une "collectivité territoriale" aux contours encore flous, mais qui sera taillée à la mesure de la force politique qu'ils auront su faire valoir et de la capacité de nuisance qu'ils sauront incarner.

(Autrement dit : on reprend les mêmes thèmes avec une force politique, qui, cette fois, pourra s'imposer par-dessus la mêlée en avançant masquée.)

C. Troisième catégorie : les ababas. Ceux qui n'ont pas vraiment compris la nature du problème.

Il est à noter qu'à l'inverse des deux premières catégories réservées aux pilotes, les ababas sont la première catégorie des ouistes que l'on doit classer parmi les passagers, au même titre que toutes les catégories à venir.

Il est également à noter que tous les ouistes ne sont pas des ababas, mais que tous les ababas en sont.

D. Quatrième catégorie : les "sulon".

a) 1° sous-catégorie : les pragmatiques. Ceux qui se croient intelligents. 

b) 2° sous-catégorie : les dynamiques. Ceux qui se veulent entreprenants.

c) 3° sous-catégorie : les sournois. Ceux qui ne disent pas plus ce qu'ils pensent qu'ils ne pensent ce qu'ils disent.

Il faut rappeler que les "sulon" sont, au même titre que les ababas des passagers. Évidemment, certains d'entre eux pensent pouvoir voyager en première classe, parce qu'ils connaissent des pilotes ou parce qu'ils sont prêts à payer un petit supplément... 

Il faut aussi rappeler que les "sulon" sont parfaitement conscients que les pilotes sont les seuls maîtres à bord. Certains d'entre eux craignant la colère des pilotes deviennent d'autant plus des zélateurs du oui qu'ils mesurent parfaitement la capacité de nuisance de l'élu local vexé, contrarié ou qui vit la réalité comme un trouble de jouissance qui appelle vengeance.

Ceci nous montre bien qu'en matière d'autonomie et de pouvoir local, la décentralisation a déjà fait tout ce qu'il faut pour que les institutions départementales soient de véritables potentats.

Enfin, on ne saurait clore cette "sociologie du oui du 24 janvier" sans rendre un hommage appuyé à Madame Anne-marie Le Pourhiet, Professeur de droit constitutionnel, pour la clarté avec laquelle elle a essayé d'ouvrir les yeux des Martinquais et des Guyanais sur une imposture, et, par-delà cette imposture, sur ce qu'il faut bien appeler des imposteurs.

Rappelons également que le Président de la République a laissé à chacun la latitude de se prononcer pour le non, ce qui n'est pas le cas des ouistes de tout bord.

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vive 17/01/2010 03:27



Amis, Nous ne savons pas dutout ce qui sera dans la loi organique qui gerera la “collectivité unique” si par malheur le oui l’emportait le 24. De plus, ceux qui disaient de voter NON le 10 pour
cette raison nous invitent à voter oui le 24, alors que le problème reste le même que celui du 10 à savoir qu’on nous demande de voter pour une enveloppe vide qui sera remplie, après notre vote,
par le parlement et nos zélus locaux. Cette consultation du 24 ressemble à un clone de celle du 10.
Pourquoi ne nous donne-t-on pas un texte dans lequel serait stipulé clairement TOUTES les compétences et RIEN QUE LES compétences, qui seraient dévolues à cette nouvelle “collectivité”?
N’avons nous pas le droit de savoir avec précision pour quoi nous votons?
Sommes nous les seuls (idiots) de la République à devoir voter pour un sac vide?
Pour quelle raison et en vertue de quel principe devons nous être précipités vers la SORTIE du “DROIT COMMUN”?
Cette question est-elle posée à un département métropolitain?
Pourquoi ne pouvons nous pas attendre la réforme Balladur comme tous les autres?
Si nous voulons rester dans le droit commun nous devons impérativement voter massivement NON le 24 aussi, si non, notre NON massif du 10 aura été un coup pour rien, et Letchimy qui veut, sans
s’en cacher, nous conduire à l’autonomie puis l’indépendance aura gagné ainsi que les autres zélus.
Si tous les séparatistes, autonomistes etc… qui nous ont demandé de voter oui le 10 nous demandent de voter oui le 24 c’est qu’ils ont quelque chose à y gagner mais certainement pas nous!!
Attention danger!! Nous avons déjoué le 1er piège, ne tombons surtout pas dans le 2em.
NON le 24.



Lucien Chambon-Laplace 16/01/2010 12:43


Si j'ai bien compris, il y a les pilotes, qui savent où ils vont (direction Bibiland) et les passagers, Ababas, Pragmatiques, Dybamiques et Sournois - tous passagers - qui constitueraient une sorte
de syndicat de nigauds marchant la mano en la mano avec leurs "bergers"...
J'en retiens également que si tous les ouiste ne sont pas des Ababas, tous les Ababas sont ouistes.
Enfin, cette "sociologie" semble oublier une dernière catégorie de sulon : les Sponsors. A la fois Sournois, Dynamiques et Pragmatiques, ils jouent sciemment contre la clarté du débat car ils ont
déjà compris quel parti ils pourraient tirer d'un désordre dont on ne saurait les sopupçonner d'être des sympathisants actifs. Passagers certees, ils n'entendent pas voyager dans l'entrepont, et
ont pour devise : "Premiers servis". Ah ! les sponsors ! Tous les mêmes ! Leur soutien est rarement désintéressé.