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Publié par Edouard Boulogne

 

L'idéologie de la "diversité".

( Dans son n° 108, été 2008, la revue Catholica [ voir nos liens permanents ] publie un excellent article de M. Gilles Dumont, Professeur de droit public à l'université de Nantes. La lecture de ce texte dense demande un certain effort d'attention. Mais l'effort, croyons-nous, sera payé de retour. Sous l'appellation à première vue attrayante et généreuse de "diversité", quotidiennement répétée, et martelée sur tous les médias ( qui préfère, en effet, de prime abord l'uniformité et la monotonie? Mais les mots peuvent être trompeurs ), se cache en effet une idéologie équivoque, dangereuse, et peut-être mortelle. Le Scrutateur fait confiance à ses lecteurs ( 342 lecteurs uniques par jour en ce dernier mois de septembre)  quelle que soit d'abord leur opinion sur le sujet, pour en faire une ( ou plusieurs ) lecture attentive. Les passages soulignés l'ont été par nos soins). EB

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Nu­mé­ro 108 : Le grand mar­ché de la di­ver­si­té.

Gilles Du­mont

Ar­ticle pu­blié le 5 juil 2010 | imprimer ce texte im­pri­mer ce texte

 

La frag­men­ta­tion so­ciale est dé­sor­mais pour­sui­vie comme un nou­vel idéal col­lec­tif, im­pli­quant la désar­ti­cu­la­tion des iden­ti­tés for­mées par l’His­toire et la pro­mo­tion ar­ti­fi­cielle de « cultures » créées de toutes pièces. Ce pro­jet, qui suit la lo­gique de l’or­ga­ni­sa­tion de la concur­rence, est an­ti­no­mique du bien com­mun.

La « di­ver­si­té » est de­ve­nue la va­leur fon­da­men­tale des so­cié­tés li­bé­rales dites avan­cées. Il est éton­nant que ceux qui en font un im­pé­ra­tif ca­té­go­rique s’in­quiètent, ou feignent de s’in­quié­ter de la dé­li­ques­cence du lien so­cial ou de la perte de clar­té de « l’iden­ti­té na­tio­nale ». Cette si­tua­tion n’est pour­tant pa­ra­doxale qu’en ap­pa­rence. En effet la frag­men­ta­tion so­ciale, cultu­relle et po­li­tique, cause ou consé­quence de cette va­lo­ri­sa­tion de la di­ver­si­té, ne tra­duit pas le dé­pas­se­ment de la mo­der­ni­té ou son constat d’échec, mais bien plu­tôt l’une des formes de son pro­jet ini­tial. Cette re­con­nais­sance de la plu­ra­li­té des iden­ti­tés vraies ou fa­bri­quées remet en cause le ca­rac­tère uni­for­mi­sa­teur et ar­ti­fi­ciel de la ci­toyen­ne­té mo­derne, dans des pro­por­tions qui res­tent ce­pen­dant très va­riables et par­fois ré­ver­sibles : la mise en avant de la laïcité « po­si­tive », par exemple, qui pré­tend pro­mou­voir et ré­gu­ler la di­ver­si­té re­li­gieuse, n’em­pêche pas le main­tien, voire l’ac­cen­tua­tion de la laïcité de com­bat. Le trai­te­ment spé­ci­fique que cette der­nière ré­serve au chris­tia­nisme re­lève ce­pen­dant d’une autre lo­gique.

* * *

La re­con­nais­sance d’une « ci­toyen­ne­té mul­ti­cul­tu­relle » a pour point de dé­part la prise de conscience de « l’ano­ma­lie » que consti­tue le fait que les so­cié­tés contem­po­raines se­raient ob­jec­ti­ve­ment mul­ti­cul­tu­relles mais ne se pensent pas po­li­ti­que­ment comme telles, alors même que culture et po­li­tique sont étroi­te­ment liées (W. Kym­li­cka, La ci­toyen­ne­té mul­ti­cul­tu­relle. Une théo­rie li­bé­rale du droit des mi­no­ri­tés, La Dé­cou­verte, 2001). Selon les pro­mo­teurs de cette évo­lu­tion, il fau­drait donc in­té­grer di­rec­te­ment les dif­fé­rences dans la sphère po­li­tique, pour leur double contri­bu­tion à la ci­toyen­ne­té « com­mune ».
Les mi­no­ri­tés cultu­relles, fon­dées sur le prin­cipe de l’au­to­dé­ter­mi­na­tion, doivent, dit-​on, se voir re­con­naître un rôle spé­ci­fique dans la for­ma­tion de l’iden­ti­té po­li­tique des ci­toyens ; cela si­gni­fie que les in­di­vi­dus ne de­viennent vé­ri­ta­ble­ment ci­toyens qu’à par­tir du mo­ment où ils sont, au préa­lable, dé­fi­nis par une « ci­toyen­ne­té » par­tielle re­con­nue dans la sphère pu­blique. Ces mêmes mi­no­ri­tés, ou iden­ti­tés par­ti­cu­lières, par­ti­cipent à ce titre à la for­ma­tion po­li­tique des in­di­vi­dus : elles ne doivent donc pas être to­lé­rées mais pro­mues au centre de l’es­pace po­li­tique qui, en leur ab­sence, res­te­rait un lieu vide sou­mis aux forces cen­tri­fuges in­sai­sis­sables que consti­tuent les dif­fé­rences stric­te­ment in­di­vi­duelles.
Les mul­ti­cul­tu­ra­listes pré­fèrent les sé­ries ins­ti­tuées. Ils ne pré­tendent d’ailleurs pas nier l’uti­li­té et la pos­si­bi­li­té d’une ci­toyen­ne­té com­mune ; au contraire, celle-​​ci se­rait une qua­li­té ju­ri­dique, fon­dée pré­ci­sé­ment sur l’in­té­gra­tion des dif­fé­rences cultu­relles, conçues comme un en­ri­chis­se­ment. La ci­toyen­ne­té mul­ti­cul­tu­relle est alors la construc­tion, in­té­rio­ri­sée par chaque membre de la col­lec­ti­vi­té, de la di­ver­si­té cultu­relle : de la même façon que chaque « culture », à l’in­té­rieur du mul­ti­cul­tu­ra­lisme, peut fon­der des « ci­toyen­ne­tés » par­tielles, la « culture mul­ti­cul­tu­relle », c’est-​à-​dire l’ac­cep­ta­tion de la co­exis­tence tran­sac­tion­nelle des dif­fé­rences, peut seule per­mettre de fon­der une mai­son com­mune. W. Kym­li­cka se ré­jouit par avance de cette ap­par­te­nance com­mune fon­dée sur sa propre né­ga­tion : « Si les ci­toyens s’iden­ti­fient déjà dans une cer­taine me­sure aux autres groupes eth­niques ou na­tio­naux, ils trou­ve­ront ef­fec­ti­ve­ment que le pro­jet de pré­ser­ver cette di­ver­si­té pro­fonde est en­thou­sias­mant et sti­mu­lant » (op. cit., p. 269).
On le com­prend, la ci­toyen­ne­té mul­ti­cul­tu­relle re­pose fon­da­men­ta­le­ment et né­ces­sai­re­ment sur le re­la­ti­visme. Or un tel re­la­ti­visme consti­tue de façon pa­ra­doxale une ma­ni­fes­ta­tion de « l’im­pé­ria­lisme cultu­rel » qu’il pré­tend com­battre, puis­qu’il sup­pose une pos­ture à par­tir de la­quelle les iden­ti­tés cultu­relles sont dé­fi­nies comme va­lo­ri­sables (A. Caillé, Ph. Cha­nial, Post­face à Fran­ces­co Fis­tet­ti, Théo­ries du mul­ti­cul­tu­ra­lisme, La Dé­cou­verte, 2009, pp. 181 ss.). Consi­dé­rer tous les in­di­vi­dus, in­sé­rés dans des cultures par­ti­cu­lières, comme ayant des droits égaux à la re­con­nais­sance de leur spé­ci­fi­ci­té est en effet dé­va­lo­ri­sant pour ceux qui en sont l’objet, re­con­nus comme mi­no­ri­taires par l’iden­ti­té do­mi­nante, selon les propres règles de celle-​​ci. Ce qui fait dire à Charles Tay­lor qu’il s’agit d’un « acte de condes­cen­dance stu­pé­fiant » (C. Tay­lor, Mul­ti­cul­tu­ra­lisme. Dif­fé­rence et dé­mo­cra­tie, Au­bier, 1994, p. 95).
Cette ci­toyen­ne­té mul­ti­cul­tu­relle est, en outre, ca­rac­té­ri­sée par sa va­cui­té, que ses dé­fen­seurs as­sument plei­ne­ment. Ainsi, W. Kym­li­cka, po­sant la ques­tion de sa­voir s’il existe des « bases pos­sibles de l’unité dans un Etat mul­ti­na­tio­nal qui af­firme, plus qu’il les nie, ses dif­fé­rences na­tio­nales », ré­pon­dait lui-​même ne pas avoir de ré­ponse claire à cette ques­tion, et « doute[r] même qu’il y ait une telle ré­ponse » (op. cit., p. 263). La rai­son en est simple : c’est son écla­te­ment qui consti­tue la rai­son d’être et le fon­de­ment du main­tien de « l’unité » de la ci­toyen­ne­té ; les « mi­no­ri­tés » cultu­relles sont de ma­nière égale as­su­rées d’un trai­te­ment dif­fé­ren­cié. Mou­rir pour la Pa­trie de­vient mou­rir pour la dif­fé­rence : tel est le cri de rap­pel de la nou­velle « cité » mul­ti­cul­tu­relle. Et le trai­te­ment dif­fé­ren­cié des droits que sup­pose la ci­toyen­ne­té mul­ti­cul­tu­relle consti­tue un ob­jec­tif, ainsi ap­pe­lé non pas à s’es­tom­per mais à s’ap­pro­fon­dir. L’ap­par­te­nance com­mune est donc fon­dée sur la ga­ran­tie de droits pour les groupes et les in­di­vi­dus, pro­té­gés les uns des autres et contre l’ap­pa­reil d’Etat, la seule condi­tion de cette pro­tec­tion étant l’ac­cep­ta­tion de l’ordre ju­ri­dique et po­li­tique qui en offre la ga­ran­tie, ainsi que des prin­cipes com­muns qui ne sont autres que ceux du re­la­ti­visme.

* * *

Le mul­ti­cul­tu­ra­lisme est donc, dans sa concep­tion même, par­fai­te­ment com­pa­tible avec le li­bé­ra­lisme. Plus en­core, il est en adé­qua­tion avec sa ver­sion tar­dive, c’est-​à-​dire la guerre éco­no­mique pous­sée à son pa­roxysme. L’égale concur­rence n’est en effet rien d’autre que l’éga­li­té des armes : il s’agit de per­mettre aux dif­fé­rents in­ter­ve­nants éco­no­miques, et dé­sor­mais aussi aux « opé­ra­teurs » cultu­rels et so­ciaux, de pou­voir s’entre-​​dé­chi­rer pai­si­ble­ment et in­dé­fi­ni­ment, jusqu’à l’épui­se­ment puisque, en théo­rie, dotés d’armes iden­tiques. Ce se­rait man­quer l’objet même de ces évo­lu­tions que de consi­dé­rer qu’il y a, dans la « po­li­tique » menée par les ins­tances char­gées d’ins­tau­rer la di­ver­si­té (en France, la Halde – Haute au­to­ri­té de lutte contre les dis­cri­mi­na­tions et pour l’éga­li­té ; ailleurs, les ins­ti­tu­tions et ju­ri­dic­tions du Conseil de l’Eu­rope ou de l’Union eu­ro­péenne, etc.), une vo­lon­té di­recte de dé­mo­li­tion de toute culture tra­di­tion­nelle propre. L’ob­jec­tif n’est pas là, dans le prin­cipe du moins, pas plus que les pro­cé­dures sui­vies. Il s’agit seule­ment d’ap­pli­quer les règles élé­men­taires de la concur­rence, et de les co­di­fier en droit, à toute ac­ti­vi­té hu­maine, l’im­pé­ra­tif concur­ren­tiel étant bien alors de na­ture idéo­lo­gique. Or­cer­tains des « opé­ra­teurs » cultu­rels, so­ciaux, re­li­gieux, étaient an­té­rieu­re­ment en si­tua­tion de mo­no­pole de fait, voire de droit (l’or­tho­doxie en Grèce, par exemple). Il im­porte donc, comme dans le do­maine éco­no­mique, que le mar­ché sur le­quel ils exercent leur ac­ti­vi­té soit ou­vert à la concur­rence, et qu’aucun d’entre eux ne puisse faire un usage abu­sif de la po­si­tion do­mi­nante dont il conti­nue­rait à dis­po­ser. Or il est évident, par exemple, que l’em­preinte cultu­relle du chris­tia­nisme, à dé­faut de l’adhé­sion re­li­gieuse, est en­core do­mi­nante en Eu­rope. Les me­sures de type dis­cri­mi­na­toire ou les trai­te­ments de fa­veur dont dis­posent d’autres groupes re­li­gieux et cultu­rels, sont ainsi la consé­quence d’un dis­po­si­tif que le droit éco­no­mique qua­li­fie de ré­gu­la­tion asy­mé­trique : un « opé­ra­teur » consi­dé­ré comme do­mi­nant, pour des rai­sons struc­tu­relles ou his­to­riques, peut se voir im­po­ser un trai­te­ment dé­fa­vo­rable, le temps né­ces­saire à ce que les autres « opé­ra­teurs », éven­tuel­le­ment créés ou mis en avant de toute pièce, bé­né­fi­cient d’une puis­sance équi­va­lente à la sienne. Na­tu­rel­le­ment, on peut dans ce cadre as­sis­ter à une sorte de re­cy­clage mé­tho­do­lo­gique ; par exemple, la lutte contre toute ma­ni­fes­ta­tion pu­blique du chris­tia­nisme, an­té­rieu­re­ment menée sous la ban­nière d’une re­li­gion ci­vile de sub­sti­tu­tion, dé­sor­mais épui­sée, per­dure sous la forme d’un trai­te­ment dif­fé­ren­tiel, spé­ci­fi­que­ment dé­fa­vo­rable, théo­ri­que­ment des­ti­né à éta­blir un équi­libre avec les formes re­li­gieuses ou « phi­lo­so­phiques » consi­dé­rées comme mi­no­ri­taires.

On pour­rait ob­jec­ter que la mé­ta­phore concur­ren­tielle est dis­pro­por­tion­née, et qu’il n’en va pas tout à fait ainsi. Le dé­ve­lop­pe­ment, et la ré­cente im­por­ta­tion en France, des post­co­lo­nial stu­dies, qui visent à pen­ser les rap­ports entre cultures en termes de ré­pa­ra­tion ou de com­pen­sa­tion, est pour­tant une bonne illus­tra­tion de cette évo­lu­tion : il s’agit bien de pré­tendre re­pla­cer sur un pied d’éga­li­té des cultures (des re­li­gions, des « orien­ta­tions » so­ciales, sexuelles, etc.) qui, en rai­son de cir­cons­tances his­to­riques, au­raient été en si­tua­tion d’in­égale concur­rence. Il n’est pas in­dif­fé­rent que les pour­fen­deurs de ces théo­ries soient aussi, à quelques si­gni­fi­ca­tives ex­cep­tions près (par exemple Jean-​Fran­çois Bayart, Les études post­co­lo­niales. Un car­na­val aca­dé­mique, Kar­tha­la, jan­vier 2010), des dé­fen­seurs du ré­pu­bli­ca­nisme fi­nis­sant : car c’est bien là que se trouve l’un des noeuds es­sen­tiels du débat.
La pro­mo­tion de la di­ver­si­té sup­pose, en effet, une pro­fonde évo­lu­tion du rôle de l’Etat, non seule­ment en ma­tière éco­no­mique (l’aban­don de l’in­ter­ven­tion­nisme, au pro­fit de la sur­veillance de la ré­gu­la­ri­té de la com­pé­ti­tion), mais aussi en ma­tière so­ciale, cultu­relle et re­li­gieuse. Pen­dant plus de deux siècles l’Etat mo­derne s’est voulu ins­ti­tu­teur du so­cial. A par­tir de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise, « ce n’est plus l’Eglise qui offre au chré­tien une es­pé­rance de salut : c’est la loi ré­vo­lu­tion­naire qui ré­pand dans un corps so­cial hé­ris­sé d’ad­mi­nis­tra­tions les va­leurs qui sont les siennes, celles de ci­toyen­ne­té et, ra­pi­de­ment, du ré­pu­bli­ca­nisme » (G. Bigot, His­toire de l’ad­mi­nis­tra­tion. Po­li­tique, droit et so­cié­té, Litec, mai 2010, p. 102). Or cette fonc­tion, l’Etat contem­po­rain l’a dé­sor­mais com­plè­te­ment trans­for­mée. Cer­tains com­por­te­ments de l’ad­mi­nis­tra­tion, tou­jours na­tu­rel­le­ment lente à s’adap­ter, pro­longent l’an­cienne concep­tion. Mais la fonc­tion de struc­tu­ra­tion du sens est dé­sor­mais lais­sée à l’ini­tia­tive des dif­fé­rents « pres­ta­taires » que sont, dans leurs do­maines res­pec­tifs quoique en­tre­croi­sés, les iden­ti­tés cultu­relles au­to­pro­cla­mées, les so­cié­tés re­li­gieuses de toute na­ture et les groupes d’in­fluence. L’Etat contem­po­rain cherche à se can­ton­ner dans une pos­ture de ré­gu­la­teur, l’or­ga­ni­sa­tion de ce mar­ché des « va­leurs » im­pli­quant que ceux qui s’y pré­sentent se sou­mettent à ses règles propres, dont la pre­mière est l’équi­va­lence in­trin­sèque de tous les ac­teurs.

* * *

Dans l’ordre po­li­tique, cultu­rel et re­li­gieux, la dé­li­ques­cence d’une di­rec­tion unique, jusqu’à une pé­riode ré­cente as­su­mée par l’idéo­lo­gie éta­tique, peut ap­pa­raître comme une oc­ca­sion d’évo­lu­tion fa­vo­rable ; il en va de même de la re­con­nais­sance des par­ti­cu­la­rismes – re­li­gieux, ré­gio­naux, lin­guis­tiques, sco­laires… – jusqu’ici igno­rés ou com­bat­tus par le ja­co­bi­nisme, et qui semblent pou­voir consti­tuer au­tant de « niches » ou de havres de paix pro­pices à un meilleur équi­libre de vie. Il s’agit là d’une dan­ge­reuse illu­sion, dont cer­taines cam­pagnes ré­pres­sives de­vraient aider à com­prendre les li­mites. Le pas­sage au mode de ges­tion concur­ren­tielle propre au mo­dèle mul­ti­cul­tu­rel de ci­toyen­ne­té vide de tout sens l’idée de bien com­mun. Et com­ment ne pas voir que le re­la­ti­visme ra­di­cal, sou­vent dé­non­cé à cause de son agres­si­vi­té, n’est pas une in­co­hé­rence par rap­port à la rhé­to­rique de la to­lé­rance, mais sa né­ces­saire ins­pi­ra­tion.

A pro­pos de l'au­teur

Gilles Du­mont Pro­fes­seur des uni­ver­si­tés (Droit pu­blic, Uni­ver­si­té de Nantes).

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castetsjj 28/10/2010 10:48



Monsieur Boulogne bonjour,


Comme je suis toujours à la recherche de mon bonheur en matière d'idées, je fais appel à votre passion philosophique.


A l'heure où l'on nous parle d'identité, où l'on constate des défauts flagrants d'intégration, la montée des communautarismes et des immigrations choisies ou subies, le choc prévisible du
religieux et du bien vivre ensemble, la perte des valeurs communes issues de siècles d'histoire, la propension à l'indidualité etc...


Je m'interroge sur deux valeurs qui ont sculpté  notre Histoire et qui pourraient faire gravement défaut si le besoin s'en faisait sentir.


Il s'agit du PATRIOTISME et du NATIONALISME, comment peut-on imaginer voir évoluer ces deux valeurs dans le maëlstrom actuel, tant politique que social .


Par avance, merci pour votre éclairage.


CJJ


 



Edouard Boulogne 28/10/2010 13:09



Merci de me donner l'idée de parler, sur ce blog, des sujets importants que vous évoquez, et sur lesquels, j'en suis certain, vous avez des idées très claires. Mais une
clarification sera peut-être utiles, pour certains lecteurs, surtout les plus jeunes.


Je vais donc y revenitr dans un article, très bientôt.


Aujourd'hui, je vais, en article, reproduire un chapitre de mon livre Libres Paroles, consacré" au Melting Pot, le pseudo modèle de la modernité  négative.


Bonne journée.


EB