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Publié par Edouard Boulogne

L'Europe et la Grèce.

(Libération)

 

( Le journal Libération  [ libé, pour les fans ou les moutons de Panurge] n'est pas précisément la tasse de thé du Scrutateur. Mais quand le journal des bobos de la gauche publie quelque chose de valable, il serait injuste de ne pas le signaler. Tel est la cas avec ce Dictionnaire désordonné de la cause grecque. Toute ana logie avec la situation actuelle de la France sur les plans économique et social serait, évidemment pure coïncidence. LS).

 

 

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Dictionnaire désordonné de la crise grecque

Par DANIEL SCHNEIDERMANN


 

Grèce : pays méditerranéen, peuplé de menteurs, de tricheurs, et de fonctionnaires exerçant en réalité le métier clandestin de chauffeurs de taxis.

 Effort : suppression des 13e et 14e mois de salaire. Passage de l’âge moyen de la retraite de 53 à 67 ans.

Portugal : pays méditerranéen, qui n’a rien à voir avec la Grèce.

Espagne : pays méditerranéen, qui n’a rien à voir avec le Portugal.

France : pays totalement dépourvu de toute côte méditerranéenne, qui n’a rien à voir avec la Grèce, le Portugal ou l’Espagne.

Dominos : jeu de société familier et sympathique, menaçant d’entraîner dans l’abîme le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, mais certainement pas la France.

Déficit : catastrophe économique de gravité variable, selon que l’on parle du déficit grec, français ou américain.

Mensonge : manipulation des comptes publics en Grèce.

Créativité : manipulation des comptes publics en France.

Agences de notation : sortes de correcteurs du bac, insoupçonnables et impartiaux, rétribués par les élèves les plus riches.

AAA+ : note éternelle de la France, inscrite dans la Constitution.

Retraites (réforme des) : chantier bruyant et précipité, destiné à éviter à la France le sort de la Grèce, de l’Espagne ou du Portugal, même si la France, pays totalement dépourvu de toute côte méditerranéenne, n’a rien à voir… (voir plus haut).

Marchés : agresseurs économiques hystériques, dressés à attaquer les «maillons faibles», les «bêtes malades».

Investisseurs : «marchés», quand ils sont français.

Sortie de l’euro : hypothèse irréalisable, destinée à «donner un signal» aux «marchés».

Panique : comportement irrationnel des «marchés», dicté par la peur, consistant à tirer sur les maillons faibles, et ayant généralement pour résultat une confortable plus-value.

Plan de sauvetage : dispositif sophistiqué destiné à rassurer les marchés en proie à la «panique», sans jamais être mis en œuvre.

Prudence : stratégie politique sophistiquée consistant à aggraver un problème en retardant la définition, puis l’application du «plan de sauvetage».

Longueur d’onde (même) : langage commun parlé par la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

Merkel : dirigeante allemande particulièrement prudente, avec qui la France est «parfaitement sur la même longueur d’ondes». Parvenue à force de «prudence» à retarder au maximum la définition et l’application du «plan de sauvetage» jusqu’au moment où il est caduc, ce qui conduira à définir, puis à appliquer, un nouveau «plan de sauvetage». Dite aussi, pour ces raisons, «nouvelle dame de fer».

Allemands : amis.

Rééchelonnement de la dette grecque : non-remboursement des prêts du «plan de sauvetage» par la Grèce (pays méditerranéen peuplé de…voir plus haut). Hypothèse destinée à rassurer les «marchés» (voir plus haut), mais totalement, absolument, radicalement, définitivement exclue, sous aucun prétexte, quoi qu’il arrive.

5% : taux auquel la France prêtera de l’argent à la Grèce. Ce taux est plus élevé que le taux auquel la France emprunte l’argent (1,5%). Cette différence s’explique par une prime de risque, destinée à compenser le risque d’un non-remboursement du prêt par la Grèce (hypothèse néanmoins absolument, radicalement, définitivement exclue, quoi qu’il arrive).

Contribuable français : fera une bonne affaire, quoi qu’il arrive.

Spéculation : sera mise en échec, quoi qu’il arrive.

Zone euro : sera défendue, quoi qu’il arrive.

 

 
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