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Publié par Edouard Boulogne

Fort-de-France, le 05 Février 2011

 

Photo-Eric-EG-NOGARD-copie-1.jpg ( Eric Nogard).

 

Robert Biououou ! 

=====

 

 

Bien sûr il s’appelait Robert et il avait son Patronyme connu de tous.

 

Hélas ! Jamais ma Muse n’a pu me dire quelle était sa Famille ni où était son domicile, voire sa tanière, s’il en avait une.

 

Toujours seul, seul toujours et pas le moindre ami.

 

Bien à contrecœur, disons qu’il était jobbeur, même si en ce temps-là, il n’y avait aucune honte à être jobbeur.

 

Car en ce temps là, être jobbeur voulait dire être à la fois aimable, disponible, honnête, à tout moment, envers chacun.

 

Et le jobbeur gagnait sa vie sans blâme ni reproche.

 

 

Robert était Jobbeur. Mais alors :

 

·        Son Français était parfait, tout autant que l’était son Créole.

 

Alors que de nos jours, malgré leur jactance, tellement nombreux sont ceux qui n’ouvrent pas la bouche sans massacrer et l’un et l’autre, de façon lamentable, malgré tant d’Ecoles ouvertes pour l’Enseignement et de l’un, et de l’autre.

 

·        Qu’il soit question de Vêpres, qu’il soit question de Messe, que Grand’Messes ou Messes Basses, et même d’Enterrements, il vous les débitait à Voix Haute, Par Cœur et en Latin sans en perdre une Ligne. Et il vous les chantait d’une Voix Vibrante et Chaude à faire envie.

 

·        Un jobbeur maîtrisant le Chant Sacré tout comme le Chant Profane.

 

Ainsi, prenant la Voix de José, il chantait de bout en bout cette inoubliable stance à Carmen : « La Fleur que tu m’avais jetée ».

 

Qui d’autre que Robert connaissait Carmen autrement qu’en Lecture.

 

·        Un jobbeur qui déclamait le Cid : « A moi Comte, deux mots… »

 

Qui avant sa sixième connaissait Corneille, - La Fontaine Oui, Albert Samain peut-être, avec son pauvre Colporteur qui « mourut la nuit dernière ».

 

Robert n’était pas Jobbeur où, s’il le fut, il fut le Prince des Jobbeurs.

 

 

 

Qui était-il exactement. Qui était-il au juste !..

 

·        Il était imbattable dans la perfection avec laquelle il faisait « rutiler » les Cuivres, cache-pots, chandeliers, de même que l’argenterie.

 

Pour ce job, on n’appelait que lui. Qui de nos jours peut faire ce travail sans vous égratigner lamentablement votre bien.

 

·        Il était imbattable dans sa façon de faire résonner le Tambour Municipal avant proclamation Publique par le Héraut d’un Avis Officiel.

 

·        Il était imbattable dans quelque service qu’on puisse espérer d’un membre de la corporation.

 

·        Poli, Courtois et Pieux, avait-il son pareil, comment dire autrement qu’à contrecœur qu’il était Jobbeur.

 

 

Pourtant, on l’appelait Biououou !

 

Pourquoi, jamais je n’ai pu le savoir… et pourtant.

Un quolibet qui le mettait hors de lui, je ne sais pas pourquoi.

Un quolibet qui lui faisait grand tort à lui qui respectait tout le Monde.

C’est à croire que, quoi qu’on dise, on n’est pas tous pareils : beaucoup l’appréciaient, d’autres le huaient… inexorablement.

 

 

Et puis Robert s’en est allé, seul, comme toujours.

Les vagues de la mer se sont hâtées d’effacer sur le sable l’empreinte de ses pas !..

 

Cependant, qu’il sache d’où il est que bon nombre de ceux qui l’ont connu on eu pour lui

 

Amitié et Considération.

 

Humble parmi les Humbles, il fut respecté par les gens Respectables.

 

Eric E.G. NOGARD

 



Eric E.G. NOGARD,

24 rue Osman Nadeau, Voie 3 Ravine-Vilaine,

97200 Fort-de-France (MARTINIQUE)

Tél. / Fax. / Répondeur : 0596 798102;  Port : 0696 856708;

E-mail : eric.nogard@orange.fr

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