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Publié par Edouard Boulogne

Hollande-et-Boutlefika.JPG


Ainsi, le président de la République après avoir déclenché les foudres – au moins celles de l’embarras – de tout ce que l’univers panurgien du commentaire, de l’information, de la communication et même de la diplomatie compte de moutons, s’est finalement repenti. Belle performance !

 Moutons-de-Panurge-copie-1.jpg

D’autant plus belle performance que ce mauvais procès à l’égard de François Hollande, président de la République française que son propos – si l’on veut bien juger avec un peu d’intelligence, ce qui n’est certes pas la caractéristique principale de la Justice – était sans méchanceté.

 

Qu’a dit M. Hollande ?

 

Évoquant l'emploi du temps de son ministre de l'Intérieur, le chef de l'État évoque un voyage de Manuel Valls en Algérie : « Monsieur le Ministre de l'Intérieur, qui va nous quitter peut-être pour aller en Algérie ? » Mais il se reprend aussitôt, un souffleur étant visiblement intervenu : « Il en revient ». Et il ajoute après une de ces petites pauses dont son élocution saccadée est coutumière : « Sain et sauf, c'est déjà beaucoup. »

Il l’a dit, dans une ambiance bon enfant et sur un ton dont le caractère léger ne laissait aucune place au doute.

Or, fidèle à sa réputation de diplomate – et plus consensuel que jamais – François Hollande a exprimé, depuis, ses regrets. Il a ainsi donné prise à une interprétation de ses propos qui n’avait vraisemblablement pas lieu d’être. La version péjorative est en tout cas presque accréditée par cette relative capitulation qui, auprès des esprits mal armés, pourrait priver de son innocence un propos qui, incontestablement, avait droit à une large présomption de celle-ci. Quoi qu’il en soit, cet épisode supplémentaire à cette non-affaire contribuera dans une large mesure à permettre de considérer comme légitime le mécontentement qu’a monté en épingle les presses algériennes et françaises.

Il y a donc dans ce que nous pourrions appeler l’affaire Manuel Valls est rentré d’Algérie trois aspects. Le premier touche au fait lui-même, les mots de François Hollande. Le deuxième se rapporte aux réactions en général et le troisième est évidemment lié à “la surenchère” du président de la République.

Ayant cité les propos “scandaleux”, il nous faut aussi observer que le malheur, c’est que les gens les moins intelligents sont en général les plus susceptibles : chatouilleux à souhait, ils passent leur temps en inspection et, un peu comme le lapin de Lewis Caroll qui a rendez-vous avec sa pendule plutôt qu’avec quelqu’un, ils ont la triste manie de se poser en cible là où ils ne sont nullement visés. La grande menace de nos sociétés modernes, n’est-elle pas en premier le nombril-socialisme ?

L’autre malheur, vient de ce que le progrès technique a mis à la portée de gens assez peu instruits et encore moins pourvus en sagesse, des outils qui permettent aujourd’hui de réagir à la vitesse de la lumière, et partout à la fois. D’où une certaine propension à la vidange permanente car, n’en déplaise aux droits-de-l’hommiste, l’homme n’est pas que perfection, et il n’est pas non plus que vertu.

 

C’est une longue histoire qui dure depuis la nuit des temps. De Gaulle lui-même, en entendant s’exclamer « Morts aux cons » au moment où il pénétrait dans un bureau à Londres, à la grande époque de la France libre – ce qu’elle n’est plus –, avait fait ce diagnostic éclairé : « Vaste programme ! »

 

Hé oui !

 

Car l’on observe qu’à force de vouloir tout commenter sans avoir les clés de la compréhension du minimum de ce qu’ils croient observer, messieurs les hyènes – la loi du genre finit toujours par l’emporter, quand elle représente un progrès intellectuel et social – finissent par enfermer la vie sociale dans une véritable prison où la parole (sous le contrôle doublement tartuffesque des media et de la justice) est soumise au fait de l’emmerdeur, dont  l’hyper activité l’emporte sur tout autre principe de vie en société.

 Hyene.jpg ( Hyène dactylographe ). 

Dans le cas qui retient ici notre attention, et en tenant compte de la réalité (c’est-à- dire que le dossier de la présidence de François Hollande est tout ce qu’il y a de plus accablant pour lui, pour son gouvernement et pour la France ainsi que pour ses électeurs), il n’y avait rien à redire. Il ne s’agissait même pas d’une plaisanterie mais d’un badinage dont il n’y avait aucunement lieu de s’offusquer. 

 

Monsieur le président de la République en fait déjà assez comme cela pour que l'on verse à charge cette citation, légère, bon enfant, plutôt drôle et qui n'a rien d'insultant envers qui que ce soit. Mais à force de vouloir tout commenter, les insuffisants mentaux – à moins que les déficients en question ne soient surtout de diaboliques stratèges à la noix de haine –  réagissent avant même de comprendre ce qu’ils ont lu et entendu, et qu’ils s’empressent de critiquer. Il est vrai que l’exercice relève d’une technique élémentaire de manipulation de foule, pour ce qui est des salauds, et d’un levier pavlovien si l’on pense à tous les crétins de la terre. En pareil cas, l’histoire et de nombreuses histoires montrent que c'est la bêtise qui prédomine alors que l’on voudrait nous faire croire que la vie politique n’est que vertu, noblesse des sentiments et excellence des projets pour le bien commun.

 

Le prétendu couac n’était en réalité qu’un gazouillis bon enfant. Il ne faut pas oublier qu’à la manière aristotélicienne, l’esprit français procède par analogie et le propos présidentiel se situait dans l’allusion aux aléas du voyage, que ce soit en diligence, en chemin de fer ou en streamer. Mais quels Français se souviennent-ils encore de la chanson Bon voyage monsieur Dumollet ?

 

Le président de la République aurait-il dit : « Ah ! il est rentré au pays ? Welcome home ! » que la Commission européenne lui serait tombé dessus pour cause de préférence nationale, tandis que l’Académie lui aurait reproché de ne pas mettre en valeur la langue nationale, et Downing street aurait moqué un accent déplorable, ce qui eût peut-être ravivé les vieilles rivalités franco-britanniques et  les mauvais souvenirs de la guerre de Cent-ans..

 

Les hyènes, on les voit venir. Cette fois, c’est François Hollande qui a été la cible. Demain, ce sera La Fontaine, Molière voire Montesquieu à qui l’on fera le procès d’avoir écrit un jour « Comment peut-on être Persan ? » Car les hyènes anti-France sont prêt(e)s à tout pour détruire la France, sa culture, sa religion et même son esprit, en plus de chercher à en salir et à en travestir l’histoire.

 

Évidemment, on pourrait s’amuser de ce que la gauche ait prise à son propre piège et que tous les petits marquis de l’intelligentsia, qu’ils soient énarques ou non, soient désormais exposés à la menace de la jurisprudence de l’affaire Manuel Valls est rentré d’Algérie chaque fois qu’ils voudront faire les malins comme ils en ont hélas ! la manie. Mais c’est aux côtés de l’intelligence qu’il faut se ranger, et l’intelligence n’a que faire de l’intelligentsia.

 

Dans ce cas particulier, une fois de plus des gens qui n'ont rien à voir ni avec la bonne foi, ni avec l'intelligence se sont excités autour d’une brise légère qu’ils ont feint de prendre pour un ouragan dévastateur. L’opposition, la presse, les réseaux asociaux, les tweetmen (and women) – et bien entendu nos amis algériens – ont été tout de suite prêts à faire état des dommages causés par leur propre grossesse nerveuse et météorologique pour accoucher de demandes de réparation.

 

Où est l’amitié pour son chien quand on l’accuse d’avoir la rage ?

 

Ah ! nos chers amis Algériens ! Des deux rives de la Méditerranée, ils semblent n'avoir rien de mieux à faire que de brandir leur honneur offensé tout en passant leur temps à insulter la France, son actualité et son histoire. Une fois encore, nos amis Algériens ont cru trouver une occasion de crier haro sur le baudet, puisque bon nombre d’ennemis de la France n’ont pas manqué de leur souffler qu’il y avait là casus belli. Et l'opposition s’est déshonorée une fois de plus dans ce festival de sottise. Mélenchon et Copé n’ont pu se retenir… Certes, on les connaît. Mais quand on a foi en “l’homme”, il est toujours permis d’espérer.

 

Comme si, en 18 mois, le dossier Hollande, Ayrault, Taubira et consorts (attention, étymologiquement parlant, consort n’a rien à voir avec hareng saur) n’était pas déjà assez lourd pour couler un porte-avion pour qu’il faille y ajouter ce qui ne méritait pas d’y figurer.

 

Dans le cas présent, le problème est directement lié à la poutre que les hyènes ont généralement dans l'oeil, ce qui fait que le nez enfumé de leur propre haleine elles passent à l’attaque chaque fois qu’elles croient détecter une odeur de charogne. Hé bien non ! Y'avait pas matière, mesdames et messieurs les censeur(e)s, inquisiteur(e)s et autres dangers publics ou semeurs de haine pluriels. Le Groland jazz bad n’est pas et ne sera jamais ma tasse de thé, mais la bassesse dans les attaques, encore moins. C’est pourquoi je n’aurais même pas pris la peine de faire la moindre comparaison avec les  réactions – y compris judiciaires – que déclenchent automatiquement les plaisanteries de Le Pen. Et pas davantage je n’aurais épilogué sur le procès médiatique et surtout merdatique fait à Georges Frêche qui, croyant proposer une analyse morpho-psychologique de Laurent Fabius, s’est fait sauter dessus par tout ce que la France compte de tartuffes  (et à ce petit jeu-là, l’Union des Mauvais Perdants (UMP) n’est pas manchotte – pardon, je voulais dire handicapée des membres supérieurs).

 

Mais voilà !

 

En faisant preuve à l’égard des Algériens d’une délicatesse qu’il n’a jamais daigné montrer envers bon nombre de Français, François Hollande a peut-être fait une nouvelle erreur de fond, car envers les Français de la « Manif pour tous” il n’a jamais vraiment mis les formes.

 

Certes je ne fais pas partie de ces gens pour qui l’éructation perpétuelle du mot “république” s’inscrit dans les manifestations du syndrome de Gilles de la Tourette, mais je crois, là, que la République est en danger pour de bon.

 

Monsieur Hollande n’a jamais cru bon d’avoir le moindre mot d’excuse pour tous les Français qu’il a pu blesser par des mesures que d’aucuns sont encore capables de juger anti-sociales ou anti-familiales, mais il s’empresse de jouer les jolis cœurs parce qu’Alger gronde, c’est là que le bât blesse.

 

Alors qu’il n’a rien fait ni dit rien de mal contre l’Algérie et les Algériens, voici le président de la République exprimant « ses sincères regrets pour l’interprétation qui est faite de ses propos. » Comment les Français doivent-ils le prendre, surtout ceux qui considèrent que c’est sans le moindre sentiment de culpabilité que monsieur Hollande, sciemment ou non, persiste – par gouvernement Ayrault interposé – à détruire la famille, le patrimoine, l’éducation et l’art de vivre français ?

 

Et là, il ne fait pas de doute que si monsieur Hollande n’a pas beaucoup réfléchi aux conséquences de son propos léger et même primesautier, il a longuement mesuré celles de la colère algérienne en France. Il a fait exactement comme si la France était l’otage de l’Algérie et des Algériens.

 

Une fois de plus, la présidence de la République sacrifie à l’inversion des valeurs. N’est-ce pas l’Algérie qui aurait dû présenter ses excuses pour l’interprétation qui a pu être faite des propos du chef de l’État français, ses excuses pour que la presse algérienne ait donné à penser que les autorité et le peuple algérien eussent pu douter des sentiments d’amitiés et de respect de la France pour l’Algérie ?  Mais les socialistes font toujours tout de travers.

 

Enfin, il faut aussi mesurer les dommages collatéraux de cette triste histoire. Que de bénéfices laxatifs (et toxiques) à venir pour les “associations” et autres présumés juges ! Car, si le chef de l’État lui-même doit faire des excuses publiques pour un propos tenu chez lui, à l’Élysée, dans le cadre d’une manifestation “dédiée”, qu’en sera-t-il pour le citoyen normal, lorsque le premier emmerdeur venu voudra le mettre en pièce au motif qu’il a été d’une dévotion trop tiède dans le culte du veau d’or, ou que “par son action ou son inaction”, il n’aura pas suffisamment œuvré à la politique d’intégration ou à quelque autre mesure phare que l’on pourrait attendre d’un parent de Caligula ?

 

Ah ! si seulement messieurs les hyènes – la théorie du gender, n’est-ce pas une bonne idée ? –pouvaient, au moins de temps en temps, se brosser les dents…

 

Alexis Céron

 

 

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Raymond d'Alenvaire 23/12/2013 20:30





P.S. Nous sommes bien d’accord ? C’est l'humour du chef de l'État dont il faut être solidaires. En si sa repentance est encore une de
ses p'tites blagues, elle est assez marrante, elle aussi, j'en conviens.

Raymond d'Alenvaire 23/12/2013 20:26





Il y a de fortes chances pour que monsieur Hollande préfère perdre un ami plutôt que rater un bon mot.


Mais l’Algérie est-elle vraiment une amie ?


En ce cas, c’est peut-être à Oscar Wilde qu’il appartient de tirer la conclusion de cette mijnable polémique : « Il ne faut pas perdre
un ami pour un bon mot, sauf si le mot est meilleur que l'ami. »


Vu les éléments dont nous disposons – et seulement pour ce qui est de cette affaire -, comment ne pas approuver sans réserve le Chef de
l’État ?

Gontrand Sibéryen 23/12/2013 20:22





Comme vous y allez, Dheste. Pas besoin de charger "le Quai d’Orsay" de représentations étrangères en France. L’Intérieur et la Justice font ça très bien,
jusqu'à présent. Quoique, peut-être qu'avec l'augmentation de la pression il faiille passer à la vitesse supérieure ?

Raoul Dheste 23/12/2013 20:04


Finalement, je dois être comme François Bayrou - l'opportunisme en moins -, autrement dit je dois être versatile et partagé. Franchement, Groland me fait quelquefois rigoler (jamais à ses dépens,
en tout cas jusqu'en 2017, car en pareil cas c'est la France qu'il ridiculise). Je suis de l'avis de Céron, il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Mais le dey d'Alger ne l'entend pas de cette
oreille et s'apprête à donner un coup d'éventail au consul de France. De là à dire que la riposte sera colonisatrice, non ! En tout cas, il apparaît que nous avons bien peu de choses en commun, à
commencer par le sens de l'hhumour. Certes, les plaisanteries de monsieur P'tites blagues sont parfois assez déplacées, car il arrive qu'il préfère perdre le sens des convenances plutôt que de
rater un bon mot. François II Groland resterra peut-être dans l'histoire comme le président à deux balles, c'est d'ailleurs pourquoi ses léecteurs se recrutent principalement chez les... Oh !
voici que monsieur P'tites blagues détient sur moi quand je me sens d'humeur versifiante. Il n'empêche, ras-le-bol de la susceptibilité de ceux qui passent leur temps à em... et à humilier la
France. Autrement, il n'y a qu'à nommer monsieur Fabius ambassadeur d'Algérie à Paris, et on en parlera plus. 

MFJF 22/12/2013 22:40


Comme d'habitude Cher Ami Scrutateur et Alexis Céron, le point est fait sur ce non évènement. mais j'espère que les commentateurs de ces propos de Président farceur, sauront aussi lire les
commentaires de cette analyse et se souvenir surtout qu'une lourde tache nous incombe depuis que le Général avait entendu cette phrrase prononcée par des "suicidaires" ...


La tache est lourde et quel génocide en perspective, rien de comparable avec BANGUI ou autre


MFJF