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Publié par Edouard Boulogne

Régionales : A la Réunion.


Je ne saurais mieux faire pour informer les lecteurs du Scrutateur que de publier la lettre de mon ami de jeunesse, Réunionais, mais qui fit une partie de sa scolarité secondaire au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre. Je conserve à cette lettre son caractère simple et familier qui en fait le prix. L'auteur a une sensibilité de gauche; mais il est à la fois, et inséparablement Français et Réunionais, tout comme, étant de droite, je suis inséparablement Français et Guadeloupéen. Bernard nous envoie en annexe à sa lettre un article paru dans son département de l'océan indien.
Merci, Bernard, ami, et cher vieux compère, des renseignements que tu nous apportes, et de ton amitié
.

Edouard Boulogne.

la-R-union.jpg

Très  Cher   Compère ,

        Le  tombeur  de  Vergès  , avait  défait  Paul Vergès  aux  dernières législatives   par  60%  contre  40%  des  voix  . D'où  son  nom  à  l'assemblée Nationale  de " tombeur  de  Vergès " . A  mon  dernier  passage ,  je  m'étais  confié  à  Louis,  en  présentant  Paul  Vergès comme  un " homme  d'affaires" et  non  plus  comme  un  communiste . (...)   . Sa  liste  comportait   peu  de  membres  du  PCR . Sur  les  11  élus  hier, il  y  a  2  hommes  de  gauche ( dont Vergès  lui-même ). Les  structures  vont  changer    au  PCR  et ses  membres  trouveront  de  nouveaux  leaders :  je  pense  à  Huguette  Bello ,  c'est  mon  avis.  (  Voir le  mail :  "la  Passionara  de  la  Réunion"  ) . La   gauche  est  majoritaire  à  la  Réunion  ( à  54% )  dans  cet  élection , c'est  le  staff   de  Vergès  qui  a  pris  un  coup  de  bois sur  la  tête , et  le  soir  des   négociations  avec  les  socialistes  il  faisait  déjà  imprimer  sa  liste  et  ses  professions  de  foi   avec  Thien  Ah Khoon (TAK) sur  la  liste . Cet  ex  maire  du  Tampon  a  écrasé  les  femmes  de  l'UFR , et est , le  seul  Maire  ayant  deroulé  le  tapis  rouge  de  la  mairie  à  J-M  Le Pen . Les  socialiste faisaient
liste  commune  avec  l'alliance  en 1998 ,  et  pendant   toute  la  mandature ils  étaient  cantonnés dans  un  petit  bureau  sans  téléphone avec  6  chaises . Geste   méprisant, et  tout  s'explique  quand  on  sait qu'il  fallait  marcher  au  pas  à  la  Région . L'entêtement  du  vieux  lion  a  fait  le  reste . Enfin  dans  sa  campagne
il  a   trouvé  les  opposants ( socialistes entre  autres )   "ennemis"  de  l'économie  à  propos  du  tram train ,  et ceux  qui  veulent  discuter  de  la  maison  de  civilisation , " veulent  faire  un  crime  contre  les  Réunionnais ". Pour  Paul  Vergès  cette  élection   devait  n'être  qu'une  simple  formalités  et l'incertitude était  dans  l'ampleur  de  la victoire . A  force  de  couper  les  ailes  à  ceux  qui  avaient  quelques  vélléités  dans  son  camp , il  s'est  retrouvé  bien  seul . Pour  finir,  il  est bon  de  savoir  que  le  11ème  et  dernier élu  de  l'Alliance   est  TAK  et  que  le  23ème est  non  élu ,  c'est  Pierre  Vergès(  le  fils ) . Il  était  à  ce  rang  ,  car il  était  assez  impopulaire ,  il  fallait  le  cacher  ;   mais  en  cas   de  succès  il  était  destiné  à  la  plus  haute  fonction .
          Je  suis  très  près  de  l'article  ci-dessous , j'approuve : sauf  "le  titre" .  La  droite  ( qu'on  disait la  plus  bête  du  monde ) a   trouvé  son  leader : c'est  sûr .
Didier  Robert  n'a  rien  d'un  Debré  car  il  est  Sarkozyste,  bien  qu'il  a  pris  les  fonctions de  maire  du  Tampon avec  l'assentiment  de  TAK . Il  était  l'adjoint  de TAK avant  les  déboires  juridiques de  TAK . Didier  Robert  ( 45  ans ) est  issu d'une  famille modeste ,  cCest  un  "petit  blanc"  des  hauts  du  Tampon . Son  métier : cadre territorial,  ex- directeur  de  cabinet  de Alain  Bénard  ex-  maire   UMP  de St  Paul . Sarko  a aussitôt appeler "Didier" hier  soir, pour  le  féliciter et lui  accorder toutes  facilités du  gouvernement pour  réaliser  ses  projets .  A  la  Réunion  il  y  aura des  grands  travaux  ,  Bus  en  site  propre   dans  toutes  les communes ,et préférence  au  Sud  de  la Réunion  qui  est en  retard  de  développement  par  rapport  au  Nord  et  à  l'Ouest . D'où  un  projet d'aéroport  international  à Pierrefond.
Et  puis  un  ordinateur  portable  pour tous  ceux  qui  rentrent  en  seconde !!! .........  Jean-Louis  Lagourgue  maire  de  Ste  Marie  sur  la  liste  de  l'UMP Robert briguait  la  présidence  et  il  faisait  grise  mine  hier car  depuis  quelques  jours  Didier a choisi  in  fine de  prendre  la  Région  ( choix   pour  cause  de cumul  des  mandats :  il  est  député-maire ).Il quitte  la  mairie .
    Il  est  certain  que  l'ambiance  à  la  région  sera  un  peu  plus  apaisée et que  toute  la  Réunion  y  trouvera  son  compte ; dans  les  mois  à  venir ,  toutes  les  formations politiques sans  exceptions  vont  se  restructurer . Même  à  l'UMP :  exit  les  vieux  croûtons du  passé . Au  PS  il  y  en  a qui  ne  tiendront pas  la  route .Il  y aura 36 nouvelles  têtes  à  la  Région  sur  45  conseillers . Didier  Robert  voulait  un  changement   à  la  Région  et  beaucoup  de  Réunionnais  aussi . Didier  Robert  est  jeune, il  présente  bien ( certaines diront  beau)  il  est  dynamique  et  c'est  un  Réunionnais  entouré  de  Réunionnais .  On  s'attend  à  une  politique  plus  proche  du  citoyen . Bon  vent  à  la  nouvelle  équipe .
                                                                                                                
    BONNE  LECTURE  :     BERNARD

PS  :  En  Gwada  le  discours d'investiture de Lurel ,  c'est  du  petit  lait . Un  bel  espoir  pour  faire  démarrer  nos  frères  guadeloupéens .

                                                           ----------------------------------------------------------------------  FIN

Didier Robert, le nouveau Debré de la droite réunionnaise ?

CLICANOO.COM | Publié le 22 mars 2010

    

Le sondage Ipsos/Journal de l’île que nous publiions en exclusivité, samedi, avait vu juste en donnant le résultat sorti des urnes, hier soir, à savoir grosso modo 45% des suffrages en faveur de Didier Robert, tête de la liste "La Réunion en confiance" contre 35% à Paul Vergès de l’Alliance et 18% au socialiste Michel Vergoz de "l’Union fait la Réunion". Les urnes ont tranché. Le verdict populaire est tombé. Vox populi, vox Déi. Didier Robert signe une victoire sans appel. Dès ce vendredi, la Région Réunion aura une nouvelle majorité et un nouveau président. Un jeune président de droite qui a vaincu le PCR et son chef charismatique. Une droite qui retrouve en Didier Robert un capitaine. Marchera-t-il dans les pas de Michel Debré, leader incontestable de la droite locale de 1963 à 1986 ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais le cheminement du député-maire du Tampon se veut prometteur, car l’élu UMP réussit avec panache là où ses aînés ont lamentablement échoué. Didier Robert a éliminé de la scène politique non pas un élu quelconque, mais Paul Vergès en personne, considéré tant par la gauche que la droite nationale comme le "pape" de la politique locale, presqu’un véritable thaumaturge au palmarès époustouflant. Un élu qui a quasiment détenu tous les mandats politiques, du conseiller régional au député européen en passant par celui de maire, de président de Région, de sénateur... Une vraie force de la nature qui se croyait politiquement irrésistible et invincible. Un mythe qui s’écroule donc alors que, paradoxalement, la gauche sort majoritaire des urnes si l’on additionne les voix de l’Alliance et celles du Parti socialiste. Soit 30 000 voix de plus que la droite.

Mais cette gauche locale paye plein tarif sa désunion. Avec cette cinglante et historique défaite de Paul Vergès aux régionales, une page politique de la Réunion se tourne donc. C’est la fin d’un règne pour le leader du Parti communiste réunionnais qui a été directement ou indirectement au pouvoir de la Région depuis 1983. Le combat de trop pour le président de l’Alliance. Lui qui, à 85 ans, voulait faire de ce scrutin un baroud d’honneur se voit contraint aujourd’hui de sortir par la petite porte, par la fenêtre même tant son score est dérisoire par rapport à la place de choix qu’il a toujours occupée sur l’échiquier politique local depuis soixante ans. Paul Vergès a été battu par un jeune élu de 40 ans son cadet, celui-là même qui l’avait laminé, il y a trois ans, lors des législatives de juin 2007 dans la troisième circonscription. Un véritable séisme politique pour la dynastie Vergès, mais également pour le PCR qui va devoir se reconstruire s’il souhaite, à l’occasion des cantonales de 2011, parfaire son leadership à gauche, face notamment au PS local considéré comme un "traître" pour reprendre l’expression employée, hier soir, par Paul Vergès, le patriarche déchu. Mais cet échec aux régionales, le patron de l’Alliance, qui feint aujourd’hui d’être le martyr du PS, le doit sans doute à lui-même, à son excès de confiance mâtiné d’une certaine arrogance, lui qui avait parlé de "péripétie" et qui s’était déjà autoproclamé grand vainqueur avant même le premier tour du scrutin. Autrefois idolâtré, Paul Vergès se voit aujourd’hui répudié par les siens. Par Huguette Bello et par les militants de base qui lui reprochent entre autres son mauvais casting avec le divers-droite André Thien-Ah-Koon.

Vergès ne fait même plus aujourd’hui le plein des voix dans les bastions du communisme. Les couloirs feutrés et les lambris dorés du pouvoir l’ont manifestement coupé du terrain. Sans compter, depuis 1998, cette "zigzagomanie" qu’il a érigée en gouvernance en butinant un coup à droite, un coup à gauche, souvent du côté de la société civile mais très rarement au sein du PCR, son parti, sur lequel il avait bâti son empire politique. De même, son obstination à soutenir coûte que coûte le tram-train et la Maison des civilisations, ces deux projets pharaoniques qu’il avait placés au centre de la campagne électorale ont incontestablement contribué à sa défaite. La population dont 52% vivent en dessous du seuil de pauvreté réclamait surtout "l’urgence sociale". Une page se tourne. À gauche, entre le PCR et le PS plus que jamais en guerre ouverte. Une page se tourne pour Paul Vergès et son parti. La fin d’une époque. Une autre s’ouvre à droite. À la Région et à la Réunion. En éliminant le responsable de l’Alliance, Didier Robert renverse la dynastie Vergès et inscrit ainsi son nom dans l’histoire politique de l’île. L’icône de la droite locale, qui a essentiellement mené un combat d’homme pour ne pas dire une bataille inter-générationnelle remporte brillamment une élection non pas de projet mais de rejet, celui d’un nom, celui de Vergès, usé par le pouvoir. Didier Robert ex-maire du Tampon sera désormais député et président du conseil régional. Et pourquoi pas ministre, dans le cadre d’un remaniement avant la présidentielle de 2012 ?

Dans cette France régionale rose et dans ce contexte économique et social morose, Nicolas Sarkozy a besoin des jeunes gagnants qui incarnent le renouveau et la positive attitude. À moins que le chef de l’Etat attende de le voir à l’œuvre à la Région. Et à la tête de la droite locale, qui a besoin de se reconstruire solidement afin de conforter ses positions aux cantonales de 2011 ainsi qu’à toutes les autres échéances à venir d’ici à 2014, date de la mise en place de la nouvelle assemblée territoriale. Didier Robert a réussi à tourner la page, il lui reste maintenant "à réussir la Réunion du changement et à réussir la Réunion en confiance".

Yves Mont-Rouge

 

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