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Publié par Edouard Boulogne

Finkielkraut-et-Hadjadj.JPG

Un philosophe n'est pas un poseur, bien qu'il y ait beaucoup de poseurs dans la profession. Un philosophe n'est pas un sophiste ( selon l'acception que Platon a donné des sophistes ) c'est-à-dire un habile manipulateur de mots, qui, moyennant finance, se fait fort de plaider n'importe quelle cause, et de faire triompher même les plus indéfendables, à force d'habileté, et de maîtrise de la rhétorique.

Sinon, que de philosophes il y aurait dans la gent politique, et procédurière!

Un vrai philosophe, et il y a des gens qui n'ont pas fait d'études poussées qui le sont bien plus que des normaliens de la rue d'ULM ( mais n'exagérons pas, un minimum de formation est tout de même utile pour bien philosopher ) est un être certainement indispensable au salut d'une société vraiment humaine.

Je m'étendrai peut-être un jour sur cette question, dans une ou plusieurs chroniques du Scrutateur.

Mais aujourd'hui je laisserai cette tâche à deux de ces messieurs. Ils ne donnent pas de définition abstraite. Répondant aux questions de KTO, ils philosophent sur des questions capitales de notre temps, avec simplicité, et profondeur en même temps. Et, ce faisant, ils montrent, par leurs méditations, la philosophie telle qu'elle est, du moins en sa démarche programmatique. Ils la font expérimenter concrètement, la saisir « de visu ».

J'aime ces deux méditants, dont je connais quelques oeuvres.

Alain Finkielkraut, qui est quasiment mon contemporain; mais aussi Fabrice Hadjadj, beaucoup plus jeune,  déjà plein de sagesse, et qui, il y a une quinzaine d'années aurait pu être mon élève.

Il y a quelques années, je passai commande dans une librairie d'un de ses livres Réussir sa mort ( Presses de la Renaissance). J'ai gardé le souvenir du léger sursaut, et d'une fugitive crispation du visage du libraire.

Pourtant, le jeune auteur parlait avec pertinence, et sans broyer, au contraire, d'idées noires, de la limite à notre suffisance qu'est la mort, ( et l'on en aura un bref écho, dans l'émission télévisée que vous allez, je l'espère regarder ).

Quelques cinquante minutes d'écoute, fabuleusement intéressantes, pour ce dimanche 16 septembre.
EB.

 

http://www.youtube.com/watch?v=iXIMujIwrRM

 

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Carène 18/09/2012 22:01


Merci Mr Boulogne pour ce cadeau à mon cerveau en quête de réponses :)


Il est intéressant de constater que notre évolution semble nous amener d'un extrême à l'autre :


- Racisme / Anti racisme


- théocratie / Laïcité


- le progrès au service de l'Homme / L'Homme à la merci du progrès


- Education rigide / éducation laxiste


- femme soumise / femme égale de l'Homme


etc...


Il en ressort que dans tous les cas, en voulant combattre une situation donnée, on en est arrivé à trouver une situation finale aussi mauvaise voire pire que la situation initiale.


Et Alain Finkielkraut résume bien cela en disant : "le mal du XXe siècle procède aussi de la volonté d'éradiquer le mal."


On ne peut que partager cette pensée vu ce qu'on observe :


- l'anti racisme favorise la "francophobie en France" (terme emprunté a Mr finkielkraut)


- La laïcité crée un vide de sens dans lequel l'islam peut s'engouffrer


- L'homme à la merci du progès a engendré une société consumériste qui ne fait qu'augmenter le vide de sens.


- l'éducation laxiste engendre des ados et des jeunes adultes en manque de repères donc influençables ce qui dans un monde rempli d'idéologies est plus que regrettable...


- la femme égale de l'homme se fait plus rare auprès de ses enfants, ce qui n'est pas sans conséquence sur leur développement. Je suis profondément convaincue qu'un enfant de moins de 6 ans a
besoin d'une certaine disponibilité maternelle (empreinte d'amour évidemment) pour devenir un adulte sécurisé intérieurement.


C'est pourquoi je souligne vivement cette phrase d'Alain finkielkraut qui me parait être une urgence à l'heure actuelle :


" Il faut guérir l'Homme de cette confiance prométhéenne et extrèmement dangereuse d'en finir avec le mal car cela produit énormément de mal sur terre."


En conséquence, cela place d'entrée le discours de notre gouvernement actuel dans l'idéologie puisqu'il se porte seul garant du bien.


Quoiqu'il en soit, sur tous ces vastes sujets, nous ne devons pas attendre de réponses toutes faites ni des politiques encore moins de la presse. Il vaut mieux se donner un peu de mal et aller
chercher les réponses par nous-mêmes pour ensuite se positionner. Prendre le temps de se documenter, de digérer l'information, la ressentir, voir comment elle résonne dans note tête et surtout
dans notre coeur. Cela me semble aller tout a fait dans le sens de la suggestion de Fabrice Hadjadj "d'aménager un espace où les personnes peuvent se poser la question du sens" ainsi que le
message de fin de Mr Finkielkraut"déconnectez-vous", déconnecter pour mieux se connecter à soi...