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Publié par Edouard Boulogne

Referendums Martinique-Guyane. 


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A l'heure où j'écris (20h30, ce dimanche 24 janvier ) les résultats définitifs et officiels des deux referendums de Martinique et de Guyane ne sont pas encore publiés.

Mais les partis du OUI l'emportent nettement, dans les deux départements concernés par le vote.

Le Scrutateur s'était, engagé franchement au côté des partisans du NON.

Je suis donc déçu. Déçu, mais point trop surpris, il faut le dire.

Il me semble qu'il n'y a pas de contradiction radicale entre le vote d'il y a quinze jours et celui d'aujourd'hui.

D'abord parce que le 10 janvier la "droite martiniquaise" s'était engagée pour le NON à l'article 74, c'est-à-dire contre l'autonomie. Or durement rappelés à l'ordre par ceux, haut placés, qui nourissent à notre égard des intentions qui nous inquiètent, par des menaces, et des arguments, notamment alimentaires, la plupart de ses dirigeants ont cette fois fait campagne pour le OUI.

Et, Le PPM de M. Letchimy qui le 10 janvier s'était démarqué du 74, que prônaient Alfred Marie-Jeanne, et Claude Lise, pour des raisons de stratégie politique, et d'ambitions personnelles (éliminer ces partenaires- adversaires de la compétition pour le pouvoir), avaient penché cette fois pour le OUI, afin de contrôler, croient-ils, la prochaine assemblée régionale , et atteindre l'objectif du 74, en un peu plus de temps, et par d'autres moyens.

Ce sont ces ruses tactiques et stratégiques qui ont abouti  au regrettable résultat de ce jour.

Ces messieurs se sont montrés des princes de l'ambiguité et ont joué sur l'embarras des électeurs face au choix qui leur était proposé ce 24 janvier.

Car le débat était trop technique pour la plupart des électeurs, dont beaucoup ces jours derniers annonçaient leur intention de s'abstenir faute de comprendre ce qui leur était demandé exactement.

Le 10 janvier, quand il a fallu choisir entre le maintien dans la France comme département à part entière, les Martiniquais se sont déplacés pour voter, (55% de participation ), et ont voté NON à l'autonomie à 79 % des votants.

Aujourd'hui, perplexes, déboussolés, les électeurs ( et il en est de même en Guyane ), se sont largement abstenus ( à peine 32% de votants ). Et c'est un caractère essentiel du scrutin de ce jour.

Parmi ceux qui ont voté aujourd'hui OUI, il y a certes les partisans du 74 ( voir plus haut ), mais il y a aussi de nombreux électeurs qui avaient voté NON il y a quinze jours, et qui n'ont pas pourtant récusés leur vote d'hier.

Certains d'entre eux ont suivi les directives parisiennes de l'UMP, par discipline de parti, d'autres ont voté pour une assemblée unique, parce qu'ils n'ont pas compris dans leur sécheresse technique, les analyses de gens aussi avertis que madame Le Pourhiet, qu'Amédée Adélaide, Chritian Martin, et  leurs homologues martiniquais et guyanais.

L'assemblée unique a été considérée par eux ( à tort selon nous ) comme plus pratique, permettant une administration moins compliquée, des économies de fonctionnement, etc.

Le résultat est donc décevant pour les partisans du NON. Mais il importe de le relativiser, (près de 68% par exemple, de Martiniquais n'ont pas voté), et de considérer que le combat continue.

Nous avons remporté, il y a quinze jours une victoire très importante. Le contretemps du 24 janvier n'efface pas le résultat précédent. Il retarde seulement le coup de grâce que nous comptions porter aujourd'hui.

N'allons pas maudire nos compatriotes, comme un vulgaire Confiant.

La politique est un effort tenace pour perforer des planches de bois dur. Sommes nous des endurants, des coureurs de fond, ou des velléitaires, incapables de tenir la distance, et de persuader nos concitoyens?

Le NON eut été souhaitable, à nos yeux, aujourd'hui? Certes!

Le succès du OUI ne serait une catastrophe que s'il nous désarmait.
 
Mais, j'en suis certain, pour un très grand nombre, il n'est qu'une donnée nouvelle du problème politique qui est le nôtre : comment promouvoir le bien être de nos terres d'outre mer, dans une citoyenneté pleinement française, en écartant définitivement le spectre de l'indépendance.

Edouard Boulogne.




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Devarieux Marc 26/01/2010 06:57


Cher Edouard,
La motivation des "nonistes" est que le vote du 24.01 est une manoeuvre machiavélique du Président Sarkozy pour donner leur indépendance malgré eux aux Domiens.
Pour ma part, je constate que les élus d'outre mer sont roses, rouges  voire très rouges. Ainsi pour ne prendre que cet exemple, ce sont les Martiniquais qui ont placé Marie Jeanne à la tête
de leur région.........
Soyons cohérents nous mêmes, les autres le seront avec nous.


l'archipelien 26/01/2010 00:04


http://alainlesueur.over-blog.com/article-le-chat-a-ete-adopte-43630610.html...La guè avéti pa ka
tué.


philou 25/01/2010 12:27



j'ai beaucoup apprécié votre commentaire sur le vote de la Martinique. Le résultat est décevant certes du fait de l'abstention. J'ai du mal à comprendre cette abstention, car voter c'est le
devoir de tout citoyen.
Espérons quE les Martiniquais sauront faire le bon choix pour les régionales.
Essayons nous aussi de faire le bon choix aussi, car l'enjeu est important pour nous également.