Racisme : Bourreaux de soi-même, et racleurs de gratelle, par Edouard Boulogne.

Publié le par Edouard Boulogne

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( Le développement prodigieux des médias donne l'impression, aujourd'hui, à beaucoup que l'on est bien plus au courant que jadis des choses de ce vaste monde, et donc plus libre. Rien n'est moins sûr, tant nous avons à faire pour sélectionner dans la prodigieuse masse des faits rapportés, le vrai du faux, l'honnête, et le fallacieux.
Car il y a du fallacieux, et des manipulateurs au service de toutes sortes de mauvaises causes, d'autant plus difficiles à reconnaître comme telles que l'idéologie la plus courante, créée et entretenue, ou simplement conséquence du trop plein, est ce relativisme ( tout se vaut, rien n'est meilleur que rien, à chacun ses idées ), décrié par Benoit XVI, mais repris à leur compte par des faussaires de tous poils qui en tirent leur profit.
Certains groupes de pression, affairistes ou idéologiques, s'organisent pour posséder les médias, organiser leur petite symphonie trompeuse, qui leur permettra, par le contrôle d'une pléiade de médias (journaux de la presse écrite, sites ou blogs, sur internet, chaînes de radios ou de Tv, éditions de musique, etc) de faire passer dans le plus large public possible, les idées, les croyances qui leur conviennent. Ils savent que, comme le disait le célèbre nazi Goebbels, "plus c'est gros, mieux ça passe". Ils savent aussi qu'à partir d'un certain degré d'imprégnation, de conditionnement, le public est envoûté, comme dans une espèce d'hypnose, où le "ressenti" est plus important que la réalité.
Ecoutons nos radios aux Antilles. Tout tourne autour du racisme et de l'esclavage, comme si l'esclavage n'était pas aboli (chez nous; car ailleurs! Par exemple en Afrique!!!), n'avait pas été aboli depuis plus de cent soixante ans. Et comme si le racisme était toujours à sens unique (des blancs contre les gens de couleurs).
Ecoutez, et vous percevrez la pertinence de mon propos. Etait-il par exemple, nécessaire pour les auditeurs de telle radio (RCI, par exemple, pendant la « crise sociale de 2009) de se réveiller chaque matin en écoutant la chanson hargneuse ( probablement sur commande) de Jocelyne Labylle (chanteuse estimable par ailleurs, et dont la "politique" n'avait pas été semble-t-il, jusqu'alors, la tasse de thé) : "Ah! nèg là ja pran".
Bien entendu je ne me crispe pas particulièrement sur cette chanson, ni ne lui attribue à elle seule un pouvoir particulièrement détonnant. Ce que je veux signifier c'est qu'ajoutée à cent, deux cents autres du même tabac, elle contribue à créer, l'envoûtement , le conditionnement évoqués plus haut,
à faire voir au public ce qu'on veut qu'il y voit, à créer dans la population, cette mentalité tantôt plaintive, souvent paranoïaque, si peu favorable à une évolution positive, et réellement combative de la Guadeloupe et de la Martinique.
Ce matin 04 mai 2011, sur RCI, en guise de réveil, nous avons eu droit à une interview de la dénommée Bafrons-Troblo, sur le thème de l'aliénation raciste en France pays « post esclavagiste » (sic)

Nous avons été des terres d'esclavage. Certes! Mais, ou bien nous serons esclaves de l'esclavage (comme disait Franz Fanon), toujours plaintifs, ou, a contrario, arrogants, dans tous les cas inefficaces, inaptes à affronter les réalités de la vie, ou bien nous nous en libérerons dans nos têtes, par le moyen d'une philosophie réellement positive.
 Et puis tous les peuples en tous les points du monde, ont leur histoire, avec son lourd fardeau de malheurs et d'injustices. Continue-t-on en Europe à se lamenter sur les horreurs effroyables de la guerre du Palatinat, de la guerre de cent ans,  des guerres de religion, de l'exploitation au 19è siècle de la classe ouvrière. Les descendants de ces anciennes victimes, qui aujourd'hui réussissent sont ceux qui ont fait leur cette belle pensée du philosophe "ce qui ne me tue pas me rend plus fort". Prenons garde à ceux qui, jouent de l'esclavage, comme hier encore en Haïti, le fameux docteur Duvalier (nous en avons beaucoup en Guadeloupe et en Martinique) pour faire de l'esclavage ancien la matière première de l'esclavage "new look" qu'ils concoctent, à leur profit, pour nos départements d'outre mer.
Tel est mon message à mes compatriotes antillais, en cette année 2011. Je le complète en rééditant ci-dessous, un article au contenu analogue, publié en janvier 2007, au tout début de notre scrutation, et que la plupart d'entre vous n'ont probablement pas lu, sous le titre "Avez-vous la scarlatine?"
Lisez, et faites circuler.


Edouard Boulogne.




 

Avez-vous la scarlatine ?





Il ne faut pas négliger les pouvoir de l’hypnose ? Et la plus courante (non la moins dangereuse !) n’est pas celle des cirques, ou des music-halls, où les victimes rejetés en arrière, yeux révulsés sont la proie passive du mage.

L’hypnose est bien plus commune et banale que l’on croit, présente à tous les moments et niveaux de la vie sociale. Les politiques, dans leurs numéros de séduction, en connaissent (quand ils ont du talent) les moyens d’action subreptice sur notre fragilité, tout comme les maîtres du commerce, par la publicité, de plus en plus confiée à des professionnels de l’influence subliminale, savent nous vendre ce dont nous n’avons nul besoin.



Nous avons tous expérimenté les pouvoirs de la suggestion.



Nous allions par exemple, gaillardement, jusqu’à la rencontre de cette vieille peste de Philipine (féminin de Philippe, un peu tombé en désuétude, hélas !), Carabosse de malheur, experte en détection des maux imaginaires.

-« Oh ! mon cher ami, que vous arrive-t-il ? Vous avez l’air tout enchoufriné ! Vous êtes pâle. Ne seriez vous pas fiévreux ? Prenez garde, on vient de détecter le premier cas en Guadeloupe de la Tchoucoungounia. Allez voir le docteur ».

Après ce conseil de bon apôtre, n’êtes vous pas déjà moins gaillard ? Et gare si vous rencontrez, dans la foulée, Arsinoé, autre teigne, vieille rivale de l’autre en prophéties malencontreuses. Vous voici bon pour la cure, au Matouba, (non remboursée par la sécu si vous n’êtes fonctionnaire !).



On trouve dans le « Barbier de Séville », de Beaumarchais, et dans le délicieux opéra qu’en a tiré Rossini, une scène croustillante, qui va dans le sens de mon propos.

On sait que ce vieux barbon de Bartholo veut épouser, contre son gré, sa pupille Rosine ; que Bartholo est assisté de Bazile, autre barbon ; que le jeune comte Almaviva, voudrait bien sauver Rosine, à son profit, des griffes de Bartholo, et qu’il reçoit à cet égard l’aide précieuse du Barbier de Séville : Figaro.

Il se trouve, qu’au terme d’une époustouflante intrigue, (que je me garderai bien de reproduire ici pour t’imposer le plaisir, lecteur, de relire toute la pièce) tout ce beau monde se retrouve en situation fort équivoque, et par le génie de Figaro, aidé sans doute du malicieux Eros, coalisé pour écarter Bazile qui vient faire une arrivée intempestive au coeur d’un ingénieux petit complot.



Il faut qu’il s’en aille. Et voici comment s’y prennent les conjurés qui ont eu la malice de se rallier fort innocemment Bartholo lui-même.

Le chœur se déchaine, pépie, jacasse, avec ardeur, esprit, malice :



-« Mon cher Bazile, qu’avez-vous ? Vous êtes pâle comme un mort !

-Je suis pâle, ? Suis-je pâle ?

-Oui ! Comme un mort !

-C’est la fièvre scarlatine !

C’est la fièvre scarlatine ! ! Vite allez vous mettre au lit »



Et la suite, qui était prévisible : Bazile qui se portait comme un charme ne se sent plus très bien.

De sa voix de basse il s’écrit : « Je suis pâââle comme un mort ! J’ai la fièvre scarlatine ! ! Vite ! ! Allons nous mettre au lit » ! (Citation de mémoire, l’esprit y est)



Prenons garde, amis, aux fausses fièvres, scarlatine ou non.



Je me souviens d’une lecture ancienne. Je ne vais pas au texte aujourd’hui, mais c’était dans l'esprit de Franz Fanon.

L'auteur évoquait des scènes du métro parisien, ces femmes blanches au bras d’un noir, dévisagées par leur vis à vis au profil un peu « gaulois ». Il scrutait la pensée, si l’on peut dire, de ce « beauf » : « ils viennent nous prendre nos femmes, maintenant ».



Pensée raciste, et donc vilaine ! Car le racisme c’est mal, et personne, (enfin presque ! Et dans le principe !), n’en disconvient. Mais pensée suggérée, lecteur ami, et souvent suggérée, non avérée. Ah !ces pouvoirs de l’imagination tant évoqués par Descartes, Pascal, et ces grands classiques que l’on ne fait plus lire à nos jeunes gens, pour leur plus grand dommage ! L’imagination, cette puissance trompeuse, et si souvent cruelle, torturante ! Et si notre « gaulois » indiscret (« on ne dévisage pas les gens », me disait ma mère, dès l’âge le plus tendre), pensait au contraire, à sa façon, dans son style (et tous les « gaulois » ne sont pas incultes et beaufs) : « quel beau jeune couple, il est beau ce nègre, il lui donnera de beaux enfants » ? ? ! ! Mais pourquoi pas, ami lecteur ? Pourquoi pas ? Pourquoi les hypothèses iraient-elles toujours au pire ? Quel chancre de l’âme nous pousse à toujours choisir, les pensées les plus malheureuses, les plus lépreuses, les plus politiquement correctes ?

La suggestion, l’hypnose n’y seraient-elles pas, parfois pour quelque chose ?



Je pensais à ces choses en lisant l’autre jour, dans « France Antilles Hebdo », l’entretien d’Ele ASU, cette belle jeune Franco-Nigériane, qui présente les infos le matin sur Canal +. (entretien accordé à notre confrère François-Xavier Guilherm).

 

Ele-Assu.jpg  ( Ele Assu ).


Entre autres propos équilibrés, épanouis, mademoiselle ASU à la question « Avez vous eu à souffrir du racisme en France ? » répond : « Je suis un cas atypique. J’ai été élevée dans un milieu mixte avec une mère nigériane et un père Français. Je n’ai pas été élevée, ni focalisée sur la couleur de la peau des gens.(C’est le Scrutateur qui souligne). J’ai eu comme tout le monde des problèmes personnels mais je n’ai pas souffert du racisme, pas que je sache ».

Un peu plus loin, Ele ASU déclare : « Je considère que j’ai eu accès à l’arme fatale, la culture ». ( Noter qu'il est rarement question d'Ele Assu sur nos médias en Guadeloupe et en Martinique. Vous vous demandez vraiment pourquoi, lecteurs amis???. Note du 04 mai 2011 )

Et cela aussi me paraît capital. Je n’aurai évidemment pas la sottise de nier l’existence d’un racisme en France. Et son inexistence, en ces temps d’immigrations en tous genres et à hautes doses, ferait de nos compatriotes des « dieux », quand nous le savons bien : nous ne sommes que des hommes.



Mais ces propos d’une jeune femme, sur l’importance de l’éducation, et de la culture, comme antidote aux marchands de malheurs, et autres hypnotiseurs de basses extractions, sont réconfortants.

Rappelons qu’elle a eu des parents qui ne l’ont pas « focalisée » sur la question du racisme, qu’elle est belle, et cultivée !



Dès lors, le ressentiment, diable à l’âme tourmentée, s’en écarte à tire d’ailes. Il n’aime pas le bonheur ! Il n’aime que le malheur, et le malheur le lui rend bien. On dit qu’ils sont mariés ensemble. Fatale étreinte !



Gageons toutefois que ce scrofuleux ne désarme pas. Que dans sa déconfiture, il rumine sa vengeance. Ecoutons la radio, la TV. Nous l’entendrons, lecteurs ! La friture, ce sera lui.



Edouard BOULOGNE.

Publié dans Racisme

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