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Publié par Edouard Boulogne

Mayotte.jpg

 

 

Que se passe-t-il à Mayotte, dernier en date  des départements d'outre mer, créé depuis six mois, après un referendum d'autodétermination qui a choisi à 95 % de rester fidèle à une détermination constante, depuis plus de trente ans, des mahorais de rester Français dans le cadre de la départementalisation? Le Scrutateur a choisi pour en parler M. Didier Béoutis, que je connais bien depuis très longtemps, en reprenant l'article qu'il vient de publier sur le sujet dans le journal l'Action Française, n° 2826 du 2 novembre 2011.

Edouard Boulogne.

 

 

Six mois après être devenu le 101° département français - c'était le 31 mars 2011 - , Mayotte fait de nouveau la "une" de l'actualité nationale. Depuis la fin du mois de septembre, en effet, l'île aux parfums vit au rythme d'une forte mobilisation sur le thème de la "vie chère". Excédée par la cherté des produits de consommation courante, la population proteste et réclame que des mesures soient prises pour augmenter le pouvoir d'achat et faciliter l'emploi dans le nouveau département français.

 

Mouvements violents.

 

II s'agit de mouvements sociaux violents, provoquant barrages de routes et dégradation de mobilier urbain. Le 7 octobre, un jeune Mahorais, qui avait jeté un cocktail Molotov en pleine rue, com­paraissait devant le tribunal de grande instance de Mamoudzou. Des dizaines de manifestants s'étaient rassemblés devant le palais de justice pour le soutenir, et la préfecture a dû déployer un important dispositif de sécurité. Des renforts de policiers et de gendarmes sont arrivés de la Réunion et de métropole pour contenir une situation alarmante : des barrages dans l'île empêchaient le passage des véhicules ; par souci de précaution, les commerces étaient fermés. MmeMarie-Luce Penchard, ministre délégué à l'Outre-Mer, est venue sur l'île vendredi dernier, 14 octobre. Elle a annoncé qu'il serait procédé à une enquête sur les marges commerciales pratiquées dans l'île et que, sur les bases des résultats de cette enquête, elle allait " veiller à ce que des mesures soient prises, et s'il le faut, à ce que des sanctions soient prononcées ». Elle a aussi annoncé diverses mesures de tarification et à caractère social : la réglementation du prix de la bouteille de gaz ; une baisse supplémentaire des produits de première nécessité par rapport à ce qui a déjà été négocié ; une réduction, pour les familles disposant de moins de 600 euros de revenus mensuels - soit 60 000 personnes -, de 5 euros par mois sur dix produits de première nécessité. Mme Penchard a aussi appelé le conseil général à faire - un effort en matière d'aide sociale en direction des familles nombreuses ». Il peut être tentant de faire le lien entre accession au statut dé­partemental et vie chère à Mayotte. Nous ne le ferons pas. La vie était aussi chère à Mayotte avant la départementalisation ! La flambée de violence de ces der­niers jours est comparable à celle que connaissent parfois nos terres d'outre-mer face à la cherté des prix des produits importés. Souvenons-nous de la grève générale de l'hiver 2009, en Guadeloupe puis en Martinique qui sont des départements français depuis... 1946 ! ( Rappelons toutefois, que contrairement à Mayotte, la Guadeloupe et les autres départements d'outre mer sont français, par de delà l'aspect institutionnel des choses, sous l'angle historique, - le vécu ensemble – qui est encore plus important, depuis 1635, c'est-à-dire bien avant Nice, la Savoie, la Corse. Et que la volonté d'assimilation date de 1848, date de l'abolition de l'esclavage, et parcourt tous les régimes, du second empire à la 4 ème République, en passant par la troisième. Note du Scrutateur ).

Le véritable problème de Mayotte, c'est que, ne produisant qu'une agriculture et une pêche vivrière, l'île est contrainte d'importer les produits de première nécessité qui lui coûtent fort cher. L'ylang-ylang et la vanille, qui laissaient espérer il y a quelques an­nées des possibilités d'exportation intéressantes, doivent subir la concurrence de produits artificiels fabriqués dans d'autres pays à des coûts bien moindres.(souligné par le Scrutateur).


Droit commun adapté .

 

Contrairement à certaines idées reçues et volontiers véhiculées, aucune "manne" ne s'est abattue sur Mayotte du fait de la départementalisation.

Outlook.jpg ( On serait tenté de sourire devant cette caricature -qui n'est pas de l'Action Française - en disant que les mahorais apprennent vite et que leur domotisation est ultra rapide. Mais il n'y a pas de quoi rire. Le dessin tend à pénétrer l'esprit des Français de métropole pour les persuader que l'outre mer est la principale cause des difficultés économiques actuelles et serait une sorte de gouffre financier sans fond. Sur ce point, tout ce qu'il y a en France d'esprits étroits se rencontre. L'extrême gauche y rejoint une certaine " extrême droite").

 

 

Un salaire minimum existe déjà, à un taux bien inférieur à celui de la métropole. S'il est bien prévu, à partir de 2012, l'application du revenu de la solidarité active (RSA), il ne représenterait que le quart du montant métropolitain sur lequel il serait aligné, de façon progressive, sur vingt-cinq ans ! Les deux minima sociaux qu'il est prévu d'instituer (allocations "personnes âgées" et "adultes handicapés") auront aussi un montant minoré, adapté à la situation locale. En revanche, il est bien prévu d'ins­tituer, en 2014, une fiscalité locale jusqu'alors inexistante. Ajoutons que que l'âge légal du mariage pour les femmes a d'ores et déjà été relevé de quinze à dix-huit ans. que les mariages polygames sont désormais interdits, et que la justice cadiale ( c'est-à-dire rendue par les cadis, qui sont des magistrats, selon le tradition musulmane . Note du Scrutateur ) a été suppri­mée, laissant la place à un système judiciaire complet de droit commun. C'est bien, de façon raisonnée et progressive, l'application d'un "droit commun adapté" pour Mayotte, sans qu'il soit question de déverser, sur l'île, des mil­liards d'euros.

Le véritable frein à la sécurité et, partant, au développement éco­nomique, est, en réalité, l'immigration clandestine en provenance des autres îles des Comores, que le gouvernement devrait contrôler et combattre avec une plus grande énergie.

 

Liaison aérienne.

 

Par la sécurité qu'il assure à Mayotte sur le plan institutionnel, le statut départemental constitue le meilleur garant pour le développement économique de l'île. La meilleure preuve en est que la compagnie aérienne fran­çaise Air Austral a annoncé, pour le 30 octobre, la création d'une ligne directe Paris-Mayotte. Espérons que nombreux seront les chefs d'entreprise intéressés par Mayotte (il y a tant d'atouts à dé­velopper en matière de tourisme), et qui permettront à l'île aux Parfums de créer les emplois et les ressources locales, diminuant ainsi ses importations.

 

Didier Béoutis.

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castetsJJ 23/10/2011 17:15



Bonjour Mr Boulogne,


Compte tenu de l'environnement géographique, c'est une belle épine plantée dans le pied, mais peut-être existe-t-il une porte de sortie avec une nouvelle donnée qui pointe à l'horizon ? La
faillite des Etats surendettés... ou alors la fin de " l'expérimentation ", qualificatif que ne renie pas le Député en parlant d'Assemblée unique !!!


http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/aly-mayotte-030411.html


Madagascar aurait pu être une solution d'importations vivrières, mais il y faudrait une aide au développement colossale et ce n'est pas de saison, par contre côté africain, il ne faut pas
attendre grand chose des pays limitrophes, en conflits ou en famines climatiques ou politico-religieuses.


Déjà classé la plus grosse maternité de France, Mayotte pourrait se reconvertir en mères porteuses, mais il faudra modifier les lois !!!


Un espoir, mettre l'accent sur le tourisme pour mettre à profit le superbe lagon digne de la Polynésie, mais la dolence locale incitera peut le touriste sans import massif de personnels adaptés.


Les Réunionnais très présents dans le commerce local et accusés de se faire des ba....ches en or !!! Pourraient être supplantés à très court terme par les Chinois en quête de développement...
Islam et Bouddhisme feraient-ils bon ménage sur un si petit territoire ?


Reste un vrai gros problème qui sera difficilement combattu, les clandestins en provenance des Comores et en quête de mieux-être, le Droit du sol se paye cash...


 



dolto 22/10/2011 14:45



Quelle idée saugrenue est passée dans la tête de nos responsables politiques du moment pour donner à cette île de MAYOTTE le statut de département ?
Les gens croient que des millions d’€ d’aides vont tombés sur Mayotte sous forme d’étoiles filantes …La vache à lait = la France , est à sec , ses mammelles ne coulent plus depuis que la dette
atteint 1700 milliards d’€ ….. La départementalisation est une grossiére erreur pour Mayotte qui n’a fait qu’amplifier les problémes de cette ile atypique car musulmane et de culture trés
différente des Francais .
Dés le départ , j’ai été circonspect sur cette départementalisation voulue et réclaméepar les Mahorais et l’avenir m’a donné raison ……………
Les mahorais auraient du comprendre depuis longtemps que les problèmes liés à la chèreté de la vie accentués par la départementalisation et les 40% des fonctionnaires ne se règlent pas avec une
grève générale. Ca reste au contraire le meilleur moyen de faire encore augmenter les prix, comme cela s’est passé en Guadeloupe et Martinique.


Des blessés et des morts pour pas grand chose en définitive , car la situation financiére dégradée de la France ne laisse entrevoir aucune perpective de solution aux Mahorais qui ont voté à 95%
pour le statut départemental et qui constatent l’impuissance de l’état en la personne de Marie – Luce Penchard à solutionner cette crise de la vie chére .
Alors que la crise des dettes publiques ébranle la zone euro, la France annonce une nouvelle batterie de mesures d’austérité pour le budget 2012 . Objectif: économiser 1 milliard d’euros en 2011
et 11 milliards en 2012 et ainsi ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013.
D’ailleurs ce plan de rigueur s’avére déja largement insuffisant pour les marchés financiers et les agences de notation qui menacent de dégrader la note AAA de la france .En fait , pour les
économistes c’est 30 milliards qu’il faudra désormais trouver et non 12 milliards compte tenu du déficit de croissance pour 2012 estimé désormais à 0,9 voire 0,5 , et également de l’aggravation
de la crise des dettes souveraines .
La Guadeloupe ne sera pas épargnée car nous entrons à marche forcée dans une crise systémique , structurelle , durable et ce ,du fait entre autres ,de la fin programmée de l’état providence , et
donc d’une rigueur accru pour les ménages , entreprises et surtout collectivités locales .


Ces observations devrait inciter notre député LUREL à la plus grande prudence sur toute évolution institutionnelle pouvant servir de pretexte à un désengagement financier accru de l’état , et ce
d’autant que le prix politique à payer serait grand en cas d’incompréhension de ce processus par la population de la Guadeloupe .


 


DOLTO