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Publié par Edouard Boulogne

 

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A l’heure où l’on guette tous les signaux annonçant la sortie de la crise, il est un indicateur qui témoigne des difficultés financières grandissantes des ménages et des entreprises de la Guadeloupe : l’accroissement du nombre d’impayés de crédits à la consommation et loyers pour les ménages – en hausse sensible depuis 2 ans – et de la difficulté pour les entreprises à honorer en temps et en heure les factures et les échéances de remboursement. Ainsi une entreprise de communication de la place en a fait la douloureuse expérience avec le Crédit Agricole qui a mis 5 mois à régler une facture prévu initialement sous 30 jours .
Partout, dans les banques et les établissements spécialisés, le constat est le même : la crise, qui a fait des milliers de chômeurs depuis 2009 et rendu exsangue la trésorerie des entreprises , n’épargne personne. D’autant que de nombreuses banques ont durci les règles d’utilisation des découverts bancaires et des prêts à l’investissement .

IEDOM

Les encours de crédit à la consommation des ménages ont enregistré une diminution sur le trimestre (-1,2 %). La situation
financière des ménages reste fragile : le nombre de dossiers de surendettement progressent de 38,9 % sur un an et le nombre de
personnes physique en interdiction bancaire est en progression (+6,7 % sur le trimestre ; +4,6 % sur un an).

On constate une relation étroite entre la montée du chômage , les difficultés de trésorerie des entreprises , et les retards de paiement. Plus de la moitié des clients qui ont trois mois de retard se déclarent au chômage. Le nombre d’emprunteurs qui n’avaient jamais eu de difficulté à rembourser mais connaissent aujourd’hui un premier retard a violemment augmenté. Le taux d’impayés a grimpé à 9 % depuis le début de 2009, au lieu de 1,6 % en moyenne en période de croissance économique.

Mais cette montée des risques, qui se poursuivra tant que la croissance ne sera pas au rendez vous, bouscule les établissements financiers. Elle les conduit à se montrer plus scrupuleux dans l’octroi de crédits. La crise force aussi les établissements à modifier leurs pratiques commerciales et, fait marquant, à trouver des solutions d’assistance pour leurs clients les plus fragiles afin d’éviter qu’ils ne basculent dans le surendettement. Cette stratégie “spéciale crise” répond autant à l’intérêt des emprunteurs qu’à celui des prêteurs.
Des mesures doivent été prises pour sécuriser la production de crédits, particulièrement en accompagnement des clients les plus fragiles, tant que l’activité économique ne sera pas revenue à la normale. Ainsi, en ce moment, parce que la demande émane surtout d’une clientèle déjà endettée, plus d’une requête de crédit sur cinq serait refusée, s’agissant des cartes de magasins et de crédit . Il convient d’insister sur l’importance de cet accompagnement social par temps de crise. Le marché du crédit à la consommation ne baisse pas et parallèlement , le surendettement progresse. On voit des gens en difficultés qui, étant au chômage ou en intérim et en recherche de trésorerie, utilisent des cartes de crédit obtenues précédemment. Celles-ci se verrouillent au premier incident de paiement.

Les LOYERS impayés EXPLOSENT

Entre le premier trimestre 2010 et le premier trimestre 2011,les chiffres sont affolants : les ménages défaillants et les assignations sont en nette augmentation en Guadeloupe . C’est un phénomène qui s’amplifie à cause du chômage. Et les personnes qui ont un emploi précaire n’arrivent pas toujours à faire face aux dépenses pour le loyer, pour se nourrir… Elles vivent constamment sous la menace d’une expulsion locative. C’est un constat alarmant : depuis le début de l’année, l’ADIL a déjà reçu 496 assignations pour des loyers impayés, parcs privés et publics confondus. « Ce sont des gens qui s’installent dans un système d’assistanat à outrance, ils préfèrent faire face à d’autres dépenses et payer le loyer n’est pas une priorité » .

La question des impayés de la commande publique. En ligne de mire : les hôpitaux et certaines communes , mais également l’ETAT.

Ce sont surtout les hôpitaux et certaines communes qui sont concernés. Le phénomène n’avait jamais atteint de telles proportions. Cela empire depuis le milieu 2009 ou fin 2010. Malheureusement, dans le même temps, les dispositifs classiques d’aide comme l’affacturage et Oséo ont réduit leurs délais de couverture. Pour l’affacturage, avant ils allaient jusqu’à trois mois. Aujourd’hui, c’est un mois : ils ont fermé le robinet après de grosses difficultés rencontrées à la Réunion. À Oséo, ils ont une obligation de réactualiser les factures tous les mois : cela oblige les entreprises à rentrer dans des dispositifs administratifs qui n’auraient pas lieu d’être si tous les clients payaient normalement.

Beaucoup d’entreprises ont des impayés sur 2011. Mais quelques-unes en ont sur 2010. Donc elles se retrouvent à servir de banquiers aux services publics.
Pour les hôpitaux, on est entré dans une phase de chantage : seuls les fournisseurs qui ont des obligations, par exemple sur l’entretien du matériel, parviennent à se faire payer. Ils disent « c’est soit vous me payez, soit on ne vient pas » . À terme, on peut s’interroger sur l’entretien d’un certain nombre de choses…
Surtout, les entreprises n’ont aucune visibilité. Quand on va voir l’ARS (agence régionale de santé), quand on va voir le Trésor, on n’obtient aucune réponse sur les délais de paiement.
Aujourd’hui la commande publique ( hormis la consommation des ménages ) est le seul secteur qui tient l’économie. Si la commande publique se retrouve en cessation de paiement, ce sont toutes les entreprises qui lui sont liées qui coulent. Tous sont touchés aujourd’hui. L’ETAT et certaines mairies doivent plus d’une année de service.
Le gouvernement a une autre raison d’être embarrassé par ces factures impayées. En soutien aux entreprises, il s’était engagé dans un décret du 28 avril 2008 à régler ses factures en 30 jours, au lieu de 45. Un engagement jamais respecté à ce jour !
Un exemple édifiant : le tribunal de Pointe à Pitre accuse des retards de règlement de prés de 3 ans dans le paiement des enquêtes psychosociales et psychosociologiques aux experts de la place .

DOLTO

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