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Publié par Edouard Boulogne

 

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La politique est, mais pas seulement, un jeu de rôles.

Le candidat doit être un comédien; ou bien qu'il renonce à une ambition qui ne serait qu'une chimère.

Quand mourut le général de Gaulle, le Canard enchaîné ( je crois ) titra « Le théâtre français est en deuil ». C'était bien vu.

Comédien, il doit pouvoir changer de rôle.

A condition toutefois de ne pas donner dans le contre emploi. Autrement dit, à condition que ses pantomimes ne soient trop fondamentalement contradictoires avec sa personnalité profonde, et ses convictions, s'il en a.

Car le candidat falot, l'outre gonflée d'emphase, et de rien d'autre, ne résisterait pas longtemps au regard acéré des « zélecteurs » et « zélectrices ».

Ici encore, Charles de Gaulle est la pierre de touche. Il joua nombre de partisans de l'Algérie française, sur le forum d'une ville d'Alger alors libre et prospère.

Pourtant les Français, ne lui contestèrent pas sa grandeur. Il avait, comme on dit, de la substance.

Derrière les jeux, parfois tragiques, de la politique, ils distinguaient, non seulement l'homme du 18 juin, mais quelque chose d'autre venu des tréfonds de notre histoire.

Que l'on ne croie pas que je veuille me moquer en évoquant le général pour introduire une considération politicienne sur Patrick Lozès.

Ce dernier commence à être connu. Il est né au Bénin en 1965. Mais son père fut conseiller de la République française ( sénateur comme on dit maintenant sous la V.ème ), à une époque où une grande partie de l'Afrique noire aspirait à l'assimilation à la République. Et ce fut la métropole qui refusa cette aspiration.

Installé en France en 1979, les Lozès sont des Français de fraiche date. Mais ce que disais plus haut tempère cette assertion.

Le cher Patrick a de l'ambition. Il entre dans la vie associative.

En 2005, il fonde le Cran ( Conseil représentatif des associations noires de France), et le préside un temps. C'est son premier « rôle ».

Il ne m'agrée, pour ma part, que modérément. Non que je conteste qu'il y ait en France des noirs nombreux, -dont certains peuvent être victimes de brimades injustifiées,- et qu'une association puissante se donnant pour tâche de les défendre contre d'éventuelles injustices, soit illégitime, et dépourvue d'utilité.

Ce qui me choque, et m'indispose, c'est le caractère communautariste qu'a pris le Cran à plusieurs reprises au cours de sa jeune histoire.

La France est ainsi faite et constituée historiquement, qu'il ne suffit pas d'être blanc pour être citoyen, ni noir. Ce n'est pas parce que des noirs, métis, et indiens sont français depuis des siècles que tous les noirs, indiens, métis qui vivent en France aujourd'hui sont des citoyens à part entière et doivent être reçus à bras ouverts, intégrés sans réflexion dans la chair de la nation.

Entre 1940 et 1944, des communautés blanches germaniques immigrèrent dans l'hexagone.

Faut-il rappeler que leurs arguments pour une intégration totale ne furent pas bien reçues par les indigènes, malgré le soutien des « associations d'accueil ». Le dernier livre de Max Gallo sur la seconde guerre mondiale, consacré à l'année 1942 ( X O éditions ) le rappelle avec talent.

Toujours est-il que notre, légitimement, ambitieux Patrick Lozès, s'est fait connaître au travers des activités du CRAN.

Manifestement ce jeune homme aux dents longues estime devoir passer à une autre étape de la vie politique, un rang au-dessus, au moins.

Je l'observais à 13 heures au micro de Michel Field, sur LCI.

Patrick est intelligent. Cela s'entend, et surtout se voit. Trop intelligent pour croire un instant pouvoir réaliser dans six mois le projet qu'il affiche : devenir président de la république française.

Pour devenir président, du moins sous la cinquième République où la tâche n'est pas une sinécure, il faut en avoir l'envergure.

Cela demande du temps.

Il faut avoir de l'expérience. Une expérience un peu plus consistante que d'avoir présidé le CRAN. Patrick le sait.

Il faut bénéficier de soutien de toute nature, y compris ceux qui, non les plus importants, mais tout de même indispensables, vous permettent d'affronter la concurrence ( les fameuses 500 signatures ). M.Lozès sait tout cela. Ce qu'il voudrait faire aujourd'hui c'est se faire connaître davantage et mieux! Mieux que comme leader d'une association communautariste.

D'où son nouveau « rôle ». Il joue à vouloir être président.

Et, faute de l'être devenu, comme ça, d'un coup, et en attendant mieux, de revêtir une défroque, que dis-je un rôle de ministre dans un prochain gouvernement, après juin 2012.

Dans quel gouvernement? C'est là que cela devient intéressant. Field le titillait quelque peu dans son OUI/NON.

Patrick se situe au centre.

Pas socialiste. Non, il n'est pas socialiste.

Pas à droite, non plus ( ne parlons pas de l'extrême droite!!!). « M. Sarkozy ( notons le « monsieur » tout de même ), a commis trop d'erreurs. Il a fait peur, quand il fallait rassembler ». Bene !

Mais rien de trop dans la critique. On ne sait jamais. L'ancien maire de Neuilly est un animal politique. Il n'aime pas, dit-on, la princesse de Clèves. Mais il connaîtrait, en revanche, par coeur le prologue des Plaideurs de Jean Racine. Vous savez :

 

« Ma foi sur l'avenir, bien fou qui se fiera,

Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera ».

 

Patrick m'a tout l'air d'être de ces jeunes mecs, assez rares aujourd'hui, qui connaissent les classiques. Il ne veut pas insulter l'avenir. Il pourrait faire, et il le sait, un « bon ministre », dans le gouvernement d'un lutin de Neuilly, qui aurait pris de la bouteille et cette fois ne nommerait pas Rama, en vertu du proverbe sur les chats échaudés.

On le voit le rôle actuel de M.Patrick Lozès m'agrée, et m'amuse bien davantage que l'ancien.

Car notre comédien de l'art suprême ( la politique, dixit Aristote ), s'est fait souriant. Il se veut le représentant de toutes les petites France, qui constituent la France « notre pays à tous », y compris la Seine-St-Denis (où il réside, et dont la réputation est actuellement sulfureuse ).

M.Lozès sourit, il est disert, ils est convaincu comme un bon avocat qui escompte un très juste profit de son action, (dixit Blaise Pascal), éloquent, exubérant même.

Et ce jeu, ne l'oublions pas, est toutefois sympathique.

Moi, « vieil » homme de l'outre mer, je me réjouis qu'un homme noir et jeune, un homme de mon pays, parle aux "viés blancs" de France (métropolitaine ), de cette façon là. Que nos « vieux » blancs, y compris les jeunots, découvrent un candidat français noir, qui leur parle comme ça, oui, sans cette fatuité incommensurable, cette aigreur purulente, ce ressentiment de théâtre, mais d'autant plus rance et dégueulasse, cette raucité de la voix, ces éructations détestables, ces borborygmes indiscrets, ces inhalations de  fétidités historiques exhumées pour la plus détestable des manipulations politiques dans l'espérance frénétiques d'aubes pestilentielles, ces raclements de gratelles anciennes,  ces lèchements de pustules purulentes, ces reniflements de profondeurs fécales en leur abyssalité,...qui faisaient reconnaître à cent lieues, sans qu'il soit nécessaire de la voir, lors d'une autre « grande élection » cette autre candidate venue de l'outre mer, celle que l'on appela très vite, alors, « la rosse de Cayenne »!

Grâce à vous Parick Lozès, nous ne la verrons pas, surtout nous ne l'entendrons pas.

Et pour cela, au moins, petit camarade, je vous dis : Merci! Merci! Merci!

 

Edouard Boulogne.

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Tartempion 05/10/2011 22:12



Bon article. Scrutateur je suis de votre avis. Il y a de l'enthousiasme dans cette comédie, et un style qui s'est bien arrangé.


Et pour le cas de la vociférante il faut être magnanime et essayer comprendre. Ce doit être pénible de se trouver bien debout et toute petite à côté du président de la république.