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Publié par Edouard Boulogne

Civilisation-chretienne-.jpg

 

Pourquoi Serge Letchimy, pour lancer une attaque odieuse, et totalement injuste contre Claude Guéant s'est-il présenté comme fils d'esclave? Pourquoi a t-il parlé de son département natal l'île de la Martinique comme d'une terre de douleur »?

Fils d'esclave, Letchimy? Mais quel âge a-t-il donc ce monsieur? 59 ans, me dit-on. Donc ni fils, ni petit-fils, ni arrière petit-fils même! Plus loin, je ne sais pas.

La Martinique « île de douleur »? Certainement! Mais comme la Guadeloupe, et n'importe quelle région en France, et dans le monde, pas plus, pas moins. Il suffit d'étudier l'histoire.

Car l'histoire est faite de cela, de violences, d'injustices; et ce ne sont pas toujours les mêmes acteurs dans les mêmes rôles. Et puis, il y a aussi le reste, les belles choses, les belles actions, les actes de justice et de réconciliation. Toujours menacés ceux-là.

Peut-être la civilisation est-elle, par delà les concrétions matérielles, ( ce qui reste visible de l'histoire passée : monuments, œuvres diverses, et d'une certaine façon, mêlé au meilleur ce qu'il y a de pire : les guerres de religions, l'esclavage, les massacres républicains atroces de Vendée en 1793-98, etc ) , peut-être donc est-elle, davantage, essentiellement le projet vital qui sous-tend la vie collective, et que contrarie hélas, constamment ce que Freüd appelait l'instinct de mort, tapi au fond de notre être, et toujours prêt,à frapper. ( Kant évoquait la possibilité d'un « mal radical » inscrit au coeur de l'homme, ce qui ne le poussait pas à désespérer, puisqu'il consacra sa vie à chercher, par la raison philosophique les moyens d'améliorer le cours des choses. Les chrétiens évoquent la blessure du péché originel qui consiste pour l'humanité à vouloir se passer de Dieu. Ce qui aurait entrainé aux chaos que nous avons vu se déployer si l'on en croit e personnage de Shakespeare : «  une histoire de fou, pleine de bruit et de fureur », etc ).

En ce qui me concerne je me félicite de faire partie d'une très grande civilisation, qui est partie d'Europe, mais dont je ne dirai pas qu'elle est européenne, parce que sa vocation est universelle ( Katholicos en grec = universel ).

Ce qui me rend fier de ma civilisation, ce n'est pas l'architecture de la cathédrale de Chartres, ou du palais de Versailles, ou la splendeur de la Missa solemnis de Beethoven, etc ( quoique ces chefs d'œuvres n'aient pas éclos en masse, et partout également. Mais la civilisation de l'Egypte ancienne, celle de la Chine millénaire, celle des Mayas, Aztèques, Incas, ce n'est pas mal non plus ).

Ma fierté est d'être de cette civilisation, partie de Jérusalem, qui gagna la Méditerranée tout entière, puis l'Europe, et les modelèrent en profondeur, avant de voler vers d'autres horizons de par le monde.

« Il n'y a plus ni Grecs, ni juifs, mais seulement des enfants de Dieu », dit l'Evangile, et d'un Dieu d'amour. Cette déclaration était d'une originalité exceptionnelle quand elle fut formulée sur les rives du Jourdain.

Elle est au fondement de ce que nous appelons « les droits de l'homme » ( quand cette formule est bien comprise ), même si l'expression n'a commencé a être utilisée qu'au XVIII ème siècle.

Evidemment les chrétiens luttent contre ce fameux noyau de nuit ( selon la jolie formule d'André Breton ), en son coeur humain partagé, et sans parvenir toujours à le vaincre.

Parabole du bon grain et de l'ivraie.

Mais en ma civilisation il ne faut pas oublier le projet vital (pour parler en termes bergsoniens ), l'âme qui vit et fait lever la pâte. C'est cette âme qui fait que nous distinguons le noyau vital, essentiel, et les oeuvres, toujours mêlées d'impuretés et de matière. C'est pourquoi nous devons distinguer le Christianisme, ( l'âme, le principe vital essentiel ), et la chrétienté, c'est-à-dire ce que nous avons tant bien que mal pu faire au contact, ( et aux prises avec ) des choses, des dures réalités données dans la dure matière historique.

Si ma civilisation, dont je suis fier, est à mes yeux la meilleure ( prétention je le sais largement partagée par d'autres ) ce n'est point parce qu'elle serait faite d'hommes racialement supérieurs, ni qu'elle aurait été la seule à concevoir des oeuvres d'immortelle facture ( en art, mais aussi dans les domaines politique et social), mais parce que son âme, son noyau ( et pourquoi en est-il ainsi? Faut-il voir en l'Evangile la parole même de Dieu? ) pousse à la remise en question permanente de toutes les oeuvres humaines, de toutes les civilisations, y compris des formes concrètes prises par le christianisme et que l'on a appelé « chrétienté », au nom de l'Amour. 

Evidemment nous avons commis des fautes, des crimes même, et parfois bardés de bonnes intentions. Mais alors nous n'étions pas en accord avec le kérygme de notre foi. L'Evangile ne dit nulle part qu'il faut tuer son prochain. Il dit même le contraire. Mais qui est mon prochain? L'ignorance des hommes, ( et nous en sommes ) nous a conduit parfois à ne pas reconnaître comme frères des hommes comme nous, à cause de leurs différences physiques, ou de coutumes. Il n'est pas facile de reconnaître ses erreurs, et pourtant c'est un devoir chrétien. Et le pape Jean-Paul II l'a fait, solennellement, à maintes reprises. Ce n'est pas courant chez les leaders, spirituels ou non. 

Ma civilisation, la vôtre peut-être aussi, lecteur ( même si l'Europe rallie plutôt Judas, que Jésus en cette époque crépusculaire qu'elle traverse, entre chien et loup) est grande parce que, quels qu'aient pu être ses péchés, elle a à se souvenir, que comme le Maître, elle n'est pas venue pour être servie, mais pour servir. Cette seule assertion, ce rappel (pour ceux qui n'ont pas rompu toute attache réfléchie avec la religion de leurs pères ), peut faire sursauter en tant qu'il rappelle l'immense écart qui existe entre ce que nous avons fait, ( et qui n'est pas nul ) et ce que nous aurions du faire.

Mais il souligne l'un des caractères remarquables de ce que le Christianisme dévoile à ceux qui observent et étudient sans mauvaise foi, son exceptionnelle aptitude à se remettre en question, à se regarder, et à se juger par rapport au critère des paroles de l'Evangile. ( Combien d'entre nous, lisent encore, et méditent quotidiennement ce Livre? Et moi-même, écrivant ce que j'écris, je me met en garde contre le risque de pharisaïsme, toujours présent, et menaçant ). Voilà pourquoi, je pense, pourquoi, et en quel sens, on peut parler de la « supériorité » ( les guillemets sont importants ) d'une civilisation irriguée par le message chrétien.

Convenons que le discours de M. Guéant en période électorale, dans les lieux où il a été prononcé, est assez loin du propos que j'essaie de développer.

Mais que dire alors de celui du député de la Martinique?

Ou bien Letchimy croit en ce qu'il a dit, et alors, que l'on veuille bien m'excuser, mais c'est un imbécile. Ou bien il agit par pur électoralisme en accord intime avec le parti socialiste qui, lui, ne dépasse pas ce niveau depuis cinquante ans (au moins!) .
Mais c'est un jeu dangereux. Dangereux et nuisible pour la France, et pour la Martinique.

Letchimy, et chez nous en Guadeloupe, les Domota et consorts, pourrissent l'âme de nos peuples.

Ils lui inoculent le virus d'une maladie mentale dangereuse dont les ingrédients principaux : le dolorisme, une surestimation permanente de soi ( « nou pli fo » !), un délire de persécution pitoyable, sont les symptômes même de la paranoïa.

C'est contre cette politique de mort pour nos îles que les hommes et femmes lucides doivent se mobiliser et agir, à tout moment, en tout lieu.

Il faut qu'on cesse d'interpréter, à tout propos un désaccord, un conflit social, en termes de race, de racisme, de nazisme, comme a osé le dire Serge Letchimy.

Il y a là un problème de santé publique, pour nous antillais, et de plus en plus partout, à l'heure où les maîtres des médias ( et de l'école! ) manipulent sans vergogne ces personnes humaines, dont, par leurs discours, il est évident qu'il ne respectent pas leurs droits, notamment à la vérité.

 

Edouard Boulogne.

 

 

 

Une pensée pour ce jour, en complément de ce qui vient d'être dit.

La-Tyrannie-De-La-Penitence-Essai-Sur-Le-Masochisme-Occiden.jpg

 

 

( Les passages soulignés l'ont été par Le Scrutateur ).

 

« Rien n'est plus insidieux que l'idée d'une faute collective qui se répercuterait de génération en génération et plongerait un peuple ou une communauté dans la souillure permanente. La contrition ne fait pas une politique. Pas plus qu'il n'y a transmission héréditaire du statut de victime, il n'y a transmission du statut de bourreau : à moins de créer un délit de filiation, le « devoir de mémoire » n'implique pas la pureté ou la corruption automatique des petits ou des arrière-petits-enfants.L'Histoire ne se divise pas entre nations pécheresses et continents archanges, races maudites et peuples intouchables, mais entre démocraties qui reconnaissent leurs bassesses et dictatures qui les dissimulent en se drapant dans les oripeaux du martyre ».

 

Pascal Bruckner.

 

( In La Tyrannie de la pénitence, pp.119-120 ). 

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Tartempion 10/02/2012 20:01


Oublions vite les questions bêtes et puant l'antijudaïsme, et apprécions une bonne nouvelle ! http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/les-indiens-expliquent-la-victoire-du-rafale-10-02-2012-1430078_53.php


Heureusement, parce que certaines "civilisations" s'y opposaient, y compris le machin européen qui ne va pas tarder à s'écrouler comme un gigantesque étron. http://www.opex360.com/2012/02/04/le-choix-de-linde-en-faveur-du-rafale-critique-par-pekin/

eve 10/02/2012 17:56


bonjour


si comme vous le dites  lepape a reconnu et demandé pardon ! pourquoi d'autres ne le feraient ils pas? pourquoi les juifs continuent ils à demander reparation ,,?