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Publié par Edouard Boulogne

Bernard nous quitte.

 

( On sait qu'en octobre prochain Nicolas Sarkozy procédera à un important remaniement ministériel. Nombre de nos éminences ministérielles sont concernées par cette future décision.Et les supputations vont bon train.

Parmi les ministres qui seraient sur le départ, Beranrd Kouchner, dit-on, qui prendrait fort mal cette "disgrace".

Notre confrère Stéphane Denis, dans ce qu'il faut bien appeler l'un des meilleurs magazine français, Valeurs Actuelles, imagine un coup de fil entre un des membres du cabinet de N.Sarkozy, à l'Elysée, et ledit Bernard.

Le dialogue est savoureux. Lisez. "Pawol pou ri". ).

 

 

http://www.valeursactuelles.com/parlons-vrai/parlons-vrai/bernard-nous-quitte20100909.html

 


 

 

3850.png

 

Remaniement.

Bernard nous quitte

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La scène se passe au téléphone. Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée :
– Cher Bernard, je vous appelle de la part du président.
Bernard Kouchner, mi­nistre des Affaires étrangères :
– Il a perdu mon numéro de téléphone ?
– Il est très pris par le débat sur les retraites. Et, à propos de retraite…

– Oui ?
– Le président a cru déceler chez vous comme une lassitude.
– Qu’entendez-vous par lassitude ? Je rentre de Bié­lorussie, après être passé par Tombouctou, New York et Saint-Tropez. Au cours de cette tournée mon­diale, j’ai…
– Précisément. Il a semblé au président que les de­voirs écrasants de votre charge…
– Vous plaisantez ! À peine un sac de riz !
– …vous posaient des problèmes moraux qu’il s’en voudrait de prolonger plus longtemps. N’avez-vous pas, vous-même, songé cet été…
– Mais nous ne sommes plus en été. Nous entrons en automne, saison des résolutions. La mienne est intacte, que dis-je, renforcée, multipliée…
– …à démissionner ?
– Moi ? Jamais.
– Pourtant, j’ai lu dans les journaux…
– Que je m’étais inter­rogé ? C’est vrai. Je m’inter­roge souvent. Faut-il ? Ne faut-il pas ? Sommes-nous ce que nous sommes ? Allons-nous quelque part ? Est-il une autre…
– …que les expulsions des romanichels vous étaient insupportables.
– Dites Roms, Monsieur. La convention de…
– Puisque vous parlez de convention, il s’en voudrait de prolonger votre supplice plus longtemps.
– Vous ne voulez pas dire que je ne suis plus ministre ?
– Eh, si.
– Plus ministre des Affaires étrangères ?
– Eh, oui.
– Mais alors, ministre de quoi ?
– De rien.
– Qu’entendez-vous par rien ?
– Zéro. Que dalle.
– Plus ministre du tout ?
– Voilà.
– Ce n’est pas possible. Et Christine ? Si je ne suis plus ministre, elle ne sera plus directrice de France 24 ?
– Nous réfléchissons à une réforme de l’audiovisuel.
– Bon, ça va. J’ai compris. Le coup de la réforme, c’est un classique. Mais qu’allons-nous devenir ?
– Je ne sais pas. Prenez du bon temps, écrivez vos Mémoires, donnez des conférences… Voyagez !
– Voyager ? À mes frais ?
– Évidemment.
– Et les Mémoires, il faut trouver un nègre et partager avec lui.
– L’humanitaire ?
– C’est gratuit.
– Évidemment. Il vous reste les conférences… On dit que c’est très bien payé.
– En anglais, oui. Et mon anglais… Vous ne pourriez pas me donner un petit quelque chose ? Une ambassade ? Rome, comme Cha­teaubriand ?
– Déjà prise.
– Londres ?
– Il faut savoir l’anglais.
– Alors, une mission ?
– De quoi ?
– Je ne sais pas.
– Vous voyez bien. D’ail­leurs, la restriction du train de vie de l’État… Le président tient à ce que nous par­tagions les sacrifices des Français. Il me l’a dit. Il a dit : « Je suis sûr que Bernard voudra partager les sacrifices des Français. »
– …
– Bernard ? Bernard ? Vous êtes là ?
– Oui, mais jusqu’à quand ?
– Lundi.
– Lundi ? Mais ce n’est pas possible !
– Vous l’avez déjà dit.
– Je sais. C’est un coup de Juppé.
– Mais non.
– Mais si. Il n’a qu’une idée, me piquer mon poste. Et, naturellement, le président a dit oui. Osez me dire le contraire…
– Le président, dans un esprit de rassemblement, prépare un gouvernement dynamique, composé de personnalités représenta­tives et déterminées, au ser­vice d’un programme ré-publicain axé autour de principes inflexibles et, sur l’essentiel, d’union nationale à la fois moderne et hardie.
– Je vois. Fillon II.
– Ou III. Nous sautons les étapes. Bref…
– Ah ! je n’y puis croire ! Le président, se passer de moi ?
– Il est votre Titus, soyez sa Bérénice.
– Eh ?
– C’est de Racine, ou à peu près. Le président ne lit plus que les classiques. Il a terminé Corneille et…
– Justement ! La Clé­men­ce d’Auguste !
– Le président a fait l’impasse sur Cinna. Il lui rap­­pelait trop Éric Besson.
– C’est bien ma veine. Et les autres, ils restent ? Rama ?
– Elle est noire.
– C’est vrai. On ne saurait penser à tout.
– Morin ?
– Il n’est déjà plus là.
– Woerth ?
– Je ne vois pas de qui vous parlez… mais justement, le président ne veut pas vous laisser partir sans un témoignage moral de sa reconnaissance. On va vous don­ner la Légion d’honneur !
– Ah non ! On sait com­ment ça se termine ! Stéphane Denis

Photo © Patrick Iafrate

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toto de bahia 13/09/2010 01:24



Que  pense l' employeur(le peuple) de cette noblesse politique...2007/ 2012  ce n'est qu'un contrat.